Affichage des articles dont le libellé est Antilles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Antilles. Afficher tous les articles

mercredi 6 septembre 2017

Breaking News Saint Martin


"Les liaisons avec Saint-Martin sont très difficiles depuis le passage de l'ouragan Irma, mais Maeva Myriam Ponet, journaliste à Guadeloupe 1ère envoyée spéciale à Saint-Martin vient de nous donner des nouvelles dans ce message :
"Le bilan est catastrophique : des toitures arrachées, des tôles et des voitures renversées partout dans les rues, des arbres déracinés. Les routes sont impraticables. Les bateaux ont coulé. Le port de Marigot ressemble à un cimetière de bateaux. Il n'y a pas d'électricité, pas d'internet, pas d'eau. Nous sommes coupés du monde.

Les pompiers sont eux même sinistrés. Leur caserne n'a pas tenu. Ils vont commencer à intervenir, mais les routes sont impraticables. Il y a un feu en ce moment au Mercure Hôtel, mais ils n'arrivent pas à y accéder. Pour l'instant, nous avons connaissance de trois victimes. Il s'agit d'une mère et sa fille, et d'une dame âgée et malade.

L'hôpital de Saint-Martin a perdu sa toiture. La préfecture est rasée. Notre hôtel de confinement est complètement rasé au rez-de-chaussée. Seules quelques chambres ont tenu.

A cela s'ajoutent des scènes de pillages et de guérilla dans les rues. Des jeunes dévalisent les magasins sous le regard désabusé de la police.

C'est un cauchemar." Via le groupe Météo tropicale

vendredi 14 octobre 2016

Les racines du mal


Si on s’en tient aux statistiques, la Guadeloupe après la Martinique possède le taux le moins élevé d’homicides volontaires de la Caraïbe. Ce constat n’a pas pour but de relativiser l’importance du phénomène de violence dans notre société. Tout homicide est toujours un homicide de trop. Ce qui sur le sujet suscite l’indignation et affole les esprits, ce ne sont donc pas les chiffres. C’est surtout la commission d’homicide par des jeunes à l’égard d’autres jeunes. Le crime n’est pas plus odieux que s’il s’agissait d’adultes, mais le phénomène est nouveau et il dérange. Il nous culpabilise, nous renvoie à nos échecs, à nos manquements.

Dans ces conditions, il est normal que les bonnes volontés se lèvent pour répartir les responsabilités et inviter à trouver ensemble des solutions. Et c’est en leur honneur.

Malheureusement, le phénomène de violence des jeunes a l’air de nous dépasser. D’autant que les clés de sa compréhension manifestement nous échappent. Nous tâtonnons à la recherche d’explications, de solutions. Nous mettons simultanément en accusation, le système éducatif, la drogue, le chômage, la violence dans les médias, les réseaux sociaux… Et comme pour conjurer tous ces maux, nous nous accrochons à notre imaginaire pour redonner vie à une société déjà morte. Nous exhumons la famille d’antan, l’école du passé, l’église de nos parents. Parce que, confusément, nous sentons que la violence des jeunes est le signe paroxysmique d’une vie en commun qui se désagrège.

Comment stopper cette spirale négative ? Réhabiliter l’autorité dans la famille et dans l’école est pour beaucoup une priorité. Avec fermeté, nous devons imposer à nos enfants la contrainte des règles d’une vie en société. Cela marchait avant. Seulement voilà, cela marchait parce que la contrainte, acceptée par les enfants, était légitimée par une autorité reconnue d’eux. Ce n’était pas l’autorité liée au pouvoir des parents ou des professeurs sur les enfants. L’autorité dont il est question était ailleurs. Elle résidait dans quelque chose qui se situe au-dessus de la réalité de ma famille ou de mon école. Elle résidait dans une représentation transcendantale de la Famille et de l’École qui, en tant qu’institution, imposaient à tous le respect. C’est cette représentation symbolique de la famille et de l’école qui jouait un rôle régulateur des conduites et comportements des enfants, et qui les faisait respecter les règles et les normes sociales en vigueur dans notre société. Tout ceci pour dire qu’une organisation juridique ne peut produire du commun dans une société que parce qu’elle est couplée à une organisation symbolique. C’est un invariant anthropologique vérifiable dans le temps et dans l’espace.

Aujourd’hui, ça a l’air de ne plus marcher. Parce que nos enfants, dit-on, auraient changé dans leurs comportements. Ils ne respectent plus rien. C’est vrai que le comportement des jeunes d’aujourd'hui tranche nettement avec celui de ceux d’hier. Mais ils ne sont pas les seuls à avoir changé. Leurs aînés aussi ont changé. Leur changement à eux fait moins désordre, parce qu’il investit moins que celui des jeunes le registre de la délinquance et des incivilités.
Au demeurant, tous ces changements s’inscrivent dans une logique. Avec l’évolution de l’organisation surtout matérielle de notre société, les subjectivités individuelles au fil du temps se sont modifiées. Notre manière de nous représenter et notre manière d’être dans le monde ont suivi cette évolution. Ce qu’on n’a pas vu venir et qui perturbe assez profondément notre vie en commun, ce sont les conséquences négatives de ces changements sur l’ordre symbolique tel qu’il existait par le passé.

