vendredi 18 novembre 2011

La mission d’évaluation sur la piraterie dans le Golfe de Guinée décidée par le Secrétaire général de l’ONU, Mr. Ban Kin-moon, séjourne à Libreville, capitale du Gabon, du 20 au 22 novembre 2011.



Elle aura une séance de travail avec les responsables de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) et toutes les autres parties prenantes dans la lutte contre la piraterie maritime, y compris le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), situé dans un espace géographique couvrant quatre pays touchés par ce phénomène préoccupant (Cameroun, du Gabon, de la Guinée équatoriale et de Sao Tome et Principe). 

La délégation rencontrera M. Abou Moussa, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef de l’UNOCA, qui sera déjà de retour de New York où il a présenté le 14 novembre au Conseil de sécurité le premier rapport d’activités du Bureau. 

L’UNOCA participe d’ailleurs activement à cette mission, qui fait suite à une requête du président béninois Yayi Boni. Elle a commencé la semaine dernière au Bénin, avant d’aller au Nigeria où elle a eu des échanges avec les dirigeants de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et certaines autorités du pays.   

Après le Gabon, les experts onusiens se rendront en Angola, siège de la Commission du Golfe de Guinée où ils boucleront leur mission le 24 novembre. Ils doivent produire un rapport et proposer des recommandations sur les voies à suivre pour mettre fin à la piraterie maritime, dont l’impact sur l’économie et la sécurité des pays concernés est désespérant. 

La Mission est conduite par Mme Mariam Sissoko, Représentante de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) au Nigéria, et par M. Sammy Kum Buo, Directeur de la Division Afrique II du Département des Affaires politiques des Nations Unies (DPA). Elle comprend des représentants du Département des opérations de maintien de la paix de l`ONU (DPKO), de l'Organisation maritime internationale (OMI), du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), et des Bureaux régionaux de l'ONU en Afrique centrale (UNOCA) et de l'ouest (UNOWA). 

mardi 15 novembre 2011

Quand les ONG tournent le dos aux sans-abri

Le Tapis-Rouge à Croix-Desprez où s'entassent quelque 14 000 personnes


Les ONG et certaines agences gouvernementales se retirent peu à peu des camps de sinistrés. Les sans-abri, en attendant un hypothétique relogement, sont condamnés à vivre dans la crasse et le dénuement.


Haïti: La Direction nationale de l'eau potable et de l'assainissement (DINEPA) est la dernière à annoncer la fin de la distribution gratuite de l'eau dans 17 camps de sinistrés dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Cette décision, qui prendra effet le 30 novembre 2011, est due à un manque de fonds. L'organisme étatique dit toutefois poursuivre notamment son programme d'alimentation en eau potable dans les quartiers.

Avant la DINEPA, d'autres organismes comme la Croix-Rouge haïtienne et l'Oxfam avaient déjà mis fin à leur programme de distribution d'eau gratuite dans les camps. « La Croix-Rouge haïtienne, soutenue par la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge (FICR) et la Croix-Rouge américaine, a finalisé un accord avec la Direction nationale de l'eau potable et de l'assainissement (DINEPA), pour passer l'assainissement et l'approvisionnement en eau aux autorités », lit-on dans un communiqué publié en juillet dernier. La Croix-Rouge approvisionnait, à elle-seule, quelque 54 camps en eau, atteignant environ 100 000 personnes.

Responsabiliser les sans-abri

L'Oxfam, avant de se retirer de la distribution gratuite de l'eau il y a quelques mois, avait pris le soin de transmettre aux comités des camps la responsabilité de gestion du précieux liquide. Si le processus marche plus ou moins bien dans certains camps, dans d'autres le bilan reste mitigé. La stratégie consiste à mettre des réservoirs gonflables ou citernes à la disposition du comité qui était chargé de revendre le dernier camion d'eau fournit gratuitement par l'ONG. « Le processus se déroule sans trop de difficultés », affirme Eugène, le président du comité du camp Jéricho situé à Rivière Froide. Les sans-abri, dit-il, acceptent de payer l'eau à cinq gourdes le récipient.

