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lundi 30 décembre 2019

« N'EN VEUILLEZ PAS À VOS COMPATRIOTES QUI SONT TOMBÉS DANS LE PIÈGE DE LA GOURMANDISE , LA TENTATION ÉTAIT GRANDE ...



ce qui est formidable , c'est qu'on peut constater que le béké n'a pas réussi à corrompre tout le monde , que le message est passé et que certains ont compris la GRAVITÉ DE LA SITUATION .

NOUS SOMMES TOUS , GUADELOUPÉENS ET MARTINIQUAIS , ASSASSINÉS AU CHLOREDÉCONE, À L'ASULOX ET AU GLYPHOSATE , qu'une bonne partie de la population intelligente , va changer son alimentation , que d'autres iront vers l'auto-suffisance , que nos aînés feront leurs devoirs de transmission afin que notre jeunesse apprenne à cultiver sain , à guérir avec leurs propres plantes médicinales , que les citoyens apprendrons à ne plus croire en leurs élus qui nous ont menti jusqu'au bout , qui ont défendu les intérêts de ces descendants de criminels jusqu'au bout , qui nous ont manipulé dans les médias békés et colons jusqu'au bout , ont utilisé les pires ruses pour nous assassiner , jusqu'au bout , sans jamais porter atteinte à l'intégrité de ceux qui les financent 1 fois .

J'espère que vous avez compris qu'on ne peut changer l'esprit d'un animal même après 500 ans , que si vous voulez sauver la génération futur , il faudra composer sans ces agoulous grands fales et c'est possible , sachez qu'il existe des entrepreneurs martiniquais , des agriculteurs certifiés martiniquais , des artisans martiniquais , qu'on n'est pas obligé de consommer modèle occidentale qui nous tue à petit feu , on peut opter pour LA VIE , CELLE DE NOS ENFANTS , CELLE DE NOTRE BIODIVERSITÉ , CELLE DE NOTRE ÎLE , CELLE DE L'HUMAIN SURTOUT .

Fòs ek kouraj ba sa ki Ka goumen pou sové péyi'a , l'èspri Mwen la épi zòt menm si an pé pa la épi zòt , aillez du courage pour la suite , ne baissez surtout pas les bras , la cause est NOBLE ET JUSTE , un jour le peuple comprendra pourquoi , ils comprendront pour qui , ils verront que le " mal " était nécessaire , parce que LE MAL , LES A LAISSÉ FAIRE , ils ont détruit la vie de 90 % des " antillais " pour réguler notre population et mettre en place le grand remplacement , aujourd'hui vous trouvez ceci complotiste demain vous serez choqués de ce que certains sont capables de faire pour continuer à exister .

Je ne me suis jamais basée sur les 60 % que je n'ai pas pu convaincre mais sur les 20 convaincus de plus qui font toute la différence , car Combien ses 20 convaincront et seuls mes ancêtres savent Combien nous en convaincront encore , malgré les critiques et manigancent de ceux qui ont poursuivi le génocide de leurs parents.

Je ne sais pas ce que l'avenir me réserve, si j'en aurais un , si l'argent d'une de ces vermines ne servira pas à me faire taire définitivement , si j'aurais le temps, un jour , de voir mes petits enfants , si je verrais le changement mais en tout cas , comme beaucoup avant moi , J'AURAIS FAIT MA PART et quand mes enfants et arrières petits enfants parleront de moi , j'espère qu'ils seront fiers car jusqu'au bout , je me serais battus contre ces crapules , je leur aurait montré que JE N'AI PAS PEUR D'EUX , PAS PEUR DE LEURS AMIS CORROMPUS , PAS PEUR DE LEURS MAGOUILLES , PAS PEUR DES AUTORITÉS QUI LES SERVENT , PAS PEUR DES NOIRS QU'ILS ACHÈTENT , PAS PEUR DE LEURS CHIENS DE CHASSES , PAS PEUR DE LES DIABLES , PAS PEUR DE LEURS ESPIONS INFILTRÉS , PAR PEUR D'EUX .

ils auront ma peau mais pas mon esprit ni mon âme et peux importe d'où je serais , un gros MOTHER FUCKER 🖕🏿 , dérangera Toujours leur tranquillité car des âmes sensibles et convaincus , nous avons conscientisé .

LA VÉRITÉ ET LE BIEN TRIOMPHERONT SUR LE MAL , J'Y CROIS FERMEMENT !!!


Anicia Berton 

jeudi 12 décembre 2019

Le chlordécone, ce monstre chimique qui empoisonne..



Le chlordécone, ce monstre chimique qui empoisonne et tue tous les jours, a été introduit en Martinique par un groupe de gens sans scrupules. Il est là, tapis dans l’ombre, pour 7 siècles ! 


Il n’a jamais été invité par les Martiniquais, tout au moins ceux qui aiment leur île. Par conséquent, il est indésirable ! Il n’est pas le bienvenu.

Alors comment ne pas en parler tous les jours, au regard de la catastrophe qu’il a provoquée ?

La population continue à ce jour de boire une eau du robinet polluée et à manger des produits contaminés par ce dangereux pesticide.

Comment ne pas en parler ? C’est le contraire qui aurait été incompréhensible.

A ce jour, rien de concret n’a été fait pour apporter des réponses urgentes susceptibles d’apaiser l’anxiété de la population face à cet écocide provoqué par le chlordécone.
Pas même l’ouverture d’espaces de parole pour informer, expliquer la situation.

Les autorités ont assez traîné. Il faut surtout qu’elles arrêtent les parlottes et agissent vite !

Une tel traitement n’aurait jamais été toléré, ni envisagé dans l’Hexagone !
Pour avoir suivi plusieurs crises sanitaires dans l’Hexagone dont la vache folle et le sang contaminé, je peux dire que la réactivité n’a pas été la même.

Pas un jour ne se passait sans qu’il y ai des articles dans les médias français et internationaux, des déclarations d’apaisement de la part des autorités politiques, sanitaires, des hommes politiques, des élus, ect....

Pourquoi devrions-nous taire ?
L’anxiété est légitime en l’absence de réponses.

Le rapport de la Commission d’enquête est pour l’instant lettre morte. Il n’est toujours pas suivi de mesures concrètes.

Force est de constater qu’il a fallu récemment la pugnacité d’élus d’Outre Mer, obligés de se battre contre le gouvernement, pour faire adopter au Sénat un malheureux amendement pour la prise en charge gratuite d’une partie des tests de dépistage du chlordécone dans le budget 2020.
Et rien n’est gagné, il va falloir se battre à nouveau contre les députés de la LREM pour que cet amendement soit adopté devant le Parlement.

Comment ne pas parler du chlordécone tous les jours dans de telles conditions ?

Comment ne pas en parler tous les jours quand le Président de la Commission d’enquête du chlordécone, Serge Letchimy, avoue lui-même qu’il reste prudent parce qu’il n’a pas confiance dans les politiques.

C’est vrai, Il s’agit de la santé et de la vie de plusieurs centaines de milliers de personnes vivant à des milliers de kilomètres, perdues au milieu de l’océan dont on n’entend ni les cris ni les souffrances. «Loin des yeux, loin du cœur», comme dit la chanson de Demis Roussos.

vendredi 18 octobre 2019

La commission parlementaire d’enquête sur le chlordécone


Il est curieux d’observer que celui qui, aujourd’hui, préside la commission parlementaire d’enquête sur le chlordécone est celui-là même qui a donné, à deux reprises, son accord pour la poursuite de l’épandage aérien de pesticides quand il était président de la région Martinique. La décision d’arrêter l’épandage aérien viendra, non pas des élus du PPM, pourtant Martiniquais, mais de l’Etat français !!!

