vendredi 29 octobre 2010

MOTION DE SOUTIEN A L’UGTG

Nous soussignés militants syndicalistes de Seine et Marne avons pris connaissance des faits qui se sont produits le 14 septembre 2010 à la cours d’Appel de Basse Terre et du traitement infligé à une déléguée syndicale de l’Union générale des Travailleurs de Guadeloupe (U.G.T.G.). Nous dénonçons en cela des mesures vexatoires, humiliantes, contraires au respect élémentaire dû à chaque citoyen. 

Cette attitude que nous estimons scandaleuse de la part d’un représentant du service public de la justice s’inscrit malheureusement dans une chaîne de tentatives d’intimidation dont les militants de l’UGTG, leurs représentants et leurs avocats, font l’objet. 

Avec toute la gravité que requiert cette situation nous élevons la plus vive protestation contre cette pratique qui tente de criminaliser l’activité des militants syndicaux dans le but de faire taire le mouvement syndical lui même. 

Alors que les pouvoirs publiques en France n’hésitent pas à mettre en cause le droit de grève en réquisitionnant arbitrairement les travailleurs des raffineries et dépôts de pétrole en grève contre la “réforme” des retraites (et notamment à la raffinerie de Grandpuits dans notre département), nous estimons de notre devoir d’assurer l’UGTG de notre solidarité et décidons d’alerter tous ceux qui sont attachés à l’exercice des libertés individuelles et collectives sur les faits dont nous avons été informés afin qu’il y soit mis un terme. 

Défendre aujourd’hui le droit des travailleurs guadeloupéens et de leurs syndicats, c’est nous défendre nous mêmes.


Claude Charmont FNEC-FP-FO (Seine-et-Marne)
Jean-François Gloess SN-FO-LC (Seine-et-Marne)
Alain Aucouturier CE de l’UD CGT (Seine-et-Marne)

QUELLE PLACE POUR LES ARTISTES NOIR/ES ET MÉTIS/SES LGBT DANS LA CULTURE FRANÇAISE ?

Secondes Rencontres culturelles de Tjenbé Rèd - Débats, projections, lectures, performances d’artistes

Communiqué de presse n°TR10SOC19
Paris, mardi 26 octobre 2010
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Les artistes noir/es et métis/ses assumant une orientation sexuelle ou une identité de genre minoritaires sont peu nombreux/ses en France. Quelle est leur place dans les cultures LGBT (lesbiennes, gaies, bi & trans) ? Dans les cultures afro-caribéennes ? Dans la culture «tout court» ? Le contexte politique ou idéologique influence-t-il leur expression ?

Mardi 23 novembre de 19h30 à 22h30 avec ses partenaires, la commission aux affaires sociales & culturelles de Tjenbé Rèd proposera au public d’aborder ces questions au cours des secondes Rencontres culturelles de l’association, intitulées : «Place des artistes noir/es et métis/ses LGBT dans la culture française». Lors de deux tables-rondes, des écrivain/es, chanteur/euses, comédien/nes ou organisateur/trices de soirées échangeront et dialogueront avec le public.

Les Rencontres précédentes, le 21 mars 2009 au Centre LGBT Paris Île-de-France, avaient rassemblé une centaine de personnes.

RDV : Théâtre du Temps, Paris XIème, 9, rue du Morvan (métro Voltaire ou Père-Lachaise). Entrée gratuite, verre de l’amitié offert, bar payant. Salle ouverte au public à partir de 18h30 (réservation recommandée par courriel à zami@tjenbered.fr ou par téléphone au 06 59 35 87 23).

Pour Tjenbé Rèd (Association de lutte
contre les racismes, les homophobies & le sida),
le vice-président, secrétaire aux affaires sociales & culturelles, Jann HALEXANDER
culture@tjenbered.fr | +33 (0)6 21 53 64 76

Annexes :

[1] Liste des intervenant/es (par ordre alphabétique, à jour au 25 octobre) : Vincent BYRD LE SAGE (comédien), Maïk DARAH (comédienne et doubleuse), Rudee LA RUE (réalisateur), Harry LOUISERRE (entrepreneur de spectacles), Bertrand NGUYEN MATOKO (écrivain), Gwladys PALLAS (organisatrice de soirées), Bruno RODRIGUEZ HANEY (réalisateur) ; sous réserve : un/e représentant/e du PIR (Parti des indigènes de la République)

[2] 25 octobre 2010 - Dossier de présentation des secondes Rencontres culturelles Tjenbé Rèd

[3] 25 octobre 2010 - Visuel de présentation des secondes Rencontres culturelles Tjenbé Rèd

Que vive le Forum Social au Togo !

