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mercredi 1 juillet 2020

Qui sont les maires originaires des Outre-mer élus dans l'Hexagone ?



Nicole Bristol à Montesson



A Montesson, dans les Yvelines, Nicole Bristol, originaire de Martinique, a été élue dès le premier tour le 15 mars dernier, sur une liste divers droite. C'est son premier mandat de maire, même si elle était déjà élue au conseil municipal lors de la précédente mandature.



Cédric Pemba-Marine à Port-Marly


Dans les Yvelines, la commune de Port-Marly a élu dès le premier tour Cédric Pemba-Marine, sous l'étiquette Modem. Il est originaire du Gros-Morne, en Martinique.



Rolin Cranoly à Gagny

A Gagny, en Seine-Saint-Denis, Rolin Cranoly, originaire de Guadeloupe, a été élu avec 58,5% des suffrages dès le premier tour. Le Guadeloupéen était déjà maire de la commune depuis août 2019, après le décès de Michel teulet. Tête de liste Les Républicains, Rolin Cranoly est le premier Guadeloupéen maire d'une grande commune de la région parisienne. Gagny compte près de 40.000 habitants.


Hélène Geoffroy à Vaulx-en-Velin


A Vaulx-en-Velin, la maire sortante, Hélène Geoffroy a été réélue malgré un second tour particulier : il y avait encore cinq listes présentes. L'ancienne Secrétaire d'Etat de François Hollande, a été réélue avec 44,3% de svoix mais l'absention a été très forte : elle avoisine les 76%. Originaire de Guadeloupe, Hélène Geoffroy était soutenue par le Parti Socialiste et LREM. Elle est élue municipale à Vaux-en-Velin depuis 2001 et maire depuis 2014.


Dieunor Excellent à Villetaneuse


Le 15 mars dernier, Dieunor Excellent a été élu à la tête de Villetaneuse mettant fin à un siècle de gestion communiste. Il était candidat sans étiquette mais soutenu par La France Insoumise, le PS, Générations et le Parti radical de gauche Le maire a grandi en Guyane jusqu’à ses 18 ans.

Angèle Louviers

dimanche 26 mars 2017

PRÉSIDENTIELLES 2017! RAPPEL d'Eric Jalton


Je rappelle à ceux qui l'ignorent ou feignent de l'ignorer que je ne suis inscrit dans aucun parti politique même si je préside une association politique progressiste et républicaine dénommée FRAPP.J'ai dit et je rappelle que mon vote de cœur serait Mélenchon puis Hamont mais que l'impérieuse nécessité d'éviter à notre République une expérience extrémiste de droite me commande de voter et d’appeler à voter pour le candidat de gauche ou plus largement progressiste ou centriste le mieux placé pour ce faire en l’occurrence MACRON .Que chaque élu militant ou sympathisant FRAPP et tout un chacun plus largement prenne librement en ces circonstances historiques ses responsabilités.

Eric JALTON Président de la FRAPP.

jeudi 18 août 2011

Lettre du sénateur Steven Benoît au président du Sénat




Haïti: Port-au-Prince, le 9 août 2011

Honorable Rodolphe JOAZIL
Sénateur de la République
Président de la Chambre du Sénat de la République d'Haïti
En ses bureaux

Monsieur le Président,

Je m'apprêtais à vous contacter lorsque j'ai reçu un texte abordant les mêmes sujets qui me préoccupent. Je me suis donc ravisé et j'ai plutôt décidé de vous adresser la présente.

Au cours de ces dernières semaines, en effet, j'ai dû en maintes fois aborder diverses questions concernant la vie parlementaire durant mes rencontres avec des journalistes. Je vous écris aujourd'hui dans le but de consigner ma position, tout en vous demandant de bien vouloir utiliser votre autorité, votre expérience et votre sagesse pour prendre les mesures adéquates.

Je voudrais commencer par la question cruciale de l'absentéisme au Sénat de la République. Elle constitue une insulte à la confiance placée en nous par nos mandants et il est urgent que nous trouvions un point d'entente à ce sujet. En ce sens, la publication hebdomadaire d'un tableau des présences aux séances du Sénat serait un bon début vers la normalisation des activités à la Chambre haute. Et, dans le même ordre d'idées, l'introduction du vote électronique me paraît une option indispensable à la bonne marche de l'assemblée et à la transparence que nous devons à nos électeurs.

Il en est de même du cadre de travail général, où l'absence d'espace individuel constitue un handicap majeur au travail du Sénateur. Le bâtiment transitoire actuellement en construction ne prévoit rien de la sorte et je vois difficilement nos collègues dans cet environnement qui ne semble adapté qu'au travail en assemblée.

Le Parlement haïtien risque de perdre toute crédibilité si nous ne prenons pas en compte tous ces faits. Nous devons refléter les aspirations de ceux qui nous ont chargés de les représenter. Aujourd'hui qu'attendent-ils de nous? Sommes-nous, à leurs yeux, à la hauteur de notre tâche? Nous devrions nous consulter et nous interroger plus souvent à ce sujet.

En deuxième lieu, je vous saurais gré d'envisager une séance spéciale sur la version finale de la constitution amendée à publier au journal officiel de la République. Pour mettre fin au flou persistant et travailler avec l'Exécutif à sortir de l'impasse actuelle, je proposerais de nous réunir pour visionner ensemble la bande vidéo de la séance du vote de cette constitution amendée. Cette séance spéciale serait aussi retransmise en direct et tous ceux qui le veulent et qui le peuvent la suivraient et observeraient notre travail. La finalisation de ce dossier d'amendement est si importante, qu'elle serait la moindre des choses à offrir à nos mandants, une fois de plus, par respect pour eux.

Pendant que nous y sommes, pour quoi ne pas mettre en place une commission qui travaillerait avec les différents concernés de notre société à préparer les lois d'application des articles de la constitution. Ceci pour éviter tout malentendu entre esprit et texte de la loi mère, une fois pour toute!
La préoccupation dominante, qui occulte presque toutes les autres, touche au choix du nouveau Premier Ministre. Monsieur le Président, notre régime démocratique est de facture récente et de ce fait très vulnérable et très fragile. Bientôt nous serons à notre troisième tentative de ratification d'un Premier Ministre et déjà des voix s'élèvent au Parlement pour dire que X n'aura aucune chance ... Je sais que les enjeux sont hautement politiques dans la ratification du choix d'un Premier ministre, cependant, comme le répète une bonne partie de notre opinion publique, notre constitution donne aussi au Parlement le pouvoir de censurer un gouvernement qui s'aviserait de s'écarter de la politique générale qu'Il aurait approuvée.

De ce fait, je vous suggérerais de mettre tout votre poids dans la balance pour obtenir que les différents groupes au Parlement, ensemble avec le Président de la République, se mettent d'accord pour régler cette épineuse question. Je me permets de vous rappeler que non résolution de ce problème est la source de l'insécurité qui commence à prendre des proportions très préoccupantes, sans parler des problèmes liés à la saison cyclonique en cours et à la prochaine réouverture des classes.

