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dimanche 21 avril 2019
LA CAISSE DES ÉCOLES DE FORT-DE-FRANCE : UNE GESTION EXEMPLAIRE ?
Lors de l’émission « Le Kiosque », du vendredi 12 avril, Eddie Marajo, de « Business News », déclarait que « tous les services publics non contrôlés et qui intègrent de l’argent liquide, ont servi à financer des partis politiques. Les transports publics de Fort-de-France (...) comme on est sur la CFTU, la CFTU c’est Fort-de-France... Tous les services publics de transport ont servi de financement occulte des partis politiques et des municipalités. Tous les services publics de cantines ont servi de financement occulte des partis politiques et des municipalités. […]. Parce que si tu renonces au liquide, tu renonces à la vie de ton parti, de la municipalité, de tes actions anbafey , etc. […]. Cet argent allait où ? »
Dans un communiqué en date du 16 avril -quatre jours après donc !- le maire de Fort-de-France et sa majorité ont, finalement, tenu à répondre à ce qu’ils considèrent comme des « accusations graves et infondées » mettant en cause « l’honneur et l’intégrité » des élues-élus PPM de la capitale.
Pour ce qui est des transports, Didier LAGUERRE a préféré courageusement botter en touche en affirmant que « la ville de Fort-de-France n’a plus de compétence en la matière.» Nous y reviendrons le moment venu.
Pour ce qui a trait à la cantine municipale, la majorité revendique une pratique de parfait respect du cadre réglementaire.
La ville de Fort-de-France est-elle vraiment au-dessus de tout soupçon ?
🔹UNE GOUVERNANCE DÉLÉTÈRE
Le Rapport de la Chambre Régionale des Comptes de mai 2010, portant sur la gestion, l’organisation et le fonctionnement institutionnel de la Caisse des écoles , sa situation financière, la restauration scolaire, entre 2002 et 2010, inflige un démenti sévère à l’image de transparence irréprochable que Didier LAGUERRE voudrait donner de cette institution.
La Cour Régionale des Comptes dénonce d’abord les « importantes irrégularités institutionnelles » de la Caisse, lesquelles ont pu favoriser toutes les dérives y compris le financement occulte dénoncé par le responsable de « Business News ».
Plusieurs dysfonctionnements graves ont été mis en lumière, révélant l’état délétère de la Caisse, dans la période étudiée par la CRC.
En effet, les différents organes de la Caisse ne répondaient pas aux exigences réglementaires et statutaires :
-le conseil d’administration était irrégulièrement constitué;
-l’assemblée générale n’avait jamais été réunie;
-les moyens de la Caisse, institution juridiquement autonome, étaient totalement intégrés à ceux de la commune, situation qui générait une immense confusion dans l’exercice des attributions respectives des deux entités;
-la Caisse des écoles n’établissait pas de rapport annuel d’activité propre;
-les « états du personnel » qui doivent obligatoirement figurer en annexe des comptes administratifs et budgets primitifs n’étaient jamais produits par la Caisse, en méconnaissance des dispositions combinées des articles R. 2313-6, L. 2313-1 et R. 2313-3 du CGCT ;
-« les mises à disposition de personnel communal au profit de la Caisse des Ecoles s’effectuaient dans des conditions irrégulières (arrêtés de mise à disposition caducs, absence de convention(s) conclue(s) avec la commune, défaut de justification au non remboursement par la Caisse des
rémunérations correspondantes, non rédaction du rapport obligatoire sur l’état des mises à disposition, dont le nombre n’est pas précisément connu). »
🔹UNE OPACITÉ FINANCIÈRE DÉMONTRÉE
Le désordre institutionnel que nous venons d’analyser allait de pair avec l’absence de transparence financière de la Caisse des écoles, pour la période 2002-2010. La Chambre Régionale des comptes pointait à cet égard de nombreux errements.
Ainsi, les principes comptables élémentaires qui s’imposent à toutes les Caisses étaient délibérément piétinés par la majorité municipale :
-les débats d’orientation budgétaires préalables à l’adoption du budget étaient systématiquement ignorés ( sauf en 2002, 2004 et 2005);
-les états permettant d’éclairer les élus, les contribuables foyalais et les usagers, en annexe des budgets primitifs et des comptes administratifs n’étaient pas produits;
D’autre part, les chiffres qui apparaissaient dans les comptes de la Caisse des écoles de la ville ne reflétaient
pas le coût réel de son fonctionnement.
