Actualités politiques, économiques, sociologiques et touristiques des Antilles, des Antillais, des Ultramarins, et de l'Afrique
vendredi 10 septembre 2021
Martinique la dernière, médias aux ordres
samedi 31 juillet 2021
Lettre ouverte à Mr le préfet de la Martinique
Monsieur le préfet,
vendredi 16 juillet 2021
La Martinique en état de siège sanitaire.
mercredi 19 août 2020
LES EVEILLES ROUGE, VERT, NOIR
Rien ne peut plus nous étonner. Et voilà nos insurgés du dimanche se réclamant de A. Césaire, de F. Fanon et de Koko René-Corail, qui se coulent dans le modèle anglo-saxon en vogue, le très controversé « woke attitude», traduire « rester éveillé » (de veille informatique). Le terme d’origine argotique afro-américain, popularisé il y a une dizaine d’années par la chanteuse Erykah Badu a été repris sur les campus des grandes universités états-uniennes. Son usage s’est étendu, parallèlement, dans les milieux mondains et marketing (woke-washing)”.
. L’Urban Dictionnary qui fait autorité pour les parlers argotiques le définit comme suit: « The act of being very pretentious about how much you care about a social issue » (comportement très prétentieux sur le fait que vous vous préoccupez d'un problème social).
Pour ses adeptes, le « woke » serait une attitude d’éveil face à toutes inégalités (de classe, de genre, de race…) et aux questions environnementales. Bon nombre d’observateurs soulignent toutefois une recherche effrénée de la visibilité. Elle est consubstantielle à la « woke attitude » et se traduit par l’hystérisation scénarisée de l’indignation; relayée en cela par les réseaux sociaux. Nous en avons eu in vivo une illustration ces derniers temps avec des séquences de destructions frénétiques de statues et l’inflation de vidéos qui s’en est suivie sur les réseaux sociaux. Un des autres traits observables de ce mode d’engagement c’est l’indifférence à toute solution. Ce qui a fait dire au Président Barack Obama lors du sommet annuel de la Fondation Obama à Chicago le 29 octobre 2019 : "Il y a parfois ce sentiment que la façon (de) changer les choses, c’est de juger autant que possible les autres, et ça suffit ». C’est que l’indignation est a elle même sa propre fin. Nul besoin donc de projet, de cohérence. Ces notions n’ont aucun sens dans cette logique narcissique. On peut ainsi passer sans transition dans un court laps de temps de l’environnement au mémoriel, au compassionnel; d’une sommation à la destruction à une invitation à la restauration puis se raviser et faire un appel à la distribution de repas pour les SDF; tout cela en moins de deux jours. Qu’importe, ce qui compte c’est la visibilité et pas tant ces injustices dont on se targue d’être les seuls et les premiers à combattre.
On saisi mieux l’incompréhension du Maire de Fort-de-France à la réception du deuxième ultimatum alors qu’il pensait avoir donné des gages d’ouverture au dialogue et de bonne volonté: « je ne comprends pas ce qu’ils veulent » avait-il avoué dépité… Ils ne veulent rien d’autre, Monsieur le Maire, que de faire un étalage tapageur de leur indignation de circonstance. A moins que l’égérie des « éveillés rouge, vert, noir » ne soit, comme certaines autres éveillées danoise, américaine ou française de grande notoriété, dans une logique marketing dont les « grands frères rouge, vert, noir, éveillés » pensent pouvoir tirer un profit politique.
jeudi 13 août 2020
La Martinique parle le présent. Ce qui va là », tribune libre par le poète martiniquais Monchoachi.
« A travers l’action RVN (Rouge Vert Noir) de ces dernières semaines, la Martinique parle le présent. Elle le parle doublement : elle parle le présent de son histoire coloniale. Elle parle en même temps le présent de la terre entière dont l’espace est au même titre dévasté par un technicisme productiviste débridé et le temps embrigadé dans l’historiographie, pressuré par l’exigence d’un développement (d’un progrès) dont la seule destination est la marchandisation complète du monde, son nivellement et son engloutissement dans le totalitarisme technologique. Elle le fait dans un langage qui lui est propre faisant écho à un contexte qui lui est propre : celui d’un colonialisme qui s’exaspère avec la cristallisation de deux phénomènes parallèles : d’un côté une jeunesse émigrée massivement, en quête d’emplois vers la métropole coloniale (un peuple une nouvelle fois déraciné, désertant sa terre, mué en ombre) ; d’un autre côté, une active colonisation de peuplement qui ne cesse de se renforcer depuis deux décennies. S’ajoute à cela, le resserrement colonial d’un encerclement administratif et répressif.
Par conséquent, s’entêter de renvoyer à tout prix à l’histoire et à ses chères études ce qui parle le présent avec une telle insistance, c’est, contre toute évidence, prendre option de tourner la tête, de se voiler la face pour ne pas voir la présence de ce présent certes suffoquant, continuer de s’abuser à bon compte et préférer en quelque sorte se raconter des histoires. Bien plus et surtout, prendre le parti (sollicité par quoi et/ou par qui?) de s’interposer, de faire écran ainsi devant ceux qui en premier ressort auraient eu à en répondre, c’est s’ériger en protecteurs et gardiens zélés de cette réalité accablante.
