mardi 12 février 2019

LA PROBLEMATIQUE DES MAISONS ABANDONNEES A POINTE-A-PITRE



L’incendie de la rue Peynier pose une nouvelle fois la question des maisons abandonnées par leur propriétaire dans le centre-ville et les dangers qu’elles font courir.

La ville consciente de cet handicap a développé une politique d’acquisition de parcelles par des DUP (Déclaration d’Utilité Publique) dans le cadre de la rénovation urbaine et avec l’EPF (Etablissement Public Foncier) en développant sur ces parcelles de l’habitation sociale et des commerces. 
Près de 100 parcelles ont été ainsi acquises et permettent la reconstitution d’une offre de près de 200 logements qui contribuent à ramener de la population en centre-ville.

Cette action s’ajoute aux opérations d’OPAH-RU qui ont redémarré et qui permettent aux propriétaires de rénover leurs biens avec une aide substantielle de l’Etat (ANAH) et de la ville (près de 150 opérations de ce type ont déjà eu lieu). Mais l’amplification des politiques publiques pour gagner la bataille contre le temps et la dégradation des biens non entretenus se heurte cependant à 4 grandes difficultés qu’il faut avoir à l’esprit.

1°) L’abandon et le non entretien d’un nombre important de propriétés pendant des années crée des risques de squat, d’incendies, mais aussi des sources de nuisance pour le voisinage (arbres non taillés, dépôts d’ordures, rongeurs…).

2°) L’indivision règne sur la plupart des parcelles concernées. Il faut quelquefois des dizaines d’années pour gérer les successions. Les opérations que nous faisons par exemple face au Tribunal pour acquérir les parcelles et développer des espaces publics nous obligent à remonter au IXème siècle pour reconstituer les propriétés et affronter des dizaines d’héritiers par parcelle dont nombreux n’ont pas ou n’ont plus les titres de propriété.

3°) La spéculation autour du bien qui a été au départ de l’incendie (maison dite ROMIL), non entretenu depuis plus de 30 ans, faisait l’objet d’une vente à un prix qui a découragé tous les acquéreurs potentiels qui se sont présentés pour l’acheter, l’entretenir ou l’embellir. Dans la même rue, une propriété classée de l’Etat fait courir le même risque (non entretien et demande de sommes peu raisonnables pour son acquisition). Beaucoup de bâtiments remarquables du centre-ville sont victimes de ce double effet : absence d’entretien mais volonté d’en tirer des bénéfices importants.

4°) Quand des accords sont trouvés entre des propriétaires et des acheteurs (privés ou publics) les contraintes liées à la proximité de nombreux bâtiments classés viennent compliquer la tâche pour leur rendre un usage d’habitation moderne, d’espace économique ou de service public. Les exigences formulées quelquefois de réhabilitation à l’identique sont peu réalistes. Nous nous félicitons cependant que sur certaines opérations (rue Achille René-Boisneuf par exemple) des d’accords entre les bailleurs et les architectes des bâtiments de France ont pu être trouvés pour des démolitions complètes avec reconstruction des façades à l’identique. Sans de tels accords, certains bâtiments risqueraient de continuer de se dégrader jusqu’à leur disparition.

La lutte que nous menons pour préserver le patrimoine de la ville est donc un combat acharné et délicat. Les progrès que nous faisons sont à tout moment remis en question d’une part, par les dégradations du temps et les risques d’incendie, de cyclones ou de tremblement de terre et d’autre part, par les évolutions potentiels de la législation. Mais nous continuerons ce combat, car il est ô combien pénible de voir notre patrimoine architectural partir en fumée…

S’agissant de la maison de la famille FORIER, il y a certainement des pistes qui permettraient de reconstruire à l’identique ce patrimoine culturel et cher aux pointois. Le moment venu, les propriétaires pourront s’ils le souhaitent se rapprocher des services compétents de la ville, prêts à les accompagner pour entamer des démarches dans ce sens.

Le Maire de Pointe-à-Pitre,
Dr Jacques BANGOU

samedi 22 décembre 2018

CFTU



Contrairement à ce qui se raconte un peu partout, rien n’obligerait « Martinique Transport » a devenir actionnaire de la SAEM CFTU, au prétexte qu’elle aurait récupéré la compétence « Transport » !