Le rapport de la Chambre Régionale des Comptes soulignait clairement que les comptes « ne retracent pas intégralement toutes les charges de la Caisse, ni
toutes ses recettes en nature. »
La Chambre concluait que « les budgets et les comptes de la Caisse des Ecoles de Fort-de-France se caractérisent par un défaut de transparence en raison de la méconnaissance par l’établissement de nombreuses dispositions législatives
et réglementaires relatives à l’information financière. »
Ainsi, contrairement aux affirmations de la majorité municipale, la gestion de la Caisse des écoles de Fort-de-France est loin d’être au-dessus de tout soupçon. Le rapport de la Chambre Régionale des Comptes le montre on ne peut plus clairement. Cette gestion calamiteuse, méprisant les règles les plus élémentaires en matière de transparence administrative et financière, est à l’image de l’opacité globale des finances de la ville.
Ces pratiques budgétaires inquiétantes de la majorité ont été encore mises en évidence par un rapport de la CRC sur le budget 2018 faisant état d’un déficit de 55 839 382, 35 €. Injonction est faite à la ville de procéder dès le prochain conseil municipal aux régularisations qui s’imposent. Ce déficit de 20% du budget expose largement la commune à une mise sous tutelle.
Je tenais à apporter aux Foyalaises et aux Foyalais ces éléments d’information sur la gestion de notre ville. La situation globale, qui n’a cessé de se dégrader au fil des années, convie chacune et chacun d’entre nous à tout mettre en œuvre pour qu’un coup d’arrêt soit enfin donné à ces dérives et à la lente agonie de Fort-de-France.
Francis CAROLE
FORT-DE-FRANCE
Dimanche 21 avril 2019
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fort de france,
Francis Carole,
Martinique
mardi 12 février 2019
LA PROBLEMATIQUE DES MAISONS ABANDONNEES A POINTE-A-PITRE
L’incendie de la rue Peynier pose une nouvelle fois la question des maisons abandonnées par leur propriétaire dans le centre-ville et les dangers qu’elles font courir.
La ville consciente de cet handicap a développé une politique d’acquisition de parcelles par des DUP (Déclaration d’Utilité Publique) dans le cadre de la rénovation urbaine et avec l’EPF (Etablissement Public Foncier) en développant sur ces parcelles de l’habitation sociale et des commerces.
Près de 100 parcelles ont été ainsi acquises et permettent la reconstitution d’une offre de près de 200 logements qui contribuent à ramener de la population en centre-ville.
Cette action s’ajoute aux opérations d’OPAH-RU qui ont redémarré et qui permettent aux propriétaires de rénover leurs biens avec une aide substantielle de l’Etat (ANAH) et de la ville (près de 150 opérations de ce type ont déjà eu lieu). Mais l’amplification des politiques publiques pour gagner la bataille contre le temps et la dégradation des biens non entretenus se heurte cependant à 4 grandes difficultés qu’il faut avoir à l’esprit.
1°) L’abandon et le non entretien d’un nombre important de propriétés pendant des années crée des risques de squat, d’incendies, mais aussi des sources de nuisance pour le voisinage (arbres non taillés, dépôts d’ordures, rongeurs…).
2°) L’indivision règne sur la plupart des parcelles concernées. Il faut quelquefois des dizaines d’années pour gérer les successions. Les opérations que nous faisons par exemple face au Tribunal pour acquérir les parcelles et développer des espaces publics nous obligent à remonter au IXème siècle pour reconstituer les propriétés et affronter des dizaines d’héritiers par parcelle dont nombreux n’ont pas ou n’ont plus les titres de propriété.
3°) La spéculation autour du bien qui a été au départ de l’incendie (maison dite ROMIL), non entretenu depuis plus de 30 ans, faisait l’objet d’une vente à un prix qui a découragé tous les acquéreurs potentiels qui se sont présentés pour l’acheter, l’entretenir ou l’embellir. Dans la même rue, une propriété classée de l’Etat fait courir le même risque (non entretien et demande de sommes peu raisonnables pour son acquisition). Beaucoup de bâtiments remarquables du centre-ville sont victimes de ce double effet : absence d’entretien mais volonté d’en tirer des bénéfices importants.
4°) Quand des accords sont trouvés entre des propriétaires et des acheteurs (privés ou publics) les contraintes liées à la proximité de nombreux bâtiments classés viennent compliquer la tâche pour leur rendre un usage d’habitation moderne, d’espace économique ou de service public. Les exigences formulées quelquefois de réhabilitation à l’identique sont peu réalistes. Nous nous félicitons cependant que sur certaines opérations (rue Achille René-Boisneuf par exemple) des d’accords entre les bailleurs et les architectes des bâtiments de France ont pu être trouvés pour des démolitions complètes avec reconstruction des façades à l’identique. Sans de tels accords, certains bâtiments risqueraient de continuer de se dégrader jusqu’à leur disparition.
