mardi 30 avril 2013

Martinique : Dégradation de la situation économique et sociale



Le nombre de chômeurs a encore augmenté pour le mois de mars 2013 et s’établit pour toutes les catégories à 52 297 (+ 0,8 %), selon les nouvelles données disponibles.

La catégorie A, qui recense les chômeurs n’ayant aucune activité, connaît la hausse la plus importante., + 1,55 % en février et + 0,7 % en mars, selon l’INSEE (Cf. bulletin n° 3, avril 2013)

Les moins de 25 ans et les plus de 50 ans restent toujours ceux qui sont le plus touché, respectivement + 8,6 % et + 14,5 % sur un an.

Selon l’INSEE, l’indice des prix à la consommation des ménages a connu une augmentation de 0,6 % en mars, malgré la baisse constatée sur les produits frais (- 1,7). Ce sont surtout les produits manufacturés (+ 1,3 %) et l’énergie (+ 2,2 %) qui contribuent à cette évolution.

Pour les produits manufacturés, le poste « habillement et chaussures » y participe fortement avec un indice de + 5,8 %.

D’autre part, le Syndicat Martiniquais des Hospitaliers (SMH) a assuré cette semaine que le centre hospitalier n’a plus les moyens d’assurer dignement les soins aux malades. Il estime que cette situation épuisante pour les médecins conduira tôt ou tard à leur départ.

Le SMH appelle à une mobilisation massive pour sauver l’hôpital public.

Napoléon MAGLOIRE le joueur de gwo ka et de lewoz est mort


Napoléon MAGLOIRE, légende du GWO KA est décédé ce matin. C'était le fidèle compagnon de Vélo. On lui doit énormément de titres qui sont devenus des classiques de la musique guadeloupéenne. "Nou rivé an léwoz a yo la...". "NAPO" comme on le surnommait laisse un répertoire et un héritage aux guadeloupéens pour l'éternité. Sauront-ils s'en servir? Le KA est à l'étude. Pendant ce temps.

Paix à son âme !

Reprise de l'épandage en Guadeloupe



Avec la reprise des épandages aériens annoncée par la nouvelle préfète Marcelle Pierrot les chiffres de la Guadeloupe vont vite rattraper ceux de la Martinique.

Rappel : les épandages aériens lâchent dans les airs des pesticides toxiques pour l'homme, ces pesticides vont contaminer toute la chaîne alimentaire avoisinante et vont durablement et profondément imprégner les sols à cause de leur rémanence !

En Martinique 20 ans d'épandage au chlordécone sur 40% du territoire, résultat 700 ans de sols contaminés où toutes cultures poussant dessus est de facto cancérigène.

lundi 29 avril 2013

Écrire la domination




Journée d’études CRILLASH
Mardi 14 mai 2013 – 9h-12h / 14h-16h – Amphithéâtre Hélène Sellaye 
Faculté des lettres et sciences humaines – UAG – Schœlcher


Argumentaire

La domination est une entreprise relayée par l’écrit, qu’il soit juridique (Code noir par exemple), littéraire, mythologique (biblique par exemple) ou autre. A travers ces textes, le dominant organise sa domination en visant à conditionner le dominé à accepter sa soumission. Ecrire la domination est donc pour le dominant un enjeu considérable qui participe du maintien de sa position.

Le dominé aussi écrit la domination. Il est l’effet de cette domination et produit des textes sur son vécu. Il le fait soit pour s’en plaindre, la refuser (récits d’esclaves par exemple), soit pour l’accepter, la reproduire (textes de Mayotte Capécia vus par Frantz Fanon par exemple).
Ecrire la domination, c’est également écrire sur la manière dont les récits de la domination par les dominants se sont structurés, transmis, ont eu des effets. C’est encore écrire sur la perception qu’ont les dominés de la prépotence qu’ils subissent, leurs récits qui la narrent, leurs stratégies de mise en récit (rhétorique, allusion, détour, véhémence, etc.), les langues qui servent à cette écriture.