« L'oppression se nourrit du silence et de l'inaction. »C'est cette pĥrase que les auditeurs attentifs retiendront peut-être du dernier morceau d'Elom 20ce, dans le titre qu'il a consacré à la mémoire de ce mouvement du 5 octobre 90 qui voyait le jour il y a maintenant 20 ans. C'est aussi un des messages qui sera envoyé demain samedi 30 octobre pour clôturer un mois d'activité bien chargé, avec un événement qui trouve naturellement sa place au Centre Mytro Nunya : Arctivism Chapitre 7.
Consacré pour cette 7ème édition au leader panafricaniste marocain Ben Barka, disparu à Paris le 29 octobre 1965, il y a aujourd'hui tout juste 45 ans, il s'agira encore une fois de faire un maximum de bruit pour étouffer le silence qui nous étourdit parfois...
 Rendez-vous à 18h précises !
« Les peuples africains doivent se réveiller pour mettre fin à l'impunité. »
C'est ce que nous disez Norbert Zongo peu de temps avant son assassinat. En Afrique, comme dans le reste du monde, les peuples entrent en action depuis plus de 10 ans au sein du mouvement altermondialiste pour une nouvelle phase historique de contestation mondiale de l'ordre néolibéral dominant. En février 2011, Dakar accueillera la 11ème édition du Forum Social Mondial. Un rendez-vous attendu, d'autant plus que les précédentes éditions africaines - Bamako 2006 - et - Nairobi 2008 - n'ont pas su satisfaire pleinement les attentes des participants. Il est fort probable que certaines des grandes erreurs inadmissibles soient corrigées à - Dakar 2011 - mais sur le fond, certaines critiques demeurent, pourtant formulées de longue date à l'égard des "organisateurs" du Forum Social Mondial, et en particulier concernant sa branche africaine : "le secrétariat africain du Forum Social Mondial" aussi appelé "Forum Social Africain". (*)La transparence, en particulier, celle que le mouvement social mondial réclame aux dirigeants (gouvernements et multinationales) de ce monde n'est toujours pas au programme des organisateurs de ce prochain rendez-vous.
« Au Togo, en novembre 2010, il y a Forum Social et Forum Social
... »
Au Togo, ce Forum Social Africain a ses représentants attitrés, fidèles, qui annonçaient le 20 octobre dernier la tenue imminente du 1er Forum Social du Togo, à Lomé, du 19 au 21 novembre. Selon eux, plus de 1000 organisations pourraient être présentes ! Pourtant, dans la grande salle du CESAL, on avait du mal à sentir une quelconque dynamique autour de cette initiative. Le thème ressemble d'ailleurs à un vieux plat qu'on a déjà consommé toute l'année, et qu'on nous propose de réchauffer une dernière fois à la sauce "sociale" : "Le bilan social de 50 ans d'indépendances du Togo". On reste sceptique, mais donnons leur une chance : nous verrons bien ce qu'il sortira de ce 1er Forum Social du Togo ! 

Plus concret, une initiative intéressante tiendra sa troisième édition (après 2004, et 2008), le "Forum Solidarités Sociales des Travailleurs/euses du Togo", à Kara du 7 au 10 novembre. Le clin d'oeil aux forums sociaux est évident, pourtant, tel que définit dans sa charte, ce forum n'est pas un démembrement du Forum Social Mondial. Au programme, un thème explicite : "Les travailleurs, et la réalité du Dialogue Social au Togo" et un ensemble cohérent et complet d'activités avec des intervenants de premier plan, et des cas d'études concrets sur la responsabilité sociale des entreprises togolaises (TogoTélécom, ICAT, Zone Franche, etc...). Cela promet !Votre Centre Mytro Nunya sera présent à ces différents rendez-vous, et des comptes-rendus seront bien sûr disponible en ligne sur votre site http://www.mytronunya.info . 
Nous finissons ce message par une citation de 
Firoze Manji, éditeur de Pambazuka News
 (**) qui conclue à l'occasion de la parution du 500ème numéro :
« 
Un mouvement efficace en faveur de la justice et la liberté est nécessaire aujourd’hui comme jamais dans l’histoire.
 » Ce mouvement ne se fera pas sans vous ! Rejoignez les associations, mobilisez-vous, ayez les yeux ouverts ! On compte sur vous !

