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mardi 23 août 2011

Haiti : Flash info

Des habitant de Desdune dans l'Artibonite, ont mis le feu au commissariat de cette ville. Selon le porte parole de la police, l'incident est survenu, après qu'un policier a essayé de procéder à l'arrestation d'un individu. Les détails suivront.

vendredi 24 juin 2011

Décès de Serge Démosthène : un dossier encombrant



Encore une fois, des révélations du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) dérangent. Un prévenu est mort dans des circonstances douteuses au commissariat de Pétion-Ville. La police a vite tenté d’expliquer et le commissaire du gouvernement a dû se défendre. Accusateur, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) affirme que « les exécutions sommaires, les tortures et les disparitions » sont aujourd’hui monnaie courante au sein de l’institution policière.

Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) pointe du doigt les policiers du commissariat de Pétion-Ville dans la mort de Serge Démosthène. Ce dernier a été arrêté lors d’une intervention musclée de la police de Pétion-Ville dans le quartier de Péguy-Ville. Il serait, selon le commissaire de police Vanel Lacroix, l’un des assassins de Guiteau Toussaint, président du Conseil de la Banque nationale de crédit tué chez lui le 12 juin dernier.

Sévèrement torturé au moment de son arrestation, M. Démosthène a été ensuite ramené chez lui pour assister à la perquisition de son domicile. Même des proches du prévenu, présents au moment de l’opération, ont été physiquement agressés par des policiers, toujours selon le réseau de défense des droits humains. Le cortège dirigé par le commissaire Lacroix a finalement conduit le citoyen suspect au commissariat de Pétion-Ville et son cadavre a été retrouvé quelques jours plus tard à la morgue de l’hôpital général.

Selon le RNDDH, le chef du parquet de Port-au-Prince, Me Harrycidas Auguste, était le témoin passif des actes de tortures exercés par les policiers sur le citoyen arrêté. Me Auguste a vite fait de se défendre.

La version de Me Harrycidas Auguste

Le chef du parquet de Port-au-Prince explique que le nommé Serge Démosthène a été arrêté vers 7 heures 30 du matin, le 15 juin 2011, dans le cadre de l’enquête ouverte sur la mort tragique du président du Conseil de la Banque nationale de crédit (BNC), Guiteau Toussaint. Au moment de quitter son bureau vers les 7 heures du soir, il a appelé le commissaire Lacroix pour avoir des informations sur l’avancement du dossier. L’officier de police lui a appris la détention de deux individus dont l’un a avoué avoir assassiné le célèbre banquier, Guiteau Toussaint. Me Harrycidas Auguste dit être arrivé au commissariat de Pétion-Ville quelque douze heures après l’interpellation du suspect. « Je suis rentré au bureau du commissaire Lacroix, et j’ai remarqué un homme menotté, visiblement maltraité et allongé à même le sol. On me l’a alors présenté comme celui qui a avoué avoir tué le président du Conseil de la BNC ». Me Auguste dit avoir ordonné que le prévenu, apparemment « victime d’une crise », soit transporté à l’hôpital après prélèvement de son empreinte par la police scientifique dépêchée sur place. Le commissaire Auguste précise que M. Démosthène est mort à l’hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) et non au commissariat de police, comme le prétend le RNDDH.

Cependant, s’il est vrai que le commissaire du gouvernement a été appelé pour auditionner un assassin qui a confirmé son implication dans le meurtre de M. Toussaint, Me Auguste confie que la réalité constatée à son arrivée était bien différente. Sans plus de précisions, le parquetier doute de l’aveu attribué à M. Démosthène. Justice pour Démosthène !

L’avocat de la victime, Me Hugues Sylvain, croit que son client a été utilisé comme cobaye dans des manœuvres visant à brouiller les pistes pouvant conduire aux vrais coupables du crime crapuleux commis sur le banquier. Il promet d’aller jusqu’au bout de ce dossier afin que justice soit rendue à la famille de son client tué. « Les agresseurs de Démosthène devront payer leurs forfaits », laisse entendre l’homme de loi. Serge Démosthène est, à ce jour, l’une des dernières victimes de la Police nationale d’Haïti, souligne le RNDDH. Rejetant la version donnée par la police, le réseau informe que Serge Démosthène a été arrêté en compagnie de Kesthène (ainsi connu) dans le cadre d’un conflit terrien qui les opposait à un policier. Conduits au commissariat de Pétion-Ville, ils auraient été soumis à un interrogatoire musclé par les policiers, sous les yeux complices du commissaire du gouvernement, Me Harrycidas Auguste et du commissaire principal dudit commissariat, Vanel Lacroix. Ainsi, Serge Démosthène est mort des suites des sévices corporels soufferts au commissariat, affirme Marie Yolaine Gilles du RNDDH. Quant à Kesthène, après deux visites à la prison de Pétion-Ville, les responsables de l’organisation de défense des droits humains n’étaient pas en mesure de vérifier sa présence à la garde à vue. Le Réseau national de défense des droits humains en profite pour appeler l’Inspection générale de la PNH à diligenter une enquête sur des cas de violation des droits humains (tortures et exécutions sommaires) qui seraient enregistrés notamment aux commissariats de Pétion-Ville, Cité Soleil, de Jacmel et au sous-commissariat de Grand Ravine, en mettant un accent particulier sur le cas de Serge Démosthène. Le RNDDH demande que les coupables soient arrêtés et déférés par-devant la justice afin de mettre un terme à ces pratiques inhumaines dans les prisons et commissariats. L’Inspection générale de la PNH annonce, dans la foulée, l’isolement de 5 policiers impliqués dans l’arrestation et l’interrogatoire de M. Démosthène. Une enquête est ouverte pour élucider les circonstances dans lesquelles le nommé Serge Démosthène a trouvé la mort, selon l’annonce faite par le commissaire du gouvernement, Me Harrycidas Auguste. James Dufresne
James Dufresne