On est surpris de trouver dans les rangs de pareils gardiens et protecteurs, des esprits sensés plus « éclairés », mais qui se révèlent à l’épreuve du feu plongés dans d’invraisemblables ténèbres, englués dans les notions qui articulent depuis si longtemps la mainmise conquérante et dévastatrice de l’Occident sur la planète.
L’histoire
Si l’homme ne peut échapper au temps, l’histoire quant à elle est la modalité selon laquelle la civilisation occidentale dès sa naissance dans la Grèce antique a conformé le temps avec la prétention de lui assigner ainsi un certain sens. Ce sens est ce qu’on nomme le progrès, autrement dit l’accumulation sans fin de techniques, de savoirs et de richesses. Cette vision du monde s’est emparée de la planète entière avec les résultats que nous avons aujourd’hui sous les yeux.
Tout converge dans cette vision, savoirs et techniques, vers l’extorsion et l’accumulation de richesses, la conversion de la planète entière en fabrique de marchandises et déversoir de déchets. Ce serait un leurre de se figurer que l’homme commande à une telle fabrique : Il est lui-même et depuis un long temps transformé en marchandise.
Ce rapide survol de la question de l’histoire pour dire, puisqu’il en est tant question ces temps ci, que si nous avons à revendiquer un temps, et à partir en quête du rythme qui convient à l’homme pour son accomplissement propre, ce n’est certes pas dans ce que l’on nomme couramment l' »histoire » qu’il faudrait s’orienter, mais vers un temps qui nous accorde avec la terre. Avec notre terre, car la parole humaine a besoin d’un sol natal pour s’enraciner et s’épanouir.
Nous appartenons au temps, nous en sommes partie pour croître et nous accomplir quand l' »histoire » nous usurpe et nous missionne.
La démocratie
Pourquoi vouloir commettre la parole, la mettre sous un joug (« en commission », avec des spécialistes détenteurs du savoir) quand elle se donne libre cours, au risque certes d’emprunter des voies de traverses, mais loin de l’historiographie à quoi l’on voudrait la contraindre et la réduire ?
La démocratie que l’on invoque ici et là, si elle a été à son origine une assise pour fonder la vie en commun d’un peuple (la Grèce et Athènes d’il y a 2 500 ans) n’est plus depuis fort longtemps qu’une technique de domination accompagnant le dispositif de conquête planétaire de la civilisation occidentale. Son rôle est de faciliter et d’être le garant du déploiement de ce dispositif. C’est pourquoi elle est invoquée et mobilisée chaque fois que ce déploiement risque d’être contrarié ou perturbé. Ce déploiement a en Martinique, le visage France. La démocratie est donc convoquée dès qu’il y a risque que ce visage soit égratigné.
L’une des fonctions essentielles de la démocratie (par quoi elle s’apparente à ce qui fait l’essence même de la technique) est de diviser en organisant et en animant des joutes artificielles et sans enjeu réel qui opèrent comme des leurres diffusant la liberté comme simulacre. La liberté que l’on agite dans cette société n’est de toute manière jamais qu’un simulacre, telle la « liberté » de voyager quand le dispositif requiert absolument la « libre » circulation des personnes…comme des marchandises.
Pendant longtemps la démocratie s’est avancée et continue de le faire en brandissant la menace : démocratie ou dictature. Il apparaît déjà, et il apparaitra de plus en plus clairement, que la démocratie escorte le dispositif technique de dévastation de la planète et nous convoie vers un monde totalitaire certain. La véritable violence se dissimule là. C’est elle qui dessèche la terre et qui vitrifie les humains. Soit dit en passant, cette stigmatisation de prétendue « violence » à l’encontre du marbre sur lesquels les colonialistes inscrivent et surajoutent leur présence dominatrice supposée éternelle, jointe à la référence de la démocratie ouvre grand un espace dans lequel se précipitent tous les faux-semblants, tous les double-jeux, toutes les jongleries, bref en un mot, toutes les pantalonnades, style : « d’accord avec le fond mais pas avec la forme »! Or, la forme est tout. C’est elle qui présentifie et ouvre ce que l’on voudrait clore et renvoyer au passé. La forme est tout : elle ouvre à la parole ce qui autrement serait lettre morte. Passons.
L’alternative est donc dès aujourd’hui, pour chaque peuple d’inventer des modalités de sa vie commune qui lui soient propres et dont chacun trouvera à coup sûr des éléments dans sa tradition.
Mais enfin « Que veulent-ils » ?
Question étrange dans la bouche de ceux qui par ailleurs parlent de démocratie. Faut-il encore qu’en notre lieu et place ils soient notre vouloir? N’est-ce pas déjà beaucoup que ce présent que leur action dévoile et tel un don dépose entre nos mains? Encore faut-il savoir l’accueillir. Car le présent est en premier lieu ce qui accorde les hommes entre eux et les destine à la terre qui les porte et les abrite. Car le présent en outre, dès lors qu’on le laisse parler et qu’on se prend à l’écouter est ce qui ajointe le temps et, entre passé et avenir, fait entendre le murmure de son rythme propre loin de l’encagement historiographique et ses joutes stériles, nous tourne vers une terre qui attend que l’homme l’habite en vérité, c’est à dire la laisse resplendir et s’incorpore à son resplendissement. Ce qui implique de s’arracher à la rage d’extorquer qui gouverne et régente la présente civilisation.