La lutte que nous menons pour préserver le patrimoine de la ville est donc un combat acharné et délicat. Les progrès que nous faisons sont à tout moment remis en question d’une part, par les dégradations du temps et les risques d’incendie, de cyclones ou de tremblement de terre et d’autre part, par les évolutions potentiels de la législation. Mais nous continuerons ce combat, car il est ô combien pénible de voir notre patrimoine architectural partir en fumée…
S’agissant de la maison de la famille FORIER, il y a certainement des pistes qui permettraient de reconstruire à l’identique ce patrimoine culturel et cher aux pointois. Le moment venu, les propriétaires pourront s’ils le souhaitent se rapprocher des services compétents de la ville, prêts à les accompagner pour entamer des démarches dans ce sens.
Le Maire de Pointe-à-Pitre,
Dr Jacques BANGOU
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Guadeloupe
samedi 22 décembre 2018
CFTU
Contrairement à ce qui se raconte un peu partout, rien n’obligerait « Martinique Transport » a devenir actionnaire de la SAEM CFTU, au prétexte qu’elle aurait récupéré la compétence « Transport » !
A contrario, aucune loi, à ma connaissance, n’interdit à la CACEM de demeurer actionnaire de la SAEM CFTU au prétexte qu’elle aurait perdu la compétence « Transport » !
La CACEM, en réalité veut se retirer du capital de la SAEM CFTU, car cette dernière accuse un lourd déficit !
Ce déficit de la CFTU est essentiellement dû à une mauvaise gestion de ses dirigeants qui ont voté un mauvais plan de financement pour la construction d’un Centre Technique des Transports (CTT) à au quartier La Trompeuse à Fort de France.
Ce plan de financement, voté en novembre 2015, prévoyait que la SAEM CFTU puisse bénéficier d’un crédit bail de défiscalisation pour cet investissement.
Cela lui a été refusé par ses « amis » du gouvernement français par le canal de la DGFIP (Direction Générale des Finances Publiques)!
Cette information nous a été donnée, lors de la réunion du Conseil Communautaire de la CACEM du 26 avril 2017.
Lors de la réunion du Conseil Communautaire de la CACEM du 29 novembre 2017, le 1er Vice-Président nous apprenait qu’à cause de la mauvaise décision prise en 2015, les comptes de la CFTU présentaient un perte de près de 5M€ !
De ce fait, les comptes 2016, arrêtés le 11 juillet 2017 par le Conseil d’Administration de la CFTU, révélaient que les capitaux propres de la SAEM CFTU étaient devenus négatifs de : - 2.661.404 € !
Dans pareil cas, l’article L.222-249 du Code de Commerce dispose que : « lorsque les capitaux propres deviennent inférieurs à la moitié du capital social, le représentant légal est tenu, dans les quatre mois qui suivent l’approbation des comptes ayant fait apparaître cette perte, de convoquer une nouvelle assemblée pour décider de la dissolution anticipée ou non » (Fin de citations)
La question, désormais posée, pour le devenir de la SAEM CFTU est :
Dissolution ou continuation ?
Des experts, consultés par la CACEM, ont indiqué que la seule solution pour assurer la survie de la SAEM CFTU était l’augmentation de son capital par ses actionnaires.
Le 27 novembre 2017, le Bureau Communautaire de la CACEM, qui se compose, entre autres ; des Maires des 4 villes de la CACEM, va prendre une position « paradoxale » :
- Oui pour « le principe de la continuité de le SAEM CFTU »
- Oui pour un retrait partiel de la CACEM du capital de la SAEM CFTU !
Selon le Bureau Communautaire de la CACEM la répartition du capital devrait évoluer/
La répartition initiale du capital :
CACEM : 53%
Ville de Fort de France : 27 %
TRANDEV : 20%
La répartition du capital de la SAEM CFTU deviendrait la suivante :
CACEM : 5%
Ville de Fort de France : 27 %
Ville de Schoelcher : 16%
Ville de Saint-Joseph : 16%
Ville du Lamentin : 16%
TRANSDEV : 20%
Tel est le projet qui a été adopté par le Conseil Communautaire de la CACEM, le 29 Novembre 2017 !
Si ce projet est mis en œuvre, ce seront les contribuables des 4 villes composant la CACEM qui devront combler le passif de la SAEM CFTU !!!
Le seul « hic », cette question de l’entée de la Ville du Lamentin dans la capital de la SAEM CFTU n’a jamais été présentée à son Conseil Municipal, seule instance pouvant l’autoriser !