Maintenant, venons-en à la question du CEP. Cette institution est au plus bas de son histoire et pratiquement caduque suite au départ du pays des Conseillers Léonel Raphaël, Guerrier Anténor et Jacques Belzin. Par ailleurs, le président Gaillot Dorsainvil et les conseillers Ribel Pierre et Ginette Chérubin sont absents ou démissionnaire, sans parler du décès du conseiller Enel Désir. Nous en sommes donc réduits à un CEP privé, de manière fonctionnelle, de 7 de ses 9 membres. Comment prévoyons-nous l'organisation des élections devant permettre le renouvellement du tiers du Sénat et des collectivités en octobre ou novembre 2011? Nous aurons à statuer sur la proposition d'amendement de la loi électorale sous l'égide de laquelle se dérouleront justement ces importantes élections. Il est de notre devoir d'aller au-devant de toutes difficultés éventuelles à ce niveau.

Un autre sujet d'importance est la loi sur les partis politiques. Nous ne saurions aborder le cas du CEP et celui des prochaines élections sans évoquer la question du statut des partis politiques. Une loi sur les partis politiques est en débat au Sénat depuis septembre 2009, dont le vote s'était arrêté à l'article 32. Repris cette année depuis plus d'un mois, le vote a été de nouveau suspendu et est ainsi bloqué depuis plus d'un mois (séance suspendue depuis plus d'un mois, non reprise jusqu'à ce jour). Terminons le vote et mettons fin au désordre des partis politiques à louer ou à vendre, travaillons à implanter solidement la démocratie en Haïti.

Finalement, n'est-il pas temps de publier le rapport de la Commission d'enquête présidée par l'honorable Sénateur Beauzile sur les falsifications relevées dans le texte de l'amendement supposément voté par l'Assemblée nationale et publié au Moniteur? La même question vaut pour le rapport de la Commission d'enquête de l'Honorable Sénateur Latortue sur les deux tours des élections si controversées de 2011. J'espère que les deux textes seront disponibles sous peu et que l'opinion publique haïtienne pourra profiter du fruit des travaux desdites commissions sénatoriales.

Monsieur le Président, je sais combien vous et bon nombre de nos collègues partagez toutes ces préoccupations que je viens de vous rappeler. Je compte donc sur votre appui et sur votre compréhension. Je vous remercie de votre attention et je vous renouvelle l'assurance de ma très haute considération et de ma plus parfaite collaboration, pour le plus grand bien de notre chère patrie.

Steven I. BENOIT
Président de la Commission
Anticorruption et droits humains

samedi 13 août 2011

Stanley Lucas, le nouveau conseiller du président Martelly, accuse et menace



Stanley lucas accuse Joel Leon d’avoir pris part aux assassinats de journalistes haïtiens. Notamment, Jean Dominique, Brignole Lindor une replique incendiaire de ce journaliste progressiste qui considere le petit homme de Jean rabel comme un tonneau vide ,opportuniste qui a des ennemis politiques très puissants dans le milieu diplomatique américain en Haïti.

Je vous invlite a lire cet article: sa ki pa konnen stanley lucas ,men stanley lucas,joel leon mete neg la tou touni san pantalan e san kulot rose



Depuis des années, l’analyste politique haïtien n’a jamais été autant gâté avec tant d’événements, les uns plus comiques que les autres, entre temps le pays se meurt. Le ridicule est au pouvoir. La bêtise s’impose. L’infamie revient au pas de galop. La démagogie est sur toutes les lèvres. Ajouter à tout cela, le machiavélisme international.

Le choix de Stanley Lucas comme conseiller spécial du président Martelly lève le voile sur son orientation politique et définit sans équivoque sa présidence. C'est-à-dire l’idéologie politique, les choix stratégiques et surtout les limites démocratiques du régime. Les journalistes haïtiens tremblent d’effroi. Fidèle à la longue tradition extrême droitiste, le gouvernement s’enlise dans une perspective permanente de crise, car il faut un bouc émissaire pour culpabiliser l’échec annoncé. Jean B. Aristide doit être a nouveau immolé. L’ancien président reçoit chez lui des invités, cela fait la une de tous les médias de la république de Port-au-prince. L’homme a été président en deux fois, il est chef d’un grand parti de masse, homme politique par excellence, c’est normal qu’il rencontre des citoyens de son pays. Stanley Lucas, Sauveur Pierre Etienne, Michel Soukar…tous crient au complot. Paradoxalement, l’ancien dictateur Jean Claude Duvalier reçoit gentiment ses partisans chez lui. Philippe Vob, ancien joueur de football de la sélection nationale, Franck Romain, ancien colonel de l’armée et assassin de dizaines de citoyens haïtiens…tous défilent à la résidence privée de celui-ci. Personne n’en parle. Baby doc voyage partout, on n’a vraiment pas d’yeux pour le repérer. Martelly, adepte du duvaliérisme, reproduit fidèlement les manœuvres duvaliéristes en créant des événements comme ce qui s’est passé dans la deuxième ville du pays, le Cap-Haïtien. Donc, Martelly fait partie de la droite radicale et extrémiste.

Cependant, le gouvernement en place se présente plus comme un embrouille idéologique, version tiers-mondiste, qu’un régime classique défendant la réaction. En général, les régimes extrémistes de droite brandissent toujours une banderole nationaliste effrayante pour pouvoir exercer une mainmise totale sur les institutions et les hommes. Celui de Martelly est totalement différent, non seulement il perpétue voire renforce la politique vassale de son prédécesseur vis-à-vis du grand capital financier international, René Preval, mais l’accentue d’avantage en nommant à la commission intérimaire de reconstruction d’Haïti (CIRH) des hommes totalement acquis a l’ordre impérial.

Une autre caractéristique de la droite radicale est l’utilisation de la religion et de la morale comme instruments politiques de manipulation des masses. Martelly est l’antithèse de la religion et un adepte de l’obscénité. Toutefois, cela n’empêche pas qu’il soit embrassé par l’occident chrétien et certains opportunistes du protestantisme en Haïti.

Là où le régime est fidèle à l’idéologie réactionnaire c’est le mépris cultivé pour les institutions nationales. Le parlement haïtien est dans le collimateur de Martelly pour qu’il soit dissous. Des voix autorisées, dont celle de Stanley Lucas, réclament la tête des sénateurs les plus influents de l’institution, parce qu’ils sont inquiets de l’orientation gouvernementale et demandent des comptes. En termes clairs, ces sénateurs n’entendent plus être la caisse de résonance d’un régime anti-populaire. La justice haïtienne est domestiquée avec l’introduction de Josué Pierre-Louis au ministère de la justice comme ministre, mais sans en porter le titre.