La Martinique en même temps que le présent qui est sien parle le présent de la terre entière . Et sur la terre entière des voix lui font écho. Toutes disent le refus d’une terre ravagée, d’un temps séquestré, désapproprié, assigné au progrès. Toutes disent le refus du nivellement, du formatage, de la marchandisation de la terre et des humains. Toutes veulent retrouver la voix de l’homme, loin d’une parole qui se dégrade et sombre dans le langage unique de la computation sur fond d’individus atomisés, formatés, pressurés pour fonctionner. Toutes font entendre les prémisses de la fin de l’âge de la résignation.
dimanche 2 août 2020
L'histoire de l'ancien l'hôpital colonial et de la porte du tricentenaire à l'entrée du Parc Floral. L’actuel parc correspond à l’emprise de l’ancien hôpital militaire de Fort-de-France.
En 1698 le sieur Villamont, habitant de Fort-Royal – ancien Fort-de-France, donne aux religieux de la Charité un terrain de 3 ha pour l’établissement d’un hôpital.
Commencé en 1709, l’hôpital est terminé en 1722. Louis XVI en fait don aux religieux et le place sous le vocable de Saint-Louis.
Dès la fin du XVIIIe siècle, l’hôpital est à l’étroit dans ses murs, et l’on songe à le déplacer, mais cela n’interviendra qu’en 1935.
Toutefois, les aménagements d’usages et fonctionnels se poursuivent comme la construction de la chapelle à l’entrée du parc, du côté de la rivière. Celle-ci sera détruite en 1960.
Lors des fêtes du tricentenaire du rattachement de la Martinique à la France, en 1935, plusieurs spectacles et commémorations se déroulent dans le parc de l’hôpital sous la direction de l’architecte Robert Haller qui est chargé de l’organisation générale.
À cette occasion est construite une porte triomphale qui fait l’objet d’un concours d’architecture au cours duquel douze projets sont en concurrence.
Deux projets sont primés, le premier prix a été attribué de justesse à M. Gouart et Roseau de la société d’entreprise coloniale et le deuxième à M. Caillat et Dormoy.
La construction est finalement confiée à la Société Antillaise de Construction, représentée par Emmanuel Roseau, ingénieur formé à l’École Centrale.
Le budget préalablement fixé à 100 000 F. est ramené à 50 000 F., d’autre part, des primes de 1 000 F. et de 500 F. sont offertes pour les projets lauréats.
La porte est réalisée pendant le mois de novembre 1935 et sera utilisée ensuite comme guichet d’entrée lors de spectacles.
Quoi qu’il en soit, l’hôpital est provisoirement transformé en caserne portant le nom de Quartier Galliéni et, en 1971, le site est abandonné par les militaires et rétrocédé à la ville de Fort-de-France.
À l’instigation de l’association Soroptimist, le parc est devenu « Parc Floral » en organisant les premières floralies internationales du 20 au 31 janvier 1973. En 1976, la mairie y installe son service culturel (SERMAC).
Mes commentaires :
Cet espace a servi les intérêts coloniaux de la France a une époque reculée, mais a servi à soigner des milliers de martiniquais en plus des équipages des navires transatlantique.
La ville de Fort-de-France, donc le peuple foyalais s'est dès 1971 réapproprié l'endroit.
Des générations de jeunes martiniquais ont depuis profité de ces lieux au travers des actions militantes du SERMAC.
Vouloir s'en prendre à une porte dont très sincèrement pas grand monde ne connait l'origine et qui ne peut être assimilé à un symbole du colonialisme est pour le moins "surprenant" (pour rester politiquement correct).
Où s’arrêtera cette folie ? Ces personnes voudront-elles s'attaquer au Fort Saint-Louis, emblème s'il n'en faut de la puissance coloniale à son apogée?
Des routes, des tunnels ont été construits à l'époque coloniale, faut-il aussi les détruire?
samedi 20 juin 2020
AFFAIRE DU TERRAIN DE SEGUINEAU :
Par un courrier, daté du 12 Juin 2020 et arrivé à la CTM le 18 Juin, le Président de la SAFER, qui est un représentant des agriculteurs, a fait savoir au Président Alfred MARIE-JEANNE son opposition à ce que le terrain agricole de 3 hectares de Séguineau sur la Commune du Lorrain, appartenant à Mr Bernard Bally, soit acheté par la CTM à un prix supérieur à 50 centimes d’euros le mètre carré !
La raison, je cite un extrait de la lettre de la SAFER : « … afin d’éviter la création d’une référence hors norme, ce qui conduirait la SAFER à faire jouer son droit de régularisation… » !
Ce qui signifie : 15.000 € au maximum pour la parcelle nécessaire à l’installation d’une canalisation définitive de 800 mm de diamètre, posée en dehors de la zone du grand glissement de terrain !
mercredi 15 janvier 2020
DÉCLARATION DE FRANCIS CAROLE SUR LES ÉVÉNEMENTS DU LUNDI 13 JANVIER À FORT-DE-FRANCE
Dans l’après-midi et la nuit du lundi 13 janvier, des événements graves se sont produits à Fort-de-France, à l’occasion du procès des sept militants anti-chlordécone.
La lucidité politique doit nous conduire à ne pas analyser ces faits sous l’angle caricatural, simpliste, voire irresponsable d’une violence organisée par des « voyous armés et dangereux ».
Les Martiniquaises et Martiniquais qui étaient dans la rue, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, militants syndicaux et anti-chlordécone, ne sont ni des « voyous » ni des individus « dangereux ».
Ils n’ étaient pas non plus « armés ».