Retrouvez ci-dessous l'agenda de novembre 2010, et quelques nouvelles sur le mois qui vient de s'écouler...
L'équipe d'animation du Centre Mytro Nunya
http://www.mytronunya.info

http://www.dakar2011.org
** http://www.pambazuka.org/fr/category/editorial/68066

mardi 19 octobre 2010

Corruption : La Finlande devrait mieux sensibiliser ses entreprises à leur responsabilité pour faits de corruption transnationale, selon l’OCDE


La Finlande doit rapidement prendre des mesures pour mieux sensibiliser ses entreprises à la responsabilité pénale qu’elles encourent en droit finlandais lorsqu’elles corrompent elles-mêmes, ou par l’intermédiaire d’agents locaux ou de filiales, des agents publics dans le cadre de leurs activités à l’étranger. Tel est le principal message d’un nouveau rapport du Groupe de travail de l’OCDE sur la corruption.
 
Dans le cadre de son cycle régulier d’examens, le Groupe de travail de l’OCDE sur la corruption, qui rassemble 38 pays, vient d’achever l’examen de l’application, par la Finlande, de la Convention sur la lutte contre la corruption d’agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales et des instruments qui s’y rattachent.
 
Les principales autres recommandations sont les suivantes :
 
-        modifier la définition que donne le Code pénal de l’agent public étranger, de façon à couvrir les personnes exerçant des fonctions législatives dans un pays étranger ;
-        instaurer la responsabilité des personnes morales pour les infractions comptables et les infractions en matière de vérification des comptes ;
-        faciliter le signalement, par les agents publics, de suspicions de faits de corruption aux autorités chargées de l’application des lois ;
-        remédier au manque de protection des donneurs d’alerte en mettant en place les mécanismes nécessaires pour que les salariés du secteur public ou privé qui signalent certains faits de bonne foi et sur la base de motifs raisonnables soient protégés contre toute action discriminatoire ou disciplinaire.

Le Groupe de travail a également souligné le caractère positif de l’action menée en Finlande pour lutter contre la corruption transnationale. Il a noté en particulier les efforts méritoires d’application des lois, avec six affaires de suspicion de corruption transnationale faisant actuellement l’objet d’une enquête en Finlande, une approche volontariste pour obtenir la coopération des autorités étrangères compétentes dans le domaine du recouvrement d’avoirs, et les travaux bilatéraux de lutte contre la corruption avec la Chine et la Fédération de Russie.
 
Le rapport concernant la Finlande est le premier à être adopté par le Groupe de travail dans le cadre de la nouvelle troisième phase de ses travaux de suivi. Il peut être obtenu, en anglais, à l’adresse www.oecd.org/daf/nocorruption. Il contient toutes les recommandations (pages 32 à 36) du Groupe de travail et fait le point sur les mesures récentes de mise en œuvre des lois ainsi que sur les spécificités du droit et de la politique de la Finlande en matière de lutte contre la corruption d’agents publics étrangers. Dans un an, la Finlande rendra compte oralement des mesures clés prises pour appliquer certaines des principales recommandations du Groupe de travail. De plus, la Finlande soumettra au Groupe de travail, dans les deux ans, un rapport écrit qui servira de base pour l’évaluation  par le Groupe de travail de l’application des recommandations par la Finlande, qui sera rendue publique.

mardi 5 octobre 2010

Le lobby pro-OGM infiltre l'Agence européenne de sécurité alimentaire - [News Of Tomorrow]

Le lobby pro-OGM infiltre l'Agence européenne de sécurité alimentaire - [News Of Tomorrow]: "Le lobby pro-OGM infiltre l’Agence européenne de sécurité alimentaire

