Affichage des articles dont le libellé est Mirlande Manigat. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mirlande Manigat. Afficher tous les articles

jeudi 6 octobre 2011

Mirlande Manigat se dit favorable à une force armée, mais spécialisée

La secrétaire générale du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), Mirlande Manigat, réagissant sur le projet de la nouvelle force nationale proposée par le président Michel Martelly, a affirmé que l'armée d'Haïti existe toujours sur le plan juridique et s'est dite favorable à la démarche visant à la remettre sur pied. « Mais elle doit être une force armée professionnalisée », a-t-elle précisé.

Haïti: « C'est un vieux dossier réchauffé de temps en temps, pour des raisons politiques et parfois il se réchauffe mal », a affirmé l'ex-candidate à la présidence dans les dernières élections, alors qu'elle participait au premier congrès de la Coalition des femmes leaders (COHFEL), qui se déroulait vendredi à l'hôtel Ritz Kinam.

Pour faire le point sur la situation actuelle, Mme Manigat a déclaré que sur le plan juridique, l'armée d'Haïti existe toujours. « Mais c'est vrai, il n'y a pas de caserne, pas de soldats, pas d'officiers, pas d'armes ni d'uniformes. Il n'y a rien », ajoute-t-elle. 

Pour l'ex-première dame de la République, la question fondamentale à se poser par rapport à tout ce que l'on pourrait reprocher à l'armée serait : « Est-ce pour la sécurité de l'État, la sécurité du territoire ou la sécurité des citoyens qu'il nous faut une force militaire qui soit différente de la police? ». « Ce sont deux corps différents, poursuit-elle; on apprend à faire la guerre aux militaires, on les entraîne pour ça. Quant aux policiers, on leur apprend à maintenir l'ordre public, à porter secours et à avoir des contacts avec la population civile. Les militaires n'ont pas de contact avec la population civile ». 

« Dans notre armée, par contre, les militaires remplissaient également des fonctions de police; donc tout ce qui leur a été reproché, parce qu'ils étaient policiers également, tous les mauvais actes se sont retournés sur l'armée en général », affirme Mme Manigat. 

« La force armée dont nous avons besoin doit être une force spécialisée, pour la défense du territoire, pour la défense de l'État, ce qui veut dire les trois grands pouvoirs : le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif; dans les cas où il y aurait des troubles et que la police ne serait pas en mesure de rétablir l'ordre », indique-t-elle, faisant remarquer que l'armée qui existait, n'était pas bonne. 

« C'est une chose que personnellement au RDNP nous avons toujours défendue, avant même que le président Jean-Bertrand Aristide ait dissout virtuellement l'armée. On ne peut pas avoir une armée contre la population, mais une armée qui soit là pour donner à la population confiance et sécurité », affirme-t-elle, indiquant qu'il faut des militaires professionnalisés qui soient au service du développement. « S'il y avait eu une armée, au moment du tremblement de terre, je crois que l'État aurait pu faire face de manière plus efficace à la situation », ajoute-elle.

« Il ne faut pas concevoir l'établissement de l'armée comme un mouvement anti-Minustah par exemple », Mme Manigat, estimant qu'effectivement la force onusienne doit quitter le pays. Elle ajoute toutefois que la Minustah ne peut pas partir brusquement du jour au lendemain. Selon elle, il faudra discuter d'un plan de retrait progressif. « Est-ce que Haïti dispose de suffisamment de moyens, de techniques pour appliquer ce qui serait l'idéal ? », se questionne-t-elle.

Par ailleurs, interrogée sur sa position par rapport à l'intention du président Michel Martelly de rencontrer les anciens présidents d'Haïti, dont Leslie Manigat, dans le cadre d'un dialogue pour la réconciliation nationale, l'épouse de l'ancien chef d'État, d'un ton ironique, se dit prête à recevoir le président Martelly si celui-ci le lui demande. 

Elle souligne cependant n'avoir encore reçu aucune invitation. « Je ne l'ai appris que ce matin par le biais de la presse », dit-elle, affirmant qu'elle n'avait jamais eu de problème à parler au président Martelly et que de toute façon, c'est une tradition dans la vie politique haïtienne que les nouveaux chefs d'État rencontrent les anciens chefs d'État qui vivent dans le pays. « C'est peut être dans cette optique, dans cette idée-là qu'il le fait ».

Mme Manigat affirme n'avoir pas d'opinion sur cet appel à la réconciliation. « Cela signifierait qu'il y a des personnes fâchées; il connaît la situation, il sait dans quelle condition il est arrivé au pouvoir », indique-t-elle, estimant que l'appel à la réconciliation est une bonne formule. « Le problème, c'est la réconciliation avec qui et pourquoi faire », dit-t-elle.