L’anti- intellectualisme du président est connu de tous. Au cours de sa campagne électorale, il reprochait beaucoup à Myrlande Manigat, sa concurrente au deuxième tour, que les intellectuels n’ont rien fait pour le pays. De ce fait, il faut placer au pouvoir le plus vulgaire des incultes. En ce sens, Stanley Lucas, un apprenti anglo-saxon s’aventure dans une campagne active pour remplacer les éléments de la classe moyenne nationale par ceux de la diaspora. A travers une soi-disant « banque de curriculum vitae », Stanley Lucas continue de collecter des CV de cadres techniques de la diaspora avec l’idée de leur trouver des emplois bien payés en Haïti. Ces derniers temps, d’après une source digne de foi, ils mobilisent des dizaines de cadres de la diaspora sous ce label. Maintenant, on peut imaginer le pire avec sa nomination dans l’administration de Martelly. La question fondamentale est : qu’en sera-t-il des cadres indigènes nationaux qui, malgré vents et marées, restent dans le pays. Ils sont dans l’éducation comme enseignants et directeurs d’école, l’administration publique et privée…l’existence d’Haïti repose sur les épaules de la classe moyenne, spécifiquement les non corrompus. Maintenant, le conseiller spécial de Martelly veut les remplacer par d’autres cadres que le gouvernement sera obligé de payer en monnaie forte. Dans l’article « le retour à l’infamie d’avant 1946 », j’avais annoncé la révolte de la classe moyenne en un seul bloc, la colère monte déjà.

Le régime est autoritaire. L’arrogance du président est allée jusqu'à exiger des journalistes de se taire, publiquement. Des voix de la société civile s’élèvent avec force pour dénoncer la dérive dictatoriale de Sweet Mickey. Quelques jours après, il reprend le même refrain responsabilisant la presse comme catalyseuse d’une campagne destructrice de l’image du pays à l’étranger. Ensuite, il y a l’incident du Cap-Haïtien. La réaction du président et de son équipe a été disproportionnée, une bouteille a été lancée contre le cortège présidentiel, près de 40 innocents ont été arrimés puis transférés illégalement a Port-au-Prince, avant d’être relâchés plus tard. Parce qu’il n’y avait rien à reprocher à ces pauvres malheureux qui vaquaient normalement à leurs activités quotidiennes. Pendant que Martelly continue ses menaces contre la presse haïtienne, son entourage n’est pas différent. Un agent de la sécurité du président a saisi une voiture blindée qui devrait être allouée à l’ancien président Aristide, manu militari. D’autres agents se sont pris à des confrères journalistes photographes qui voulaient immortaliser le président dans l’un de ses moments de délire a travers une prise photographique. Les sbires du régime, largement dénoncés comme tortionnaires et cupides par une organisation défendant les droits de l’homme en Haïti, RNDDH, se font de plus en plus menaçants. D’ailleurs, ils composent l’essentiel de l’unité d’élite de la sécurité rapprochée du président. Maintenant, ils peuvent fusiller à leur guise parce que leurs signatures riment avec pouvoir.

La nomination de Lucas est une aberration. Cet homme n’a plus l’audience d’antan. Depuis sa mise à pied de l’IRI pour excès de zèle, l’homme de Jean Rabel ne fait que traîner sa bosse un peu partout à Washington en vue de trouver une nouvelle audience. A l’OEA, au cours d’une énième conférence sur Haïti, Stanley Lucas, prévu comme « keynote speaker » fut contesté par l’assistance à un point tel que les ayant-droit décidèrent de lui interdire de parler. Donc, l’homme est décrié. Certaines personnes de l’OEA soupçonnent que Stanley manipule les listes des invités en ajoutant des zombis comme faisant partie de son organisation pour faire croire aux dirigeants qu’elle compte beaucoup de membres. Il est sous haute surveillance. Au cours de cette même conférence, il photographia cavalièrement une consœur journaliste, qui avait l’habitude de jouer le rôle de porte-parole de l’ancien Jean B. Aristide pour la presse étrangère. C’était une forme claire d’intimidation.

Gérard Latortue décida de tenir Stanley Lucas à l’écart de son gouvernement après avoir reçu des informations concordantes sur la mauvaise réputation politique de l’homme. Apres avoir tournoyé à n’en plus finir autour du premier ministre defacto en envoyant des notes sous formes de propositions stériles au gouvernement intérimaire, qui restèrent sans suite, il gagna l’opposition, devenu très amer contre son camarade républicain. En attendant que le vent change d’air, il ne pardonnera jamais à Latortue son influence sur les frères Bush, gouverneur de l’état de Floride et président des Etats-Unis, pour l’avoir effacé sur la scène politique. Il entendait prendre sa revanche avec John Mc Cain lors des dernières présidentielles, un monsieur qu’il connaît personnellement. Celui-ci a été battu par Barack Obama ce qui a mis fin définitivement à ses rêves de devenir le plus grand valet de Washington en Haïti. Le laquais de Washington est à la tête d’une organisation bidon appelée « Washington Haïti Project », mais il est totalement isolé. Ses accointances au Congrès et au Sénat américains n’existent plus, certains ont pris leurs retraites dans les affaires, c’est le cas de Jesse Helmes et Porter Goss, les autres ont été battus par des démocrates au cours des dernières élections. C’est un tonneau vide qui est devant nous, les jeunes loups du parti républicain tournent le dos à la vieille garde. L’homme est politiquement mort. C’est pourquoi il s’envole de branche en branche afin de se poser quelque part. Martelly le lui offert une sur un cabaret en or. Une récompense déméritée, parce qu’au commencement Stanley Lucas était contre les élections sous le gouvernement de Préval. Après avoir réalise que parmi les crabes candidats Sweet Mickey était le mieux placé, il se ravisa pour prendre le train déjà en marche, donc il est un opportuniste.

Stanley Lucas a des ennemis politiques très puissants dans le milieu diplomatique américain en Haïti. Il est mal vu à l’ambassade des États-Unis à cause de sa bousculade des protocoles diplomatiques des années 2002, 2003 et 2004 contre l’ancien ambassadeur Brian Dean Curran. Stanley Lucas eut à déclarer aux leaders gnbistes de l’époque « c’est lui qui représente les vraies intentions de l’administration Bush en Haïti mais non l’ambassadeur ». Mr Brian, tellement indigné après cette histoire, a pris une retraite anticipée dans les affaires après 30 ans de carrière au service de son pays. D’après une ancienne connaissance, qui tient à garder l’anonymat, Stanley utilisa son influence de l’époque pour favoriser le financement de certaines organisations non gouvernementales proches de l’opposition en présentant des projets bidon. Et ceci, au détriment des autres ONG qui présentèrent des projets bien équilibrés. Dans ce secteur aussi, notamment l’USAID et autres, Stanley Lucas a des comptes à rendre. Sa fulgurante montée fut réalisée en faisant des victimes. De son passage à l’AFL-CIO au bas de Lalue pour s’imposer comme représentant tout-puissant de l’IRI il a bouscule des seniors qui, jusqu'à présent ne le lui pardonnent pas. Et, beaucoup d’entre eux sont encore en poste en Haïti. D’où la nécessité pour lui de rester dans son coin de Washington pour ne pas rendre compte de son opportunisme.