A contrario, aucune loi, à ma connaissance, n’interdit à la CACEM de demeurer actionnaire de la SAEM CFTU au prétexte qu’elle aurait perdu la compétence « Transport » !

La CACEM, en réalité veut se retirer du capital de la SAEM CFTU, car cette dernière accuse un lourd déficit !

Ce déficit de la CFTU est essentiellement dû à une mauvaise gestion de ses dirigeants qui ont voté un mauvais plan de financement pour la construction d’un Centre Technique des Transports (CTT) à au quartier La Trompeuse à Fort de France.

Ce plan de financement, voté en novembre 2015, prévoyait que la SAEM CFTU puisse bénéficier d’un crédit bail de défiscalisation pour cet investissement.

Cela lui a été refusé par ses « amis » du gouvernement français par le canal de la DGFIP (Direction Générale des Finances Publiques)!

Cette information nous a été donnée, lors de la réunion du Conseil Communautaire de la CACEM du 26 avril 2017.

Lors de la réunion du Conseil Communautaire de la CACEM du 29 novembre 2017, le 1er Vice-Président nous apprenait qu’à cause de la mauvaise décision prise en 2015, les comptes de la CFTU présentaient un perte de près de 5M€ !

De ce fait, les comptes 2016, arrêtés le 11 juillet 2017 par le Conseil d’Administration de la CFTU, révélaient que les capitaux propres de la SAEM CFTU étaient devenus négatifs de : - 2.661.404 € !

Dans pareil cas, l’article L.222-249 du Code de Commerce dispose que : « lorsque les capitaux propres deviennent inférieurs à la moitié du capital social, le représentant légal est tenu, dans les quatre mois qui suivent l’approbation des comptes ayant fait apparaître cette perte, de convoquer une nouvelle assemblée pour décider de la dissolution anticipée ou non » (Fin de citations)

La question, désormais posée, pour le devenir de la SAEM CFTU est :

Dissolution ou continuation ?

Des experts, consultés par la CACEM, ont indiqué que la seule solution pour assurer la survie de la SAEM CFTU était l’augmentation de son capital par ses actionnaires.

Le 27 novembre 2017, le Bureau Communautaire de la CACEM, qui se compose, entre autres ; des Maires des 4 villes de la CACEM, va prendre une position « paradoxale » :

- Oui pour « le principe de la continuité de le SAEM CFTU »
- Oui pour un retrait partiel de la CACEM du capital de la SAEM CFTU !

Selon le Bureau Communautaire de la CACEM la répartition du capital devrait évoluer/

La répartition initiale du capital :
CACEM : 53%
Ville de Fort de France : 27 %
TRANDEV : 20%

La répartition du capital de la SAEM CFTU deviendrait la suivante :

CACEM : 5%
Ville de Fort de France : 27 %
Ville de Schoelcher : 16%
Ville de Saint-Joseph : 16%
Ville du Lamentin : 16%
TRANSDEV : 20%

Tel est le projet qui a été adopté par le Conseil Communautaire de la CACEM, le 29 Novembre 2017 !

Si ce projet est mis en œuvre, ce seront les contribuables des 4 villes composant la CACEM qui devront combler le passif de la SAEM CFTU !!!

Le seul « hic », cette question de l’entée de la Ville du Lamentin dans la capital de la SAEM CFTU n’a jamais été présentée à son Conseil Municipal, seule instance pouvant l’autoriser !

(NB : Je tiens les preuves de ce que j’avance à la disposition de tous ceux qui en douteraient)

Le 22-12-2018 
Daniel MARIE-SAINTE 
Conseiller Communautaire de la CACEM
Conseiller Municipal du Lamentin

dimanche 2 décembre 2018

Quel drapeau pour la Martinique ?


A propos du débat qui s'engage à propos d'un DRAPEAU pour MARTINIQUE , certains profèrent des mensonges sur les réseaux sociaux! 
Je leur répond :

"Vous ne connaissez pas l’Histoire... le drapeau "RVN" n’a jamais été le drapeau de Marc Pulvar !!!

Je vous rappelle qu’il a fait partie des fondateurs du MIM dont il a été Secrétaire National jusqu’en 2004.

Le seul drapeau que je l’ai vu brandir est le « Rouge et Noir » dont il est un des créateurs et qui est celui du MIM !(Voir ci-dessous)

C’est cela la VÉRITÉ HISTORIQUE !!!