John Smith Sanon

vendredi 16 septembre 2011

Bien au delà du retrait de la Minustah



Haïti: "Le mois d'octobre arrive avec ses cadavres dans son sillage, se lamente une femme dans la quarantaine, grande consommatrice d'infos. C'est le mois du renouvellement du mandat de la Minustah",soupire-t-elle, inquisitrice, arc-boutée à sa thèse basée sur ce qu'elle appelle ses "observations des poussées de criminalité à pareille époque" au cours des trois dernières années.

Et, ce ne sont pas les démentis des autorités policières se basant sur des statistiques ni le rejet en bloc de cette corrélation par la Minustah qui la feront changer d'avis. "J'en ai vu des choses dans ce pays", ajoute-t-elle, sarcastique et "fatiguée" selon elle de la présence d'une mission budgétivore, très peu encline à inscrire son action en faveur d'une prise en charge d'Haïti de sa propre sécurité avec ses propres forces.

La lassitude et l'impopularité de la Minustah, consécutives à la propagation du choléra "à cause d'un confluent de circonstances" et le viol d'un jeune Haïtien à Port-Salut ne sont plus l'affaire de cette femme rencontrée entre deux avions à l'aéroport de Miami. "Plus d'un millier d'internautes consultés par Haiti Press Network croient à 65% qu'Haïti peut maintenant se passer de la présence de la force onusienne. 35% sont d'un avis contraire », selon l'agence en ligne.

Un scoop ? Non. Cependant, le ton quelque peu doucereux du président Michel Joseph Martelly et sa tentative d'explication (logique) que le comportement de quatre soldats ne saurait rejaillir négativement sur l'ensemble de quelque 9 000 militaires n'aura pas convaincu les manifestants descendus dans la rue mercredi pour réclamer le départ de la Minustah. Pour calmer les esprits, la présidence, selon ce qu'on dit dans la presse, envisage un retrait de la mission onusienne, et au Parlement, on planche sur une résolution, sans véritable effet, demandant un retrait graduel.

On calme les esprits surchauffés des milieux estudiantins nationalistes. On laisse passer l'orage. Ceux qui lisent entre les lignes le coup de foudre entre le GPR, Inite, Alternative et la présidence avec Garry Conille, représentant de l'orthodoxie des Nations unies et de son système, savent toutefois que ce ne sont pas les agitations haïtiennes qui forceront la décision du Conseil de sécurité. Et pour cause, le président Michel Joseph Martelly, comme René Préval avant lui et sans tenir compte de la spécificité d'une mission de maintien de la paix, a souhaité que la Minustah se transforme en une force de développement.

Coup politique de Martelly pour s'assurer de boucler son quinquennat dans le chaudron qu'est devenue Haïti ? C'est possible. Mais, le président Martelly, en agissant ainsi, projette l'image d'un frileux, d'un « gwo van ti la pli », d'un homme politique inexpérimenté à la tête pleine d'illusions, un homme aux propos pas toujours mesurés et facile à plier.
Par delà les analyses des questions conjoncturelles, le fond reste entier. La volonté du Brésil exprimée par son chancelier, Celson Amorim, de réduire graduellement jusqu'à un retrait définitif de son contingent suscite des interrogations. D'autant que le pays de Ronaldo est le plus grand contributeur en hommes de cette mission. Certes, politiquement, Martelly n'a pas d'ancrage et la droite à laquelle il appartient -sans le savoir peut-être- n'a pas la cote dans le sous-continent. A l'exception du Chili de Pineda, engagé dans une reconstruction après un tremblement de terre majeur après le nôtre le 12 janvier 2010. Donc en clair, si c'est la Minustah qui plie bagage quel sera le scénario ?

Le sénateur Youri Latortue et l'historien Georges Michel ont longuement débattu du sujet et des options. Une armée de petite taille, professionnelle, répondant aux autorités civiles devraient faire l'affaire.

"Celui qui doit s'occuper de la question du retrait de la Minustah,c'est le ministre de la Défense et de la Protection civile », avait indiqué il y a quelques mois le sénateur Youri Latortue, favorable à la création d'une nouvelle force de défense qui, dans la foulée, s'est engagé à travailler en vue de revisiter les lois organiques et cadres légaux pour faciliter « la réingénierie de l'Etat ».

Le sénateur de l'Artibonite, pour pallier les problèmes de ressources financières, avait proposé que cette force soit de petite taille avec moins de 5 000 personnes, de doctrine défensive, intégrée et au service de la population. Cette nouvelle force défensive devra compter dans ses rangs, par souci d'économie, des éléments et des unités de la PNH,dont les Gardes-côtes, avait expliqué le sénateur Youri Latortue, qui avait révélé que le budget 2010/2011 de la PNH est de 6 milliards 200 millions de gourdes, en comptant les apports de la coopération externe. 75 % du budget de la PNH est alloué aux salaires de presque 10 000 policiers, 15 % au repas et le reste aux frais de fonctionnement, avait indiqué le parlementaire.