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mercredi 29 septembre 2010 par NewsOfTomorrow

(Source : Coulisses de Bruxelles, UE)

La Commission européenne a toujours été l’amie des OGM, comme en témoignent les Banane-OGM 125 autorisations d’importation accordées depuis 1998. Mis à part les six dossiers retirés par les industriels eux-mêmes, on ne compte absolument aucun refus en douze ans ! Les instances communautaires écartent systématiquement les objections avancées tant par les scientifiques que les autorités sanitaires nationales ou les associations de défense de l’environnement. La création, en 2002, de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA), au lendemain du scandale de la vache folle, n’a strictement rien changé à ce biais favorable aux champions des biotechnologies. Et pour cause : la Commission a peuplé l’AESA de personnalités acquises à la cause des OGM quand elles ne sont pas directement issues de l’industrie elle-même.


José Bové, eurodéputé vert et vice-président de la commission agriculture du Parlement européen, vient ainsi de lever un beau lièvre : la présidente du conseil d’administration de l’AESA, la Hongroise Diána Bánáti, a dissimulé qu’elle avait été membre du comité des directeurs de la branche européenne de l’International Life Science Institute (Ilsi), le « lobby de l’agrobusiness », comme le qualifie Bové.

Satellite Cet organisme prétend donner des conseils scientifiques indépendants dans tous les domaines agro-alimentaires, alors qu’il ne fait que reprendre à son compte les données fournies par ses membres, au rang desquels on compte tous les grands des OGM que sont Monsanto, Syngenta, Bayer, BASF, etc. L’Ilsi s’est par exemple illustré aux Etats-Unis en fournissant des études « scientifiques » sous-estimant les dangers du tabac, ce qui a conduit la justice américaine à s’intéresser à son fonctionnement. A la suite de cette affaire, l’Organisation mondiale de la santé l’a retiré de sa liste d’organisations « partenaires ». On retrouve aussi l’Ilsi dans l’affaire du Teflon créé par le groupe DuPont : son étude prouvant l’innocuité de cette matière ne reposait sur aucune base sérieuse…

Nommée membre du conseil d’administration en 2006, sur proposition de la Commission et décision du Conseil des ministres, Diána Bánáti a été élue présidente de l’Agence européenne de sécurité alimentaire en 2008, puis réélue en juillet cette année. C’est en épluchant sa « déclaration d’intérêt » que José Bové a découvert le pot aux roses. Elle avait simplement mentionné qu’elle avait été « membre du comité scientifique de l’Ilsi » et juré aux députés européens « [qu’]elle n’a jamais été approchée par des lobbyistes ».
Topbanner_left_en efsa « Un conflit d’intérêts scandaleux », s’emporte José Bové, qui exige sa « démission immédiate ». « J’ai averti la Commission le 14 juillet, j’attends toujours une réponse. » L’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage, elle aussi députée européenne, est sur la même longueur d’ondes : « Il est choquant qu’aucun contrôle des déclarations d’intérêts ne soit effectué par la Commission européenne. Si des gens représentent l’industrie, qu’ils se présentent en tant que tel. »

Nous avons joint la semaine dernière le porte-parole du commissaire à la santé et à la politique des consommateurs, John Dali, qui n’a pas jugé bon de nous répondre. Et, aujourd’hui, en salle de presse, il s’est évertué à minimiser le rôle de Bànàti qui, à l’écouter, ne s’occupe que de la machine à café et non du fonctionnement de l’agence... Nous avons cherché à connaître son salaire pour un rôle aussi mineur, mais il nous a renvoyé sur le site internet de l’AESE. Pour lui, il n’y a aucun 'conflit d’intérêts' qui tienne. Curieusement, pourtant, Bànàti a modifié, hier après-midi, sa 'déclaration d’intérêt' afin de préciser son rôle au sein de l’ILSI, reconnaissant ainsi qu’elle avait bien dissimulé un élément important de sa biographie.