(NB : Je tiens les preuves de ce que j’avance à la disposition de tous ceux qui en douteraient)
Le 22-12-2018
Daniel MARIE-SAINTE
Conseiller Communautaire de la CACEM
Conseiller Municipal du Lamentin
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Martinique
dimanche 2 décembre 2018
Quel drapeau pour la Martinique ?
A propos du débat qui s'engage à propos d'un DRAPEAU pour MARTINIQUE , certains profèrent des mensonges sur les réseaux sociaux!
Je leur répond :
"Vous ne connaissez pas l’Histoire... le drapeau "RVN" n’a jamais été le drapeau de Marc Pulvar !!!
Je vous rappelle qu’il a fait partie des fondateurs du MIM dont il a été Secrétaire National jusqu’en 2004.
Le seul drapeau que je l’ai vu brandir est le « Rouge et Noir » dont il est un des créateurs et qui est celui du MIM !(Voir ci-dessous)
C’est cela la VÉRITÉ HISTORIQUE !!!
Il n’est jamais révolutionnaire de déformer l’ HISTOIRE , cela s’appelle du « RÉVISIONNISME » !!!
DMS
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mim
mercredi 28 novembre 2018
Montagne d’or : au mépris des hommes
Pendant que Macron nous taxe pour une soi-disant transition écologique, il donne son accord pour l'exploitation de l'or en Guyane qui détruira 1 500 hectares de forêt amazonienne, dont près de 600 de forêt primaire sans compter l’utilisation de 57 000 tonnes d’explosifs, de 142 millions de tonnes de fioul, de 46 000 tonnes de cyanure....
« La réaction de l’or en fonction d’événements géopolitiques est en train de réémerger », vient de déclarer un analyste de la banque Citygroup, faisant allusion à la remontée des cours du métal jaune chez les spéculateurs professionnels, en cette période de guerre commerciale entre États capitalistes.Cette remontée des cours vient sans doute à point nommé renforcer les arguments des partisans de la Montagne d’or, ce projet d’extraction d’une mine aurifère dans l’ouest de la Guyane. Ce projet est présenté par la CMO, la Compagnie minière Montagne d’or, coentreprise entre la société russe Nordgold et la firme canadienne Colombus Gold, et soutenu par Macron, ministre de l’Économie puis président. Ses promoteurs capitalistes en espèrent l’extraction de 85 tonnes d’or, l’équivalent de trois milliards d’euros. Ils clament que le projet, soumis prochainement à l’accord du gouvernement, créera 750 emplois censés durer douze ans, dont 90 % attribués à des habitants guyanais. Dans une collectivité où ils sont pour 40 % au chômage, l’argument du développement est bien le seul qui ait une chance de toucher la population.
Car pour le reste, « l’impact écologique réduit au maximum » dont se targue le président de la CMO est catastrophique. 1 500 hectares de forêt amazonienne détruits, dont près de 600 de forêt primaire ; l’utilisation de 57 000 tonnes d’explosifs, de 142 millions de tonnes de fioul, de 46 000 tonnes de cyanure dans le processus de récupération du métal par lixiviation…
Tout dans cette énumération est fait pour inquiéter la population riveraine, en particulier les peuples autochtones qui vivent en forêt. L’engagement du président de la CMO de « réhabiliter après exploitation », en replantant quelques sapins et en cachant les gravats sous le tapis, ferait sourire s’il ne témoignait pas d’un total mépris pour les femmes, les hommes et leur environnement.
Tous les arguments les plus fallacieux sont alignés : le procédé d’extraction au cyanure serait beaucoup plus « propre » que l’usage du mercure, d’ailleurs la CMO n’a-t-elle pas adhéré tout récemment au Code international du cyanure, à la demande des autorités étatiques ? Des témoignages consternants venus du Brésil où cette technique a été mise en œuvre sont venus apporter la contradiction. L’exploitation industrielle de la mine aurifère mettrait fin à l’orpaillage clandestin, beaucoup plus destructeur, selon la CMO… qui orpaillerait à grande échelle.
Peu importe à ces prédateurs l’opposition d’une grande partie de la population : ils n’ont même pas daigné venir rencontrer les chefs coutumiers lors d’un des débats organisés officiellement au printemps avant la prise de décision. Ils ne connaissent que trop bien l’opinion des riverains et des associations pour la défense de l’environnement. Ces derniers, à juste titre, ne veulent pas voir leur santé, celle de leurs enfants et celle de leur terre, sacrifiée pour tout l’or du monde… et l’enrichissement spéculatif des banquiers.
Viviane LAFONT
14 novembre 2018 LUTTE OUVRIÈRE
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guyane
jeudi 22 novembre 2018
Nou tout là, ansanm ansanm é solidè !