Ils demandent, légitimement, justice face au crime absolu de l’empoisonnement de notre peuple au chlordécone . Il s’agit là de la réaction saine d’un peuple encore vivant, encore conscient et qui a le droit d’espérer un avenir digne.
Là est l’essentiel.
Là est la cause d’une révolte qui se nourrit, en outre, d’une intolérable et longue surdité de l’Etat sur ce sujet.
Qu’on ne s’y trompe pas ! L’écrasante majorité des Martiniquais, même s’ils peuvent diverger sur les formes de mobilisation à mettre en œuvre, partagent ce sentiment d’injustice et de révolte.
La violence coloniale n’est pas seulement dans la matraque. Elle est tout autant dans le déni du crime et dans ce qui ressemble fort -trop- à du mépris.
La réponse politique ne réside pas dans la répression de celles et de ceux qui dénoncent le crime et qui réclament justice.
Elle tient en deux mots : RESPECT-RÉPARATION.
Francis CAROLE
MARTINIQUE
Mercredi 15 janvier 2020
lundi 30 décembre 2019
« N'EN VEUILLEZ PAS À VOS COMPATRIOTES QUI SONT TOMBÉS DANS LE PIÈGE DE LA GOURMANDISE , LA TENTATION ÉTAIT GRANDE ...
ce qui est formidable , c'est qu'on peut constater que le béké n'a pas réussi à corrompre tout le monde , que le message est passé et que certains ont compris la GRAVITÉ DE LA SITUATION .
NOUS SOMMES TOUS , GUADELOUPÉENS ET MARTINIQUAIS , ASSASSINÉS AU CHLOREDÉCONE, À L'ASULOX ET AU GLYPHOSATE , qu'une bonne partie de la population intelligente , va changer son alimentation , que d'autres iront vers l'auto-suffisance , que nos aînés feront leurs devoirs de transmission afin que notre jeunesse apprenne à cultiver sain , à guérir avec leurs propres plantes médicinales , que les citoyens apprendrons à ne plus croire en leurs élus qui nous ont menti jusqu'au bout , qui ont défendu les intérêts de ces descendants de criminels jusqu'au bout , qui nous ont manipulé dans les médias békés et colons jusqu'au bout , ont utilisé les pires ruses pour nous assassiner , jusqu'au bout , sans jamais porter atteinte à l'intégrité de ceux qui les financent 1 fois .
J'espère que vous avez compris qu'on ne peut changer l'esprit d'un animal même après 500 ans , que si vous voulez sauver la génération futur , il faudra composer sans ces agoulous grands fales et c'est possible , sachez qu'il existe des entrepreneurs martiniquais , des agriculteurs certifiés martiniquais , des artisans martiniquais , qu'on n'est pas obligé de consommer modèle occidentale qui nous tue à petit feu , on peut opter pour LA VIE , CELLE DE NOS ENFANTS , CELLE DE NOTRE BIODIVERSITÉ , CELLE DE NOTRE ÎLE , CELLE DE L'HUMAIN SURTOUT .
Fòs ek kouraj ba sa ki Ka goumen pou sové péyi'a , l'èspri Mwen la épi zòt menm si an pé pa la épi zòt , aillez du courage pour la suite , ne baissez surtout pas les bras , la cause est NOBLE ET JUSTE , un jour le peuple comprendra pourquoi , ils comprendront pour qui , ils verront que le " mal " était nécessaire , parce que LE MAL , LES A LAISSÉ FAIRE , ils ont détruit la vie de 90 % des " antillais " pour réguler notre population et mettre en place le grand remplacement , aujourd'hui vous trouvez ceci complotiste demain vous serez choqués de ce que certains sont capables de faire pour continuer à exister .
Je ne me suis jamais basée sur les 60 % que je n'ai pas pu convaincre mais sur les 20 convaincus de plus qui font toute la différence , car Combien ses 20 convaincront et seuls mes ancêtres savent Combien nous en convaincront encore , malgré les critiques et manigancent de ceux qui ont poursuivi le génocide de leurs parents.
Je ne sais pas ce que l'avenir me réserve, si j'en aurais un , si l'argent d'une de ces vermines ne servira pas à me faire taire définitivement , si j'aurais le temps, un jour , de voir mes petits enfants , si je verrais le changement mais en tout cas , comme beaucoup avant moi , J'AURAIS FAIT MA PART et quand mes enfants et arrières petits enfants parleront de moi , j'espère qu'ils seront fiers car jusqu'au bout , je me serais battus contre ces crapules , je leur aurait montré que JE N'AI PAS PEUR D'EUX , PAS PEUR DE LEURS AMIS CORROMPUS , PAS PEUR DE LEURS MAGOUILLES , PAS PEUR DES AUTORITÉS QUI LES SERVENT , PAS PEUR DES NOIRS QU'ILS ACHÈTENT , PAS PEUR DE LEURS CHIENS DE CHASSES , PAS PEUR DE LES DIABLES , PAS PEUR DE LEURS ESPIONS INFILTRÉS , PAR PEUR D'EUX .
ils auront ma peau mais pas mon esprit ni mon âme et peux importe d'où je serais , un gros MOTHER FUCKER 🖕🏿 , dérangera Toujours leur tranquillité car des âmes sensibles et convaincus , nous avons conscientisé .