Depuis l’origine, les écologistes dénoncent le mode de fonctionnement de l’AESA : elle ne mène aucune étude elle-même, mais s’appuie sur les dossiers transmis par les industriels à qui il appartient de démontrer l’innocuité de leurs produits. Autre lacune de taille : aucune évaluation des risques à long terme n’est exigée. Alors que pour les pesticides, les industriels doivent tester leurs substances sur des rats durant deux ans, pour les OGM, trois mois suffisent.

La composition de l’AESA explique sans aucun doute cette coupable inclination. Car Diána Bánáti n’est pas un cas isolé. En avril, l’ancienne directrice du département OGM de l’AESA, Suzy Renckens, a été embauchée par l’agrochimiste Syngenta… L’actuel président du comité scientifique OGM de l’agence, le professeur Harry Kuiper, est, par ailleurs, le coordinateur d’Entransfood, un projet soutenu par l’UE visant à « favoriser l’introduction des OGM sur le marché européen et rendre l’industrie européenne compétitive ». On comprend mieux pourquoi les avis de l’agence sont toujours positifs. Quelles que soient les objections, elle ne change pas d’avis. Ainsi, dans le cas du maïs MON 810 de Monsanto, la Commission lui a demandé à trois reprises son avis, des études récentes, notamment de l’Institut Pasteur, ayant mis en avant les incertitudes existantes sur les effets à long terme de cet OGM. L’AESA n’a pas revu sa copie.

Or, les avis de l’agence sont cruciaux, la Commission s’y rangeant dans tous les cas. Le Conseil des ministres, sur proposition de la France, a demandé à la Commission de revoir le fonctionnement de l’AESA. C’était en 2008. On attend encore.

N.B. : Il s’agit de la version actualisée d’un papier paru aujourd’hui dans Libération et écrit avec Julie Majerczak.

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dimanche 3 octobre 2010

Les Inrocks : Humiliation, dépression, démission: l'offre triple play de France Télécom

Les Inrocks : Humiliation, dépression, démission: l'offre triple play de France Télécom: "sommes.”

Pour virer les dix ingénieurs, Philippe annonce :

“On va leur faire comprendre que l’entreprise est en guerre et que dans toute guerre, il y a des morts. Et que bouger, accepter le changement, c’est la vie. – C’est ça qu’on t’a appris dans le stage ? – Entre autres.'

Devenu manager, Philippe applique dans son équipe le plan Next. L’open-space qu’il anime est tourneboulé comme un cube. Stéphane, invisible ingénieur d’une équipe commerciale, dirige soudain Rodolphe, qui était son supérieur la veille. Thierry, un cadre qui refuse la promotion qu’on lui impose, se voit rétrogradé et placé sous l’autorité d’un de ses subalternes. Philippe ordonne, place et déplace les employés. Dans l’openspace, on commence à se regarder de travers. Des camps se forment. On se parle moins à la cantine. Dans son bureau, Christian reçoit des appels de sa direction parisienne.

“On me conseille de fixer des objectifs inatteignables, pour pouvoir dire au collaborateur : ‘Je suis désolé, mais là, on ne peut plus continuer avec toi’…”

Peu à peu, des infos lui parviennent des boutiques, des centres d’appels, des open-spaces chamboulés par le plan Next : ça va mal. Les salariés commencent à faire des dépressions. Des formules comme “au bout du rouleau”, “envie de suicide” remontent jusqu’à lui. Il décide d’alerter Paris et envoie des e-mails à la DRH du groupe.

Christian ne reçoit aucune réponse. Jusqu’à ce matin de 2006 où Simone, membre de son équipe d’encadrement, débarque en trombe dans son bureau pour lui déclarer que sa hiérarchie ne veut plus de lui.

A dater de ce jour, des cadres sous les ordres de Christian passent devant lui sans le regarder. Il se demande comment Philippe, bon et solidaire, a pu devenir en dix jours un manager capable de muter, tel un pion, un collègue avec qui il déjeune à midi. Il imagine de redoutables techniques de lavage de cerveau. Il en parle à Oscar, un cadre de la direction parisienne du groupe, qui lui a gardé son amitié. Christian ne peut pas mieux tomber : Oscar a participé au fameux stage où l’on a formé Philippe aux techniques pour mobiliser les employés et leur “faire accepter le changement”.