Il n’est jamais révolutionnaire de déformer l’ HISTOIRE , cela s’appelle du « RÉVISIONNISME » !!!
DMS

mercredi 28 novembre 2018

Montagne d’or : au mépris des hommes

Pendant que Macron nous taxe pour une soi-disant transition écologique, il donne son accord pour l'exploitation de l'or en Guyane qui détruira 1 500 hectares de forêt amazonienne, dont près de 600 de forêt primaire sans compter l’utilisation de 57 000 tonnes d’explosifs, de 142 millions de tonnes de fioul, de 46 000 tonnes de cyanure....

« La réaction de l’or en fonction d’événements géopolitiques est en train de réémerger », vient de déclarer un analyste de la banque Citygroup, faisant allusion à la remontée des cours du métal jaune chez les spéculateurs professionnels, en cette période de guerre commerciale entre États capitalistes.

Cette remontée des cours vient sans doute à point nommé renforcer les arguments des partisans de la Montagne d’or, ce projet d’extraction d’une mine aurifère dans l’ouest de la Guyane. Ce projet est présenté par la CMO, la Compagnie minière Montagne d’or, coentreprise entre la société russe Nordgold et la firme canadienne Colombus Gold, et soutenu par Macron, ministre de l’Économie puis président. Ses promoteurs capitalistes en espèrent l’extraction de 85 tonnes d’or, l’équivalent de trois milliards d’euros. Ils clament que le projet, soumis prochainement à l’accord du gouvernement, créera 750 emplois censés durer douze ans, dont 90 % attribués à des habitants guyanais. Dans une collectivité où ils sont pour 40 % au chômage, l’argument du développement est bien le seul qui ait une chance de toucher la population.

Car pour le reste, « l’impact écologique réduit au maximum » dont se targue le président de la CMO est catastrophique. 1 500 hectares de forêt amazonienne détruits, dont près de 600 de forêt primaire ; l’utilisation de 57 000 tonnes d’explosifs, de 142 millions de tonnes de fioul, de 46 000 tonnes de cyanure dans le processus de récupération du métal par lixiviation…

Tout dans cette énumération est fait pour inquiéter la population riveraine, en particulier les peuples autochtones qui vivent en forêt. L’engagement du président de la CMO de « réhabiliter après exploitation », en replantant quelques sapins et en cachant les gravats sous le tapis, ferait sourire s’il ne témoignait pas d’un total mépris pour les femmes, les hommes et leur environnement.


Tous les arguments les plus fallacieux sont alignés : le procédé d’extraction au cyanure serait beaucoup plus « propre » que l’usage du mercure, d’ailleurs la CMO n’a-t-elle pas adhéré tout récemment au Code international du cyanure, à la demande des autorités étatiques ? Des témoignages consternants venus du Brésil où cette technique a été mise en œuvre sont venus apporter la contradiction. L’exploitation industrielle de la mine aurifère mettrait fin à l’orpaillage clandestin, beaucoup plus destructeur, selon la CMO… qui orpaillerait à grande échelle.

Peu importe à ces prédateurs l’opposition d’une grande partie de la population : ils n’ont même pas daigné venir rencontrer les chefs coutumiers lors d’un des débats organisés officiellement au printemps avant la prise de décision. Ils ne connaissent que trop bien l’opinion des riverains et des associations pour la défense de l’environnement. Ces derniers, à juste titre, ne veulent pas voir leur santé, celle de leurs enfants et celle de leur terre, sacrifiée pour tout l’or du monde… et l’enrichissement spéculatif des banquiers.


Viviane LAFONT
14 novembre 2018 LUTTE OUVRIÈRE

jeudi 22 novembre 2018

Nou tout là, ansanm ansanm é solidè !


Appel à rassemblement citoyen et unitaire, samedi 24 novembre 2018, de 10h à midi, place du marché aux épices à Pointe-à-Pitre, pour manifester notre solidarité envers toutes les femmes et filles victimes de violences, agressions, harcèlements, humiliations, chantages, inceste... en Guadeloupe. 