En quoi la lecture des macro/micro-récits de domination renseigne-t-elle sur l’écriture de la domination ? Comment les dominants mettent-ils les dominés en récit ? Comment les dominés se mettent-ils eux-mêmes en récit (sans nécessairement se laisser enfermer dans des modèles validés par les dominants) ? Jusqu’à quel point est-il possible d’écrire contre la domination et quels sont les effets de ces écrits ? 

L’écriture de la domination pourrait être perçue aussi comme une écriture de mise à distance des grands récits, des grands mythes qui participent de l’imaginaire de la domination, dans lequel s’inscrit l’imaginaire colonial. 

Ces thèmes, entre autres, seront débattus lors d’une journée d’études du CRILLASH (Centre de Recherches Interdisciplinaires en Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines), le mardi 14 mai 2013 à l’amphithéâtre Hélène Sellaye de la faculté des lettres et sciences humaines de l’Université des Antilles et de la Guyane (campus de Schœlcher, Martinique). Les interventions dureront une heure chacune, soit une demi-heure de communication suivie d’une demi-heure d’échange entre l’intervenant et l’auditoire. Cette journée est ouverte au public. 

Interventions

- 9h-10h. Description d’un débarquement de Congos à la Martinique
                   Gerry L’Etang (anthropologue  – Martinique)                          
                                                             
Dans ses Souvenirs de la Martinique et du Mexique pendant l’intervention française (1890), Charles Mismer brosse l’arrivée d’un convoi de Congos à la Martinique. Cette description d’engagés africains (introduits entre 1857 et 1862 pour conforter une économie de plantation ébranlée par les revendications voire les défections des Nouveaux libres) est d’un racisme extrême. Elle animalise les Congos et leur attribue une ignominie. 
Qui était Charles Mismer ? Et en présentant ces Africains comme « un ramassis d’êtres abjects, d’apparence simienne », à quels discours faisait-il écho ?

Cette communication tentera d’analyser le cadre anthropo-historique et les stratégies de domination dans lesquels s’enchâsse ce texte de Charles Mismer.

- 10h-11h. La chair, la parole et la domination
                     André Lucrèce (sociologue, analyste littéraire – Martinique)

Le langage historique, romanesque ou documentaire ne s’invente pas quand il témoigne de l’éclat morbide d’un système de domination qui tente d’enlever au dominé jusqu’à la plus petite parcelle de dignité. La condition faite alors à l’homme peut se décliner sous la forme de cette irrémissible récurrence qui se résume par le désabri.  Cette dimension est souvent mise entre parenthèse – à quelques exceptions près – par la parole historiographique, prétendument innocente, jugeant impertinent « l’excès » descriptif. Ce parti pris, qui se manifeste par une peur de l’exhumable, nie le sens de l’épreuve que subit le dominé et devient suspect à nos yeux. Comme le dit Hannah Arendt dans Les origines du totalitarisme : « Décrire les camps de concentration sine ira [sans colère] n’est pas être ‘objective’, c’est fermer les yeux sur leur réalité. » 
Notre point de vue est que restituer l’aliénation jusqu’à l’échelle vivante de la cruauté humaine contribue à édifier le monde dans sa vérité. Nous nous appuierons, pour démontrer cela, sur des textes du XIXème et du XXème siècle relevant de l’historique et du romanesque.

- 11h-12h. Avatars de la domination coloniale et formation des personnalités     
                     guadeloupéenne et martiniquaise
                  Jean Bernabé (linguiste  – Martinique)
                                                                                               
La critique du concept d’identité transférée de l’individu aux peuples se fonde sur le fait que ces derniers, parce que inscrits dans l’histoire, sont nécessairement évolutifs. Contrairement à l’identité, la personnalité constitue donc un attribut tant pour l’individu que pour les peuples. La fable Les deux cafiés, écrite au XIXème siècle sous la plume du Guadeloupéen Paul Baudot, constitue un témoignage éloquent des effets de la domination coloniale comme génératrice de contentieux entre deux peuples. Il est question, dans la présente communication, d’analyser ces causes et ces effets afin d’éclairer les populations concernées sur les modalités et circonstances ayant présidé à la formation non seulement de leurs personnalités respectives, mais aussi des contrastes et des antagonismes qui obèrent une relation pacifiée entre deux îles dites « sœurs » au motif, parfaitement colonial, qu’elles ont une même métropole.