D'autres ONG comme l'ACF utilisent la même stratégie que l'Oxfam en laissant un camp. Au camp Tapis-Rouge à Croix-Desprez où s'entassent quelque 14 000 personnes, il constitue un casse-tête pour le comité de procéder à la vente de l'eau. « On est toujours en déficit », explique Lefèvre Préval, l'un des responsables du camp. Le Champ de Mars, qui accueille quelque 20 000 sinistrés du séisme, a cessé depuis un certain temps de recevoir les camions d'eau des ONG. L'hôtel Le Plaza situé dans l'air du Champ de Mars a ainsi décidé de venir en aide à la population en lui offrant de l'eau. Sinon, ce serait une catastrophe.

Le Parc communautaire natif natal situé à Santo 17 au nord de Port-au-Prince est transformé depuis le séisme de 2010 en un village de sinistrés. Le volet WASH (eau et assainissement) dans ce camp est pris en charge par l'Oxfam tandis que l'ONG Plan est responsable de l'éducation et de la santé. Trois kiosques y ont été construits par l'Oxfam. Un seul des kiosques, selon le responsable du camp, Mickerlange Clément, est fonctionnel. Pourtant, l'eau reste l'un des problèmes majeurs auxquels la population fait face. Contrairement aux autres camps, l'eau est disponible au camp Parc communautaire natif natal. Il suffit de la pomper.

Selon un rapport de la DINEPA publié en août 2011, la provision des services WASH (eau, assainissement et promotion d'hygiène) dans les sites d'hébergement temporaires est en état de détérioration rapide. « L'indicateur d'accès à l'eau potable est descendu de 48% en mars 2011 jusqu'à 7% en août à cause de la cessation de la distribution d'eau gratuite par camion-citerne entre mai et juin. La qualité de l'eau est aussi descendue de 14 points au cours du dernier mois », précise le rapport. L'enquête, selon la DINEPA, a été menée sur un total de 626 sites, correspondant à une population de 502 008 personnes.

Les sites, de plus en plus insalubres

L'insalubrité reste le problème commun à tous les camps de sinistrés. La situation dans la plupart des camps visités dans le cadre de ce travail est très préoccupante. Les toilettes, déjà en nombre insuffisant, sont mal entretenues. Personne n'est responsable d'assainir les sites. Les 14 000 occupants du camp Tapis-Rouge n'ont que six bouches de latrine à leur disposition. Les détritus sont jetés dans les parages des tentes faites souvent de bâches trouées et de tôles usagées. « Tout cela fait du camp Tapis-Rouge un terrain fertile pour le choléra et d'autres maladies », s'est désolé Lefèvre Préval.

Le Parc communautaire natif natal présente l'aspect d'un camp bien organisé. Les tentes ont été remplacées depuis mars 2010 par des maisons semi-permanentes faites en ply wood et en tôle. Les 679 maisons de trois pièces construites par l'OIM sont découpées en deux et abritent deux familles chacune. Certaines familles prennent le soin d'orner leur abri de fleurs.

« Il n'y a que 60 latrines pour les 4 223 personnes recensées dans l'espace, a précisé Dubuisson Mariana, l'une des bénéficiaires des maisons de l'OIM. La plupart des toilettes sont pour l'instant hors service. Face à une telle situation, la plupart des gens font leurs besoins physiologiques dans les parages des maisons. Ce qui rend l'espace insalubre. »

Le camp Acra est l'un des plus vastes camps de la commune de Delmas. Ils sont plus de 20 000 personnes à vivre sur le site depuis le 12 janvier 2010. Au début, ils trouvaient l'appui de plusieurs ONG, dont le comité américain pour les réfugiés (ARC), l'Unicef et le Catholic relief service (CRS). Depuis un certain temps, les ONG se retirent l'une après l'autre. Pour l'instant, la principale préoccupation des milliers de déplacés est l'entretien des latrines qui sont déjà insuffisantes. « C'est l'ARC et le CRS qui nettoyaient les latrines, a rappelé un membre du comité du camp. Désormais, ils ne sont plus là, nous nous demandons qui va s'en occuper maintenant. »