À l'occasion de la journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes et filles, venez manifester votre solidarité et votre implication en portant du blanc, samedi matin. À midi nous entamerons une marche pacifique vers le Mémorial Acte, pour rendre hommage à toutes celles qui ont souffert et celles qui sont encore maltraitées aujourd'hui, pour porter la voix !!! Faites passer. Tout moun pé vini, fanm et nonm, depwi ou pé ba Nou on fos ! Et dimanche 25, pensez à porter du blanc, et à parler du sujet, où que vous soyez ! Nou tout là !!!

Stéphanie  Mulot

dimanche 18 novembre 2018

Indifférents, blasés, dépités, repus, déçus… : Que sommes-nous devenus ?

Dans la société française, en ce moment, une grande partie de la population exprime son ras le bol des politiques publiques proposées par le gouvernement. Le mouvement des « gilets jaunes » en est une des plus récentes manifestations. La colère monte, la grogne se fait de plus en plus ressentir et les réseaux sociaux se font l’écho de toutes les misères et désespoirs que les médias officiels ne montrent pas.  La Martinique, belle région française, n’est pas en reste. Ces politiques publiques nous sont appliquées comme toutes les autres au nom de l’égalité réelle et de l’assimilation législative voulue par nos élus. Cette application ne se fait pas sans les mêmes dégâts, aggravés dans notre contexte martiniquais.

Indifférents ? 

S’il est un point où l’égalité des territoires se réalise, c’est dans les difficultés liées aux décisions gouvernementales : 
Hausse effrénée du carburant que nous importons de la mer du Nord, pourtant nous sommes dans un bassin géographique producteur de pétrole

Diminution des retraites, néanmoins il nous est répété que la Martinique est en passe de devenir la plus vieille région de France et que sa population décroit à une vitesse vertigineuse

Suppression de l’abattement fiscal et des 40% des fonctionnaires, qui touche bien plus de personnes que les 4% annoncés, les fonctionnaires constituant une grosse part de la classe moyenne et donc non-éligibles à un dispositif d’aide. Pourtant il est de notoriété publique que la France est le mauvais élève de l’Europe en matière de justice fiscale et que l’évasion fiscale est au cœur des manques de recettes. 

Suppression de l’encadrement dans les institutions éducatives, tant dans la formation initiale que dans l’encadrement périscolaire, renforçant ainsi la précarité alors qu’on ne cesse dans le même temps de critiquer la jeunesse pour ses manquements.

Sur le territoire français, la protestation s’organise et les initiatives s’enchaînent. Pétitions, appels au blocage, actions symboliques… le sentiment de colère grandit et pousse un grand nombre d’individus à l’action. Chez nous, la réalité est toute autre. L’actualité s’est figée entre deux dilemmes : rhum ou vin, bonjour ou juron !!!

Blasé ? 

Nos élus, chargés de porter nos voix au niveau national et qui comme les autres émargent aux fonds publics, font leur travail, figés néanmoins dans la dénonciation ou la revendication souvent dans des modes désuets et sans grand impact. Nous nous plaisons à partager leurs plus belles interventions mesurant à cette occasion quel poulain fera le buzz. Nous en sommes encore à nous contenter de nous réjouir des envolées lyriques ou poétiques de celui-ci ou celle-là, sans véritablement pouvoir en mesurer l’efficacité, comme si la politique se limitait encore aujourd’hui seulement à l’art du verbe, comme si la faculté de pouvoir enrober les idées d’un bel emballage suffisait pour éluder la réelle substance du discours.

Traumatisés ? 

Avons-nous perdu la foi dans l'utilité de la mobilisation ? Sommes-nous trop éloignés des centres de décision et convaincus de ne pas être en capacité de compter et encore moins de peser dans les décisions ou dans les solutions ? La grève de février 2009 plane encore sur les esprits y laissant même un relent de traumatisme. Tant de souffrance, de casse d’entreprises, pour finalement discuter de la baisse du prix du pot de Nutella !!!  Ce mouvement a eu pour effet de renforcer chez les Martinique ce sentiment de « peur de manquer » hérité du temps de l’amiral Robert, et régulièrement entretenu par les événements climatiques. Notre réflexe face à cette peur est à l’origine des queues interminables dans les stations-services et de la prise d’assaut des supermarchés à la moindre alerte météorologique ou sociale. 

