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jeudi 30 janvier 2014

MANIFESTATION "JOUR DE COLERE"


La manifestation du dimanche 26 janvier, dite «jour de colère» a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes à Paris.

Mêlant dans une même protestation racisme, antisémitisme, islamophobie, homophobie (Comité Lepante anti Islam), rejet de la fiscalité, conception rétrograde de l’éducation, de la famille (les anti mariages pour tous du Printemps Français), de l’identité et «liberté» d’entreprendre (les citrons pressés), ce « jour de colère » a amalgamé groupes catholiques intégristes comme Civitas, groupuscules fascistes comme les Identitaires, adeptes de Dieudonné et complotistes en tous genres. Après la manifestation contre l’IVG et avant celle contre le mariage pour tous, à quelques jours du 80e anniversaire du 6 février 34, ce mouvement confirme sa volonté d’occuper la rue et ses velléités de dessiner un projet de société ultra-conservateur.

Sa force repose sur l’incapacité pour le mouvement ouvrier de se mobiliser pour combattre aujourd’hui, y compris dans la rue, les scélérates mesures anti-ouvrières du gouvernement social-libéral de Hollande et d’opposer une alternative globale à la politique capitaliste à l’œuvre.

Tout ceci montre qu’en France, un mouvement radical de droite se structure avec une large partie de l’électorat du FN annoncé premier parti aux européennes par les sondages. Dans le prolongement de la «manif pour tous» s’opère le regroupement des franges les plus réactionnaires qui contestent non seulement ce gouvernement que nous rejetons mais aussi la mollesse des appareils de la droite traditionnelle, dépassée et tout juste capable d’opposer une surenchère hésitante. Peut-être que la bourgeoisie n’a pas besoin aujourd’hui d’avoir recours au fascisme pour mener son offensive contre les classes populaires mais le développement d’une importante mouvance de droite extrême et fascisante à côté d’un FN entre 20 et 25% représente une menace pour celles et ceux qui contestent l’ordre établi. 

La vraie gauche en France doit se rassembler et animer des manifestations victorieuses contre ce gouvernement de socio-libéraux. Elle doit reconstruire un mouvement social combatif anticapitaliste, porteur d’un projet de transformation éco-socialiste de la société. Elle doit se joindre à notre combat anticolonialiste.

G. Pago

jeudi 21 novembre 2013

Alain Plénel est mort !

Ce lundi soir 18 novembre, Alain Plénel est mort d’un arrêt cardiaque à l’âge de 91 ans, en Suisse où il habitait après avoir dîné le soir avec son fils. Il avait tenu dans son testament que la nouvelle de sa mort ne soit diffusée qu’après sa crémation qui a eu lieu ce jour jeudi 21 novembre.

L’an dernier, il avait tenu à rendre une dernière visite à la Martinique qui a représenté une grande part dans sa vie professionnelle et de militant.

Nous nous étions attaché à ce grand homme qui a joué un grand rôle dans la dénonciation des exactions des forces de l’ordre lors des événements de Décembre 59 en Martinique.

Nous lui rendrons un hommage ce mercredi 27 novembre lors de notre meeting à la Mutualité de Fort de France, sur le parcours des deux figures marquantes du communisme antillais que furent Aimé Césaire et Rosan Girard. Il les avait bien connus et avait milité avec eux lors des débats des années 60 et 61 en France pour la constitution du Front Antillo guyanais sur l’Autonomie.

Nous reviendrons plus longuement sur son parcours et son apport à l’histoire politique de notre pays.

Nos condoléances à sa famille à Edwy, à Eve et à tous ses proches.

Gilbert Pago

mercredi 23 octobre 2013

SALUT JEAN-CLAUDE !



Notre ami Jean-Claude Courbain est mort dans la nuit du mardi 22 octobre au mercredi 23 d’une crise cardiaque.

Il avait apporté une semaine plus tôt au centre Robert Loyson de la ville du Moule, assis tout à mes côtés, son témoignage brillant lors du Symposium sur le centenaire de Rosan Girard. Il y avait évoqué les années 67 et 68 en Guadeloupe où récent bachelier et étudiant en sciences économiques, il avait beaucoup espéré d’un possible rattachement de Rosan Girard, leader communiste, maire du Moule et ex député, au combat que la jeunesse guadeloupéenne menait contre le colonialisme.

Rosan n’avait pas franchi le pas ! Au même moment, les cellules contestataires du parti communiste guadeloupéen (P.C.G.) étaient exclues dont celle de Courbain à Pointe à Pitre. Il est vrai que Jean-Claude, dynamique, orateur brillant, entraîneur d’hommes et de femmes, avait la carrure d’un dirigeant. Il y eut donc la formation du CCEG (centre culturel des élèves et étudiants guadeloupéens), du groupe La Vérité autour de Victor Cécile, d’Yvan Leborgne, de Max Ganot, de Plumasseau. Il y eut surtout la polémique violente du PCG et du journal La Vérité mais aussi les élections de mars 67 et la candidature d’Yvon Leborgne, à défaut d’avoir la présence de Rosan face à Ibénée du PCG. Il y eut surtout le refus de désistement du groupe la Vérité au second tour des législatives. Girard condamna cette attitude du groupe la Vérité. Dans un contexte de fortes fraudes, le PCG fut battu alors qu’il était largement en tête au premier tour. Ce fut la rupture entre la jeunesse radicalisée et Rosan Girard qui jusque là avait été son idole.
Dans ce dur contexte, les émeutes de mars 67 à Basse-Terre, le massacre de mai 67 à Pointe à Pitre, les emprisonnements du GONG, le procès de Jean Claude Courbain, dirigeant de la jeunesse lycéenne et étudiante radicalisée, il y eut une situation de forte tension en Guadeloupe.

Vivant à l’époque en Guadeloupe comme militaire, j’étais membre du CCEG et ai participé à plusieurs réunions de cet organisme, ai assisté à plusieurs manifestations en civil bien entendu et ai vécu l’ambiance de la période de répression sanglante. Nous avions évoqué, publiquement dans le Symposium, encore une fois cette période, ces aventures et ces émois. Jean-Claude y étala son grand et franc rire, sa bonne humeur et son entrain. Plusieurs amis de l’époque étaient là dont Julien Mérion.

Les organisateurs du colloque, ayant tout enregistré des débats, nous espérons pouvoir encore avoir accès à ce témoignage.

Nous avons, plusieurs fois Jean-Claude et moi, eu à nous rencontrer lorsqu’il fut étudiant à Paris où son frère Christian, membre du G.R.S, le voyait souvent avec nous. Nous l’avons rencontré plus tard en Guadeloupe et ces dernières années en Guyane, dînant chez lui, avant sa retraite où il fut directeur de l’INSEE.

Au combattant irréductible, à l’ami, mon très fraternel salut.

Gilbert Pago