Le rapport publié par la DINEPA en août dernier a bien confirmé la détérioration du volet assainissement dans les camps. « Les principales raisons sont le manque des services de vidange, le retrait progressif des agences humanitaires, le manque de fonds pour la réparation des infrastructures et le manque d'entretien des latrines », note le rapport.

Les ratios de personnes par latrine et douche fonctionnelle, poursuit le document, continuent à augmenter ; les latrines fonctionnelles sont en forte diminution et le nombre de celles non fonctionnelles a augmenté d'une façon très inquiétante, soit de 50% entre juin-juillet et août. Pour cause. La défécation à l'air libre est en augmentation aussi depuis le mois de mars avec des chiffres qui ont doublé pendant les quatre derniers mois.

1 017 latrines, pour la période couverte par le rapport, ont été recensées comme "abandonnées", c'est-à-dire des toilettes non fonctionnelles et qui ne sont pas réparables, qui devraient donc être mises hors service (démontées définitivement). « Ces toilettes non utilisables, mais souvent pleines d'excreta, posent un risque de santé publique pour la population dans les camps et quartiers avoisinants », dénonce la DINEPA en guise de cri d'alarme.

L'insalubrité et la promiscuité dans les camps de sinistrés n'ont fait que compliquer les efforts pour combattre l'épidémie du choléra qui frappe le pays. Les camps de sinistrés restent un terrain fertile pour la propagation de la maladie.

Jean Pharès Jérôme

PRESIDENTS ASSASINES PAR LA FRANCE DEPUIS 1963. VOICI LA LISTE



Ils ont été assassinés parce qu’ils ont refuses d’être des « marionnettes » de la France. Est-ce cela les méthodes démocratiques que la France veut nous enseigner ?

En 1963 : Sylvanus Olympio, de TOGO 

En 1966 : John-Aguiy ironsi, du NIGERIA

En 1969 : Abdirachid-AliShermake de SOMALIE 

En 1972 : Abeid-Amani Karumé, de ZANZIBAR 

En 1975 : Richar Ratsimandrava, de MADAGASCAR 

En 1975 : François-Ngarta, du TCHAD 

En 1976 : Murtala-Ramat, du NIGERIA 

En 1977 : Marien Ngouabi, du CONGO- BRAZZAVILLE 

En 1977 : Teferi Bante, D’ETHIOPIE 

En 1981 : Anouar El-Sadate, D’EGYPTE 

En 1981 : William-Richard Tolbert, de LIBERIA 

En 1987 : Thomas Sankara, de BURKINA FASO 

En 1989 : Ahmed Abdallah, des COMORES 

En 1989 : Samuel-Kanyon Doe, de LIBERIA 

En 1992 : Mohammed Boudiaf, D’ALGERIE 

En 1993 : Melchior Ndadayé, du BURUNDI 

En 1994 : Cyprien Ntayamira, du BURUNDI 

En 1994 : Juvenal Habyarimana, du RWANDA 

En1999 : Ibrahim Barré-Mainassaran, du NIGER 

En 2001 : Laurent –Desire Kabila, du CONGO-KINSHASA 

En 2011 : Mouamar Khadafi, de la LIBYE 

La France qui tue, la France qui pille en Afrique de De Gaule a Sarkozy tel père, tel fils ou sommes-nous ? Réveillez-vous c’est le temps, Y’a-t-il des solutions pour ces crimes commis en Afrique ? 

dimanche 13 novembre 2011

COMMUNIQUÉ DU PARTI COMMUNISTE MARTINIQUAIS A PROPOS DU NOUVEAU PLAN D’AUSTÉRITÉ SARKOZY-FILLON



AUSTÉRITÉ : INJUSTE SOCIALEMENT  ET INEFFICACE ÉCONOMIQUEMENT ! 