Ce sentiment s’est renforcé par les trois semaines de la légitime grève de septembre 2017 contre la suppression des contrats aidés. La mobilisation dans la durée était principalement constituée de fonctionnaires pour lesquels aucun jour de grève n'a été prélevé. Le résultat a consisté à faire perdurer un système de précarité et d’injustice sociale. Précarité s’illustrant par un salaire de 637,38 euros pour 20 heures hebdomadaires de travail réel, incontournable, indispensable, effectuées dans le cadre de contrats de dix mois.  Autrement dit, pas de salaire en juillet et en août. Aucune possibilité n’est donnée à ces personnes, malgré leur bonne volonté, d’effectuer une heure de plus dans la perspective d’augmenter leurs revenus. Il y avait pourtant là une véritable opportunité de tenter de changer un système.

Méfiants ? 

Le silence d'aujourd'hui n’est rien d’autre que le prolongement de l'abstention électorale, et l'apparente douceur de vivre en Martinique laisse plutôt penser à une forme de résignation. S’il est vrai qu’à l’instar d’Emile Maurice et d’Aimé Césaire certains hommes ont été pour la Martinique de véritables visionnaires et des bâtisseurs inspirants, ce silence pourrait alors traduire la déception des martiniquais due à l’excès de confiance qu’ils avaient placés dans leurs successeurs, Alfred Marie-Jeanne, Serge Letchimy, Claude Lise, etc… 
Les obédiences politiques, en manque d’inspiration et de propositions, ont accéléré la disparition des clivages pour laisser place à des regroupements d’idées et de propositions sur la base de contrat de gestion, faisant de la politique et de l’avenir de notre société une affaire de comptabilité. Tous ces rassemblements hétéroclites depuis 2010 pour la conquête du pouvoir pour le pouvoir ont fait des hommes politiques des gestionnaires. Les valeurs républicaines, humaines, sont foulées aux pieds pour le pouvoir à tout prix. Il y a eu tellement d’outrages fait à la politique que les idéologies n'ont plus de sens.

Sortir de la bipolarisation de la vie politique

La bipolarisation de la vie politique locale est omniprésente. A la moindre intervention, réflexion, le fichage est effectué et l’auteur catalogué. On est obligatoirement pour l’un ou contre l’autre, aucune place pour l’existence d’une quelconque expression émanant de la société civile. Certains médias ont d’ailleurs pour mission d’adouber ou de crucifier le premier qui bouge, pourfendeurs de toutes pensées qui ne seraient pas dans le sens de ce qu’ils ont pour mission de propager. Loin d’être des guerriers d’une cause ou d’une idéologie, ils se font soldats d’un pseudo militantisme, mais en réalité à la solde de leur mandant en attente de quelque provende qu’ils pourraient en retirer.
Une option salutaire, miser sur la jeunesse

La défiance citoyenne au regard de l’autorité publique, le manque de confiance, le manque de crédibilité des élus pourraient nous laisser penser que la démocratie représentative est arrivée à bout de ce qu’elle pourrait proposer aux organisations humaines pour se développer dans le respect des libertés fondamentales et des droits de l’homme. 

La démocratie participative, par la place plus grande qu’elle fait à l’expression des citoyens, semble répondre à leurs aspirations, encore faut-il qu’elle puisse être réellement organisée et contrôlée par eux-mêmes. En ce sens, le changement du mode de scrutin s’avère être indispensable pour que les élus d’une liste ne soient plus tous redevables qu’à la seule tête de liste. En outre, c’est en plus une garantie pour la représentativité territoriale effective et un réel contre pouvoir. 

Pour aller plus loin on peut se référer l’excellente contribution d’Yves Léopold Monthieux 

S’il est vrai que les outils institutionnels dont s’est dotée la Martinique constituent une véritable avancée pour faire évoluer le système, la réalité politique est tout autre, avec des gouvernants relevant tant des mairies, que de la CTM, des EPCI ou encore des parlementaires, dont la sédentarisation au pouvoir, la vision, les modes de pensée et de démarches de résolution de problèmes sont loin des aspirations de la majorité du pays à savoir la jeunesse. Plus généralement, si l’on veut réconcilier le citoyen et la politique dans l’intérêt supérieur de la Martinique, progresser à réformer le système actuel semble être un impératif. La solution pourrait passer par le changement du personnel politique, oser, et accepter de laisser la place aux jeunes pour aller jusqu’au bout de l’innovation et espérer un véritable changement, et ainsi permettre aux aînés de jouer leur rôle de transmetteur en les accompagnant, et assurer leur formation politique. Il faut cesser cette instrumentalisation qui consiste à placer quelques jeunes sur une liste pour se donner bonne conscience.