***

- 14h-15h. La fabrique de l’homme religieux créole :
                     exégèse du carnet de voyage du Père Labat
                       Max Bélaise (philosophe  – Guadeloupe)
                                                                                                                       
Dans son essai La fabrique de l’homme occidental, l’anthropologue Pierre Legendre rappelle la fragilité de la fabrique des fils, comme le serait, dit-il, le lien qui relie chacun à son humanité ainsi que celui  de  la parole. 
Qu’en serait-il de la fabrique de l’homme créole ? Et, précisément, celle de l’homo religiosus créole ? En effet, le développement de ce que Roger Bastide appelle les « Eglises de sécurité » ne serait-il pas lié à ce passé durant lequel, comme le dit l’anthropologue, « le rouleau compresseur de l’esclavage aurait détruit l’Afrique ancestrale : ses dieux, ses danses » ? 
En définitive, l’institution religieuse n’aurait-elle pas, malgré elle, manipulé les consciences, ce qui aurait facilité la domination politico-économico-sociale des colons ?
Afin de répondre à ces questions, nous avons entrepris l’exégèse du carnet de voyage d’un de ces moines-soldats : le Père Jean-Baptiste Labat.

- 15h-16h. Dénommer pour dominer, dominer en dénommant. 
             Peut-on « dé-passer » la blessure d’un nom-macule « en-registré » ?
                    Philippe Chanson (anthropologue, théologien  – Suisse)

Les faits sont têtus : aux lendemains de l’Abolition, une distribution de noms d’état civil affligeants a piégé de façon pérenne nombre de nouveaux libres. Ce délit signait non seulement à sa manière la contestation des maîtres à l’émancipation des esclaves, mais une bonne fois encore cette manie coloniale de dénommer pour dominer ou de dominer en dénommant. Débordant ici notre ouvrage sur La blessure du nom (Academia, 2008), cette contribution reprend les questions liées de fait aux blessures traumatiques qu’a représenté, pour de nombreux antillais-es, cette attribution de patronymes stigmatisants imposés, cherchant à décrypter en quoi ces procédés ont été pervers et pourquoi finalement de tels micro-textes littéralement « en-registrés » peuvent véhiculer une « douleur linguistique » et morale profonde. Il s’agira surtout de tenter d’aborder, par-delà les postures de résignation, d’accommodation ou de dissimulation, par-delà les pratiques culturelles du marronnage du nom (usage des ti-non, du non-kaché, de la parade de l’humour des noms) et par-delà encore la possibilité légale mais toujours psychologiquement complexe de changer ou de modifier son nom, s’il est concevable, pour les porteurs de noms-macules (que Césaire a qualifié d’« estampilles humiliantes »), de « dé-passer » la blessure vive du nom. Peut-on échapper à son nom ? Est-il finalement cette âme de la personne qui le porte ? Peut-on accepter qu’il reste toujours la marque-signe d’une domination, d’une indignité irrémissible ? Des questions fort tendues que nous sommes bien contraints d’explorer.



jeudi 25 avril 2013

A L’AUBE D’UN JOUR NOUVEAU




Pendant que Mme TAUBIRA se bat au nom de l’égalité pour le mariage homosexuel, la cour de cassation vient de réduire à néant, sa loi sur la reconnaissance de la traite transatlantique et de l’esclavage des noirs comme crime contre l’humanité elle n’a pas d’effet normatif.

Cette loi ne serait aux yeux de cette haute cour de justice française, qu’une coquille vide (...)