Le plan d’austérité annoncé par Sarkozy et Fillon  le 7 novembre 2011 est le deuxième plan d'austérité en 3 mois imposé aux salarié-e-s et à leurs familles. Le gouvernement a décidé de faire payer la crise capitaliste au peuple.

Après 11 milliards d'euros ponctionnés en août, c'est une nouvelle saignée de 7 milliards supplémentaires appliquée à la population, principalement aux plus modestes et aux classes moyennes. Les privilégiés sont peu mis à contribution ou pas du tout !

Le pouvoir veut  faire croire aux travailleurs que s’il y a crise c'est parce qu’ils vivent au-dessus de leurs moyens et que l’État dépenserait trop.

C’est faux !

Ce nouveau tour de vis est motivé par la volonté de Nicolas Sarkozy de se soumettre aux marchés financiers, pour conserver le AAA des agences de notation.

Les familles sont frappées avec les restrictions apportées aux prestations sociales : Allocations familiales, aides au logement... ne seront plus revalorisées en fonction de la hausse des prix, mais de la croissance. Résultat, en 2012, une revalorisation de 1 % quand la hausse des prix (officielle) approche les 2 % en France et est souvent supérieure en Martinique !

La sécurité sociale est aussi mise à mal. Son budget va être amputé de 400 millions d'euros. Cela se traduira par nouvelle dégradation de l'accès à la santé pour une part de plus en plus importante de la population.

Même si la hausse de la TVA n’est pas appliquée dans les DOM, l’impôt sur le revenu va augmenter du fait de la décision de geler le barème en 2012 et 2013. C’est le pouvoir d’achat qui va encore baisser.

Enfin, c'est le système des retraites qui est attaqué  à nouveau. L'âge légal de départ à la retraite sera porté à 62 ans dès 2017 au lieu de 2018. Or, le déséquilibre des caisses des retraites n'est pas lié à des dépenses excessives mais à une baisse des recettes due à la hausse du chômage et aux exonérations patronales.


Ce énième plan d'austérité est socialement injuste et économiquement inefficace car il conduit tout droit à une nouvelle récession de l’économie en France et encore plus en Martinique en crise depuis 2007. Le gouvernement français, comme dans les autres pays européens, s’est engagé dans une spirale infernale austérité-récession..

En effet, le budget de l’Outre-mer va reculer en 2012 et subir des mesures fiscales particulières pénalisantes dans l’actuel contexte de crise (coup de rabot de la défiscalisation porté à 15 %, suppression de l’abattement d’un tiers de l’impôt sur les sociétés, etc.).

La Martinique est d’autant plus durement frappée que son économie est fragile et dépendante, que le taux de chômage est près de trois fois supérieur à celui de la France (six fois plus pour les jeunes), que niveau de vie est notablement plus faible pour de nombreux salariés, retraités et titulaires de minima sociaux en raison de la cherté de vie reconnue officiellement (+ 17 % par rapport à la France) et que 20 % de la population est en-dessous du seuil de pauvreté.

D'autres solutions sont possibles.

• La création d'un pôle public bancaire pour s’affranchir de la dictature des marchés financiers.

En Martinique, la création d’une Banque publique de développement et la mobilisation de l’épargne martiniquaise pour développer la production et l’emploi.

• Une réforme de la fiscalité: suppression du bouclier fiscal, augmentation de l'ISF, taxation des revenus financiers ; la mise en place en Martinique d’une fiscalité dérogatoire adaptée au développement.

• La revalorisation du Smic, des bas salaires et des minima sociaux en fonction de la cherté du coût de la vie, le droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour libérer des emplois pour les jeunes.

Le rétablissement plein des emplois aidés pour occuper les jeunes et la mise en place d’un plan de remplacement des départs de plus en plus nombreux à la retraite.