Personnellement, j’ai rencontré l’homme de Jean-Rabel au cours de l’année 1992 ou 1993. Il travaillait pour le compte de l’AFL-CIO. Faisant partie d’une délégation qui contactait des organisations internationales en vue d’influencer la balance diplomatique contre les putschistes au pouvoir. J’étais présent lorsqu’un camarade cita le nom d’un américain qui travaillait pour le gouvernement de son pays. Il s’était brusquement énervé et mit prématurément fin à la réunion tout en suppliant le camarade de ne pas citer son nom avec le monsieur. En rencontrant l’américain, après l’incident, très curieux j’avais demandé qui était ce Stanley Lucas, l’interlocuteur avait répondu que c’était un petit poisson voguant sur les hautes mers. Par la suite, j’ai appris qu’il avait supplanté tous les gros poissons pour s’imposer comme incontournable. Ces messieurs sont toujours en place en Haïti, donc rester dans un coin de Washington est sa seule option. Pourtant, il continue à faire savoir jusqu'à hier encore que ce sont les « chimères lavalas » qui lui feraient du mal s’il mettait les pieds en Haïti. C’est faux !

Certains, jusqu'à présent se demandent qui sont les conseillers de Michel Martelly, c'est-à-dire leurs compétences et expériences dans les affaires. Parce que jamais, au grand jamais, le président n’aurait pas dû officiellement nommer un homme aussi décrié à un poste de pareille envergure. Il n’apportera rien que des complications pour le pouvoir. Il a déjà commencé. Le Jeudi 4 août 2011, Stanley Lucas à posté un texte sur Facebook, dans lequel il m’a accusé directement d’avoir pris part aux assassinats de journalistes haïtiens. Notamment, Jean Dominique, Brignole Lindor…En bon revanchard, il a récidivé après avoir republié sur le net un article que j’avais écrit en 2009, sous le titre « Stanley Lucas, l’homme des occupants ». Beaucoup de confrères de la presse et amis personnels me conseillent de ne pas me rendre en Haïti, mon pays natal, de peur de ne plus me revoir comme ce fut le cas de Lovinsky Pierre Antoine. Donc, mon deuxième exil commence avec la nomination de Stanley Lucas comme conseiller spécial du président de la république. Ma famille vit dans la peur depuis lors, parce qu’on croit que l’homme est tout puissant.

En ma qualité de journaliste et penseur progressiste, la démarche de Stanley ne va pas me freiner. Ma foi dans une Haïti juste et démocratique est plus forte que les intimidations du conseiller du président. Toutefois, je tiens à mettre l’opinion publique haïtienne et mondiale au courant que depuis jeudi 4 Août une grande menace plane sur ma vie et celle de ma famille. Que Dieu nous protège !





Joël Léon

mardi 28 juin 2011

GRACIA DELVA OU UN SIGNE CLAIR DE LA MORT DE LA CULTURE HAITIENNE


Où va le pays? Où va la culture du pays? Ne peut-on trouver un seul homme ou une seule femme de courage dans le pays pour dénoncer ce qui ne va pas dans une bonne direction? Quel crime Haïti a-t-il commis pour avoir de nos jours des hommes littéralement ignorants dans toutes les trois branches de son gouvernement? Je vais considérer simplement un cas dans la branche législative: le cas de Gracia Delva, le député de Marchand-Dessalines.

Comme il fallait s’y attendre, Gracia Delva a été nommé président de la commission culturelle et tourisme de la chambre basse. Qui pis est encore, il a trouvé Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, une Haïtienne qui a une très bonne idée de la culture haïtienne, à l’applaudir, en dépit de son ignorance proverbiale. Je demeure certaine que, à part d’être chanteur de Mass Konpa, Gracia Delva ne connaît rien de la culture haïtienne. A part d’être chanteur (et quel chanteur, s’il vous plait !)  je suis sûre que Gracia Delva n’a aucune idée du mot culture. Je suis sûre que Gracia Delva n’a jamais lu un livre ni de Jean Price Mars, ni d’aucun autre champion de notre culture. C’est vraiment triste de voir un pays doté d’une si belle et riche culture se trouver à un si bas niveau.

Que vient chercher Gracia Delva dans une question de droit d’auteur? Quel est le niveau scolaire de Gracia Delva? On préfère se taire ou embrasser les ignorants afin de bénéficier d’un éventuel porte-feuille ministériel, car les marchandages vont bon train. Je suis certaine que Marie-Laurence Lassègue sait que Gracia Delva est un ignorant. Mais, elle doit faire preuve de prudence car elle aura besoin de Delva au cas d’une ratification pour un poste ministériel ou pour d’autres genres de services. Dans un tel contexte, personne n’est plus qualifié que Gracia Delva pour représenter notre culture au Parlement haïtien. Le chanteur de Mass Konpa n’aura alors aucun problème à proposer le maintien de Madame Lassègue à son poste, surtout que celle-ci, véritable "pakapala", a servi toutes les administrations depuis Aristide I (en 1991) jusqu’au naufrage récent de Préval. Donc, servir Sweet Micky sera facile pour Madame Lassègue (qui avait appuyé Madame Manigat) car elle peut facilement évoquer la formule si chère aux intellectuels opportunistes haïtiens: "Je sers mon pays et non un régime".

C’est vraiment triste d’entendre cette dame cultivée placer le "rap" comme faisant partie de notre culture et de notre musique. Peut-être que le "rap" dans le sens de le "dialogue question réponse" fait partie de la musique nègre en général, mais pas ce genre de musique qui a cause tant de violence dans le camp de la jeunesse haïtienne Madame Lassègue parle justement de "Gansta / Gangster Rap" qui loue la vie des voyous, ceux qu’on appelle "thugs" en anglais. C’est ce genre de musique, le "Gansta / Gangster Rap", que Wyclef Jean promeut dans le pays. C’est sans doute l’une des grandes contributions de Wyclef Jean à "la culture haïtienne", cette nouvelle forme de "culture" qui nous a donné des adolescents, des enfants de 12 ans qui s’amusent dans les rues de la capitale et dans celles d’autres villes de province à s’adonner à la drogue et au sexe dans les "Ti Sourit et Reggae Night", cela avec le silence complice des responsables de la "culture" en Haïti Quelle solution peut-on attendre de Gracia Delva pour résoudre cette pratique immorale alors que les intellectuels du pays, dont Madame Lassègue, n’ont jamais vu la nécessité d’en mettre fin?

Puisque de nos jours, n’importe quel chanteur ou musicien sans classe devient un connaisseur de la culture haïtienne, je m’attends à ce que le prochain ministre de la culture soit Shoubou, Cubano, Robert Martino ou l’un des autres amis qui avaient mené une campagne active pour leur Sweet Micky.

