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mercredi 17 avril 2013

Incroyable en pays colonisé.


Un représentant du CSA, Monsieur Patrice Gelinet, est en mission en Martinique, avant de se rendre le lendemain en Guadeloupe.

Invité ce soir du journal télévisé de Martinique 1ère, un journal coupé en deux parties pour laisser place à la publicité, ce Monsieur ne trouve rien à redire.

En sortant du plateau, il est interpellé par trois journalistes sur cette violation des règles de leur profession. Ils lui rappellent qu'il y a eu une mise en garde du CSA pour ces faits. Le monsieur promet de transmettre à Christine Kelly qui s'occupe du dossier. C'est tout. Les Martiniquais qui paient la redevance sont définitivement méprisés !

Voulant en savoir un peu plus sur ce monsieur, je suis allé sur Wikipedia. Voici le profil de cet invité du journal de France Télévisions version coloniale, ce mardi 16 avril 2013 :

Patrice Gélinet. Ancien professeur d'histoire, il a débuté sa carrière à la radio dans une émission à France Culture en 1984.

Jeune, il milite aux côtés d'Alain Madelin et de Gérard Longuet dans le mouvement d'extrême-droite Occident. À la fin des années 1960, il a appartenu au mouvement Action nationaliste.

En janvier 2010, il commente son engagement passé à Occident dans la revue Stratégies : « Une connerie de jeunesse, comme d'autres ont été gauchistes. C'était il y a plus de quarante ans, c'est-à-dire plus de temps que celui qui sépare l'élection de Mitterrand en 1981 de sa francisque. Je ne renie pas le passé, mais je n'en suis pas particulièrement fier. »

On ne sait pas ci ce représentant du CSA restera fier de son passage dans un journal télévisé interrompu par la publicité dans une chaine du service public.

En ce qui me concerne j'assume mon combat pour le respect de ma profession, et je revendique pour le téléspectateur martiniquais, qui paie la redevance, le même respect qui est accordé aux téléspectateur français.

Lisa David

mardi 20 novembre 2012

Le Blanc et le Noir




Des rumeurs de plus en plus précises en provenance de la Direction font état de trois lettres arrivées à la Direction générale de « Outremers Première-France Ô. » en provenance du Bureau du Président Pfimlin.

Ces courriers mentionneraient le programme d’économies à effectuer par l’Outremer

France Ô deviendrait la chaîne dédiée aux enfants…pendant la journée et serait la chaîne vitrine des Outremers ...La nuit !!
Les Huit stations régionales de l’Outremer verraient leur outil de production disparaître totalement.
Les JTR et un magazine hebdomadaire qui reste à définir seraient diffusés en décrochage sur les programmes de France 3
La direction envisagerait de fermer totalement deux stations : Wallis-et-Futuna et Saint-Pierre-et-Miquelon.
A Malakoff, La direction envisagerait la fermeture de l’AITV, agence d’images et de sujets de France télévisions pour l’Afrique.
Du fait, de la mise en place du décrochage et de la fin des TéléPays, Malakoff perdrait la Direction des Programmes de Outremers Première
Enfin, la Direction envisage la suppression de l’indexation.
Ces rumeurs sont insistantes, corrélées, et proviennent de sources…officielles !

Commentaire : ce plan d’économies signifie tout simplement la fin de l’audiovisuel public d’Outremer, réduit à sa plus simple expression. S’il est signataire de ces décisions, le président de France Télévisions remplace l’Etat dans la gestion des territoires d’outremers. La fermeture des stations est un acte ignorant la réalité sociale et économique de l’outremer français.
Par ailleurs, demander encore à des populations pauvres, éloignées de la métropole, au chômage endémique de se priver d’un outil de développement culturel, technologique, éducatif, universitaire dont se dotent les pays voisins est…une ineptie raciste. Car n’ayant pas peur des mots : reléguer les noirs en programmes de nuit, fermer les productions et donc éteindre leur voix est un acte raciste.
C’est nier l’oralité, l’existence des cultures ultramarines… Quand France 2 ou France 3 auront fait, à leur échelle, de semblables économies, demander un effort similaire aux noirs, aux bronzés, aux populations les plus pauvres de la République, aux stations les plus mal équipées, aura un sens. Ce n’est pas le cas !

Syndicat national des médias
35/37 rue Danton 92240 MALAKOFF


jeudi 8 novembre 2012

LETTRE OUVERTE A RÉMY PFLIMLIN PRESIDENT DE FRANCE TELEVISIONS



Monsieur le Président,

Journalistes à Martinique Première, nous constatons que malgré nos protestations, en violation des règles qui régissent notre profession, nous sommes contraints, par les choix de la direction de Martinique Première, de signer une page de publicité.