Le contrôle des prix de produits de large consommation populaire.

Fondamentalement, le PCM propose le rassemblement des forces populaires et la construction d’une Alternative Martiniquaise de Responsabilité et de Progrès, un Projet Martiniquais.

Seule la conquête d’une vraie capacité d’initiative locale au moyen de l’Autonomie peut nous permettre de desserrer l’étau de la crise capitaliste en  réorientant notre économie artificielle et dépendante et en mobilisant les forces vives martiniquaises pour affronter le monde nouveau qui émerge sur les ruines du capitalisme en putréfaction.

Georges Erichot


Fort-de-France, le 11 novembre 2011

Le Secrétaire général du PCM

samedi 12 novembre 2011

Le Fils de l’Afrique vise les joyaux de la couronne du continent


Le 14 octobre, le président Barack Obama a annoncé l’envoi de troupes des forces spéciales des Etats-Unis en Ouganda pour y participer à la guerre civile. Dans les prochains mois, des forces militaires américaines seront envoyées au Sud-Soudan, au Congo et en République centrafricaine. Elles n’« interviendront » qu’en situation d’ « auto-défense », assure Obama, ironiquement. Avec la Libye sécurisée, une invasion américaine du continent africain est en marche.

La décision d’Obama est décrite dans la presse comme "très inattendue" et "surprenante", voire "bizarre". Il n’en est rien. Elle suit en effet la logique de la politique extérieure américaine à partir de 1945. Prendre le Vietnam. Il était prioritaire d’endiguer l’influence de la Chine, un rival impérial, et de "protéger" l’Indonésie, que le président Nixon appelait "le plus gros magot de ressources naturelles de la région... le plus beau trophée". Le Vietnam se trouvait simplement sur le chemin ; le massacre de plus de trois millions de Vietnamiens et la dévastation et la contamination chimique de leur pays était alors le prix à payer pour que l’Amérique remplisse son objectif. Comme pour toutes les invasions américaines ultérieures, une trainée de sang de l’Amérique latine à l’Afghanistan en passant par l’Irak, la justification était en général basée sur "l’auto-défense" et "l’humanitarisme", des termes vidés de leur sens propre depuis bien longtemps.

En Afrique, dit Obama, la "mission humanitaire" est d’aider le gouvernement ougandais à vaincre l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA pour Lord's Resistance Army), qui "a assassiné, violé et enlevé des dizaines de milliers d’hommes, femmes et enfants en Afrique centrale". C’est là une description fidèle de la LRA, qui rappelle d’ailleurs les multiples atrocités commanditées par les Etats-Unis ; comme le bain de sang dans les années 60 qui a suivi le meurtre orchestré par la CIA de Patrice Lumumba, chef de file de l’indépendance du Congo et premier ministre légalement élu pour la première fois dans ce pays, ainsi que le coup d’état de la CIA qui a installé au pouvoir Mobutu Sese Seko, considéré comme le tyran le plus vénal qu’ait vu l’Afrique.

L’autre justification d’Obama est loin d’être plus convaincante. Il s’agit de la "sécurité nationale des Etats-Unis ". La LRA a perpétré ses sévices pendant 24 ans et concernent bien peu les Etats-Unis. Aujourd’hui, elle compte moins de 400 combattants et n’a jamais été plus faible. Cependant, la "sécurité nationale" américaine signifie souvent soudoyer un régime voyou et corrompu qui possède quelque chose que Washington convoite. Yoweri Museveni, le "président-à-vie" de l’Ouganda reçoit déjà la majeure partie de 45 millions de dollars en "aide" militaire américaine – dont font partie les drones tant appréciés par Obama. Voilà son pot-de-vin pour combattre dans une guerre par procuration contre le nouvel ennemi islamique fantôme des Etats-Unis, le groupe Al-Shabbaab basé en Somalie. La LRA jouera un rôle de relations publiques, en distrayant les journalistes occidentaux avec les horreurs qu’ils commettent chroniquement.