LA VÉRITÉ ET LE BIEN TRIOMPHERONT SUR LE MAL , J'Y CROIS FERMEMENT !!!
dimanche 29 décembre 2019
Martinique : Un champagne à 15,00 euros nommé désir !
Au fond, Bernard Hayot a rendu, à son insu, un immense service aux activistes martiniquais anti-chlordécone, en torpillant leur appel au boycott avec une alléchante promotion de champagne à 15,00 euros la bouteille.
Son groupe a fait la démonstration, en images et sans filtre, de ce qu’est une société endettée, droguée à la surconsommation.
L’homme d’affaires savait que son opération promotionnelle lancée le jour même de l’appel à boycotter son enseigne Carrefour Genipa, torpillerait l’action des manifestants.
Il savait que rien n’arrêterait le ras de marée de ses clients, alléchés par les senteurs du champagne !
Une stratégie assurément payante, qui s’est révélée bien plus efficace que les escadrons de gendarmerie déployés, en vain depuis plusieurs semaines, pour tenter de contrer les activistes qui l’ont pris pour cible.
Et pour cause, les Martiniquais sont raids dingues de champagne.
Ils en sont les premiers buveurs au monde.
Cette petite île perdue au milieu de la Caraïbe détient en effet le record mondial de consommation de champagne avec 3,5 bouteilles consommées en moyenne par an et par habitant.
Si la mobilisation des activistes n’a guère fait recette, le coup de pub de Bernard Hayot a incidemment braqué les projecteurs sur une société en perdition, engluée dans une frénésie consumériste.
Il a mis en lumière une société fracturée avec d’un côté les tenants d’une économie du tout-importation et de l’autre une frange de la population réclamant des mesures afin de donner, à cette petite île perdue au milieu de l’océan, les moyens d’assurer une partie de son indépendance alimentaire.
La Martinique importe plus de la moitié de ce qu’elle consomme, tous produits confondus.
Choc des cultures
Quel choc de cultures entre ces activistes déterminés à bloquer les accès du centre commercial de l’homme d’affaires et cette horde de clients ne reculant devant rien pour profiter coûte que coûte des promotions de champagne, un vin en principe symbole de réconciliation !
Les images stupéfiantes qui circulent abondamment sur les réseaux sociaux donnent à voir, non sans un certain malaise, la perversité
de cette surconsommation que les activistes étaient venus entre-autres dénoncer.
Des clients empilant, dans une cohue indescriptible, des cartons entiers de champagne dans des caddies remplis jusqu’à la gueule.
D’autres se bousculant pour attraper au vol une bouteille de champagne distribuée derrière un barrage de sécurité, renvoyant à ces images de réfugiés se battant pour leur survie lors d’une distribution d’aide alimentaire.
L’image de cette société malade dans tous les sens du terme, qui se jette sur l’os qu’on lui donne à ronger, est révélatrice d’un mal plus profond qui gangrène cette petite ile aux allures paradisiaques.
Une société qui se vide de sa population, dont le taux de chômage atteint 18% de la population active. Une société tertiairisée qui vit au-dessus de ses moyens avec un taux d’endettement qui la situe au 5ème rang des régions les plus endettées de France.
Ceux-là même qui se plaignent de fins de mois difficiles dans une île chlordéconée, mais qui dans le même temps se précipitent pour acheter des cartons de champagne.
Derrière son image de carte postale, la Martinique souffre d’une violence sourde que nombre d’élus n’hésitent pas à instrumentaliser pour défendre leur pré-carré.
Le taux d’abstention record aux précédentes élections, est révélateur de la défiance qui s’est installée entre les habitants et leurs élus, plus préoccupés par la pérennité de leur mandat.
Pour preuve, à l’approche des municipales, la nervosité de la classe politique est palpable. Pas un jour ne se passe sans son lot d’invectives et d’insultes.
mercredi 23 octobre 2019
CACEM : DECISION INADMISSIBLE !
Le quorum ayant été laborieusement atteint au bout d’une demi heure d’attente,
le Conseil communautaire de la CACEM a pu, enfin, tenir sa réunion du Mercredi 23 Octobre 2019 !
Une fois de plus, nous avons constaté que la presse était absente car non informée de cette réunion pourtant publique.
Cette pratique, instituée depuis l’arrivée des élus patriotes et alliés à la CACEM en Mars 2014, permet aux élus de la majorité néo-ppm de prendre des décisions parfois mauvaises pour le peuple, à l’insu de l’opinion publique !
Un exemple parmi d’autres, lors de cette réunion du Conseil communautaire de la CACEM, les élus de la majorité néo-ppm, prenant le prétexte de l’instauration d’une « redevance d’occupation pour les propriétaires de bateaux», ont décidé de voter la mise en place d’un « règlement de gestion des dépendances du domaine public maritime au lieudit Port Cohé.
Dans ce règlement, ils ont prévu « d’interdire l’accès aux piétons non pourvus du badge qui est remis au propriétaires de bateau identifié comme occupant » !
En clair, cela signifie que l’Etat a consenti la gestion d’une partie des dépendances du domaine public maritime de Port Cohé, le 29 Mars 2017, au profit de la CACEM et cette dernière, qui est pourtant un Etablissement Public, prétend se comporter comme un gestionnaire privé !
La CACEM fonctionne avec l’argent des contribuables et prétend interdire à ces mêmes contribuables l’accès au littoral public !