Une même logique fonde la position de ceux qui ont prolongé la pratique de l’épandage aérien de pesticides et de ceux qui ont cautionné la poursuite de l’utilisation de le chlordécone que l’on savait nuisible pour la santé des femmes et des hommes de notre pays : la soumission à l’économie bananière et à ses promoteurs, la sacralisation du discours béké au détriment de la santé de nos compatriotes.

L’interview que nous publions ici -qui date de 2012- illustre l’inconscience du président du PPM sur ces questions.

Certes, on peut se tromper. Mais alors il faut avoir le courage de le reconnaître plutôt que de se poser en grand défenseur de la Martinique et d’instrumentaliser cette commission à des fins essentiellement politiciennes et tellement éloignées de la tragédie absolue de l’empoisonnement délibéré du peuple martiniquais.


Francis CAROLE
Mardi 15 octobre 2019.

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Palima Hebdo n°26

EPANDAGE AERIEN

Interview de Francis CAROLE

Matinik
Mardi, 30 Octobre, 2012 - 02:31
Lepalima.org : Depuis plusieurs mois, l’actualité en Martinique est dominée par la question de l’épandage aérien.

🔸Le PALIMA est très engagé dans cette bataille. Pourquoi ?

🔹Francis CAROLE : Avant toute chose, nous tenons à noter que le débat instauré sur cette question représente en lui-même une première victoire. Nous devons, en effet, avoir constamment à l’esprit que c’est dans un silence assourdissant que se sont écoulées, en Martinique et en Guadeloupe, deux décennies d’empoisonnement à le chlordécone -des sols, des eaux et des hommes...

Sans ignorer les problématiques liées à l’économie bananière, nous pensons que les exigences de santé publique et de respect de la vie doivent l’emporter sur les considérations économiques et les logiques de profit. L’être humain est le vecteur fondamental du développement et du progrès. Il ne saurait donc être sacrifié aux intérêts marchands.

Après le scandale absolu de le chlordécone, il y a une manière d’indécence intellectuelle et morale à chercher-comme semble le faire le PPM- à mettre sur la même échelle de valeurs la santé de nos compatriotes et la spéculation bananière.

Certes, tout le monde a entendu Victorin LUREL déclarer, avec une assurance de paon, que les produits utilisés ne seraient pas toxiques. On sait cependant que plusieurs études ont au contraire fait la démonstration que les fongicides employés (Gardian, Sico et Tilt 250) sont cancérigènes possibles et très toxiques pour les organismes aquatiques. Concernant l’adjuvant Banole, l’Europe elle- même le considère comme cancérigène possible, de catégorie II-R45.

Enfin, chacun sait que la proximité des maisons d’habitation par rapport aux plantations, la présence de cours d’eau dans les zones d’épandage conduisent à une violation constante des règles de précaution exigées pour toute dérogation à l’interdiction de l’épandage aérien.

🔸Lepalima.org : Victorin LUREL semble se contredire quand on analyse sa déclaration du mercredi 10 octobre à l’Assemblée Nationale française…

🔹Francis CAROLE : C’est très juste. Il avouait lui-même à cette occasion : « je conviens qu’il n’y a pas eu d’études ni d’expérimentations spécifiques sur le Banole ».Or l’arrêté ministériel du 31 mai 2011 précise que « les produits phytopharmaceutiques utilisés en épandage aérien doivent avoir fait l’objet d’une évaluation spécifique à cet usage ». Cette évaluation doit être réalisée par l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).

A ce propos, le président de la région Martinique et député du centre, lors de la même séance de l’Assemblée Nationale, faussement indigné, donnait l’impression de s’en prendre à son compère LUREL :

« Je relève d’ailleurs une faute relativement grave : Nous aurions dû avoir les certifications de validation. Nous ne les avons pas eues, alors qu’il y a urgence… »

Alors pourquoi le président du conseil régional, sachant que l’absence de certifications de validation du Banole était « une faute relativement grave », a-t-il apporté, à deux reprises, son soutien appuyé à la poursuite de l’épandage de ce produit ?

En réalité, le couple Banole (LUREL-LETCHIMY) suscite perplexité et interrogation dans son acharnement à défendre la poursuite de l’épandage aérien.

Le respect du principe de précaution, dans un tel cas, aurait dû prévaloir sur l’empressement à se plier aux pressions -voire aux menaces pour certains- exercées par les représentants du lobby bananier.

Ainsi, prétendre que 10 000 emplois étaient en jeu (en réalité 4027 personnes selon le Rapport public annuel 2011 de la Cour des Comptes) relève du cynisme et d’une volonté sordide d’instrumentalisation de la misère sociale.

🔸Lepalima.org : Comment, d’une manière générale, peut-on analyser l’attitude du président de région sur ce dossier ?

🔹Francis CAROLE : Ce qui caractérise la position du néo-PPM et de son principal dirigeant sur ce dossier c’est l’absence d’esprit de principes.

Comme LUREL, il se prétend « opposé à l’épandage aérien » mais, en décembre 2011, il demande à son groupe de ne pas présenter un projet de motion qui s’opposait à toute dérogation à l’interdiction de cette pratique. En décembre 2011 et en juillet 2012, il soutient deux demandes de dérogations du lobby bananier…avec l’utilisation du Banole.

Pire ! Lors de la séance de nuit de l’Assemblée Nationale du mercredi 10 octobre 2012, il refuse de voter l’amendement n°14, introduit par le député écologiste François-Michel LAMBERT, en vue « d’interdire les épandages aériens en outre-mer. »

La justification politique de cette attitude est d’un surréalisme troublant :

« Nous ne voterons pas cet amendement, sachant qu’en Martinique nous avons adopté une délibération afin de bien marquer que nous ne tolérons plus ni l’épandage aérien ni l’utilisation du Banole. »

Ainsi, nous avons appris cette nuit-là que, de la seule autorité de l’héritier, les plénières du conseil régional s’étaient transmuées en séances d’un parlement martiniquais prenant des lois qui rendaient inutile tout avis du parlement français…

Mais, ce qu’il convient surtout de rappeler c’est que le « parlement » de Plateau Roy n’a, pour dire la vérité, jamais pris aucune « loi » (ou « délibération ») ne tolérant plus l’utilisation du Banole.

L’opportunisme conduit toujours au mensonge et l’inconstance révèle l’inconsistance.

🔸Lepalima.org : Quel premier bilan tirer de la mobilisation contre l’épandage aérien }} ?

🔹Francis CAROLE : La route est encore certainement longue avant la suppression définitive de toute dérogation à l’interdiction de l’épandage aérien. Le lobby bananier et ses affidés continueront leurs pressions de toutes natures pour maintenir encore le statu quo. Les manœuvres ne manqueront donc pas. Ils évoqueront sans doute les menaces du Mycosphaerella eumusa, une cercosporiose encore plus agressive que la noire et qui sévit actuellement en Asie et dans l’océan Indien.

Mais, en Guadeloupe comme en Martinique la population commence à réagir. L’action, en Martinique, de l’AMSES, de l’ASSAUPAMAR, des élus écologistes et patriotes dans les assemblées locales, ou encore de nos députés à l’Assemblée Nationale française trouve un écho extrêmement favorable dans l’opinion publique.

Les ordonnances des Tribunaux Administratifs de Basse-Terre et de Fort-de-France exigeant la suspension-même temporaire- de l’exécution des arrêtés préfectoraux autorisant l’épandage aérien crédibilisent notre discours et nos initiatives.