Appel à rassemblement citoyen et unitaire, samedi 24 novembre 2018, de 10h à midi, place du marché aux épices à Pointe-à-Pitre, pour manifester notre solidarité envers toutes les femmes et filles victimes de violences, agressions, harcèlements, humiliations, chantages, inceste... en Guadeloupe.
À l'occasion de la journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes et filles, venez manifester votre solidarité et votre implication en portant du blanc, samedi matin. À midi nous entamerons une marche pacifique vers le Mémorial Acte, pour rendre hommage à toutes celles qui ont souffert et celles qui sont encore maltraitées aujourd'hui, pour porter la voix !!! Faites passer. Tout moun pé vini, fanm et nonm, depwi ou pé ba Nou on fos ! Et dimanche 25, pensez à porter du blanc, et à parler du sujet, où que vous soyez ! Nou tout là !!!
Stéphanie Mulot
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violence
dimanche 18 novembre 2018
Indifférents, blasés, dépités, repus, déçus… : Que sommes-nous devenus ?
Dans la société française, en ce moment, une grande partie de la population exprime son ras le bol des politiques publiques proposées par le gouvernement. Le mouvement des « gilets jaunes » en est une des plus récentes manifestations. La colère monte, la grogne se fait de plus en plus ressentir et les réseaux sociaux se font l’écho de toutes les misères et désespoirs que les médias officiels ne montrent pas. La Martinique, belle région française, n’est pas en reste. Ces politiques publiques nous sont appliquées comme toutes les autres au nom de l’égalité réelle et de l’assimilation législative voulue par nos élus. Cette application ne se fait pas sans les mêmes dégâts, aggravés dans notre contexte martiniquais.
Indifférents ?
S’il est un point où l’égalité des territoires se réalise, c’est dans les difficultés liées aux décisions gouvernementales :
Hausse effrénée du carburant que nous importons de la mer du Nord, pourtant nous sommes dans un bassin géographique producteur de pétrole
Diminution des retraites, néanmoins il nous est répété que la Martinique est en passe de devenir la plus vieille région de France et que sa population décroit à une vitesse vertigineuse
Suppression de l’abattement fiscal et des 40% des fonctionnaires, qui touche bien plus de personnes que les 4% annoncés, les fonctionnaires constituant une grosse part de la classe moyenne et donc non-éligibles à un dispositif d’aide. Pourtant il est de notoriété publique que la France est le mauvais élève de l’Europe en matière de justice fiscale et que l’évasion fiscale est au cœur des manques de recettes.
Suppression de l’encadrement dans les institutions éducatives, tant dans la formation initiale que dans l’encadrement périscolaire, renforçant ainsi la précarité alors qu’on ne cesse dans le même temps de critiquer la jeunesse pour ses manquements.
Sur le territoire français, la protestation s’organise et les initiatives s’enchaînent. Pétitions, appels au blocage, actions symboliques… le sentiment de colère grandit et pousse un grand nombre d’individus à l’action. Chez nous, la réalité est toute autre. L’actualité s’est figée entre deux dilemmes : rhum ou vin, bonjour ou juron !!!
Blasé ?
Nos élus, chargés de porter nos voix au niveau national et qui comme les autres émargent aux fonds publics, font leur travail, figés néanmoins dans la dénonciation ou la revendication souvent dans des modes désuets et sans grand impact. Nous nous plaisons à partager leurs plus belles interventions mesurant à cette occasion quel poulain fera le buzz. Nous en sommes encore à nous contenter de nous réjouir des envolées lyriques ou poétiques de celui-ci ou celle-là, sans véritablement pouvoir en mesurer l’efficacité, comme si la politique se limitait encore aujourd’hui seulement à l’art du verbe, comme si la faculté de pouvoir enrober les idées d’un bel emballage suffisait pour éluder la réelle substance du discours.
Traumatisés ?
Avons-nous perdu la foi dans l'utilité de la mobilisation ? Sommes-nous trop éloignés des centres de décision et convaincus de ne pas être en capacité de compter et encore moins de peser dans les décisions ou dans les solutions ? La grève de février 2009 plane encore sur les esprits y laissant même un relent de traumatisme. Tant de souffrance, de casse d’entreprises, pour finalement discuter de la baisse du prix du pot de Nutella !!! Ce mouvement a eu pour effet de renforcer chez les Martinique ce sentiment de « peur de manquer » hérité du temps de l’amiral Robert, et régulièrement entretenu par les événements climatiques. Notre réflexe face à cette peur est à l’origine des queues interminables dans les stations-services et de la prise d’assaut des supermarchés à la moindre alerte météorologique ou sociale.