En interdisant cette partie du littoral au public, la CACEM se comporte de la même manière que les propriétaires de villas construites aux bords de la plage de Sainte-Luce et qui prétendaient interdire au public d’accéder à une partie du littoral !
Cela est inadmissible !
J’ai évidemment voté contre cette mesure mise en place les élus de la majorité néo - ppm et alliés, car elle porte atteinte à la liberté de circulation des Martiniquais dans leur propre Pays !
Le 23 Octobre 2019
Daniel MARIE-SAINTE
Conseiller Communautaire du Lamentin
lundi 21 octobre 2019
Le racisme ne passera pas en Martinique et en Guadeloupe ? Mais...
Le ressentiment qui existe vis à vis de la communauté béké doit être purgé non par des communiqués mais par une vraie démarche de... leur part ! Oui, je crois que la balle est dans leur camp. Ce ressentiment n'a jamais disparu depuis l'esclavage. Il a également traversé la nuit coloniale pour des raisons tangibles que tout le monde connait sans avoir fait d'études poussées sur la question.
Cette aigreur resurgit à chaque fois qu'il y a des crispations dans notre pays.
Elle ressurgit à juste titre ces temps-ci à cause de l'empoisonnement de nos terres et de nos eaux au chlordécone et le désastre dans lequel il nous plonge ! D'ailleurs arrêtons de dire "la" chlordécone et continuons à dire "le". Quand ils en parlaient au temps de l'utilisation, tous les acteurs impliqués disaient "le". Maintenant qu'ils veulent reprendre la main sur la communication, ils veulent féminiser le chlordécone ? Stop ! C'est le chlordécone qui nous a empoisonné ? Les pollueurs vont payer les dégâts DU chlordécone ! Bref. Je suis contre le fait de clouer au pilori des êtres humains, de les injurier parce qu'ils appartiennent à une communauté. Parce que nous l'avons vécu et nous le vivons encore dans presque tous les pays du monde, les afro-descendants savent ce que ça fait.
Est-ce pour autant que nous ne devons pas critiquer le système socioéconomique injuste qui structure notre pays ? Non. Nos gens ne sont pas bêtes. L'alliance malsaine entre les forces gouvernementales et le lobby capitaliste béké nous a fait du tort dans notre chair, dans nos comptes en banque et dans notre capacité à sortir du sous-développement depuis trop longtemps donc c'est normal de la dénoncer voire même d'être indignés contre cette entente !
Lorsque l'association Tous Créoles écrit "Le racisme ne passera pas en Martinique", le premier racisme qu'elle devrait chercher à réduire, c'est celui de la communauté béké elle-même. Je parle du racisme structurel sur lequel est basé son identité. Leur entre soi, leur volonté de préserver la race blanche est un cancer dont ils ne doivent pas ignorer les effets. Le ressentiment à leur égard vient aussi de là. Penser et écrire cela n'est pas être anti-béké. Il y a une grande différence. Ce communautarisme est d'autant plus difficile à accepter quand on sait qu'il sert surtout, au delà des questions esthétiques et identitaires, à préserver un pouvoir économique. Un pouvoir économique qui atrophie notre capacité à développer une économie prospère pour une majorité, notre capacité à générer des richesses mieux partagées. Quand on rajoute à ce communautarisme leur domination économique, on tient les ingrédients d'un vivre-ensemble impossible. On ne peut pas jouir des privilèges liés à la race et à une position économique dominante acquises comme on sait sans penser que le reste des Martiniquais et des Guadeloupéens ne diront jamais rien. Certaines personnes ont intégré cette situation dans leur logiciel mais avec les jeunes générations, ça ne passe plus. On ne peut pas avoir le sucre et l'argent du sucre.
Néanmoins, après avoir écrit cela, je fais bien la différence entre les êtres humains qui ont tous besoin d'être traités avec dignité et bienveillance et la mentalité de caste qui anime certains békés. Comme chez les autres communautés ethniques du pays, il y a des couches différentes chez eux et une diversité d'opinion sur la question. Nous devons en tenir compte et en pas clouer au pilori les békés en général. L'association Tous Créoles, qui est le fruit d'une vision noble de la part de feu Roger de Jaham, ne peut pas appeler à la réconciliation sans passer par le moment de vérité et de réparation. Si Tous Créole est une association qui milite pour un meilleur vivre-ensemble, un vivre ensemble plus apaisé, elle devra appeler les deux parties à sortir de leur zone de confort pour mettre sur la table les sujets qui fâchent. C'est une conversation difficile que nous devons avoir parce qu'il en va de l'avenir de nos pays, celui de nos enfants à tous peu importe leur communauté ethnique et leur classe sociale. Je ne sais pas quelle forme prendra cette conversation ni combien de temps ça va durer mais elle doit avoir lieu. Dans cette dynamique, je veux faire partie de ceux et celles qui vont la faciliter sans complaisance. On n'en ressortira pas comme on y sera rentrés mais j'espère que le pays en sortira grandit.