En fait, je suis venue dans ce monde trop tard, car Gracia Delva n’a pas de compétence pour être député dans aucun pays au monde. Cependant, de nos jours, qui ne peut pas devenir, en Haïti, député, sénateur, ministre et même président? Si Sweet Micky est président Haïti, il n’y a aucun doute que King Kino ou Black Alex peuvent occuper également cette fonction. Master Dji et Coupé Cloué, honorés de manière posthume par BHDA, pourraient facilement devenir président Haïti s’ils étaient encore vivants.

Les médias haïtiens sont les premiers responsables de la chute des valeurs du pays. Ils diffusent rarement des programmes ayant un véritable rapport avec la culture haïtienne A part le compas, aucun autre aspect de notre culture est offert à la jeunesse. Encore une fois, les intellectuels du pays sont restés bouche fermée. Pour ma part, je crois que l’intellectuel doit pouvoir guider le peuple. Sweet Micky est devenu président du pays parce que les intellectuels n’avaient pas rempli leurs devoirs. Gracia Delva est devenu député parce que les intellectuels du pays n’ont jamais appris au peuple et surtout à la jeunesse le rôle d’un député dans un pays. Je suis sure et certaine que dans cinq ans, un ignorant comme Wyclef Jean battra à plate couture n’importe quel intellectuel. Sweet Micky l’a dit et a prouvé que n’importe quel quidam peut occuper la fonction présidentielle dans le pays, en battant haut les mains d"une intellectuelle bien fracturée.

Dans ces temps de descente aux enfers, où se trouvent les hommes qui connaissent vraiment l’histoire de ce pays? Que dit Frankétienne, ancien ministre de la culture, dans cette affaire combien triste? Où se trouvent Rony Desroches, Jean Fouchard, le sociologue Laenec Hurbon, le poète Syto Cavé, les écrivains Yannick Lahens, Lionel Trouillot, Dany Laferrière, Mimi Barthelemy, Gary Victor, etc. Se contentent-t-ils simplement de recueillir de la gloire personnelle? Donc, que le pays se meurt, pourvu que je sois honoré!

Dans un pays où un soi disant président affirme dans "Livre en Folie" ne pas aimer lire (cela se voit sans lunettes), que peut-on attendre de sa jeunesse sinon que de continuer à "chat" 24 sur 24 sur internet et à grossir le rang des participants des "Ti Sourit et Reggae Night"? Je pense que l’un des rôles d’un président haïtien, c’est d’inspirer la jeunesse du pays. Donc, si le président ne lit pas, la jeunesse doit vraiment se réfugier dans les "Ti Sourit et Reggae Night". Je me demande si Sweet Micky a jamais lu dix livres dans sa vie. Je me demande si Sweet Micky voit la nécessité, l’importance d’une école de musique dans le pays. Je me demande si Gracia Delva a déjà entendu citer les noms de Jean Price Mars, de Lorimer Denis, de Lamartiniere Honorat, de Louis Mars, d’Antenor Firmin, d’Hannibal Price. Je me demande si Wiclef Jean peut écrire (en créole, en franchis ou même en anglais) une dissertation sur Gouverneur de la Rosée, sur Zoune chez sa nennenn, sur les œuvres de Jean Brierre, d’Emile Roumer ? Or ce sont ces ignorants qui dirigent la culture du pays! Ce sont ces ignorants qui sont devenus les modèles de nos jeunes.

Donc, Gracia Delva se classe d’emblée dans la même catégorie des Oswald Durand, Etzer Vilaire, Alphonse Henriquez, Emile saint Lot, Daniel Fignolé, Castel Demesmin, Charles Fombrun et d’autres grands hommes qui jadis avaient tant œuvré pour la culture haïtienne au parlement. Comment le pays a-t-il pu tomber dans cet état? J’attends la réponse des ignorants comme Gracia Delva qui viendront le défendre. Ils n’auront aucune honte à le faire, car si on a choisi un immoral et un ignorant comme Sweet Micky pour diriger le pays, on est capable de tout, sauf des bonnes choses pouvant relever la fierté de la nation. (Je connais déjà une partie des interventions de ces immoraux qui vont défendre Sweet Micky et Gracia Delva. Ils vont demander d’aider Sweet Micky au lieu de le critiquer. Voici ma réponse: Pourquoi en 1991 ces mêmes vendeurs de patrie, ces mêmes immoraux, n’avaient-ils pas demandé d’aider le président Aristide? Au contraire, bien avant sa prestation de serment, on lui a fait au début de janvier 1991 une tentative de coup d’état. Finalement, le 30 septembre 1991, les défenseurs de Sweet Micky ont donné le coup d’état le plus sanglant de notre histoire pour chasser au pouvoir le président Aristide.)


Elizabeth Sévère 
Fort-de-France 
24 juin 2011

lundi 27 juin 2011

Martelly doit tirer leçon de la réalité politique


Nombreux sont ceux qui pensent que le président de la République n'avait pas assez fait pour assurer la ratification du choix de Daniel Gérard Rouzier, son Premier ministre désigné. Pour le sénateur Jean-Hector Anacacis, Michel Martelly n'a pas d'autre choix que de négocier avec les parlementaires. L'ambassadeur de France à Port-au-Prince, Didier Le Bret, voit dans ce rejet le jeu de la démocratie, tout en appelant les concernés à tirer leçon de cet exercice. Même position pour Edgard Leblanc Fils, responsable de l'Alternative.

Avec le rejet de Daniel Gérard Rouzier, Michel Martelly a essuyé son premier échec et doit tirer la leçon de ce qui s'est passé, de l'avis de plus d'un. Pour l'ambassadeur de France à Port-au-Prince, ce vote de la Chambre des députés fait partie du jeu de la démocratie. Didier Le Bret estime que le chef de l'Etat devrait désigner un autre chef de gouvernement. Selon lui, des leçons doivent étre tirées de cet exercice. 

De son côté, le vice-président du Sénat croit que M. Martelly n'a d'autre choix que de négocier avec la majorité de l'INITE au Parlement, s'il veut arriver à mettre sur pied son gouvernement. « M. Martelly doit comprendre qu'il n'est pas dans une compétition de groupes musicaux. Il s'agit de la politique; il doit y avoir des compromis et de l'entente », a martelé le sénateur Jean-Hector Anacacis sur les ondes de Radio Magik 9 ce mercredi. 

« Ce vote ne me surprend pas. Je l'avais dit. Car, la façon dont le président Martelly gérait l'affaire, cela était prévisible. Le choix de Daniel Gérard Rouzier n'avait pas fait l'unanimité dans l'équipe du président. Il y avait des désaccords sur sa désignation », a-t-il expliqué. Pour le parlementaire, la politique est un jeu de compromis. Il faut aller à la recherche de la majorité lorsqu'on ne l'a pas au Parlement. 