Ce sentiment s’est renforcé par les trois semaines de la légitime grève de septembre 2017 contre la suppression des contrats aidés. La mobilisation dans la durée était principalement constituée de fonctionnaires pour lesquels aucun jour de grève n'a été prélevé. Le résultat a consisté à faire perdurer un système de précarité et d’injustice sociale. Précarité s’illustrant par un salaire de 637,38 euros pour 20 heures hebdomadaires de travail réel, incontournable, indispensable, effectuées dans le cadre de contrats de dix mois. Autrement dit, pas de salaire en juillet et en août. Aucune possibilité n’est donnée à ces personnes, malgré leur bonne volonté, d’effectuer une heure de plus dans la perspective d’augmenter leurs revenus. Il y avait pourtant là une véritable opportunité de tenter de changer un système.
Méfiants ?
Le silence d'aujourd'hui n’est rien d’autre que le prolongement de l'abstention électorale, et l'apparente douceur de vivre en Martinique laisse plutôt penser à une forme de résignation. S’il est vrai qu’à l’instar d’Emile Maurice et d’Aimé Césaire certains hommes ont été pour la Martinique de véritables visionnaires et des bâtisseurs inspirants, ce silence pourrait alors traduire la déception des martiniquais due à l’excès de confiance qu’ils avaient placés dans leurs successeurs, Alfred Marie-Jeanne, Serge Letchimy, Claude Lise, etc…
Les obédiences politiques, en manque d’inspiration et de propositions, ont accéléré la disparition des clivages pour laisser place à des regroupements d’idées et de propositions sur la base de contrat de gestion, faisant de la politique et de l’avenir de notre société une affaire de comptabilité. Tous ces rassemblements hétéroclites depuis 2010 pour la conquête du pouvoir pour le pouvoir ont fait des hommes politiques des gestionnaires. Les valeurs républicaines, humaines, sont foulées aux pieds pour le pouvoir à tout prix. Il y a eu tellement d’outrages fait à la politique que les idéologies n'ont plus de sens.
Sortir de la bipolarisation de la vie politique
La bipolarisation de la vie politique locale est omniprésente. A la moindre intervention, réflexion, le fichage est effectué et l’auteur catalogué. On est obligatoirement pour l’un ou contre l’autre, aucune place pour l’existence d’une quelconque expression émanant de la société civile. Certains médias ont d’ailleurs pour mission d’adouber ou de crucifier le premier qui bouge, pourfendeurs de toutes pensées qui ne seraient pas dans le sens de ce qu’ils ont pour mission de propager. Loin d’être des guerriers d’une cause ou d’une idéologie, ils se font soldats d’un pseudo militantisme, mais en réalité à la solde de leur mandant en attente de quelque provende qu’ils pourraient en retirer.
Une option salutaire, miser sur la jeunesse
La défiance citoyenne au regard de l’autorité publique, le manque de confiance, le manque de crédibilité des élus pourraient nous laisser penser que la démocratie représentative est arrivée à bout de ce qu’elle pourrait proposer aux organisations humaines pour se développer dans le respect des libertés fondamentales et des droits de l’homme.
La démocratie participative, par la place plus grande qu’elle fait à l’expression des citoyens, semble répondre à leurs aspirations, encore faut-il qu’elle puisse être réellement organisée et contrôlée par eux-mêmes. En ce sens, le changement du mode de scrutin s’avère être indispensable pour que les élus d’une liste ne soient plus tous redevables qu’à la seule tête de liste. En outre, c’est en plus une garantie pour la représentativité territoriale effective et un réel contre pouvoir.
Pour aller plus loin on peut se référer l’excellente contribution d’Yves Léopold Monthieux
S’il est vrai que les outils institutionnels dont s’est dotée la Martinique constituent une véritable avancée pour faire évoluer le système, la réalité politique est tout autre, avec des gouvernants relevant tant des mairies, que de la CTM, des EPCI ou encore des parlementaires, dont la sédentarisation au pouvoir, la vision, les modes de pensée et de démarches de résolution de problèmes sont loin des aspirations de la majorité du pays à savoir la jeunesse. Plus généralement, si l’on veut réconcilier le citoyen et la politique dans l’intérêt supérieur de la Martinique, progresser à réformer le système actuel semble être un impératif. La solution pourrait passer par le changement du personnel politique, oser, et accepter de laisser la place aux jeunes pour aller jusqu’au bout de l’innovation et espérer un véritable changement, et ainsi permettre aux aînés de jouer leur rôle de transmetteur en les accompagnant, et assurer leur formation politique. Il faut cesser cette instrumentalisation qui consiste à placer quelques jeunes sur une liste pour se donner bonne conscience.