D’autre part, certains éléments du contexte s’avèrent favorables à la cause que nous défendons. C’est le cas du Rapport de la commission du Sénat français sur les pesticides et leur impact sanitaire, paru cette semaine. Les conclusions de cette commission soulignent que « les dangers et les risques des pesticides sont sous-évalués », « l’effet des perturbateurs endocriniens mal pris en compte » et que « les protections contre les pesticides ne sont pas à la hauteur des dangers et des risques. »

Le Collectif contre l’Epandage Aérien et l’Empoisonnement des Martiniquais, qui est l’espace unitaire de toutes les forces opposées à la poursuite de l’épandage aérien, devra intensifier le travail d’information et de mobilisation du plus grand nombre pour mettre définitivement fin à une pratique préjudiciable à la santé de la population.

Les questions qui se posent, au-delà de l’épandage aérien, touchent aux conditions à réunir pour une agriculture propre en Martinique. Les préoccupations de santé publique et de recherche d’une souveraineté alimentaire optimale ouvrent le champ d’une réflexion qui concerne tous nos concitoyens et qui déterminera notre développement.

PALIMA Hebdo n° 26

Semaine du 22 au 28 octobre 2012

dimanche 25 février 2018

Nou Pep La appelle la population et les élus à la plus grande vigilance face aux annonces du gouvernement sur la chlordecone


Nous venons de lire avec stupéfaction le communiqué conjoint des ministres de la Santé, des Outre-mer et de l’Agriculture et de l’Alimentation suite à leur rencontre avec les parlementaires d’ « Outre-Mer » sur le dossier chlordéone.

Alors que les Martiniquais sont mobilisés depuis plusieurs semaines pour dénoncer la gestion calamiteuse, voire malhonnête du dossier chlordécone par l’état, ces ministres persistent et signent en annonçant des mesures qui ne sont en réalité qu’un épais écran de fumée. En annonçant le retour aux Limites Maximales Résiduelles (LMR : quantité de chlordéone autorisé dans les aliments) de 2005, le gouvernement cherche ni plus ni moins à tromper des parlementaires peu au fait d’un dossier très technique. En effet ces LMR fixées en 2005 étaient des limites provisoires dont la mise en œuvre à été rejetée par l’Union Européenne et qui sont supérieures à celles retenues in fine en 2008. Autre enfumage, l’annonce de la saisine de la « commission européenne afin de confirmer la stratégie française en matière de contrôle ». comme s’il appartenait à l’Union Européenne de fixer une stratégie pour la France en matière de contrôle des denrées alimentaires.

Les autres mesures annoncées ne sont là que pour l’effet d’annonce puisque ce sont des actions déjà prévues par les plans chlordécone mais bloquées depuis des années qui refont subitement surface alors que le mécontentement grandit. De plus, comme tous les plans précédents, les financements réellement mis à disposition sont largement en dessous des sommes annoncées.Autre exemple du cynisme de ce gouvernement, l’annonce de la publication de la cartographie des zones à risques. Alors que ces cartes sont disponibles depuis des années, le gouvernement vient de se voir enjoindre par la CADA (Commission d’Accès au Documents Administratifs) de mettre ce document à disposition du public.
C’est donc contraint et forcé que l’administration doit se résoudre à informer la population sur la contamination des terres Martiniquaises.

Nou Pep La tient à réaffirmer que la Santé des Martiniquais doit rester une priorité absolue devant tout autre intérêt mercantile ou politique. C’est pourquoi nous demandons à la population et aux élus d’observer (la plus grande vigilance devant les annonces du gouvernement et des différents groupes de pression qui ont intérêt au statut quo.

Nous appelons à soutenir l’ensemble des initiatives prises par le peuple et ses organisations visant à faire respecter le droit à la santé et à la dignité des Martiniquais.

C’est pourquoi nous tenons à saluer l’initiative des associations, syndicats et simples citoyens qui ont décidé d’organiser un grand forum social autour de la question du chlordécone afin d’élaborer, en toute indépendance, des propositions concrètes et exiger leur mise en œuvre.

Nous appelons toutes les Martiniquaises et tous les Martiniquais à soutenir cette initiative en participant massivement à l’organisation de ces forums.

P/ Le secrétariat de Nou Pep La -NPL-Jocelyne ARNOUX et Marcelin NADEAU Fort de France le 24 Février 2018

mercredi 24 janvier 2018

Ils ont sacrifié la population pour quelques bananes, et des subventions


 Vous aussi, vous avez dégusté les délicieuses écrevisses de Séguineau, au Lorrain, Martinique? C'est vrai que 200 fois le taux de chlordecone toléré, ça doit donner du goût...

L'affaire est grave, et loin d'être terminée. La rémanence, c'est à dire la durée d'activité de ce pesticide, varie de soixante ans à sept siècles selon les sols!

Qui, et pourquoi?

D'abord, cette molécule de chlordécone est brevetée aux USA et commercialisée sous le nom de Kepone en 1952. En 1976, les Etats-Unis interdisent ce produit. Ce pays, qui ne connaît pas une patate sur le principe de précaution, et à peine celui de réparation , qui fourgue ses OGM en phase bêta-tests à la moitié de la planète, qui n'a instauré aucune traçabilité obligatoire des produits alimentaires, en arrive à considérer ce pesticide comme trop dangereux.

Mais ici, non.

Source FB - V. Votier sur le post de Josépha Luce

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Ils ont sacrifié la population pour quelques bananes, et des subventions


Laurent de Laguarigue, béké martiniquais, rachète en 1981 à vil prix, puisqu'interdit depuis 5 ans, les stocks et le brevet du chlordécone aux Ricains, à Allied Chemical.

Oui, vous avez bien lu: Monsieur Laurent de Laguarigue RACHETE en 1981 le brevet d'un produit INTERDIT, pour nous le balancer sur la figure pendant 12 ans EN TOUTE CONNAISSANCE DE CAUSE, et sans que ce Monsieur soit inquiété jusqu'à ce jour. 

Avec l'aide de ses potes békés qui sirotent le JM avec le Ministre, il le fait homologuer, le fabrique au Brésil, et le vend sous le nom de Curlone dans les magasins du même nom ( Laguarigue, pas Curlone, faut suivre ) . Il en déverse des tonnes, de sa saloperie, sur la Martinique jusqu'en 1993, pendant plus de 10 ans... L'épandage aérien sur les zones habitées, rien n'est épargné. Les témoignages de petits planteurs, ignorants de la nocivité, victimes et souvent esclaves économiques du colon sont accablants: l'épandage par seaux, à mains nues, sans protections, sous le soleil. Les saignements de nez , l'odeur infecte des produits. Et puis ensuite les cancers...

Henri Nallet, Ministre de l'Agriculture: 
en 1990, le Curlone est interdit de vente en France. Ce Sinistre Ministre signe une dérogation pour que l'on continue à balancer des pesticides INTERDITS sur la population de ce pays pendant encore 2 ans.
Et qui est ce Monsieur Nallet? Il a été Conseiller aux Affaires Internationales du Groupe Servier...
Vous avez dit Servier? Bon sûr mais c'est bien sang! L'affaire du Médiator! Ce Mr Nallet a défendu les intérêts d'un laboratoire criminel, condamné pour tel... Je vous l'avais dit: Sinistre Triste Ministre...

Jean-Pierre Soisson: autre Sinistre de l'Agriculture, qui nous en a remis une couche, et n'a pas dérogé à la règle: une p'tite dérogation pour ses copains en 1991, et encore 2 ans de tartinage de pesticides sur notre île, où, comme vous le savez, l'air a des senteurs de sucre et de vanille... surtout dans les champ de bananes de Vivé après le passage de l'épandage aérien... Il a fallu attendre quand même Septembre 2014 pour que l'épandage aérien soit enfin interdit, après moults dérogations préfectorales. Il s'en fout, le Préfet, Didier pa ni banann...