S’il est certain que les homosexuels pourront désormais s’unir et créer une famille, au nom de l’égalité, les nègres continueront à être ce qu’ils n’ont jamais cessés d’être : les damnés de la terre ceux qui continueront à se faire cracher à la figure sans aucun moyen de défense.

Grace à la Cour de cassation les békés et autres héritiers d’esclavagistes pourront continuer tranquillement et en toute impunité à parler des bienfaits de l’esclavage, à vanter les mérites de la pureté de la race. Ils ne courent plus aucun risque de se voir accuser de faire l’apologie d’un crime contre l’humanité. Ils seront dans leur bon droit.

Bravo ! Et Vive la France ! Vive la république française qui assure la liberté l’égalité et la fraternité, pour tous, les hommes, les femmes, et même pour les animaux domestiques protégés de la cruauté exercés à leur encontre.

Mais me direz vous aux yeux de cette France des droits de l’homme le nègre a-t-il jamais fait partie de l’humanité, a-t-il même jamais fait partie du règne animal ?

N’oublions pas que pendant plus de trois siècles il a été aux yeux du législateur français et des maîtres esclavagistes un meuble. C'est-à-dire une chose, un objet sans pensée, sans réflexion, sans intelligence, sans sentiment, tout juste bon à être utilisé avant d’être mis au rebut.

Un siècle et demi après l’abolition de l’esclavage il est impensable pour la France d’admettre que les nègres puissent demander la condamnation d’un descendants d’esclavagiste. N’est ce pas leurs anciens maîtres qui finalement les ont acceptés comme êtres vivants qui les ont éduqués, leur communiquant ainsi une sorte d’humanité auquel il ne pouvait prétendre en tant que meuble ?

" N’est ce pas assez d’avoir de mon gosier retiré votre cou " a dit le loup à la cigogne la traitant d’ingrate, alors qu’elle lui réclamait un salaire pour l’aide qu’elle venait de lui fournir. 

Cet arrêt de la cour de cassation me fait penser à cette fable de Lafontaine.

La cour de cassation dit aux nègres n’est ce pas assez que nous ayons pris un décret abolissant l’esclavage et que nous vous ayons concéder de voter une loi reconnaissant qu’il s’agissait d’un crime contre l’humanité ?

Comment osez vous aujourd’hui aller jusqu’à vous fonder sur loi qui n’en n’est pas une pour poursuivre devant les tribunaux un descendant d’esclavagiste à qui vous devez tant au prétexte qu’il a vanté les bienfaits de l’esclavage et de la pureté de la race ? 

Ne savez vous pas que nous n’avons jamais entendu donner à cette loi valeur de loi ? 

N’avez-vous pas compris que cette disposition législative n’est qu’un placébo, un leurre pour faire taire vos revendications, vous aider à vous souvenir et non pas pour vous donner les moyens de nous flageller ? 

Décidément les nègres vous n’êtes que des ingrats ! (...)

MATINIK KARAYIB
Foyal le 8 février 2013

Claudette DUHAMEL

samedi 20 avril 2013

Les idiots et les idiotes s'en donnent à coeur joie


Les idiots et les idiotes qui s'immortalisent perturbant la ponte des tortues luth, des débiles qui prennent la pose sur les reptiles. 

Du grand n'importe quoi !

jeudi 18 avril 2013

Francisco nous a quitté



La Martinique vient de perdre l'un de ses plus grands artistes, Frantz Charles surnommé Francisco,  il s'en est allé rejoindre son créateur.  Mais, l'homme nous laisse en héritage un patrimoine musical conséquent, qui demeure et à travers lui, le chanteur continuera d'exister parmi nous.

Avec le décès de Francisco, c'est toute une époque  s'en va, celle 
des années 70,  de la biguine,  d'un bougé, d'une atmosphère tropicale quelque peu doudouïsante,  qui ne reviendra plus.

Qu'il aille en paix !

Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille.




Pour en savoir plus sur Francisco