À chaque fois que je vois des Martiniquais et des Guadeloupéens qui refusent le fatalisme et s'organisent au lieu d'agoniser, je dis Bravo ! Cela veut dire que nous sommes en vie, que nous voulons rester en vie et que nous voulons vivre mieux ! Je les appelle ceci dit rester toujours plus humain avec les êtres humains et à être implacable avec le système néocolonial. Je ne le dis pas du haut de mon bureau climatisé mais comme quelqu'un qui se fait un devoir d'être présent lors des mobilisations populaires, comme un intellectuel qui veut rester dans les tranchées de nos défis, qui veut marcher dans le pays et rester au contact de ses gens. Je le dis aussi comme quelqu'un qui est conscient d'être très ignorant sur un tas de choses et comme quelqu'un qui est conscient que personne n'est indispensable. L'un des moyens que beaucoup de peuples en lutte contre les injustices économiques ont utilisé ici et ailleurs pour faire entendre raison à ceux qui profitent de leur position et de leurs privilèges, c'est le boycott. Je dis qu'en 2019 nous devons l'utiliser aussi en Martinique et en Guadeloupe pour forcer ceux qui profitent du système à changer d'attitude et de méthodes ! Nous devons l'utiliser pour leur envoyer un signal fort, pour les forcer à s'assoir à une table, pour leur faire comprendre que le temps où ils pouvaient nous cracher à la figure et continuer leur business comme de rien n'était est terminé ! On ne le fait pas pour que les Martiniquais et les Guadeloupéens qui travaillent dans ces entreprises perdent leur travail. Non pas du tout ! Mais pour que leurs dirigeants travaillent et nous traitent autrement !
En cette période transition vers une autre société, nous devons tous rester vigilants pour préserver le respect, la bienveillance, la liberté de parole et la paix civile. Pas pour préserver la position socioéconomique de la communauté béké ni la position de ceux et celles qui ont fait de ces questions une raison d'être mais parce que nous bâtissons un demain avec un grand D. Nous sommes en chemin, en transition donc la méthode et les outils sont aussi importants que la destination. Hors de la lutte, il n'y aura pas de progrès !
vendredi 18 octobre 2019
La commission parlementaire d’enquête sur le chlordécone
Il est curieux d’observer que celui qui, aujourd’hui, préside la commission parlementaire d’enquête sur le chlordécone est celui-là même qui a donné, à deux reprises, son accord pour la poursuite de l’épandage aérien de pesticides quand il était président de la région Martinique. La décision d’arrêter l’épandage aérien viendra, non pas des élus du PPM, pourtant Martiniquais, mais de l’Etat français !!!
Une même logique fonde la position de ceux qui ont prolongé la pratique de l’épandage aérien de pesticides et de ceux qui ont cautionné la poursuite de l’utilisation de le chlordécone que l’on savait nuisible pour la santé des femmes et des hommes de notre pays : la soumission à l’économie bananière et à ses promoteurs, la sacralisation du discours béké au détriment de la santé de nos compatriotes.
L’interview que nous publions ici -qui date de 2012- illustre l’inconscience du président du PPM sur ces questions.
Certes, on peut se tromper. Mais alors il faut avoir le courage de le reconnaître plutôt que de se poser en grand défenseur de la Martinique et d’instrumentaliser cette commission à des fins essentiellement politiciennes et tellement éloignées de la tragédie absolue de l’empoisonnement délibéré du peuple martiniquais.
Palima Hebdo n°26
EPANDAGE AERIEN
Interview de Francis CAROLE
Matinik
Mardi, 30 Octobre, 2012 - 02:31
Lepalima.org : Depuis plusieurs mois, l’actualité en Martinique est dominée par la question de l’épandage aérien.
🔸Le PALIMA est très engagé dans cette bataille. Pourquoi ?
🔹Francis CAROLE : Avant toute chose, nous tenons à noter que le débat instauré sur cette question représente en lui-même une première victoire. Nous devons, en effet, avoir constamment à l’esprit que c’est dans un silence assourdissant que se sont écoulées, en Martinique et en Guadeloupe, deux décennies d’empoisonnement à le chlordécone -des sols, des eaux et des hommes...
Sans ignorer les problématiques liées à l’économie bananière, nous pensons que les exigences de santé publique et de respect de la vie doivent l’emporter sur les considérations économiques et les logiques de profit. L’être humain est le vecteur fondamental du développement et du progrès. Il ne saurait donc être sacrifié aux intérêts marchands.
Après le scandale absolu de le chlordécone, il y a une manière d’indécence intellectuelle et morale à chercher-comme semble le faire le PPM- à mettre sur la même échelle de valeurs la santé de nos compatriotes et la spéculation bananière.
Certes, tout le monde a entendu Victorin LUREL déclarer, avec une assurance de paon, que les produits utilisés ne seraient pas toxiques. On sait cependant que plusieurs études ont au contraire fait la démonstration que les fongicides employés (Gardian, Sico et Tilt 250) sont cancérigènes possibles et très toxiques pour les organismes aquatiques. Concernant l’adjuvant Banole, l’Europe elle- même le considère comme cancérigène possible, de catégorie II-R45.
Enfin, chacun sait que la proximité des maisons d’habitation par rapport aux plantations, la présence de cours d’eau dans les zones d’épandage conduisent à une violation constante des règles de précaution exigées pour toute dérogation à l’interdiction de l’épandage aérien.
🔸Lepalima.org : Victorin LUREL semble se contredire quand on analyse sa déclaration du mercredi 10 octobre à l’Assemblée Nationale française…
🔹Francis CAROLE : C’est très juste. Il avouait lui-même à cette occasion : « je conviens qu’il n’y a pas eu d’études ni d’expérimentations spécifiques sur le Banole ».Or l’arrêté ministériel du 31 mai 2011 précise que « les produits phytopharmaceutiques utilisés en épandage aérien doivent avoir fait l’objet d’une évaluation spécifique à cet usage ». Cette évaluation doit être réalisée par l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).
