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mercredi 19 août 2020

LE SENS DE DÉCENNIES DE LUTTE POUR NOTRE ÉMANCIPATION NATIONALE


La Martinique est une Nation. Dans cette Nation vit un Peuple pluriel : le peuple martiniquais. Ce peuple -comme tous les peuples mais pour des raisons différentes- a une histoire particulière. Celle-ci est fondée sur le système de l’esclavage des Africain.e.s déporté.e.s en Martinique, nos ancêtres. Cette histoire violente et déshumanisante a laissé des séquelles de toutes natures, profondes, singulièrement dans la population Afrodescendante.

L’esclavage et la colonisation, de même que la départementalisation, sous des formes plus insidieuses, ont cherché à anéantir nos racines africaines, par une éducation fondée sur l’afrophobie. On nous a savamment inculqué la haine de nous-mêmes. La voie du « salut », sur les plans culturel, social, spirituel, existentiel, dans la société dite « créole », consistait à « chapé », le plus vite, le plus tôt, le plus loin possible de notre « africanité ».

Mais on ne construit pas un destin de peuple sur une immense falsification et un abîme d’aliénation culturelle. . La déconstruction de l’idéologie suprématiste européenne doit embrasser tous les champs de notre existence : statuaire certes, mais aussi historique, culturel, idéologique, économique, politique... Ceci est vrai pour nous comme pour toutes les sociétés de la Caraïbe et des Amériques formées dans le même moule esclavagiste et colonialiste. Les Tamouls (Dravidiens) arrivés en Martinique à partir de 1853, après l’abolition de l’esclavage, en 1848, n’ont pas eu, sur le fond, un sort plus enviable.

Pour celles et ceux qui, depuis longtemps, se battent pour l’émancipation nationale et sociale du peuple martiniquais ces questions ne sont pas nouvelles. On ne les découvre pas en 2020... Le regretté professeur de philosophie, Henry BERNARD, surnommé « « Rasin », originaire de la Guadeloupe, avait, à ce propos, dans un disque sorti en 1970, donné une brillante analyse intitulée « conscience de race, conscience de classe, conscience nationale ». Tout cela n’est donc pas très nouveau.

L’esclavage et la colonisation sont, structurellement, l’expression d’une idéologie qui divise les êtres humains en « races » dites inférieures ( « personnes de couleur ») et en « races » qui se prétendent supérieures ». Rappelons que c’est un fils d’Haïti, Anténor FIRMIN, qui, en 1885, dans son ouvrage, « De l’égalité des races humaines. Anthropologie positive. », donnait une réplique cinglante à GAUBINEAU, l’auteur de « Essai sur l’inégalité des races humaines » (1853-1855).

La Nation martiniquaise n’est pas ethniquement homogène disions-nous, en introduction de ce texte. Loin de là. Elle est constituée, entre autres composantes, d’Afrodescendant.e.s et d’Indodescendant.e.s qui se sont souvent retrouvé.e.s ensemble dans les révoltes et luttes sociales qui ont marqué notre histoire.

Personne ne doit être nié. L’ambition de l’OJAM, née après les émeutes de décembre 1959, consistait à mobiliser les Martiniquais.es, dans leur diversité, pour débarrasser la Martinique de la présence coloniale française. Les organisations patriotiques et anticolonialistes apparues à la fin des années 60 se sont inscrites dans la même tradition. Une tradition heureuse qui ne fait pas des origines géographiques l’alfa et l’oméga de notre combat. Même si nous savons précisément où se trouvent les abcès à crever.

Il y a donc eu, à travers ces décennies de luttes anticolonialistes, une vision, une perspective, une pensée : éduquer, organiser, mobiliser le peuple martiniquais afin qu’il accède à sa pleine souveraineté, sur le sol de Martinique. C’est cette lutte qu’ont assumée courageusement et dans des conditions extrêmement difficiles, des générations de militant.e.s, de l’OJAM à aujourd’hui, en passant par Daniel BOUKMAN, Guy CABORT-MASSON, Marc PULVAR et bien d’autres. Des décennies d’engagement et de sacrifices ne semblent pas encore, apparemment, avoir payé. En réalité, elles ont profondément contribué à l’évolution du peuple martiniquais

Nous posons comme postulat que c’est la souveraineté nationale seule qui nous permettra de déconstruire définitivement ce système, à condition, bien entendu, qu’elle ne soit pas conçue comme une fin en soi mais comme un outil de transformation radicale du système colonial.