En réalité, la raison principale pour laquelle les Etats-Unis sont en train d’envahir l’Afrique est la même qui a déclenché la guerre du Vietnam. C’est encore la Chine. Le monde de paranoïa institutionnalisée et égocentrique, dans lequel baigne le général David Petraeus, précédent commandant des forces armées américaines et actuellement directeur de la CIA, justifie ce qu’il sous-entend être un état de guerre permanente ; la Chine est en train de remplacer Al-Qaeda en tant que "menace" officielle des Etats-Unis. Quand, l’année dernière, j’interviewais Bryan Whitman, secrétaire adjoint à la Défense au Pentagone, je lui ai demandé de décrire l’état actuel de danger pour l’Amérique. Visiblement embarrassé, il a répété "des menaces asymétriques ... des menaces asymétriques". Ces menaces justifient les conglomérats de fabricants d’armes, impliqués dans le blanchiment d’argent et sponsorisés par l’Etat, et le plus grand budget militaire de l’histoire. Maintenant qu’Oussama Ben Laden a été sorti de la scène géopolitique, la Chine devient le nouveau bouc émissaire.

L’Afrique est bien l’histoire à succès de la Chine. Là où les Américains amènent leurs drones et la déstabilisation, les Chinois apportent des routes, des ponts et des barrages. Ce qu’ils recherchent sont les ressources naturelles, en particulier les combustibles fossiles. Dotée des plus grandes réserves de pétrole en Afrique, la Libye de Mouammar Kaddhafi était une des plus importantes sources de carburant de la Chine. Quand la guerre civile a éclaté et l’OTAN a appuyé les "rebelles" sur base d’une histoire montée de toute pièces à propos de plans de Kaddhafi pour un "génocide" à Benghazi, la Chine a évacué ses 30.000 travailleurs en Libye. La résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui a autorisé "l’intervention humanitaire" de l’Occident a été expliquée succinctement dans une proposition au gouvernement français par le Conseil National de Transition "rebelle", révélée le mois passé dans le journal Libération, dans laquelle on offrait à la France 35 % de la production nationale brute en pétrole de la Libye "en échange" (sic) d’un appui "total et permanent" de la France au CNT. Arborant la bannière étoilée dans Tripoli "libérée" le mois dernier, l’ambassadeur américain Gene Cretz a laissé échapper : "Nous savons que le pétrole est le joyau de la couronne des ressources naturelles libyennes !"

La conquête de fait de la Libye par les Etats-Unis et ses partenaires impérialistes annonce une version moderne du "partage de l’Afrique" à la fin du XIXe siècle.
Da la même manière que pour la "victoire" en Irak, les journalistes ont joué un rôle critique de division des Libyens en tant que victimes dignes de respect et les autres déshumanisées. Récemment, la une de The Guardian montrait la photo d’un combattant kaddhafiste terrifié à côté de ses geôliers frénétiques qui, selon la notice, "fêtaient leur victoire". Selon le General Petraeus, il se déroule maintenant une guerre "de perception... menée continuellement par les médias".

Pendant plus d’une décennie, les Etats-Unis ont essayé d’établir une tête de pont sur le continent africain, nommé AFRICOM, mais ont été repoussés par les différents gouvernements, inquiets des tensions régionales que cela pourrait créer. La Libye, et maintenant l’Ouganda, le Sud-Soudan et le Congo représentent leur opportunité la plus intéressante. Comme des câbles Wikileaks et le bureau national stratégique contre le terrorisme le révèlent, les plans américains pour l’Afrique font partie d’un programme global selon lequel 60,000 forces spéciales, incluant des escadrons de la mort, sont déjà en opération dans 75 pays, chiffre qui s’élèvera bientôt à 120. Comme Dick Cheney l’a fait remarquer dans son plan de "stratégie de défense" des années 90, l’Amérique désire simplement dominer le monde.