Comme pour compenser le processus de désagrégation de notre vie en commun, nous cherchons à faire corps en pointant dans un esprit de contrition notre responsabilité collective dans les causes à l’origine des phénomènes de déviances qui gangrènent notre société. Or, les causes profondes selon nous sont ailleurs. Elles sont dans ce qu’il est convenu d’appeler la « mondialisation » et sa logique néolibérale. De manière multiforme ce phénomène agit sur les consciences individuelles et collectives partout dans le monde. Grâce en particulier à l’extraordinaire développement des moyens et techniques de communication mettant en contact en temps réel les habitants de la planète, la mondialisation contribue à produire des formes de subjectivité de moins en moins marquées culturellement. Ainsi, le numérique, sous toutes ses formes et principalement par le biais d’internet, est devenu un lieu virtuel d’appartenance transcendant les appartenances culturelles. Il offre la possibilité aux individus dans le monde entier de puiser dans la circulation planétaire de l’information des éléments de leur construction identitaire, en mettant à distance les contraintes normatives en rapport avec l’organisation symbolique des sociétés dans lesquelles ils vivent.

Pour autant, parvenir à la conclusion que la mondialisation serait responsable de la mort chez nous d’un jeune agressé par un autre jeune pour lui voler son portable, n’a évidemment pas de sens. Par contre, nous pensons que les raisons qui poussent aujourd’hui les jeunes à s’entretuer sont très certainement en rapport avec les formes de subjectivités produites par la mondialisation ; et qui font que tout en étant membres d’une communauté, les individus finissent par exister pour eux-mêmes. Ce phénomène d’individuation interprété à tort par certains comme l’expression de la conquête d’une liberté plus grande, ne libère pas davantage l’individu, mais libère surtout les forces enfouies de l’ego, comme les pulsions qui peuvent être des pulsions de mort pour utiliser un langage freudien.

Sans qu’on s’en rende compte, pour la première fois de son histoire l’humanité est sans doute en train de vivre une mutation d’ordre anthropologique dont les signes sont visibles dans la transformation du rapport des individus aux réalités extérieures. Aussi bien chez les adultes que chez les jeunes, il y a comme un désir de chercher la reconnaissance, l’estime de soi, en affranchissant son égo des contraintes de ces réalités. Ce phénomène est particulièrement sensible dans le rapport au savoir, si essentiel dans le mécanisme de transmission des valeurs nécessaires à la construction des identités collectives. En puisant de manière passive, sans distanciation critique dans toutes sortes de médias des éléments de savoir hétéroclites, les individus développent un rapport narcissique au savoir. Ils l’expriment en délégitimant tous les savoirs autres que le leur, y compris le savoir scientifique. Les élèves contestent de plus en plus la validité du savoir de leur professeur, et le patient va jusqu’à contester le diagnostic de son médecin.

Il ne s’agit pas pour nous de céder à la résignation, mais soyons lucides. Nos valeurs identitaires familiales ou sociales, passablement affaiblies, ne constituent plus une arme efficace pour réguler le comportement de nos enfants. Dans ce monde naissant, chargé d’incertitudes, les jeunes sont les principales victimes. Privés de repères pouvant donner sens à leur existence, ils manifestent leur besoin d’exister en basculant dans la violence. Cela se vérifie surtout chez ceux ayant un esprit fragile. C’est donc dans des modes d’encadrement permettant à ces jeunes de se soustraire autant que faire se peut du monde de l’ignorance, que nous parviendrons sans doute à les éloigner du monde de la violence.

Georges Trésor

jeudi 20 septembre 2012

Félix Desplan lettre ouverte à François Hollande



Monsieur le président, monsieur le ministre délégué, mes chers collègues, l’instauration de la contribution exceptionnelle acquittée par le secteur pétrolier sera limitée à l’Hexagone, en raison des contraintes fortes qui pèsent sur le marché des carburants dans les départements d’outre-mer : étroitesse du marché, éloignement des grandes routes maritimes, insularité, exigence de sécurité des approvisionnements.

Aux Antilles, l’achat, le fret, le stockage, le raffinage et une partie de la distribution sont assurés par une seule société, la SARA, la Société anonyme de la raffinerie des Antilles, détenue par Total – à 50 % –, Rubis, ExxonMobil et Chevron-Texaco. La fixation du prix des carburants relève d’un régime spécifique, elle est administrée par l’État et évolue chaque mois, compte tenu d’un certain nombre d’éléments.

Il s’agit d’une question particulièrement sensible sur nos territoires, et je souhaite le souligner ici.

Le poids des dépenses afférentes à l’automobile dans le budget des familles est plus élevé qu’en métropole : 19 % en Guadeloupe, pour 13, 3 % dans l’Hexagone. Il est dû à la fois à un retard d’équipement des ménages les plus modestes et au manque de desserte des transports collectifs.

Les dépenses de carburants sont, de fait, peu élastiques et toute hausse se fait au détriment de la consommation d’autres biens.