Le colonialisme français a une extraordinaire capacité de flexibilité et un redoutable sens de l’opportunisme : il vous laissera défendre votre patrimoine et vous y aidera même; il vous laissera détruire toutes les statues que vous voudrez (Joséphine cou coupé, statue de De Gaulle brûlée à deux reprises au Morne-Rouge...), aussi courageuses que puissent être ces actions; il vous aidera peut-être à construire les musées où les parquer. Tant que vous ne serez pas en mesure de prendre le pouvoir politique, il ne se sentira pas autrement inquiété.

Francis CAROLE
Vendredi 7 août 2020

dimanche 6 octobre 2019

UN DRAPEAU ROUGE-VERT-NOIR LIGHT ?


On peut comprendre que certains d’entre nous cherchent à élargir au maximum le rassemblement autour du RVN. L’entreprise, quant au fonds, est légitime et louable. Mais se pose aussitôt la question du sens que nous voulons donner à cet emblème.

Aussi, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger quand nous entendons, ici ou là, que le RVN serait simplement un symbole « identitaire », une manière de marqueur régional. Et surtout pas un drapeau indépendantiste ! L’ambition de la Martinique consisterait donc, dans le cadre de la République, devenue récemment, par la grâce de Macron, « archipélagique », à disposer de son petit blason rouge, vert et noir, variante du 972 numérique. Un non sens !

Le colonialisme s’accommode avec grâce de ces arrangements insignifiants qui plongent pourtant dans un bonheur indicible un certain nombre de colonisés qui se nourrissent ainsi de l’illusion d’avoir remporté une immense bataille politique. Vous ne voulez plus de l’écusson aux serpents ? Qu’à cela ne tienne ! Vous aurez désormais de jolis morceaux de chiffon avec la yole, un peu de rouge-vert-noir, du bleu, du jaune...et un peu de blanc aussi.

Certes, on ne pleurera pas la mort des serpents ! Mais, en réalité, qu’est-ce qui aura vraiment changé ? Les mêmes épaules qui portaient les serpents arboreront une yole. Et après ? Rien. Les structures coloniales n’auront pas changé d’un iota. L’empire français est passé maître dans l’art du colifichet politique. Le plus triste, c’est qu’il trouve encore des adeptes.

Notre honneur sera de toujours dire la vérité à notre peuple. Le drapeau Rouge-Vert-Noir n’est pas le drapeau d’une région française. C’est un drapeau nationaliste. C’est le symbole de celles et de ceux qui reconnaissent qu’il y a un peuple martiniquais, une nation martiniquaise et que ce peuple et cette nation ont droit à la souveraineté. L’énoncer clairement n’est ni un dogmatisme, ni un sectarisme , ni un passéisme mais l’expression d’une volonté lucide de s’inscrire dans une histoire, dans un parcours et dans un engagement pour notre futur. C’est tenter de redonner sens à nos actions et à nos choix, singulièrement dans un contexte idéologique délétère qui voit s’accentuer l’émiettement mortifère de nos forces.

Seuls le développement de la conscience nationale, nos luttes multiformes (politiques, économiques, idéologiques, culturelles, écologiques), notre capacité à faire vraiment peuple créeront les conditions du triomphe de nos couleurs. Ce n’est pas qu’une affaire de déclarations.

Francis CAROLE
Vendredi 26 avril 2019

dimanche 21 avril 2019

LA CAISSE DES ÉCOLES DE FORT-DE-FRANCE : UNE GESTION EXEMPLAIRE ?