Ensuite viennent certains politiques locaux, macoutes de pacotille, avides de pouvoir, et autres kok-jemm du pitt local , krab ka véyé dan barik , mortiférés tournant dans la calebasse césairienne, dont le silence sur ces questions relèvent à la fois d'un fatalisme prudent, et d'une myopie caractérisée: leur horizon intellectuel s'est, depuis plusieurs années, arrêté à Décembre 2015, c'est à dire aux élections pour la CTM. 
Les Guadeloupéens se sont montrés plus combatifs: en 2006, une plainte contre X a été déposée par l'Union des Consommateurs de Guadeloupe, et l'avocat écologiste député Verts Harry Durimel. Cette plainte a été plusieurs fois ajournée pour "vice de procédure", et est toujours en cours...

Nos politiques sont, jusqu'à présent, beaucoup plus forts pour s'invectiver que pour travailler ensemble. Ils n'ont eu sur ce sujet aucune position commune, alors qu'il s'agit là d'un problème de santé publique.
Ils ont peut-être pris goût aux touchers rectaux... en tout cas ils se reconnaîtront eux-mêmes. Je vous laisse juges de leur détermination.

La banane intensive: une agriculture du tiers-monde.

Les colons locaux utilisent depuis des siècles des techniques de culture intensives sur un territoire qui n'en a absolument pas la capacité. Au lieu de laisser cette agriculture à des pays qui en ont vraiment besoin, et développer d'autres secteurs qui auraient un peu élevé le QI de la masse ouvrière concernée, ils ont préféré continuer cette culture coloniale pour une excellente raison: 

La culture de la banane n'est qu'un prétexte pour toucher des subventions, de l'argent public. 

Un bananier par terre est un bananier qui rapporte

Le bananier n'est pas un arbre, mais une plante herbacée, de l'herbe, quoi... Et donc au moindre coup de vent, il se couche plus vite qu'une péripatéticienne des Terres-Sainvilles. L'analogie ne s'arrête pas là, puisqu'après un cyclone, ces messieurs se dépêchent de prendre un hélico, et d'aller "relever les compteurs" pour dénombrer leurs "pertes" et calculer leurs indemnités. Jackpot! 

Inconséquences et conséquences

Leur cupidité a entraîné toute la filière banane dans un marasme sans manman, laissant sur le carreau tous les petits planteurs. Les champs de bananes sont de plus en plus remplacés par des supermarchés ( oui, oui, ils se sont reconvertis...) ou des lotissements, alors qu'on aurait pu, comme à la Dominique, développer une banane bio, diversifier les variétés, planter d'autres espèces etc... Non, ce qui intéresse ces capitalistes voyous, c'est le profit à court terme.

Alors ils nous disent que c'est fini, plus de chlordecone, promis juré. Sauf que ces produits n'étaient pas tous seuls: des tonnes d'insecticides ( TEMIK, etc..) ont été également déversés pendant des décennies, et traînent encore dans les hangars désaffectés des planteurs. Ils continuent aujourd'hui avec des produits soit-disant moins rémanents, des désherbants comme le RoundUp, le BastaF1... que nous retrouvons dans nos mangroves et nos nappes phréatiques.

Aujourd'hui, nul ne peut dépolluer un sol contaminé par le chlordecone. Aucun produit, aucune technique ne peut venir à bout de ce poison. On en a juste pour quelques siècles...

Aucun suivi sanitaire n'a été mise en place. ll faut dire que la détection du chlordecone dans le sang coûte entre 500 et 1000 euros par analyse, non remboursés, et que peu de labos en sont capables.

En guise d'étude épidémiologique, on se contentera des avis d'obsèques...

Le Mediator des Laboratoires Servier serait à l'origine de 500 à 2000 morts, depuis 1976. On connaît le battage "médiatorique", et le procès retentissant.

Quand verra-t-on Messieurs Laurent de Laguarigue, Henri Nallet, Jean-Pierre Soisson, et leur copains, devant un tribunal pour répondre de leurs actes?

Est-il normal que ces gens n'aient à répondre de rien?

Pas responsables, pas coupables ?

Patrick JEAN-ELIE31/10/2015

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mercredi 17 avril 2013

Guadeloupe : monstre chimique




A la Martinique, lundi 15 avril, plus d'une centaine de marins pêcheurs ont manifesté dans les rues de Fort-de-France. En janvier déjà, ils avaient bloqué l'accès du port jusqu'à ce que le gouvernement leur accorde 2 millions d'euros – qu'ils attendent toujours. La contamination due au chlordécone a rendu leurs langoustes impropres à la consommation. A la Guadeloupe, l'exaspération monte pour la même raison. Après avoir pollué les sols, ce pesticide poursuit ses dégâts en mer. Une catastrophe écologique qui prend la dimension d'un désastre économique aux Antilles françaises.

"Des pesticides, j'en avale depuis trente ans et je continue de manger mon poisson. Mais mes petits-enfants, qu'est-ce qu'il va se passer pour eux ?", soupire Franck Nétri, pêcheur depuis toujours sur la côte sud-est de la Guadeloupe. A 46 ans, il ne voit pas comment il pourra se reconvertir. Il sait qu'il n'a pas le choix : la zone où la pêche est interdite va encore être étendue. Un arrêté préfectoral de 2010 l'avait fixée à 500 mètres du rivage, elle doit passer à 900 mètres. Les derniers arbitrages en cours avec les experts et la préfecture ne laissent guère de doute.

Le chlordécone est un perturbateur endocrinien avéré, un neurotoxique classé cancérogène possible en 1979. Le littoral est l'ultime territoire contaminé : la molécule est arrivée progressivement dans l'eau des rivières. Vouée à la culture de la banane d'exportation, la région de Basse-Terre est l'épicentre de la pollution au chlordécone. Au fur et à mesure de la contamination, il a fallu stopper des élevages de ouassous – la crevette bleue chouchou de la cuisine caribéenne –, et la pêche en eau douce. Il a fallu cesser de consommer le crabe de la mangrove et les poissons d'estuaire. Le nouvel arrêté précisant quelles seront les espèces autorisées, pêchées au large, n'est pas encore paru.

Dans le petit port de pêche de Bananiers – quelques barques à l'ombre d'un bouquet de cocotiers, des casiers en vrac et une colonie de pélicans –, la consternation le dispute à l'amertume. A 10 heures, pourtant, les clients se pressent devant le poisson frétillant. C'est 10 euros le kilo, quelle que soit l'espèce. Contaminée ou non. Les pêcheurs reconnaissent qu'ils jouent au chat et à la souris avec les représentants des affaires maritimes, qui viennent couper sans ménagement les bouées des casiers. "Ils veulent nous foutre à la porte de la mer, laisser la place aux touristes", grincent-ils.


Port de pêche de Bananiers

Environ 70 familles vivent de cette activité. "Il n'y a pas d'amélioration possible, déplore Nicolas Diaz, biologiste pour le comité régional des pêches de Guadeloupe : le chlordécone est piégé dans la vase des estuaires, il va être largué à chaque tempête. Il y en a pour des générations !" Depuis le 15 février, la préfecture a promis aux pêcheurs de faire réaliser une étude d'impact économique. Ils attendent surtout un dédommagement.

En 2009, l'Etat avait octroyé 10 000 euros maximum à chaque patron de pêche pour solde de tout compte – ces derniers s'étaient imaginé qu'il s'agissait d'une simple aide d'urgence. Leurs bateaux sont trop modestes pour aller travailler au large et Bruxelles, qui ne souhaite pas voir la puissance de la flotte européenne s'accroître, ne leur permettrait pas, de toute façon, d'acquérir des moteurs plus puissants.