Il faut surtout pouvoir donner à ce pays un nouvel élan car la préoccupation des martiniquais n’est pas tant d’aller aux urnes mais de pouvoir vivre décemment, et dignement. Cette condition ne sera réunie que dans un pays ou le personnel politique joue la carte de la transmission en favorisant l’accession des jeunes au pouvoir. De mieux en mieux formés, ce sont eux qui possèdent aujourd’hui les clés pour apporter une véritable plus-value non seulement politique, mais surtout économique.
Indifférents, blasés, dépités, repus, déçus, nous sommes peut-être un peu de tout cela, mais nous sommes surtout de plus en plus étrangers au destin de notre pays et la seule chance de nous en sortir est de réinventer le système.
Ni première, ni deuxième et encore moins une troisième voie, il faut un big bang, une révolution, un nouveau 22 mai 1848…?
Jeff Lafontaine/18 novembre 2018
Indifférents ?
S’il est un point où l’égalité des territoires se réalise, c’est dans les difficultés liées aux décisions gouvernementales :
Hausse effrénée du carburant que nous importons de la mer du Nord, pourtant nous sommes dans un bassin géographique producteur de pétrole
Diminution des retraites, néanmoins il nous est répété que la Martinique est en passe de devenir la plus vieille région de France et que sa population décroit à une vitesse vertigineuse
Suppression de l’abattement fiscal et des 40% des fonctionnaires, qui touche bien plus de personnes que les 4% annoncés, les fonctionnaires constituant une grosse part de la classe moyenne et donc non-éligibles à un dispositif d’aide. Pourtant il est de notoriété publique que la France est le mauvais élève de l’Europe en matière de justice fiscale et que l’évasion fiscale est au cœur des manques de recettes.
Suppression de l’encadrement dans les institutions éducatives, tant dans la formation initiale que dans l’encadrement périscolaire, renforçant ainsi la précarité alors qu’on ne cesse dans le même temps de critiquer la jeunesse pour ses manquements.
Sur le territoire français, la protestation s’organise et les initiatives s’enchaînent. Pétitions, appels au blocage, actions symboliques… le sentiment de colère grandit et pousse un grand nombre d’individus à l’action. Chez nous, la réalité est toute autre. L’actualité s’est figée entre deux dilemmes : rhum ou vin, bonjour ou juron !!!
Blasé ?
Nos élus, chargés de porter nos voix au niveau national et qui comme les autres émargent aux fonds publics, font leur travail, figés néanmoins dans la dénonciation ou la revendication souvent dans des modes désuets et sans grand impact. Nous nous plaisons à partager leurs plus belles interventions mesurant à cette occasion quel poulain fera le buzz. Nous en sommes encore à nous contenter de nous réjouir des envolées lyriques ou poétiques de celui-ci ou celle-là, sans véritablement pouvoir en mesurer l’efficacité, comme si la politique se limitait encore aujourd’hui seulement à l’art du verbe, comme si la faculté de pouvoir enrober les idées d’un bel emballage suffisait pour éluder la réelle substance du discours.
Traumatisés ?
Avons-nous perdu la foi dans l'utilité de la mobilisation ? Sommes-nous trop éloignés des centres de décision et convaincus de ne pas être en capacité de compter et encore moins de peser dans les décisions ou dans les solutions ? La grève de février 2009 plane encore sur les esprits y laissant même un relent de traumatisme. Tant de souffrance, de casse d’entreprises, pour finalement discuter de la baisse du prix du pot de Nutella !!! Ce mouvement a eu pour effet de renforcer chez les Martinique ce sentiment de « peur de manquer » hérité du temps de l’amiral Robert, et régulièrement entretenu par les événements climatiques. Notre réflexe face à cette peur est à l’origine des queues interminables dans les stations-services et de la prise d’assaut des supermarchés à la moindre alerte météorologique ou sociale.
Ce sentiment s’est renforcé par les trois semaines de la légitime grève de septembre 2017 contre la suppression des contrats aidés. La mobilisation dans la durée était principalement constituée de fonctionnaires pour lesquels aucun jour de grève n'a été prélevé. Le résultat a consisté à faire perdurer un système de précarité et d’injustice sociale. Précarité s’illustrant par un salaire de 637,38 euros pour 20 heures hebdomadaires de travail réel, incontournable, indispensable, effectuées dans le cadre de contrats de dix mois. Autrement dit, pas de salaire en juillet et en août. Aucune possibilité n’est donnée à ces personnes, malgré leur bonne volonté, d’effectuer une heure de plus dans la perspective d’augmenter leurs revenus. Il y avait pourtant là une véritable opportunité de tenter de changer un système.
Méfiants ?