Par ailleurs, contrairement à ce qui prévaut dans l’Hexagone, le personnel sur les pistes est nombreux, participant à un équilibre social dans un contexte de chômage très élevé.

Les graves troubles sociaux de février 2009 contre la vie chère ont eu pour origine une forte incompréhension face à des prix de carburants trop élevés par rapport à ceux de la France hexagonale, face également à des méthodes de calcul incompréhensibles. Car l’énergie est la principale composante de l’inflation sur nos territoires : sa contribution en Guadeloupe représentait, en 2011, 70 % de la hausse des prix !

L’Autorité de la concurrence, saisie à la suite de ces troubles, a constaté que la réglementation des prix ne garantissait plus l’absence de rente et que le dispositif d’encadrement des marges de distribution et des prix de détail avait été transformé en un système de prix unique aisément manipulable.

M. le ministre délégué chargé du budget a été sensibilisé à cette question, car il est l’auteur d’un excellent rapport sur le prix des carburants dans les DOM, déposé à l’Assemblée nationale quelques mois après les émeutes. Ce rapport a été à l’origine de quelques ajustements bienvenus, comme la suppression, dans la formule des prix, de composants contestables ou la suppression de clause de préférence lors de la revente de stations-service.

Mais beaucoup reste encore à faire, et l’organisation d’ensemble de la filière suscite toujours de très nombreuses interrogations.

Je salue ici le combat de notre nouveau ministre des outre-mer, Victorin Lurel, qui n’a eu de cesse, en tant que député, de déplorer le manque de transparence du mode actuel de fixation des prix des carburants en Guadeloupe et de dénoncer un système opaque et injuste, comme en témoignent les évolutions distinctes des prix du « sans plomb », du gazole et de la bouteille de gaz, que les communiqués de la préfecture peinent à expliquer de façon crédible.

Je salue son engagement à s’attaquer, en tant que ministre, aux causes structurelles de la vie chère dans les territoires ultramarins, dont, en priorité, celles qui sont relatives aux carburants. Il a ainsi annoncé hier, en conseil des ministres, qu’un projet de loi en ce sens serait présenté devant le Parlement à l’automne.

Il s’agit là d’un chantier effectivement urgent : se pencher sur la discrétion qui entoure les négociations des marges, les modalités d’accès des distributeurs de détail aux capacités de stockage ; rendre compréhensibles aux citoyens les méthodes de calcul ; mettre en place, comme l’a suggéré dans son rapport M. le ministre délégué chargé du budget, une structure qui réunirait toutes les parties prenantes ; donner aux observatoires des prix, mis en place dans les DOM et consacrés par la loi grâce à notre Haute Assemblée en février dernier, de réels moyens d’agir, et – pourquoi pas ? – leur permettre d’utiliser les outils dont dispose déjà l’Autorité de la concurrence, par exemple celui d’investiguer.

Telles peuvent être les pistes à suivre pour une meilleure transparence sur la formation des prix des carburants et remédier aux dysfonctionnements de la filière pétrolière dans les DOM, source toujours actuelle d’incompréhension et de mécontentement de la population.


Félix Desplan

mardi 14 juin 2011

Une proposition de loi pour mieux lutter contre l’obésité et les pathologies cardio-vasculaires


Victorin Lurel a déposé au nom du groupe Socialistes, républicains et citoyens une proposition de loi devant permettre de renforcer la lutte contre l’obésité dans les outre-mers. C’est en effet une priorité majeure de santé publique.

De nombreuses études le montrent : l’obésité est en forte augmentation dans les régions d’outre-mer. Ainsi, 14 % des enfants Guadeloupéens de 5 à 14 ans souffrent de surpoids (31,7 % des adultes), tandis que 8,9 % des enfants et 23 % des adultes guadeloupéens souffrent d’obésité. Dans l’Hexagone, l’obésité bien qu’en augmentation ne concerne pourtant que 16% des adultes.

Or il se trouve que des comparatifs réalisés en Guadeloupe montrent qu’un yaourt de type et de marque identiques contient 15,8 grammes de glucides en France Hexagonale, contre 20 grammes en Guadeloupe. Un autre contient 17,3 grammes de glucides en France Hexagonale, contre 23 grammes en Guadeloupe.

Ces différences font qu’un enfant guadeloupéen qui consomme un yaourt par jour contenant 4 grammes de sucre supplémentaire en moyenne par rapport à un enfant de l’Hexagone, absorbe 16 Kcalories par jour de plus, ce qui sur un an conduit à une prise de poids supplémentaire pouvant aller jusqu’à 1 kilogramme, soit 10 kilos en 10 ans.

Le député a donc rédigé une proposition de loi qui vise à interdire aux industriels de l’agroalimentaire de distribuer des produits dont la concentration en sucre est supérieure à celle du même produit de même marque vendu en France hexagonale.


En outre, Victorin Lurel propose  que certains sodas exclusivement distribués dans les outre-mers au taux de sucre manifestement excessif mais non indiqué sur l’emballage, soient encadrés par un arrêté du ministère de la Santé fixant un taux de sucre maximal.