Il faut surtout pouvoir donner à ce pays un nouvel élan car la préoccupation des martiniquais n’est pas tant d’aller aux urnes mais de pouvoir vivre décemment, et dignement. Cette condition ne sera réunie que dans un pays ou le personnel politique joue la carte de la transmission en favorisant l’accession des jeunes au pouvoir. De mieux en mieux formés, ce sont eux qui possèdent aujourd’hui les clés pour apporter une véritable plus-value non seulement politique, mais surtout économique.

Indifférents, blasés, dépités, repus, déçus, nous sommes peut-être un peu de tout cela, mais nous sommes surtout de plus en plus étrangers au destin de notre pays et la seule chance de nous en sortir est de réinventer le système.
Ni première, ni deuxième et encore moins une troisième voie, il faut un big bang, une révolution, un nouveau 22 mai 1848…?

Jeff Lafontaine/18 novembre 2018

dimanche 25 février 2018

Nou Pep La appelle la population et les élus à la plus grande vigilance face aux annonces du gouvernement sur la chlordecone


Nous venons de lire avec stupéfaction le communiqué conjoint des ministres de la Santé, des Outre-mer et de l’Agriculture et de l’Alimentation suite à leur rencontre avec les parlementaires d’ « Outre-Mer » sur le dossier chlordéone.

Alors que les Martiniquais sont mobilisés depuis plusieurs semaines pour dénoncer la gestion calamiteuse, voire malhonnête du dossier chlordécone par l’état, ces ministres persistent et signent en annonçant des mesures qui ne sont en réalité qu’un épais écran de fumée. En annonçant le retour aux Limites Maximales Résiduelles (LMR : quantité de chlordéone autorisé dans les aliments) de 2005, le gouvernement cherche ni plus ni moins à tromper des parlementaires peu au fait d’un dossier très technique. En effet ces LMR fixées en 2005 étaient des limites provisoires dont la mise en œuvre à été rejetée par l’Union Européenne et qui sont supérieures à celles retenues in fine en 2008. Autre enfumage, l’annonce de la saisine de la « commission européenne afin de confirmer la stratégie française en matière de contrôle ». comme s’il appartenait à l’Union Européenne de fixer une stratégie pour la France en matière de contrôle des denrées alimentaires.

Les autres mesures annoncées ne sont là que pour l’effet d’annonce puisque ce sont des actions déjà prévues par les plans chlordécone mais bloquées depuis des années qui refont subitement surface alors que le mécontentement grandit. De plus, comme tous les plans précédents, les financements réellement mis à disposition sont largement en dessous des sommes annoncées.Autre exemple du cynisme de ce gouvernement, l’annonce de la publication de la cartographie des zones à risques. Alors que ces cartes sont disponibles depuis des années, le gouvernement vient de se voir enjoindre par la CADA (Commission d’Accès au Documents Administratifs) de mettre ce document à disposition du public.
C’est donc contraint et forcé que l’administration doit se résoudre à informer la population sur la contamination des terres Martiniquaises.

Nou Pep La tient à réaffirmer que la Santé des Martiniquais doit rester une priorité absolue devant tout autre intérêt mercantile ou politique. C’est pourquoi nous demandons à la population et aux élus d’observer (la plus grande vigilance devant les annonces du gouvernement et des différents groupes de pression qui ont intérêt au statut quo.

Nous appelons à soutenir l’ensemble des initiatives prises par le peuple et ses organisations visant à faire respecter le droit à la santé et à la dignité des Martiniquais.

C’est pourquoi nous tenons à saluer l’initiative des associations, syndicats et simples citoyens qui ont décidé d’organiser un grand forum social autour de la question du chlordécone afin d’élaborer, en toute indépendance, des propositions concrètes et exiger leur mise en œuvre.

Nous appelons toutes les Martiniquaises et tous les Martiniquais à soutenir cette initiative en participant massivement à l’organisation de ces forums.

P/ Le secrétariat de Nou Pep La -NPL-Jocelyne ARNOUX et Marcelin NADEAU Fort de France le 24 Février 2018