« Dans les prochains six mois, M. Martelly est condamné à fonctionner avec la majorité de l'INITE », a-t-il dit.

Selon Anacacis, M. Rouzier a décidé de négocier avec la minorité au Parlement aux dépens de la majorité de INITE. C'est ce qui a conduit à sa perte. Sa plus grande erreur, c'est de s'attaquer à la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH). « Bill Clinton est incontournable », disait-il à qui veut l'entendre. 

« Daniel Gérard Rouzier est victime de sa méconnaissance de la réalité du pays. Il est pris au piège. Michel Martelly ne l'a jamais voulu comme son chef de gouvernement. Sinon, il n'aurait pas laissé le pays le jour même où la Chambre des députés devait se prononcer sur son cas. Sa visite médicale à Miami aurait pu attendre. Il n'était pas son vrai choix », selon les réflexions du sénateur. 

Par ailleurs, l'intervention dans la presse du chef de cabinet de M. Martelly, Thierry Mayard Paul, disant que l'Exécutif ne va rien négocier du tout et que la négociation est un terme impropre, n'a pas joué en faveur du Premier ministre désigné. Au contraire, il a contribué à endurcir la position des députés, selon Anacacis.

« Le président Martelly ne doit pas dire à la population qu'il est bloqué par le Parlement. Comme lui, les parlementaires ont été élus par le peuple. Ils ont une responsabilité partagée », a fait savoir le vice-président du Sénat.

Pour l'ancien sénateur Edgard Leblanc Fils, responsable de la plateforme politique Alternative, le vote de la Chambre des députés prouve un très faible appui à Daniel Gérard Rouzier. Lui aussi croit que les interventions de Thierry Mayard Paul n'ont pas du tout facilité les choses à Daniel Gérard Rouzier. 

« Le président doit tirer des leçons de ce vote pour ne pas essuyer un autre échec de ce genre », a-t-il avancé, tout en appelant les différentes parties en litige à prioriser le chemin du dialogue et de la négociation. 

Pour sa part, la mission de l'ONU en Haïti encourage vivement les pouvoirs constitués de l'Etat à tout mettre en oeuvre afin de doter le pays, sans plus tarder, d'un gouvernement qui, de concert avec le Parlement, les acteurs de la classe politique, la société civile et les partenaires internationaux, pourra lancer les grands axes de la stratégie présidentielle pour l'éducation, l'emploi, l'Etat de droit, et l'environnement. 

« Chaque jour qui passe repousse davantage l'ancrage de la nouvelle dynamique politique constructive réclamée par les citoyens par la voie des urnes. Il ne fait aucun doute que tous les Haïtiens sont unis dans leur volonté de voir les grands chantiers à venir, y compris ceux relatifs à l'amélioration de leurs conditions de vie, avancer le plus rapidement possible », lit-on dans un communiqué de la MINUSTAH en date du 22 juin 2011.

En consultation avec les présidents des deux branches du Parlement- tous deux membres de l'INITE- le président Martelly doit désigner un autre Premier ministre, puisque Daniel Gérard Rouzier a été lamentablement rejeté par la Chambre des députés avec 19 voix pour, 42 contre et 3 abstentions.

Après cet échec, l'homme d'affaires Daniel Gérard Rouzier a fait savoir à l'AFP qu'il va reprendre ses activités antérieures. « J'étais prêt à servir mon pays, mais je réalise que je ne réponds pas au profil politique que certains recherchaient. Alors je continuerai à faire ce que je faisais auparavant », a avancé le PDG de la Sun Auto et de E-Power.

Robenson Geffrard

Quinzième alerte :L’homme et le perroquet


Dans un silence embarrassé, l’homme continue sa route. “Mesie, ou kon-nen…” la phrase comme poussée par un marteau pilon cherche à percer son cœur. Choqué par la dégradation de l’environnement qui l’entoure, il se sent pour la première fois coupable de la situation dans laquelle se trouve le pays.

Tout curieusement, il entend une voix qui parle au fond de lui-même. Il devient perplexe. Si la simple remarque d’un perroquet arrive à révolter une conscience aussi endurcie et rebelle comme la sienne fermée à la souffrance des autres depuis sa tendre enfance, cela signifie que la situation est vraiment grave dans le pays. Plus que malade, Haïti est moribonde.

Honteux d’être la part du problème plutôt que la solution, sans comprendre pourquoi, un sentiment de remords apparaît sur son visage. Il devient tout d’un coup blême et transformé. Une boule amère gonfle dans sa gorge voulant l’étouffer comme un canard sauvage. Une pintade déplumée. Secoué comme une feuille, son cœur palpite de plus en plus fort. Difficilement, il arrive à respirer. Chose bizarre, on dirait toute la malédiction du ciel arrive d’un coup sur ses épaules.

La preuve est là, nue devant ses yeux. La vue d’une vieille dame qui cherche sa nourriture dans une poubelle vient aggraver son malaise. A quelques mètres, un enfant nu qui joue dans une mare d’eau malodorante, le fait vomir. Tout gêné, il se demande en lui-même, comment il a pu refuser de reconnaître pendant un si long temps cette vérité. La faim tue en Haïti. L’hygiène dans différents quartiers de la capitale de même que dans les autres endroits dans le pays est plus que précaire. Simplement existante. Pas d’eau potable, pas d’électricité, pas d’infrastructures routières, pas de soins de santé, pas de sécurité, pas de service administratif…Haïti est un état bidon.

Quelques heures auparavant, il pouvait facilement fermer les yeux devant ce fait. Mais, après son dialogue avec le perroquet, sans savoir pourquoi, il devient une toute autre personne. Il n’est plus un animal. Il est maintenant un homme avec un coeur. Il peut voir la réalité, la comprendre et finalement capable de chercher une explication. La question qui vient dans sa tête est comment et pourquoi Haïti est arrivée à ce carrefour? Le carrefour de la honte, du désespoir. Un pays qui a seulement le nom de pays. (A suivre)

Jean Senat  Fleury

vendredi 24 juin 2011

L’homme et le perroquet



Méditatif, l’homme poursuit son chemin. La dernière parole du perroquet: “Mesie, ou kon-nen…”, continue de marteler dans sa tête. Il a beau essayé de détourner son esprit sur cette remarque, mais chose bizarre, les deux dernier mots: “Ou Kon-nen…” pèsent comme un fardeau sur ses épaules. Sans savoir pourquoi, il se mit à mordre ses lèvres.

Le fait d’être incapable de réagir – utiliser son revolver pour placer une balle dans la tête de l’insolent “jako” – fait bouillir tout le sang qu’il a dans les veines. Avec remords, il se souvient de l’époque où sous la protection de son père, un ancien commandant de milice à Pétion-Ville, il faisait régner la terreur dans les clubs de la capitale. Ses amis le surnomaient “Bang, bang” parce qu’il utilisait à tout moment son arme à feu pour faire courir les passants.