Nombre d'Antillais voient comme un scandale d'Etat ce chlordécone épandu pour lutter contre un charançon amateur de bananes, de 1972 à 1993. L'outre-mer avait obtenu une dérogation spéciale, car la métropole avait officiellement banni cet insecticide en 1990, tandis que les Etats-Unis avaient stoppé net sa production et son utilisation dès 1976. Trop dangereux.

TOUTE LA CHAÎNE ALIMENTAIRE EST CONTAMINÉE

Les agronomes relativisent son impact : les sols des plantations n'avaient-ils pas commencé à se gorger de pesticides dès les années 1950 ? Certes, mais le chlordécone se révèle coriace, sa durée de vie est estimée à sept siècles. Il va falloir vivre avec ce "monstre chimique", comme l'avait qualifié Jean-Yves Le Déaut, député PS de Meurthe-et-Moselle, docteur en biochimie et auteur d'un des nombreux rapports sur cette catastrophe.

Avant les rougets barbets, les brochets de mer, les mérous, derniers contaminés, la présence de la molécule a été repérée dans l'eau de source en Martinique en 1999, puis dans les patates douces, les ignames, le manioc. Mais paradoxalement pas dans les bananes. Depuis, on découvre, analyse après analyse que le chlordécone a contaminé toute la chaîne alimentaire, y compris la viande des bovins et des poules – avec une concentration élevée dans les œufs. Le gibier local, la tourterelle à queue carrée et la grive à pieds jaunes, est touché. On voit mal comment le cochon élevé sous le manguier y échapperait. Chaque fois qu'on la cherche, on la trouve. Même dans le lait maternel.

Les familles modestes qui tirent une partie de leurs revenus de la vente informelle ou du troc des produits de leur jardin ont vu leur mode de vie bouleversé. Après deux années de diagnostic pour délimiter les zones les plus contaminées, l'équipe chargée du programme Jardins familiaux (JAFA) mène depuis 2009 une intense campagne d'information. Messages à la télévision et à la radio, séances théâtrales et "manifestations ludiques et didactiques" se multiplient. Ses membres sont allés rencontrer plus de 10 000 familles chez elles. "On leur dit de ne plus planter de tubercules ni de racines, d'en manger moins. On leur répète qu'ils peuvent cultiver des tomates, des fruits, mais ils ont toujours des doutes", résume Johann Agrapart, un des piliers de l'association.

Le choix d'un modèle intensif largement subventionné de production de bananes destinées à l'exportation a fait de Karukera ("l'Ile aux belles eaux", l'ancien nom de la Guadeloupe) un laboratoire grandeur nature d'une pollution diffuse. Malgré la mobilisation de plusieurs organismes publics de recherche, il ne se dégage aucune solution réparatrice pour la terre et l'eau.

SURRISQUE DE CANCER SIGNIFICATIF

Luc Multigner travaille, lui, sur les effets de l'organochloré sur la santé des populations. Médecin épidémiologiste à l'Inserm, il coordonne une équipe de chercheurs qui a commencé par se préoccuper, en 2002, de la fertilité des travailleurs des bananeraies – sans conclure à un effet manifeste. Sur la fréquence des cancers de la prostate en revanche, les chercheurs ont mis au jour un surrisque significatif lié à une exposition chronique.

Puis ils ont examiné une cohorte de 1 042 femmes et leurs enfants exposés au pesticide in utero. Avec un réseau international de scientifiques, cette équipe a étudié le développement de 153 de ces nourrissons âgés de 7 mois. Les conclusions publiées dans la revue Environmental Research en 2012 sont alarmantes : retard du développement psychomoteur, moindre appétence visuelle pour la nouveauté, réduction de la vitesse d'acquisition de la mémoire visuelle...

Une deuxième série de tests à l'âge de 18 mois a confirmé un retard de la motricité fine de la part des garçons de la cohorte, selon les résultats publiés en janvier par NeuroToxicology. Cette enquête nommée "Timoun" (enfant en créole) a fait beaucoup de bruit aux Antilles. Mais à Paris ?

Dans son bureau de l'université Antilles-Guyane, Luc Multigner attrape un vieux fascicule sur une étagère. "C'est le rapport d'Alain Kermarrec sur la contamination de la faune et de la flore de Guadeloupe. Métaux lourds, organochlorés... tout y est. Il date de 1980 et avait été envoyé entre autres au ministère de l'environnement." Pourquoi personne n'a-t-il entendu l'alerte ? En 2007, quatre associations et la Confédération paysanne ont déposé une plainte. Après quelques rebondissements judiciaires, une procédure est en cours au pôle santé du tribunal de Paris.

"ÇA VA DURER"

Ce dernier a mandaté Luc Multigner et le toxicologue Jean-François Narbonne comme experts dans cette affaire. L'épidémiologiste, qui doit rendre son mémoire en juin, a d'autres projets d'études sur la santé des enfants, les hépatites, le cancer de la prostate et celui du sein... "Le problème n'est peut-être pas de la même ampleur que la catastrophe de Fukushima, mais il est comparable dans sa complexité, analyse-t-il. Ce n'est pas une crise qu'on peut gérer, résoudre, pour passer ensuite à autre chose. Non, ça va durer."


S'il a tardé à faire face, l'Etat ne nie pas ses responsabilités. Plusieurs ministères ont concentré leurs actions dans deux plans gouvernementaux et engagé 33 millions d'euros lors de la première période de 2008 à 2010. Ces financements ont permis de mettre en place nombre de recherches, de publications, d'analyses, de contrôles des denrées alimentaires. Le deuxième plan chlordécone court jusqu'à fin 2013, mais rien ne dit qu'il sera suivi d'un troisième. La tentation des autorités est de faire rentrer la catastrophe antillaise dans le rang des programmes communs nationaux, comme les plans Ecophyto et Santé environnement, sans traitement spécifique.

Quelques associations se battent avec persévérance au nom de la santé des habitants ou de la biodiversité exceptionnelle de l'archipel, sans grande mobilisation de la part de la population, apparemment fataliste. Lassés peut-être, les élus locaux ne se font pas davantage entendre, ou alors pour défendre les intérêts des planteurs. Les Antilles expédient 270 000 tonnes de bananes par an en Europe, c'est la seule véritable filière exportatrice. Quant au ministre de l'outre-mer, Victorin Lurel, qui fut directeur de la chambre d'agriculture de la Guadeloupe, il connaît bien le dossier – mais n'est guère bavard.

Martine Valo

samedi 29 décembre 2012

Philippe Pradel se questionne à propos de la pollution en Martinique




Je voudrais apporter un témoignage aujourd'hui et savoir si d'autres personnes ont vécu les mêmes phénomènes que moi : voila, depuis maintenant 5 mois j'ai cessé de résider à la Martinique, et, depuis 3 mois, des symptômes physiques bizarres que j'éprouvais ont totalement cessé, nommément des vertiges, des difficultés à respirer, des presque pertes de connaissance parfois en pleine journée, et une fatigue générale écrasante, même au réveil d'une longue nuit de sommeil. A un moment un toubib m'a même dit que j'avais la pression artérielle d'une personne de 75 ans...

Je pense que c'est lié à de la pollution atmosphérique (les vents de sable du Sahara, et la pollution des cuvettes et bassin de FDF/Lamentin ?), peut-être aussi la pollution de la chlordécone, et les épandages aériens, peut-être, et d'autres facteurs tels que les métaux lourds, batteries d'autos et autres choses laissées en décomposition partout, par exemple, plus la pollution endémique et généralisée du littoral, et des océans.

J'ai pas diminué ni ma consommation de cigarettes, ni celle de pinard au dîner depuis, ni modifié mon régime alimentaire, ni d'exercice, non plus, alors je peux pas mettre mon changement d'état physique sur le compte d'un style de vie plus "sain" !