Que cela soit maintenant le cadeau de Barack Obama, le "Fils de l’Afrique", est d’une ironie suprême. Ou l’est-il vraiment ? Comme Frantz Fanon l’explique dans Black Skin, White Masks, ce qui importe n’est pas tant la couleur de la peau, sinon le pouvoir que l’on sert et les millions de gens que l’on trahit.



John Pilger


Source originale : Global Research

Traduit de l'anglais par T.K. pour Investig'Action

Source : michelcollon.info

Légaliser l’interdit : ce que dominant veut... L’affinage des stratégies rhétoriques de la contre-révolution coloniale




Même si les dominés sont rarement assez naïfs pour s’imaginer qu’un droit est définitivement acquis lorsqu’il est reconnu par la loi, les luttes contre les lois liberticides peuvent aussi parfois, involontairement, masquer les stratégies vicieuses mises en place par les dominants pour discriminer en dépit de la loi.


Les militants algériens le savaient bien, eux qui purent être arrêtés, battus, assassinés et jetés à l’eau le 17 octobre 1961 à Paris (et beaucoup d’autres jours ailleurs...) alors même que le couvre-feu visant les Algériens n’était ni légal, ni même officiel (il était seulement "déconseillé" aux Algériens de sortir : la caractère "pressant" dudit "conseil" étant parfaitement compris comme un impératif dont le non respect devait être fatal) . Min taht al ma - "de sous l’eau" - on pouvait toujours protester, invoquer les principes juridiques très humanistes de la République, les représentants dudit État n’en avaient cure.

Voiles et métonymies

Pour Sadri Khiari, le racisme structurant les sociétés des métropoles impérialistes, est "largement anonyme" et "rend obsolète l’usage juridique ou autre de catégories explicitement racialistes, ou dont le caractère discriminatoire est transparent" (in La Contre-Révolution coloniale en France)

Pour discriminer les femmes musulmanes en France par exemple, les stratégies sont connues : on s’exprime par métonymies (figure de substitution consistant à désigner un objet ou un être, en évoquant un objet proche de la chose ou de la personne dans un rapport de voisinage ou de contiguïté : pour ne pas dire "Musulmane", on vise un de ses attributs vestimentaires - qui plus est de la "Musulmane qui ne veut pas se faire intégrer", comme le foulard par exemple, et ainsi, l’énoncé produit, qui aurait été plus facilement perçu comme raciste si le mot avait été prononcé, prend une apparence plus acceptable lorsqu’on se contente de parler de "voiles" : pour citer Saïd Bouamama, le racisme prend des airs "respectables" en se faisant passer pour une critique légitime des religions - et la référence explicite à la race peut être évitée alors même que dans les faits, c’est bel et bien elle qui est visée).

Dans le même sens, Pierre Tevanian a parlé au sujet des discours laïcards, de "métaphore du racisme républicain" (in La République du Mépris).

Aujourd’hui les métaphores s’affinent : pour ne plus dire "Ratons", on peut parler du "halal" - produisant ainsi ce que Pierre Bayard a nommé ailleurs des "syllepses invisibles" ( http://lmsi.net/Des-syllepses-invisibles ).

Et les métonymies se dissimulent parfaitement dans les nouvelles stratégies rhétoriques de la contre-révolution coloniale. Pour discriminer les mères musulmanes portant un foulard voulant accompagner leurs enfants lors des sorties scolaires, le premier réflexe du ministre Luc Chatel fut tout simplement de légiférer dans ce sens.

Lorsque cela se révéla compliqué (à cause de la liberté de conscience censée être un fondement de la République), la "solution" parut alors toute simple à ces messieurs :
"On ne peut pas légiférer. Nous sommes en train de préparer des instructions sur des règlements. L’esprit des instructions sera d’éviter le port du voile" (Claude Guéant) (http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/gu-ant-pr-sente-un-code-cit-plus-restrictif-libert-religieuse-164438 ?quicktabs_1=1&quicktabs_2=1)
Pratique, non ? À quoi bon changer la loi ? Monsieur Guéant veut empêcher le port du voile pour les mamans accompagnant les sorties scolaires. La loi l’interdit. Qu’à cela tienne, contournons la loi ! Et tant pis pour la liberté de conscience des Musulmanes.