Un soir, loin des bureaux, Oscar lui donne les fiches pédagogiques qu’il a reçues comme Philippe lors de leur stage parisien dans les locaux d’Obifive, une société internationale de coaching en management. Il découvre un curieux schéma. Un plan de la bataille d’Angleterre de 1940, qui vante la “précision” et la force de “l’exécution conf¡orme” des avions de chasse allemands. Intrigués, nous demandons un rendez-vous à Céline Lerenard, la directrice associée d’Obifive :

“Ce n’est pas un peu bizarre, de comparer les concurrents de France Télécom à des avions allemands ? – Vous avez mal compris. On voulait faire ressortir la solidarité qui existait entre les pilotes et les mécaniciens de la Royal Air-Force. – Pardon, mais ça, ça n’est écrit nulle part. Ce qu’on voit, ce sont des avions de la Luftwaffe bombardant des villes en Angleterre. – Alors vous avez mal compris.”

Des témoins, des employés de France Télécom qui ont participé au stage, racontent une autre histoire :

“Les formateurs expliquaient que nous étions en guerre. D’abord, on nous montrait l’Angleterre prise en tenailles par les nazis. Ensuite, on nous montrait Orange prise en tenailles par Free, par Bouygues et par Nokia…”

Nous rencontrons Bruno Diehl à Paris. Conseiller en management de l’équipe du pdg de France Télécom jusqu’en 2007, il a écrit en mai 2010 un livre montrant comment, à partir de l’an 2000, un management déshumanisé a plombé l’entreprise. Diehl était en relation avec des formateurs qui animaient les stages de management. Il nous décrit des stages efficaces et vivants, concrets, pleins d’exercices pratiques inspirés de la réalité.

Par exemple, on proposait aux stagiaires de réduire de moitié les effectifs de leur plate-forme : vingt-cinq personnes à faire partir. Sur ces vingt-cinq, l’une avait une mère atteinte d’une maladie grave. Il va la voir chaque jour et sa mutation doit l’envoyer à plus de 100 kilomètres. Exercice : “Comment vous y prenez-vous pour le faire partir ?” Après quoi, le formateur donnait la réponse. Il faut, disait-il, faire comprendre avec humanité l’importance de ce choix : soit le collaborateur emmène sa mère avec lui, soit il démissionne pour rester auprès d’elle.

“Culpabilisé, le collaborateur prendra lui-même la bonne décision : démissionner.”

Christian découvre un second document. Celui-là prouve que France Télécom savait que ses employés allaient inévitablement perdre leurs repères, puis leur moral. C’est une belle courbe, signée Orange et Orga Consultants, une autre société de coaching en management. Elle s’intitule “Les phases du deuil”. Cet outil devait permettre au manager de comprendre l’état psychique du salarié qui subit une mutation forcée dans une ville éloignée ou dans un autre service.

La “courbe du deuil” définit six étapes : l’annonce de la mutation, le refus de comprendre, la résistance, la décompression, la résignation et, pour finir, l’intégration du salarié. Le manager est averti : en phase 3, la “résistance”, l’employé peut se livrer à des actes de sabotage. Puis en phase 4, la “décompression”, il va chuter dans le désespoir et la dépression. La légende, sous la courbe, conseille au manager de faire entendre à son employé dépressif que “l’évolution des besoins est à la source du changement”. En français, que sa mutation est inévitable.

Ces dépressifs programmés, Christian en a repéré plusieurs au sein de la boîte. Ce que les dirigeants n’avaient pas prévu, c’est que cinquante-huit d’entre eux, au lieu de se laisser accompagner par leur manager jusqu’en phase 6, celle de “l’acceptation du changement”, iraient jusqu’au suicide ou à la tentative de suicide. Dans son bureau, à Arcueil, Val-de-Marne, nous interrogeons la directrice exécutive adjointe du groupe France Télécom Orange, Delphine Ernotte.

“Qu’est-ce qu’un outil comme la ‘courbe de deuil’ vient faire entre les mains d’un manager ? – Ce qu’on voulait, c’était accompagner au maximum les employés. Mais peut-être était-ce maladroit. – Vous aviez prévu des dépressions : c’est écrit dans les documents. Vous auriez pu prévoir que certains allaient craquer, non ? – Non. On ne l’a pas du tout imaginé.”