lundi 20 juin 2011

« Lisez bien M. le Président, les preuves sont là »


Le directeur exécutif du RNDDH est totalement déçu du traitement accordé par le chef de l'Etat à sa correspondance relative à la présence d'éléments à la « moralité douteuse » dans son service de sécurité. Si Michel Martelly exige des preuves tangibles avant d'agir, Pierre Espérance lui fait savoir sur les ondes de Radio Magik 9 que les preuves sont sous ses yeux. Il n'a qu'à bien lire la lettre. Une polémique qui fait couler beaucoup d'encre. Pour sa part, le politicien Evans Paul croit que Martelly aurait pu gérer le dossier autrement.
Le président de la République devrait essuyer ses lunettes pour bien lire la correspondance que lui a envoyée le Réseau national de défense des droits humains, si l'on en croit les déclarations de Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH. La lettre est claire et contient toutes les preuves, avec des dates précises qu'exige le chef de l'Etat, a souligné le responsable de l'organisme de défense des droits humains. « Nous n'affirmons jamais des choses qui ne soient accompagnées de preuves », a-t-il martelé vendredi sur les ondes de Radio Magik 9, à l'émission "Panel Magik".

Le président Martelly a fait une très mauvaise gestion de ce dossier si important, de l'avis de Pierre Espérance. « Nous étions prêts à discuter avec les autorités sur chacun des cas. Malheureusement, cela ne les intéressait pas... », a-t-il regretté.

Cette correspondance adressée au président Martelly n'était pas une lettre ouverte. La présidence en a fait une bien mauvaise gestion en la commentant sur la place publique, s'est désolé Pierre Espérance. 

Les archives de la PNH sont là. Le président sait où trouver les preuves. Il est supposé aller vers les institutions, a-t-il poursuivi. On ne peut pas parler de l'établissement de l'Etat de droit, de lutte contre l'impunité, de combattre l'insécurité quand dans son entourage on a des gens impliqués dans des affaires de drogue, a avancé le responsable du RNDDH. 

« Nous ne devons aller chercher des preuves ni à Washington ni dans des ambassades, ni au FBI, ni attendre que la DEA vienne les arrêter. Elles sont dans les institutions. Je doute fort que le président soit à la recherche de preuves. La DEA ne va pas sortir de ses tiroirs des rapports internes pour prouver quoi que ce soit. Elle dira tout simplement qu'elle a des doutes sur le passé de telle ou telle personne... », a souligné M. Espérance.

Interrogé sur les menaces de poursuites judiciaires contre le RNDDH de l'ancien commissaire de police Guy Philippe, indexé dans la lettre de l'organisme de défense des droits humains, Pierre Espérance n'a même pas fait cas des déclarations du leader du FRN qui se targue d'être un bon ami du président Martelly. « Le RNDDH ne répond jamais à des individus impliqués dans des dossiers qu'il a soulevés. »

Pour sa part, Evans Paul, porte-parole de la plateforme politique Alternative, invité également à l'émission «Panel Magik», a estimé que le président Martelly aurait une meilleure image dans cette affaire s'il avait effectivement confirmé avoir reçu la lettre, l'avoir transférée aux institutions concernées, et dit attendre un rapport, sans pour autant préciser les institutions concernées. 

« Je pense que M. Martelly ne devrait pas se préoccuper de sa personne ni de ses amis. Il doit être sensible à l'image du pays. Il ne doit pas se mettre en première ligne lorsque ce genre de situation se présente. Selon M. Paul, le chef de l'Etat aurait dû laisser à son porte-parole le soin de réagir sur le dossier avant de se positionner. » 

Pierre Espérance a toutefois réaffirmé la volonté du RNDDH de poursuivre son travail qui vise le renforcement des institutions publiques, tout en reconnaissant que cette lutte n'est pas facile.

Robenson Geffrard