Quand l’État encourage à pratiquer ce que la loi ne peut pas autoriser.

En livrant la méthode clés en mains. Concrètement : pour ne plus dire dans les règlements intérieurs des écoles - parce que c’est interdit - "les mères musulmanes portant un foulard ne pourront pas accompagner les sorties scolaires", il suffit de s’exprimer en deux temps :
1) À un moment donné, préciser ce que la loi de 2004 a gravé dans le marbre (quand la loi va dans le sens du rapport de domination ne nous en privons pas ! ) : "le port du voile s’apparente à du prosélytisme religieux incompatible avec la laïcité". 2) Ailleurs, dire que les "contributeurs extérieurs", tout comme les fonctionnaires, doivent respecter la laïcité.
Et ça y est ! Ce qui était impossible à cause de la loi républicaine, devient parfaitement possible grâce aux "procédés" républicains bien euphémisant :
Comme le respect de la laïcité implique (d’après la loi française) aux seuls agents de service public, une tenue interdisant « le port de tout signe d’appartenance religieuse », ce même respect exigé des intervenants extérieurs (extension tout à fait abusive de la loi - que le Conseil d’état a déjà jugée illégale - mais ça, nous ne sommes pas censés le savoir...) implique, par analogie, une même interdiction vestimentaire - par exemple au sujet d’un foulard qui sera qualifié « d’islamique », appliquée à des intervenant-e-s qui ne sont pas fonctionnaires.

Pour ce faire, nous le voyons, les Musulmanes ne doivent plus seulement être désignées par une métonymie de premier degré ("mères portant un voile"), mais en quelque sorte par une métonymie de second degré : "contributeurs extérieurs".

Dans un troisième temps, comme il est exigé de ces contributeurs de "respecter la laïcité" (ce qui est impossible en France avec un foulard sur la tête), la Musulmane pourra enfin, très proprement, être discriminée sans qu’on ait jamais à prononcer son nom.

Faysal Riad

mercredi 9 novembre 2011

Haïti : Les victimes du choléra exigent d'être dédommagées par l'ONU




Haïti : des victimes du choléra réclament des compensations à l'ONU




A Haïti, cinq mille personnes, victimes du choléra, exigent des compensations de l’ONU. En juin dernier, une étude avait conclu que le choléra avait été introduit dans le pays par les casques bleus népalais de la Minustah. Une pétition a été envoyée au siège des Nations unies à New York et à leur mission en Haïti la semaine dernière.

Avec notre correspondante à Port-au-PrinceAmélie Baron
La pétition de trente-cinq pages est claire : les victimes et familles de victimes réclament réparation car l'ONU a failli dans la surveillance médicale des soldats qu'elle a envoyés en Haïti, car la Minustah a déversé des déchets humains dans un affluent du plus grand fleuve du pays et enfin car la réponse des Nations unies à l'épidémie n'a pas été adéquate.
Pour les Haïtiens, cela ne fait aucun doute: les soldats népalais de la mission onusienne sont à l'origine de l'apparition de l'épidémie. Soutenus par le Bureau des avocats internationaux, les cinq mille signataires réclament 50 000 dollars pour chaque personne ayant été infectée et 100 000 dollars aux familles dont un des membres est décédé du choléra.
L'épidémie a débuté en Haïti il y a plus d'un an mais les avocats ont confiance et espèrent que cette pétition sera prise en considération par l'ONU qui devra aussi admettre officiellement sa responsabilité dans l'apparition de la maladie.
La porte-parole de la Minustah explique que la pétition a été transmise aux services juridiques de l'organisation mais elle se refuse à tout autre commentaire.