Un matin de 2007, Christian est convoqué place d’Alleray, à Paris, le siège du groupe. Sur le courrier recommandé, aucun détail sur le motif de la convocation. Une fois sur place, il cogne à la porte du DRH du groupe, Olivier Barberot, qu’il connaît et qu’il tutoie. Mais Barberot ne le reçoit pas comme d’habitude. Il le vouvoie :

“Monsieur, vous deviez vous présenter hier, vous ne l’avez pas fait. Cela nous contraint à engager une procédure disciplinaire. A moins que vous n’acceptiez de signer votre départ de l’entreprise.”

Christian écoute le DRH, accompagné d’un assistant, lui vanter l’intérêt d’un départ à l’amiable. Au bout de quelques phrases, Christian explose :

“Je n’imaginais pas que vous étiez capables d’une saloperie pareille ! Vous êtes des salauds mais vous avez gagné : je ne veux plus vous voir. Je ne veux plus travailler avec des gens comme vous.”

Puis, sur ces mots, Christian signe son départ, quitte l’immeuble en pleurant et prend le chemin d’une autre vie. Après la révélation, l’an dernier, du scandale des suicides en série, Olivier Barberot, qui gérait la carrière de 200 000 employés du groupe, a été déplacé au poste de pdg d’une filiale de sept-cent cinquante personnes. Nous n’avons pas réussi à le joindre pour entendre sa réponse au récit de Christian. Mais nous avons pu parler au téléphone à un communicant du groupe France Télécom Orange. Nous l’informons que Les Inrocks ont recueilli le témoignage d’un de leurs anciens directeurs régionaux, et que celui-ci, pour ne pas exposer sa nouvelle

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samedi 2 octobre 2010

Maroc: Expulsion de centaines de Subsahariens vers la frontière algérienne

Maroc: Expulsion de centaines de Subsahariens vers la frontière algérienne: "Volontaires de MSF avec des Subsahariens. Photo MSF

Dans un communiqué, MSF a affirmé qu’entre 600 et 700 personnes ont été arrêtées lors d’opérations policières dans plusieurs villes du Royaumme entre le 19 août et 10 septembre. Vivant à Al-Hoceima, Casablanca, Fès, Nador, Oujda, Rabat et Tanger, ces personnes ont ensuite été déportées à la frontière avec l’Algérie. MSF a précisé également que durant plusieurs raids, les policiers ont détruit des abris de fortune des immigrants clandestins avec des bulldozers. Abandonnés dans ce no man’s land, certains immigrants ont réussi à retourner à Oujda à pied, complètement démunis.

MSF a indiqué avoir pris en charge, 186 migrants dont 103 qui présentaient des blessures liées aux arrestations violentes. Selon son chef de mission au Maroc, Jorge Martín, son équipe a été témoin « des conséquences directes de ces expulsions sur l'état de santé physique et mentale des migrants ». Par ailleurs, MSF a précisé avoir observé une « augmentation alarmante » des cas de problèmes de santé liés à la violence.

L’ONG a appelé une fois de plus, le Maroc à respecter ses obligations en vertu du droit international, le Maroc étant signataire de la convention de l’ONU sur la protection des droits des travailleurs migrants et de leurs familles. De même, elle a invité le Maroc à « respecter la dignité et l'intégrité des migrants et éviter de les exposer à une situation d'une plus grande vulnérabilité et d'insécurité » dans sa mise en œuvre des mesures de contrôle des migrations clandestines.

Ce n’est pas la première fois que MSF met en cause le Maroc dans ce phénomène de déportation d’immigrants clandestins. En mars dernier, l’ONG a publié un rapport dans lequel elle a fait état des violences subies au Maroc par des migrants venant d’Afrique subsaharienne, notamment les femmes.

A la fin du mois d’août, l’AFP citant les autorités régionales du nord du Maroc, a fait part de l’expulsion de 72 migrants clandestins subsahariens vers l’Algérie. Pourtant, au début du même mois, le Maroc avait condamné l’abandon par les gardes côtes espagnoles de 8 Subsahariens en état critique au large de Melilla. Le Maroc gagnerait à être plus cohérent.

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