A ce propos, le président de la région Martinique et député du centre, lors de la même séance de l’Assemblée Nationale, faussement indigné, donnait l’impression de s’en prendre à son compère LUREL :
« Je relève d’ailleurs une faute relativement grave : Nous aurions dû avoir les certifications de validation. Nous ne les avons pas eues, alors qu’il y a urgence… »
Alors pourquoi le président du conseil régional, sachant que l’absence de certifications de validation du Banole était « une faute relativement grave », a-t-il apporté, à deux reprises, son soutien appuyé à la poursuite de l’épandage de ce produit ?
En réalité, le couple Banole (LUREL-LETCHIMY) suscite perplexité et interrogation dans son acharnement à défendre la poursuite de l’épandage aérien.
Le respect du principe de précaution, dans un tel cas, aurait dû prévaloir sur l’empressement à se plier aux pressions -voire aux menaces pour certains- exercées par les représentants du lobby bananier.
Ainsi, prétendre que 10 000 emplois étaient en jeu (en réalité 4027 personnes selon le Rapport public annuel 2011 de la Cour des Comptes) relève du cynisme et d’une volonté sordide d’instrumentalisation de la misère sociale.
🔸Lepalima.org : Comment, d’une manière générale, peut-on analyser l’attitude du président de région sur ce dossier ?
🔹Francis CAROLE : Ce qui caractérise la position du néo-PPM et de son principal dirigeant sur ce dossier c’est l’absence d’esprit de principes.
Comme LUREL, il se prétend « opposé à l’épandage aérien » mais, en décembre 2011, il demande à son groupe de ne pas présenter un projet de motion qui s’opposait à toute dérogation à l’interdiction de cette pratique. En décembre 2011 et en juillet 2012, il soutient deux demandes de dérogations du lobby bananier…avec l’utilisation du Banole.
Pire ! Lors de la séance de nuit de l’Assemblée Nationale du mercredi 10 octobre 2012, il refuse de voter l’amendement n°14, introduit par le député écologiste François-Michel LAMBERT, en vue « d’interdire les épandages aériens en outre-mer. »
La justification politique de cette attitude est d’un surréalisme troublant :
« Nous ne voterons pas cet amendement, sachant qu’en Martinique nous avons adopté une délibération afin de bien marquer que nous ne tolérons plus ni l’épandage aérien ni l’utilisation du Banole. »
Ainsi, nous avons appris cette nuit-là que, de la seule autorité de l’héritier, les plénières du conseil régional s’étaient transmuées en séances d’un parlement martiniquais prenant des lois qui rendaient inutile tout avis du parlement français…
Mais, ce qu’il convient surtout de rappeler c’est que le « parlement » de Plateau Roy n’a, pour dire la vérité, jamais pris aucune « loi » (ou « délibération ») ne tolérant plus l’utilisation du Banole.
L’opportunisme conduit toujours au mensonge et l’inconstance révèle l’inconsistance.
🔸Lepalima.org : Quel premier bilan tirer de la mobilisation contre l’épandage aérien }} ?
🔹Francis CAROLE : La route est encore certainement longue avant la suppression définitive de toute dérogation à l’interdiction de l’épandage aérien. Le lobby bananier et ses affidés continueront leurs pressions de toutes natures pour maintenir encore le statu quo. Les manœuvres ne manqueront donc pas. Ils évoqueront sans doute les menaces du Mycosphaerella eumusa, une cercosporiose encore plus agressive que la noire et qui sévit actuellement en Asie et dans l’océan Indien.
Mais, en Guadeloupe comme en Martinique la population commence à réagir. L’action, en Martinique, de l’AMSES, de l’ASSAUPAMAR, des élus écologistes et patriotes dans les assemblées locales, ou encore de nos députés à l’Assemblée Nationale française trouve un écho extrêmement favorable dans l’opinion publique.
Les ordonnances des Tribunaux Administratifs de Basse-Terre et de Fort-de-France exigeant la suspension-même temporaire- de l’exécution des arrêtés préfectoraux autorisant l’épandage aérien crédibilisent notre discours et nos initiatives.
D’autre part, certains éléments du contexte s’avèrent favorables à la cause que nous défendons. C’est le cas du Rapport de la commission du Sénat français sur les pesticides et leur impact sanitaire, paru cette semaine. Les conclusions de cette commission soulignent que « les dangers et les risques des pesticides sont sous-évalués », « l’effet des perturbateurs endocriniens mal pris en compte » et que « les protections contre les pesticides ne sont pas à la hauteur des dangers et des risques. »
Le Collectif contre l’Epandage Aérien et l’Empoisonnement des Martiniquais, qui est l’espace unitaire de toutes les forces opposées à la poursuite de l’épandage aérien, devra intensifier le travail d’information et de mobilisation du plus grand nombre pour mettre définitivement fin à une pratique préjudiciable à la santé de la population.
Les questions qui se posent, au-delà de l’épandage aérien, touchent aux conditions à réunir pour une agriculture propre en Martinique. Les préoccupations de santé publique et de recherche d’une souveraineté alimentaire optimale ouvrent le champ d’une réflexion qui concerne tous nos concitoyens et qui déterminera notre développement.
PALIMA Hebdo n° 26
Semaine du 22 au 28 octobre 2012