En effet, le journal de Martinique 1ère, d’une durée de 55 minutes, est divisé en deux parties pour laisser place à un écran publicitaire.

A 19h25 le présentateur lance un extrait du dossier du journal « le feuilleton », il donne rendez vous pour la suite pendant qu’apparaît un synthé « A SUIVRE ». Puis place à la publicité pour cinq minutes. Il est donc évident que le présentateur annonce bien, la suite du même journal.

D’ailleurs au cours d’une conférence de presse de rentrée, le directeur régional Jean-Philippe Pascal, a présenté une nouvelle tranche d’information de 19h à 19h55. Si en réalité le journal commence à 18h58, la presse a rendu compte de ces annonces faites par notre direction.

Ainsi « Megazapp.canalblog.com » qui informe ses lecteurs :

« La chaîne Martinique 1ère fait sa rentrée. La chaîne communique autour de la nouvelle saison 2012/2013. Une nouvelle saison qui d'après son directeur régional (Jean Philippe Pascal) sera celle du renouveau et de la reconquête. Un renouveau qui passe par les programmes, avec une refonte complète des rendez-vous de l'information. En effet, dés ce soir et ce pendant toute la saison, la chaîne proposera entre 19h00 et 19h55, une tranche d'information quotidienne de 55 minutes traitant de l'actualité locale, régionale, caribéenne, nationale et internationale ».

Dans tout média qui se respecte, la rédaction et l’équipe des ventes publicitaires doivent être séparées. Ce n’est plus le cas quand dans notre journal, nos reportages sont liés à la publicité, lui apportant peut-être même, une plus-value. Le directeur régional précisant sur le blog de notre chaine que cette « refonte complète » de notre journal s’inscrit dans une volonté « d’offrir un carrefour d’information à une heure de grande écoute et de maintenir notre leadership sur des créneaux les plus porteurs d’audience.

Faut-il rappeler que l'article L. 7111-6 du code du travail a établi une incompatibilité en ce qui concerne les agents de publicité et le métier de journaliste.

Nous ne voulons pas croire que vous comptez sur le silence des personnels de cette station de Martinique, tétanisés par votre annonce, dont fait écho le site http://www.jeanmarcmorandini.com/, sous le titre « Rémy Pflimlin: Les économies à France Télé auront des "conséquences sévères sur l'emploi" : « Les économies à France Télévisions auront "des conséquences sévères sur l'emploi", entraîneront "moins d'investissements dans la création" et poseront la "question" de la place du groupe d'audiovisuel "en régions et en outre-mer", a prévenu mercredi son président, Rémy Pflimlin. "Il est à ce stade demandé à France Télévisions de réaliser, en 2013, 150 millions d'euros d'économies. (...) Un tel volume d'économies, ce sont bien plus de rediffusions, c'est la question de notre place en région et en outre-mer, ce sont moins d'investissements dans la création, ce sont des conséquences sévères sur l'emploi, à France Télévisions et dans les secteurs qui vivent des commandes de l'entreprise", a averti M. Pflimlin lors d'une audition au Sénat. »

Les Martiniquais, qui paient une redevance, n’ont-ils pas droit à une information de qualité, assurée par des professionnels libres et indépendants qui ne sont pas soumis à la loi des annonceurs publicitaires ?

De plus, avec cette page de publicité qui interrompt notre journal, sa lisibilité est gravement atteinte.

Comment assurer une information « libre et non faussée » quand nos sujets encadrent la publicité dans ce journal télévisé ? Quelle peut être la crédibilité des journalistes de Martinique 1ère face aux téléspectateurs martiniquais ?

Le directeur régional de notre station, Jean-Philippe Pascal nous a assurés, en réponse à nos interpellations, que le CSA avait été consulté pour la conception de ce journal complètement à part, du groupe France Télévisions. Une affirmation renouvelée devant les instances du personnel, comme ce fut le cas lors de dernière séance du Comité d’Etablissement du 31 octobre 2012. Nous en sommes très étonnés et vous demandons ce qu'il en est.

Nous nous interrogeons, sommes en train de devenir une terre de dérogations, quand nous constatons qu’aucune chaine en France métropolitaine, n’impose ce manque de respect de l’information, ni aux téléspectateurs, ni aux journalistes ?

Monsieur le Président nous vous demandons de prendre les mesures qui s’imposent pour que cesse cette situation tout à fait inédite et illicite au sein d’une télévision publique. Nous sommes déterminés à défendre l’éthique de notre profession.

Fait à Fort de France le 2 octobre 2012

Signée par 15 journalistes