Tout ce que je sais c'est que depuis 3 mois j'ai une "nouvelle santé"... incroyable... Plus aucun de ces symptômes...

J'ai aussi été le témoin de pas mal d'AVCs, parmi des gens jeunes, et de décès dus à des causes diverses, cancers, et crises cardiaques, lors de mes 2 ans puis 3 ans de vie sur l'île.


Qu'est-ce que vous en pensez ? Avez-vous des expériences similaires à partager ?

Philippe Pradel


vendredi 28 décembre 2012

Procès en appel Suite à la récusation du juge par le Syndicaliste Bertrand CAMBUSY


Procès en appel Suite à la récusation du juge par le Syndicaliste Bertrand CAMBUSY pour partialité. 

La Cour d’appel a condamné le représentant des travailleurs à payer une amende de 2000 euros. 

Pour les professionnels en grève, « l’affaire était jugée d’avance, la magistrature restera solidaire d’un de ses membres même en cas de dérapage de ce dernier ». 

Pour tout martiniquais sensibilisé par la situation alarmante des marins pêcheurs et conscient de l’état de catastrophe sanitaire de la Martinique, suite à l’usage de la chlordécone, les résultats des différents procès contre un seul des responsables de l’intersyndicale sont des victoires. 

Pendant une semaine, les grévistes ont réussi à tenir tête à l’Etat, au patronat, aux pollueurs, au Capital. 

Le port est fermé, ! 

La survie des marins pêcheurs n’est-elle pas plus importante que quelques tonnes de foie gras, de langoustes importées, de chocolat, de produits vecteurs d’obésité ? Après les médecins, l’ASSAUPAMAR et les PATRIOTES, d’autres voix s'élèvent pour réclamer justice : les pollueurs doivent payer et l’Etat français doit arrêter la diffusion de produits toxiques. 

samedi 22 décembre 2012

LES BEKES ONT EMPOISSONNE LA BIODIVERSITE DU PAYS MARTINIQUE Par Camille CHAUVET


Rédaction du Naïf : L’empoisonnement de la biodiversité du Pays Martinique est le résultat imprévisible qui était prévisible, d’une stratégie de développement d’une production agricole la Banane. Les grands propriétaires békés ont de manière cynique cultivée sciemment le mensonge et la désinformation pour prolonger l’utilisation d’un pesticide par dérogation avec les conséquences que nous connaissons.

Ce sont les békés planteurs de bananes avec la complicité de l’Etat qui mettent en place l’utilisation de produits dangereux dans un but économique au détriment de la santé humaine. En 2002 c’est un contrôle des patates douces à Dunkerque bourrées de chlordécone en provenance de la Martinique quatre ans plus tard c’est un article de Libération du 6 janvier 2006, intitulé “une terre gorgée de poison”, qui s’appuie à la fois sur les travaux parlementaires de 2005 et sur des observations aux Antilles.

La journaliste Eliane Patriarca ne manque pas de souligner l’opacité qui caractérise l’homologation des produits phytosanitaires, et témoignent de l’influence d’une poignée de gros planteurs qui contrôlaient alors la filière antillaise de la banane. Aussi, l’organisation de son récit passe par la construction d’un lien étroit entre le chlordécone et les représentants de la filière banane. « Les autorités américaines interdisent le Kepone en 1976. Pourtant, cinq ans plus tard, le produit va être réautorisé en France. Après le passage de deux cyclones, en 1979 et en 1980, les planteurs se disent démunis face à la prolifération du charançon. En 1981, le ministère de l’Agriculture accepte de le remettre sur le marché. C’est la société Laurent de Laguarigue qui a racheté le brevet de la molécule et la vend sous le nom de Curlone. Or, Laguarigue est un gros planteur béké martiniquais, propriétaire de maisons d’exportation de bananes…. ».

Elle indique que « les gros planteurs obtiennent deux dérogations : le produit sera utilisé jusqu’en 1993 », alors qu’il a été interdit par le ministère de l’Agriculture en 1990. La figure de l’oppresseur est donc identifiée à celle du « gros planteur » ( ndlr :gros planteur=béké) influent qui relance la production de chlordécone et obtient son utilisation la plus longue possible. Mais elle ne peut se comprendre que parce qu’une figure de victime [Boltanski, 1990] est construite en regard, celle du petit agriculteur vivrier. L’Assaupamar en 2007 porte plainte au pénal pour « crime d’empoisonnement », en mai 2007 et vise particulièrement les représentants de l’État. La cour d’appel de Martinique déclare recevable une plainte pour « empoisonnement » et à ce jour de nombreuses plaintes dans tous les sens et le profit et le chantage à l’emploi ne doit pas passer avant la santé,  il faut donc poursuivre les empoisonneurs.

La Martinique c’est l’Europe, cela se répète. Mais en vérité il y a une inégalité de traitement. Regardons pour exemple en l’Italie le 13 février 2012, le tribunal de Turin a condamné deux hauts dirigeants d’Eternit à seize ans de prison. Le tribunal a jugé que le Suisse Stephan Schmidheiny et le Belge Jean-Louis de Cartier de Marchienne étaient responsables d’une «catastrophe sanitaire et environnementale permanente» dont les effets se feront sentir encore pendant plusieurs décennies. Le mésothéliome est un cancer rare (un cas pour 100 000 habitants en moyenne). À CasaMonferrato, petite ville de 35 000 habitants, on en compte un nouveau cas par semaine, alors que l’usine d’amiante-ciment a fermé depuis un quart de siècle !Le tribunal de Turin a condamné les prévenus à indemniser non seulement les victimes, les familles et leurs organisations mais aussi l’Inail (la Sécurité sociale italienne), qui a pris en charge le coût de ces maladies, et les institutions locales qui ont financé les travaux de dépollution.

La Martinique territoire européen, des plaintes pénales ont été déposées pour que lumière soit faite sur les responsabilités de cette catastrophe sanitaire environnementale permanente, mais elle s’enlise et l’opinion publique peut penser que les parquets à Paris ou en Martinique sont aux ordres de réseaux békés. Tout est fait tout pour retarder ce procès pénal et en réduire la portée.

Il est faut s’interroger sur le fonctionnement du système judiciaire et sur l’adéquation de notre Code pénal pour juger les responsables d’une catastrophe sanitaire. Ce Code ne considère en effet comme responsables d’homicide volontaire que les assassins ordinaires, ceux qui tuent intentionnellement une victime bien identifiée. Les autres cas relèvent de l’homicide «par imprudence». Mais peut-on vraiment parler de «délit non intentionnel» lorsqu’une stratégie de développement agricole, élaborée en connaissance de cause à un empoisonnement de la biodiversité prévisible non pas d’un individu déterminé mais d’un Peuple. Il ne faut pas banaliser cette affaire et la politiser pour des raisons 2015.Les grands propriétaires békés ont commis là un crime social, qui doit être sanctionné comme tel. Non par esprit de vengeance, mais pour que les générations futures ne connaissent plus jamais de tels drames.