La belle époque…. il se souvient très bien cette période appelée “l’âge d’or de la révolution duvaliériste.” Aucune chance aux camoquins. Tous ceux qui ne partageaient pas la doctrine du pouvoir allaient finir leurs derniers jours à Fort-Dimanche. Ti Bobo, Boss Pint, Luc Désir, Cambronne… tous des amis de son père, ils faisaient la pluie et le beau temps à Port-au-Prince. On respectait les gens en ce temps-là en Haïti. On arrêtait, on bastonnait, on assassinait mais on avait un but pour commettre ces actes à l’époque : La révolution à protéger. Aujourd’hui, on faisait pire au nom de la démocratie. Au moins sous les Duvalier on ne kidnappait pas pour des rançons… On tuait pour le plaisir… pour avoir les bonnes grâces du “chef”. Dans le pays actuellement les zenglendos font la loi.

Macoute zélé, contrairement à la majorité des gens qui critiquaient le retour de “Baby Doc” dans le pays, il pense, au contraire, que c’est une très bonne chose pour la réconciliation bien qu’il continue à croire que la dictature brutale et féroce est la seule méthode efficace pour gouverner Haïti. Son père répétait toujours “Pèp rete pèp…Se ba-li manje bali baton”. C’est la raison qui l’avait motivé à appuyer la candidature de Micky.

Il sait bien que les temps ont changé. En 2011, il est presqu’impossible de revenir avec les anciennes méthodes d’interrogatoire comme celles utilisées aux Casernes Dessalines sous “Ti Boule”; même si un prisonnier vient d’être assassiné par la police... Mais avec Micky au pouvoir, au moins il y a un espace pour les hommes en kaki….

L’actuel président est incapable de renier complètement son passé… (A suivre)

Jean Senat Fleury

jeudi 23 juin 2011

L’homme et le perroquet


Qui n’a pas lu la dizième alerte aura du mal à comprendre le récit qui va suivre. Cependant, ceux-là qui ont lu le dialogue entre l’homme appelé “officiel” et le perroquet sont bienvenue à me suivre dans la deuxième partie de l’histoire.

“Mesie, ou kon-nen…”. La phrase tourne et retourne dans la tête de l’homme. Il veut bien retourner sur ses pas pour affronter le perroquet. Son problème, il ne sait pas quoi reprocher à l’animal. “Mesie…ou kon-nen….” Il devine bien que cette pause après la phrase signifie beaucoup et que les trois points à la fin peuvent être remplacés par toute une série d’épithètes. Perplexe, il se met à réfléchir. Il sait au fond de lui-même, il n’est pas un saint. Sa belle maison, sa voiture de luxe et bien plus….il les procure avec de l’argent volé. Des “magouilles” réalisées dans les caisses de l’Etat.

Mais mieux vaut faire semblant de ne pas comprendre. Pour quelle raison entamer une polémique avec un perroquet surtout quand il sait que son adversaire a raison. Cadre depuis dix ans dans l’administration publique, il accepte que son poste de directeur ne lui permet pas de mener cette vie de luxe qu’il a actuellement. Mais pourquoi doit-il s’en blâmer. Après tout, il n’est pas le seul à piller les caisses de l’Etat en Haïti. Tous les “Zotobre” le font depuis des ans et continuent à le faire jusqu’à maintenant. Personne n’a jamais été punie. 

Certains d’ailleurs on fait plus que voler. Ils ont tué l’Etat. N’est-ce pas vrai que plusieurs candidats avaient payé leur place au cours des dernières élections présidentielles et législatives dans le pays…Même l’ancien président avait été trompé. Ses “amis” ne l’ont-ils pas piégé en le faisant signer la promulgation d’un faux amendement constitutionnel? Tout le monde critique le chef de l’Etat. Mais lui, il pardonne le président. Comment condamner quelqu’un qui boit jour et nuit pour chercher à se déconnecter avec le quotidien. On dit en plus qu’il n’a rien fait pendant les deux mandats passés à la tête du pays. Mais ceux qui l’avaient voté ignoraient-ils qu’il a été un boulanger. Le métier du boulanger n’est-il pas toujours de rouler la farine en pâte pour faire du pain. Comment n’avait-on pas réalisé qu’il allait rouler tout le monde comme il a l’habitude de le faire dans son métier. (A Suivre)

Jean Senat Fleury

mardi 21 juin 2011

Chronologie menant a la séance de ratification de Daniel Rouzier par Stanley Lucas


11 Mai 2011: Rumeurs circulant dans la presse faisant état que Martelly aurait choisi Daniel Rouzier comme Premier Ministre désigné

14 Mai 2011: Prestation de Michel Martelly comme Président de la république

15 Mai 2011: Le Président Michel Martelly choisit le citoyen Daniel Rouzier comme Premier Ministre

17 Mai 2011: Le sénateur Wenceclass Lambert déclare que si l'INITE n'obtient pas les postes ministériels sollicités, ils bloqueront Daniel Rouzier

18 Mai 2011: Les propagandistes font courir que le Premier Ministre désigné n'aurait pas paye ces taxes, ce qui est faux

21 Mai 2011: Les parlementaires de l'INITE menacent de ne pas ratifier Daniel Rouzier si l'amendement falsifie de la constitution n'est pas amende

3 Juin 2011: Le Président Martelly publie un arrête éliminant l'amendement falsifie paru dans le journal le Moniteur le 13 mai 2011

7 Juin 2011: Les rumeurs font croire que les pièces soumises par Daniel Rouzier ont des problèmes ce qui est faux.

15 Juin 2011: Le député de Tabarre Arnold Belizaire fait courir le bruit que le rapport charge d'étudier les dossiers de Daniel Rouzier serait défavorable. On découvre que c'est un faux rapport selon les déclarations faites par le député Pierre Olgine. 

17 Juin 2011: Soumission d'un rapport favorable par la commission a l'assemble des députés

17 Juin 2011: Publication de l'arrêté des résultats des législatives (13 députés 2 sénateurs)

18 Juin 2011: Rumeurs que le Président Martelly serait prêt à nommer un nouveau candidat en lieu et place de Rouzier en cas d'échec. Ce qui est faux.

20 Juin 2011: Le Président Michel Martelly avant son départ pour la Floride réitère son soutien inébranlable a son Premier Ministre 

20 Juin 2011: Séance de validation des nouveaux députés et de ratification de Monsieur Daniel Rouzier prévue pour 5:00 pm.