Le silence d'aujourd'hui n’est rien d’autre que le prolongement de l'abstention électorale, et l'apparente douceur de vivre en Martinique laisse plutôt penser à une forme de résignation. S’il est vrai qu’à l’instar d’Emile Maurice et d’Aimé Césaire certains hommes ont été pour la Martinique de véritables visionnaires et des bâtisseurs inspirants, ce silence pourrait alors traduire la déception des martiniquais due à l’excès de confiance qu’ils avaient placés dans leurs successeurs, Alfred Marie-Jeanne, Serge Letchimy, Claude Lise, etc…
Les obédiences politiques, en manque d’inspiration et de propositions, ont accéléré la disparition des clivages pour laisser place à des regroupements d’idées et de propositions sur la base de contrat de gestion, faisant de la politique et de l’avenir de notre société une affaire de comptabilité. Tous ces rassemblements hétéroclites depuis 2010 pour la conquête du pouvoir pour le pouvoir ont fait des hommes politiques des gestionnaires. Les valeurs républicaines, humaines, sont foulées aux pieds pour le pouvoir à tout prix. Il y a eu tellement d’outrages fait à la politique que les idéologies n'ont plus de sens.
Sortir de la bipolarisation de la vie politique
La bipolarisation de la vie politique locale est omniprésente. A la moindre intervention, réflexion, le fichage est effectué et l’auteur catalogué. On est obligatoirement pour l’un ou contre l’autre, aucune place pour l’existence d’une quelconque expression émanant de la société civile. Certains médias ont d’ailleurs pour mission d’adouber ou de crucifier le premier qui bouge, pourfendeurs de toutes pensées qui ne seraient pas dans le sens de ce qu’ils ont pour mission de propager. Loin d’être des guerriers d’une cause ou d’une idéologie, ils se font soldats d’un pseudo militantisme, mais en réalité à la solde de leur mandant en attente de quelque provende qu’ils pourraient en retirer.
Une option salutaire, miser sur la jeunesse
La défiance citoyenne au regard de l’autorité publique, le manque de confiance, le manque de crédibilité des élus pourraient nous laisser penser que la démocratie représentative est arrivée à bout de ce qu’elle pourrait proposer aux organisations humaines pour se développer dans le respect des libertés fondamentales et des droits de l’homme.
La démocratie participative, par la place plus grande qu’elle fait à l’expression des citoyens, semble répondre à leurs aspirations, encore faut-il qu’elle puisse être réellement organisée et contrôlée par eux-mêmes. En ce sens, le changement du mode de scrutin s’avère être indispensable pour que les élus d’une liste ne soient plus tous redevables qu’à la seule tête de liste. En outre, c’est en plus une garantie pour la représentativité territoriale effective et un réel contre pouvoir.
Pour aller plus loin on peut se référer l’excellente contribution d’Yves Léopold Monthieux
S’il est vrai que les outils institutionnels dont s’est dotée la Martinique constituent une véritable avancée pour faire évoluer le système, la réalité politique est tout autre, avec des gouvernants relevant tant des mairies, que de la CTM, des EPCI ou encore des parlementaires, dont la sédentarisation au pouvoir, la vision, les modes de pensée et de démarches de résolution de problèmes sont loin des aspirations de la majorité du pays à savoir la jeunesse. Plus généralement, si l’on veut réconcilier le citoyen et la politique dans l’intérêt supérieur de la Martinique, progresser à réformer le système actuel semble être un impératif. La solution pourrait passer par le changement du personnel politique, oser, et accepter de laisser la place aux jeunes pour aller jusqu’au bout de l’innovation et espérer un véritable changement, et ainsi permettre aux aînés de jouer leur rôle de transmetteur en les accompagnant, et assurer leur formation politique. Il faut cesser cette instrumentalisation qui consiste à placer quelques jeunes sur une liste pour se donner bonne conscience.
Il faut surtout pouvoir donner à ce pays un nouvel élan car la préoccupation des martiniquais n’est pas tant d’aller aux urnes mais de pouvoir vivre décemment, et dignement. Cette condition ne sera réunie que dans un pays ou le personnel politique joue la carte de la transmission en favorisant l’accession des jeunes au pouvoir. De mieux en mieux formés, ce sont eux qui possèdent aujourd’hui les clés pour apporter une véritable plus-value non seulement politique, mais surtout économique.
Indifférents, blasés, dépités, repus, déçus, nous sommes peut-être un peu de tout cela, mais nous sommes surtout de plus en plus étrangers au destin de notre pays et la seule chance de nous en sortir est de réinventer le système.
Ni première, ni deuxième et encore moins une troisième voie, il faut un big bang, une révolution, un nouveau 22 mai 1848…?
Jeff Lafontaine/18 novembre 2018
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