C’est vrai que les spécialistes de ne manquent pas souligner que : « certains produits chimiques cancérigènes se dégagent des tables, chaises, étagères, livres et cahiers, avec des risques " non négligeables " pour nos enfants, notamment dans les Écoles, selon des études scientifiques confidentielles... La majorité des pesticides ne font pas l'objet d'analyses officielles dans les aliments et les seuils limites de leur présence dans l'eau ne reposent pas sur des critères médicaux... Des sites industriels et des incinérateurs ont longtemps contaminé leur environnement avec des métaux lourds ou de la dioxine, sans que les pouvoirs publics prennent en compte la santé des riverains... La pollution atmosphérique urbaine provoque au moins 32 000 " décès prématurés " chaque année en France, dont une grande partie serait évitables, d'après les experts, qui ne sont guère écoutés... L'amiante, interdit en France en 1997, empoisonne toujours : il en reste partout, le nombre de personnes exposées est bien supérieur aux chiffres annoncés, aucune véritable prévention n'a démarré et l'hécatombe des malades s'amplifie... Pour la première fois, une enquête tente d'évaluer les Dégâts sanitaires des polluants et produits toxiques qui nous entourent, et s'interroge sur les responsabilités de tous les " empoisonneurs ", si involontaires soient-ils. Témoignages de victimes, reportages aux quatre coins de la France, découvertes récentes des chercheurs, alertes des Médecins, plongée dans les coulisses de l'industrie et du pouvoir, rapports méconnus ou enterrés : Les Empoisonneurs rassemble les données pour s'informer sur ces risques de notre vie quotidienne, expliquant comment il est encore possible d'éviter le pire, à condition de ne plus se voiler la face. »

Mais cela ne doit pas démobiliser l’opinion publique. Il faut bien mesurer ce qui se passe là actuellement, nous devons comprendre que le profit et chantage à l’emploi ne doit pas passer avant la santé,  il faut poursuivre les empoisonneurs de la biodiversité du Pays Martinique à l’heure où l’on parle de Grenelle, de Trame verte de Trame bleue .


Camille CHAUVET

lundi 17 septembre 2012

L'effet négatif d'un pesticide sur les nourrissons antillais


L'exposition prénatale au chlordécone, un pesticide utilisé pendant plus de 20 ans aux Antilles françaises, semble avoir un impact négatif sur le développement des nourrissons, selon une étude de l'Inserm.

L'étude, publiée dans la revue spécialisée Environnemental Research, montre que l'exposition au chlordécone prénatale et --de façon moins significative, post-natale par le biais de l'alimentation--, est associée à des effets négatifs sur le développement cognitif et moteur des nourrissons. Toutefois ces effets ne sont pas confirmés pour les enfants plus âgés pour lesquels l'étude se poursuit, selon l'Inserm. L'étude concerne un groupe de 1.042 femmes suivies avec leurs enfants depuis leur grossesse qui a eu lieu au cours de la période 2005-2007. Les enfants (153) ont été suivis jusqu'à l'âge de 7 mois.

Le chlordécone a été largement utilisé de 1972 à 1993 (date de son interdiction) aux Antilles françaises dans les plantations de bananes aux Antilles pour lutter contre le charançon du bananier. Cette utilisation massive, et son caractère persistant dans l'environnement, ont entraîné une pollution permanente des sols et une contamination de la population.

Le chlordécone, aujourd'hui considéré comme perturbateur endocrinien, neurotoxique, est classé cancérogène possible pour l'homme par l'OMS. Un perturbateur endocrinien classé cancérogène possible pour l'homme L'équipe dirigée par Sylvaine Cordier (Rennes) et Luc Multigner (Pointe-à-Pitre) a collaboré avec des chercheurs québécois, belges et américains pour cette étude d'impact de l'exposition au chlordécone sur le développement cognitif, visuel et moteur de très jeunes enfants de femmes et d'enfants en Guadeloupe.

L'exposition prénatale au chlordécone a été estimée par son dosage sanguin dans le sang du cordon. L'exposition post-natale a été estimée par dosage dans le lait maternel ainsi que par la fréquence de consommation de denrées alimentaires susceptibles d'être contaminées par le chlordécone. "L'exposition prénatale au chlordécone a été retrouvée associée de manière significative avec une réduction du score de préférence visuelle pour la nouveauté ainsi qu'à un faible score" à un test de "motricité fine" (pour saisir des objets). L'exposition postnatale, estimée par la consommation de denrées alimentaires contaminées, est "associée", mais "à la limite de la signification statistique", à un réduction des scores à des tests visuels (de mémoire et de préférence pour la nouveauté).

Par contre, l'exposition postnatale par l'allaitement "n'apparaît associée à aucune modification du développement psychomoteur", constatent les chercheurs. Basés sur un petit nombre d'enfants, ces observations "ne traduisent pas de troubles graves". Elles sont néanmoins à rapprocher de particularités décrites chez des adultes exposés professionnellement au pesticide "et caractérisées par un appauvrissement de la mémoire à court terme et par la présence de tremblements", selon les chercheurs.

Reste à savoir si les anomalies relevées sont annonciatrices de troubles permanents à un âge plus avancé. Pour les auteurs, "seul le suivi des enfants au cours des années à venir permettra de répondre à ces interrogations". Les enfants seront à cet effet suivis jusqu'à l'âge de 7 ans.

lundi 18 juin 2012

UN TEMOIGNAGE ACCABLANT : "En Guadeloupe, le chlordécone ne semble pas avoir marqué les esprits des bureaucrates.



Nous sommes médecins et avons vécu une chose horrible cet après midi en allant nous promener sur un site de balade familiale en Guadeloupe... J’ai appelé la DAAF et l’ARS pour me plaindre, ils prennent acte mais personne ne semble vraiment pouvoir verbaliser cet épandage sauvage. L’ayant vécu, je trouve qu’il s’agit d’un véritable problème de santé publique et que nous deux, en tant que médecin et même citoyens, ne pouvons rester muets devant cette toxicité sanitaire évidente.

Nous avons été victimes d’un épandage d’un produit pesticide suffocant par un hélicoptère lors d’une balade au saut d’eau du Matouba, en plein après-midi (14h45) le 4 juin 2012. Rien n’était noté sur le panneau du début de balade quand nous avons commencé la marche à pied. Le périmètre d’épandage n’était pas balisé… et il n’y avait aucun hélicoptère en vue... Après une baignade charmante dans l’air (pur ?) de Matouba, le retour à la voiture a été par contre redoutable ! N’habitant pas St Claude, nous n’étions pas au courant de ces problèmes. Nous avons été vite sensibilisés ! J’étais en T-shirt rouge et la voiture était garée sur le parking près des bananiers au début de la promenade mais les 2 pilotes n’ont pas arrêté pour autant leur épandage !

Nous aurions été avec nos enfants ou une femme enceinte, c’était le même problème. Je n’ai jamais respiré une odeur aussi forte (j’ai pourtant des parents agriculteurs..). Je l’ai vécu comme si on me mettait dans une pièce de 10 m2 et qu’on vidait une bombe insecticide sans que je puisse en sortir. Même en courant dans le chemin, la zone couverte était si importante que nous étions obligés d’en respirer. Nous sommes à la limite de porter plainte car en tant que médecins, nous avons été choqués par le risque encouru. Céphalées et quelques nausées ont suivi une demi-heure après cette intoxication aiguë... Toute la population devrait être avertie de ce type de pratiques ! De nombreuses habitations existent entre les champs de bananiers à ce niveau, une telle façon de faire revient à ignorer la santé de cette population, je suis révoltée, vous l’aurez compris ! Après consultation du site de la préfecture, cette zone est interdite (zita) à l’épandage, due à la présence de cours d’eau permanent. Et la dérogation accordée a été faite à tout le département non pas de façon parcellaire comme l’a affirmé le 10 avril M. DEHAUMONT..

Tout se passe comme si la Guadeloupe était un état de non droit et en voici encore une bien belle illustration. J’ai ensuite passé 2 jours à analyser toutes les données que je trouvais (dont la lecture de la mission d’information du sénat du 10 avril 2012) et j’ai essayé de les compiler dans cette lettre.

En Martinique, le conseil régional aurait donné un avis défavorable concernant la dérogation pour les épandages aériens suite à une bataille menée par le conseil de l’ordre des médecins. Il n’est pas normal qu’on autorise les épandages en Guadeloupe surtout vu comment ils sont réalisés. La consultation publique se termine le 18 juin en Préfecture et la décision doit être prise le 20 juin... Ce qui veut dire que la préfecture (et la DAAF) ont 2 jours pour retranscrire les remarques faites sur la consultation publique à ses différents interlocuteurs (ministère de l’écologie, ARS etc)...