N.B. Je prédis la ratification de Monsieur Daniel Rouzier comme le nouveau Premier Ministre haïtien a la fin de la séance.

lundi 13 juin 2011

EN MARTINIQUE, VA-T-ON VERS UNE « MEDIOCRATIE » ?

photo : EZ

Alors que les peuples tunisiens et égyptiens luttent encore pour rester maîtres de leur révolution, exposent leur soif de justice, d’informations vraies et souhaitent un langage de vérité des futurs gouvernants de leur Etat respectif, il semble que dans notre pays la tendance soit toute autre chez ceux qui possèdent certains leviers de pouvoir (presse officielle – Préfecture – Présidence de la Région…).
Quand, en plus, ceux qui sont portés aux nues par une certaine presse se singularisent par leur praxis de la contrevérité, de la provocation ou du double langage, on peut légitimement se demander : que cherche toute cette coalition ? Que veulent-ils faire du peuple martiniquais ?
Des contrevérités : une pratique assumée
Quand le candidat aux élections régionales, devenu depuis président de région, accusait l’équipe précédente d’être responsable du taux de chômage important dans notre pays, et promettait, dans le même élan, la création en 2 ans de 5 000 emplois, on était en droit de se poser plusieurs questions :
  • Qu’aura ce nouveau président de région comme possibilités que l’autre n’avait pas ?
  • L’emploi étant une compétence d’Etat, comment ferait-il sans nouveaux pouvoirs  et sans véritable maîtrise des instruments du développement économique ?
Ou encore :
  • Cette promesse, n’était-elle tout simplement qu’une forfanterie, évoquée avant tout pour gagner l’élection, avec l’intention de pouvoir s’accommoder du vieux système colonial par la suite ?
Nous entamons pourtant la seconde année de cette nouvelle mandature régionale et les lignes du chômage n’ont pas bougé dans le bon sens. Le « plan de relance régional », annoncé pompeusement comme s’il s’agissait du plan de relance d’un Etat qui disposerait lui des leviers fondamentaux, se révèle être un énième plan d’aides aux communes.
La situation de l’emploi est toujours aussi désastreuse.
Rappelons simplement que l’initiateur de ce « plan de relance » qui n’en est pas un, s’était opposé avec véhémence en 2010 à toute compétence martiniquaise supplémentaire, qualifiant cette option de « pouvoir pour le pouvoir ».
Or, le chômage en Martinique n’est pas uniquement conjoncturel (ex : Crise économique mondiale) mais fondamentalement structurel ; la dépendance de notre pays vis-à-vis de l’extérieur est savamment entretenue et les pouvoirs fondamentaux sont détenus par l’Etat français.
C’est donc une donnée fondamentale dont on ne se débarrasse pas par quelques fanfaronnades sur les tréteaux électoraux. C’’est en ce sens que le Schéma Martiniquais de Développement Economique et l’Agenda 21 sont innovants, mettant en exergue le nécessaire dépassement du système économique actuel et des institutions qui nous régissent. Naturellement, il convient d’approfondir cette démarche.
La réalité rappelle à chacun les limites des opérations de prestidigitation médiatique qui invitent à « bâtir le paradis » quand la misère frappe des milliers de Martiniquais.
La provocation : une tactique politicienne misérable
La mise hors d’eau de la RN5 et de ses abords à hauteur de Rivière-Salée, souhaitée par tous, a été pourtant choisie par l’actuel président de région comme terrain de provocations et de rodomontades politiciennes : Je suis en toute puissance et je peux tout faire. Bref ! Harry Potter dans la mangrove !
Beaucoup de Martiniquais croyaient ainsi que ce problème récurrent était désormais de l’histoire ancienne… A plusieurs reprises, la télévision n’avait-elle pas montré d’énormes engins en train de dompter la mangrove, sous les litanies du tout-puissant ? Notre actuel président de région annonçait même, de manière péremptoire « la future mise hors d’eau de…Rivière-Pilote ». Provocation puérile et « inintelligente » lorsque l’on sait à quel point les rues de la capitale sont encore inondées en périodes de pluies et que des pans entiers de quartiers s’affaissent jetant de nombreuses familles dans le désarroi.
Pourtant, la Martinique n’a pas eu à attendre l’hivernage pour constater qu’après de fortes pluies, la RN5 et ses abords à hauteur de Rivière-Salée, connaissaient encore les affres de l’inondation…
L’utilisation perverse des difficultés créées à la population par les intempéries révèle le manque de hauteur de vue de l’actuel président de région et une forme de mépris pour les souffrances des Martiniquais exposés à ces risques.
La question des « centrales photovoltaïques sur des terres agricoles » a également permis à cette équipe, aux méthodes finalement surannées, d’accuser injustement les patriotes à propos d’une supposée mansuétude face à la multiplicité de ces projets. Nous avons déjà démontré que c’était un procès en sorcellerie qui cherchait fondamentalement à nuire et à exonérer à bon compte l’Etat français et son préfet, le seul habilité à délivrer les autorisations… Rappelons pour mémoire qu’aucun projet de centrale photovoltaïque sur un terrain agricole n’est en train de « pousser » à Sainte-Anne, à Rivière-Pilote ou encore au Prêcheur, les trois communes gérées par des patriotes.
Mais que constatons-nous aujourd’hui ?
Prenons le seul cas du Lorrain. Justin PAMPHILE est maire du Lorrain, Vice-président du Conseil Régional, membre de la nouvelle majorité. Nous étions en droit d’en attendre une certaine exemplarité dans cette matière. Or, il continue à défendre becs et ongles un projet de centrale photovoltaïque sur terrain agricole dans sa commune, affichant sa ferme volonté que celui-ci soit mené à terme.
Cependant, dans le « Progressiste » du 1er juin 2011, on peut lire en page de couverture : « Justin PAMPHILE, un acteur majeur pour le Nord-Atlantique »… Est-il interdit de rire ?
Le double langage : « Ou wey ou pa wey ».
Rappelons-nous le lycée Schoelcher, objet de polémiques surfaites, déclenchées par l’ancien maire de Fort-de-France, actuel président de région. Selon lui et son équipe, il était sacrilège de vouloir toucher au lycée Schoelcher. Leur « historienne » de service avait même poussé l’outrance à écrire que l’équipe d’Alfred MARIE-JEANNE poursuivait en fait un sombre dessein révisionniste : « Effacer Victor Schoelcher de l’histoire martiniquaise »…
Leur première version fut qu’il fallait conserver le lycée tel qu’il était. N’avait-il pas « résisté au temps et au séisme de 2007 » ?
Leur deuxième version fut que si reconstruction il devait y avoir, elle devait se faire à l’identique.
Leur troisième version (une fois aux affaires) reprend le choix opéré par l’équipe d’Alfred MARIE-JEANNE avec quelques modifications à la marge pour donner l’illusion d’un tout nouveau projet.(1)
En conclusion, ces faits démontrent une suffisance et une arrogance qui conduisent immanquablement cette nouvelle majorité régionale et son chef à la médiocrité.
Dans un monde qui ne cesse de bouger, et devant l’ampleur des problèmes qui assaillent notre pays, doit-on se satisfaire des sorties hasardeuses d’un Zorro improvisé, fût-il local ?
Clément CHARPENTIER-TITY
Francis CAROLE