Comme le sénateur Youri Latortue, le docteur, historien et journaliste Georges Michel a indiqué que cette nouvelle force doit être défensive, de petite taille, prête à effectuer des tâches de développement et soumise au contrôle du pouvoir civil et des autorités élues. « La Banque mondiale recommande 1 à 2 % du produit national brut (PNB) pour les dépenses militaires. C'est la règle admise », avait soutenu M. Michel, deux fois membre de deux commissions sur les forces armées en 2004/ 2006 et 2007/ 2009.

Les ressources financières peuvent être dégagées grâce à une meilleure gestion des fonds publics, du transfert à la force de défense de quelques unités de la PNH et d'un renforcement de la coopération, selon M. Georges Michel. « Cette force aura une mission fondamentale d'assistance de la population en cas de désastre et de protection des ressources naturelles, des bassins versants, des aires protégées du pays », avait-t-il également indiqué.

Cependant, il manque une chose : des actions concrètes. Le plan, les ressources. S'agissant des ressources, la question est brûlante. Les calculs du sénateur Latortue sont à prendre en compte. Mais, confrontées à la réalité, est-ce que ces projections tiendront ? Les donateurs bilatéraux et les institutions qui fournissent plus de 65 % de l'aide pour financer le budget de la République ont des exigences. Est-ce qu'elles sont compatibles aux discours de ceux qui veulent d'une nouvelle armée ?

Quoiqu'il en soit, il y a un mal social, ancré dans une situation économique désastreuse qu'il ne faudrait pas négliger. La crise sociale s'accompagne de contestations sporadiques et de grands moments de colère exprimés parfois à la faveur de revendications politiques ou nationalistes. Le président Martelly, alors candidat, avait vu cette colère pétée à son avantage les 7,8,9 décembre 2010. Elle peut encore péter s'il y a des maladresses, car cette crise sociale bruyante cherche des exutoires qui vont bien au delà du retrait de la Minustah....

Roberson Alphonse

dimanche 11 septembre 2011

Mirlande Manigat défend le respect de l'article 157



Haïti: Quelle est la nature des 26 pièces déposées par le Premier ministre désigné devant la Chambre des députés, se demande Mirlande Hyppolite Manigat, invitée ce vendredi à Radio Magik 9. Selon la constitutionnaliste, ces documents devraient être rendus publics. « Ce n'est pas la quantité de pièces qui vont prouver que le concerné répond à toutes les exigences de la Constitution », explique l'ancienne candidate à l'élection présidentielle, qui, d'entrée de jeu, croit que Garry Conille ne réunit pas les conditions constitutionnelles ayant rapport à la résidence ni aux obligations fiscales.

« Il est clair. Garry Conille n'a pas résidé dans le pays durant ces cinq dernières années de façon consécutive », dit Mirlande Manigat, rappelant que le poulain de Michel Martelly travaille à l'extérieur depuis en 2004, date à laquelle il a intégré le système des Nations unies. La constitutionnaliste rejette la thèse selon laquelle il serait un agent diplomatique. Argument avancé par certains parlementaires et d'autres personnalités pour contourner la question de la résidence.

« Il n'est pas un agent diplomatique. On ne saurait brandir en sa faveur la convention de Vienne sur les relations diplomatiques qui octroie certains privilèges et immunités à ces personnalités. Ceux qui font référence à cette convention ne savent pas de quoi ils parlent », dit la secrétaire générale du RDNP, avant de préciser que Garry Conille n'est qu'un fonctionnaire des Nations unies et par conséquent ne bénéficie pas du principe d' « exterritorialité ». Selon ce principe, les représentants des Etats à l'étranger ont le droit de vivre selon le régime de lois du pays qu'ils représentent.

Même si Garry Conille avait l'habitude de venir passer ses vacances en Haïti, cela ne pourra pas justifier qu'il a résidé dans le pays durant tout le temps qu'il a travaillé dans le système des Nations unies, selon le professeur de droit qui croit qu'il est extrêmement difficile pour le Premier ministre désigné de prouver sa résidence.

L'ancienne candidate à l'élection présidentielle dénonce en ce sens l'attitude de certains parlementaires qui se seraient, d'après elle, montrés prêts à passer outre à la Constitution et voter en faveur du choix du président de la république sous prétexte que le pays ne peut plus continuer à fonctionner sans un gouvernement. La lassitude est mauvaise conseillère, argumente la constitutionnaliste, pour qui l'article 157 de la Constitution doit être à tout prix respecté.

L 'ancienne première dame critique aussi la position de certains parlementaires qui auraient l'intention de voter pour Garry Conille en qualifiant de « politique » leur vote. « La décision politique ne s'oppose pas à celle qui est juridique. Quel que soit le cas de figure, la décision des parlementaires doit tenir compte des prescrits de la Constitution », indique Mirlande Manigat, reconnaissant au Parlement une structure qui est avant tout politique.

« La Constitution haïtienne a beaucoup de failles, il faut l'avouer. Mais il faut la respecter », recommande Mirlande Manigat pour qui Garry Conille ne serait pas la seule personne compétente du pays qui puisse remplir la fonction de Premier ministre.


Danio Darius