La Préfecture, qui a autorisé en janvier 2012 ces épandages aériens, ne devrait-elle pas fournir toute la documentation lors de la consultation publique en explicitant la toxicité des produits utilisés et la fréquence des épandages ? Elle semblerait se baser sur les études de l’ANSES (agence nationale de sécurité alimentaire) et de l’AFSSA qui ne sont pas consultables à la Préfecture et certainement pas mises à jour depuis bien longtemps. Aucune étude guadeloupéenne n’a été réalisée.. Les études faites sur les épandages aériens portent sur une dizaine d’épandage par an, qu’en est-il en Guadeloupe ? On parlerait d’une douzaine de passages annuels minimums nécessaires pour lutter contre la cercosporiose noire des bananiers. La dose dite toxique (si on considère qu’il y aurait un effet seuil) risque d’être atteinte plus rapidement que prévue voire déjà atteinte.

En Préfecture, dans le bureau de M. LAROCHE, il n’y a qu’une petite liste des produits utilisés (propiconazole TILT250, difenoconazole SICO, fenpropidine GARDIAN, acibenzola-S-Methyl BION 50 WG, huile minérale paraffinique) sans aucune mention sur la toxicité éventuelle ou le risque sanitaire. D’autre part, le dosage mentionné d’huile minérale n’est apparemment pas le même que celui utilisé, 2 ou 3 fois plus concentré. En dehors du fait que les produits sont épandus de façon sauvage, qu’en est-il du risque sanitaire encouru avec ces toxiques ? La bibliographie faite par l’ANSES (représentée par Mme Pascale ROBINEAU et M. Thierry MERCIER) est-elle à jour ? Elle n’a pas été reconsultée pour ce renouvellement de dérogation alors que c’est dorénavant obligatoire depuis la mission sénatoriale d’avril 2012. J’ai trouvé en cherchant rapidement deux articles : un paru en mai 2012 sur Toxicological Sciences de Hester S, The hepatocarcinogenic conazoles: cyproconazole, epoxiconazole, and propiconazole induce a common set of toxicological and transcriptional responses. Toxicol Sci. 2012 May;127(1):54-65. Epub 2012 Feb 14. qui étudie de plus près l’hépatocarcinogénicité du propiconazole (on le savait déjà sur les souris) et semble conclure en réaffirmant la toxicité et carcinogénicité du propiconazole.

Un deuxième sur le journal plos one de mars 2012 de Snelders E, Triazole fungicides can induce cross-resistance to medical triazoles in Aspergillus fumigatus (PLoS One. 2012;7(3):e31801. Epub 2012 Mar 1..qui démontrerait que l’utilisation de propiconazole et diféconazole aux Pays-Bas peut induire des résistances des aspergillus fumigatus aux azolés utilisés en médecine. Cela signifie que certains médicaments pourraient ne pas fonctionner sur certaines souches d’aspergillose pulmonaire chez nos patients. C’est grave.

Tout est fait comme si la vie de la banane était plus importante que la vie humaine ! Si la banane, qui ne vit que de subventions ici, doit péricliter, est-ce un problème ? Il y a certainement des alternatives à cette culture. En tant que médecin, fille d’ingénieur agronome, ça ne me choquerait pas.

Voici un article que j’ai trouvé sur le net émanant du site univers nature : Si la directive européenne 2009/128 CE sur les pesticides interdit les traitements par pulvérisations aériennes, l’arrêté du 31 mai 2011 délivre un certain nombre de dérogations, notamment pour le maïs, la vigne et la culture de la banane. Fin mars 2012, Le quotidien Le Monde se procurait une liste confidentielle. Emanant du ministère de l’Agriculture, celle-ci listait 7 pesticides autorisés pour les traitements aériens et 16 autres en cours d’évaluation par l’ANSES. Le 10 avril dernier, la mission commune d’information du Sénat sur les pesticides a organisé une table ronde avec le ministère de l’Agriculture et l’ANSES, afin d’obtenir des éclaircissements sur la liste des produits phytopharmaceutiques autorisés ou en cours d’évaluation pour les traitements par aéronefs pour la campagne 2012.

Voici leurs conclusions : Il a été souligné que, désormais, la liste des produits bénéficiant de dérogations devait être revue chaque année et obligatoirement raccourcie en cas d’évaluation négative par l’ANSES et que les évaluations de l’ANSES étaient menées avec toute la sérénité souhaitable. Sur le terrain, les préfets, puis les maires, ont d’importantes responsabilités à exercer, d’abord pour l’autorisation de l’épandage ensuite pour le respect des conditions de mise en œuvre des dérogations accordées (compétence technique des épandeurs, publicités préalables, notamment auprès des syndicats apicoles, distances minimales de sécurité…).

Chaque demande de dérogation suppose une information préalable du public aussi large que possible ainsi que celle de la commission départementale compétente en matière d’environnement, de risques sanitaires et technologiques, ce qui apparaît indispensable, en premier lieu pour la protection de la santé de l’ensemble des personnes concernées.

Les membres de la mission commune d’information ont insisté sur la nécessité d’encadrer strictement l’épandage de pesticides par aéronefs (produits autorisés, publicités, contrôles) pour préserver la santé comme l’environnement quelle que soit l’étendue du territoire agricole concerné.

Parallèlement, l’association Générations Futures s’est, à son tour, procurée la liste en question. Sur les 7 produits autorisés, dont toutes les substances actives présentent un risque pour la faune et la flore, 3 sont classés comme cancérigènes possibles (les 3 utilisés en Guadeloupe) (Fenpropidine, Difénoconazole et Propiconazole) par l’Agence de protection de l’environnement américaine. Le Propiconazole est même classé comme « toxique du développement » aux USA.

Début avril 2012, un rapport réalisé par Générations Futures et PAN Europe a dénoncé les subterfuges employés par les firmes phytopharmaceutiques pour déjouer la réglementation européenne et commercialiser des produits interdits. Une procédure spéciale, dite de « re-soumission » accorde, en effet, une seconde chance d’homologation à des produits présentant des dangers avérés ou des évaluations lacunaires. Pendant cette « re-soumission » d’un dossier d’homologation, les firmes doivent retirer leur pesticide du marché. Mais bien qu’officiellement retirées, ces substances bénéficient d’une « période d’élimination progressive étendue », octroyant plusieurs années de libre accès au marché.

La perspective de nombreux procès avec l’industrie décourage les pouvoirs politiques des Etats membres à remettre en cause ces procédés. L’industrie l’a bien compris puisqu’elle a présenté quelque 87 dossiers de demande d’autorisation par ce biais, paralysant le système d’évaluation de la DG SANCO (Direction Générale de la santé et des COnsommateurs) et de l’EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) pendant plus de 3 ans. Selon Générations Futures, sur les 87 pesticides présentés, 64 ont été homologués. Au regard de quoi, le nombre de pesticides présents sur le marché est passé de 250 en 2008 à 350 aujourd’hui.

J’aimerai ne jamais revivre ce que j’ai vécu hier sur ce chemin de randonnée à St Claude autour des habitations de Matouba, surtout avec mes enfants en bas âge. Et je ne le souhaite à personne. Malheureusement, nous avons peu de temps car la consultation publique se termine le 18 juin et la décision se prendra le 20 juin 2012.

La loi est faite pour satisfaire les despotes aux détriments de l'intérêt général, disait J.J. Rousseau au XVIIIième siècle. Il semblerait qu’on en soit peut-être resté là en Guadeloupe"
Remi BALAGUIER