Lors de l’émission « Le Kiosque », du vendredi 12 avril, Eddie Marajo, de « Business News », déclarait que « tous les services publics non contrôlés et qui intègrent de l’argent liquide, ont servi à financer des partis politiques. Les transports publics de Fort-de-France (...) comme on est sur la CFTU, la CFTU c’est Fort-de-France... Tous les services publics de transport ont servi de financement occulte des partis politiques et des municipalités. Tous les services publics de cantines ont servi de financement occulte des partis politiques et des municipalités. […]. Parce que si tu renonces au liquide, tu renonces à la vie de ton parti, de la municipalité, de tes actions anbafey , etc. […]. Cet argent allait où ? »

Dans un communiqué en date du 16 avril -quatre jours après donc !- le maire de Fort-de-France et sa majorité ont, finalement, tenu à répondre à ce qu’ils considèrent comme des « accusations graves et infondées » mettant en cause « l’honneur et l’intégrité » des élues-élus PPM de la capitale.

Pour ce qui est des transports, Didier LAGUERRE a préféré courageusement botter en touche en affirmant que « la ville de Fort-de-France n’a plus de compétence en la matière.» Nous y reviendrons le moment venu.

Pour ce qui a trait à la cantine municipale, la majorité revendique une pratique de parfait respect du cadre réglementaire.

La ville de Fort-de-France est-elle vraiment au-dessus de tout soupçon ?

🔹UNE GOUVERNANCE DÉLÉTÈRE

Le Rapport de la Chambre Régionale des Comptes de mai 2010, portant sur la gestion, l’organisation et le fonctionnement institutionnel de la Caisse des écoles , sa situation financière, la restauration scolaire, entre 2002 et 2010, inflige un démenti sévère à l’image de transparence irréprochable que Didier LAGUERRE voudrait donner de cette institution.

La Cour Régionale des Comptes dénonce d’abord les « importantes irrégularités institutionnelles » de la Caisse, lesquelles ont pu favoriser toutes les dérives y compris le financement occulte dénoncé par le responsable de « Business News ».

Plusieurs dysfonctionnements graves ont été mis en lumière, révélant l’état délétère de la Caisse, dans la période étudiée par la CRC.

En effet, les différents organes de la Caisse ne répondaient pas aux exigences réglementaires et statutaires :

-le conseil d’administration était irrégulièrement constitué;

-l’assemblée générale n’avait jamais été réunie;

-les moyens de la Caisse, institution juridiquement autonome, étaient totalement intégrés à ceux de la commune, situation qui générait une immense confusion dans l’exercice des attributions respectives des deux entités;

-la Caisse des écoles n’établissait pas de rapport annuel d’activité propre;

-les « états du personnel » qui doivent obligatoirement figurer en annexe des comptes administratifs et budgets primitifs n’étaient jamais produits par la Caisse, en méconnaissance des dispositions combinées des articles R. 2313-6, L. 2313-1 et R. 2313-3 du CGCT ;

-« les mises à disposition de personnel communal au profit de la Caisse des Ecoles s’effectuaient dans des conditions irrégulières (arrêtés de mise à disposition caducs, absence de convention(s) conclue(s) avec la commune, défaut de justification au non remboursement par la Caisse des 
rémunérations correspondantes, non rédaction du rapport obligatoire sur l’état des mises à disposition, dont le nombre n’est pas précisément connu). »

🔹UNE OPACITÉ FINANCIÈRE DÉMONTRÉE

Le désordre institutionnel que nous venons d’analyser allait de pair avec l’absence de transparence financière de la Caisse des écoles, pour la période 2002-2010. La Chambre Régionale des comptes pointait à cet égard de nombreux errements.

Ainsi, les principes comptables élémentaires qui s’imposent à toutes les Caisses étaient délibérément piétinés par la majorité municipale :

-les débats d’orientation budgétaires préalables à l’adoption du budget étaient systématiquement ignorés ( sauf en 2002, 2004 et 2005);

-les états permettant d’éclairer les élus, les contribuables foyalais et les usagers, en annexe des budgets primitifs et des comptes administratifs n’étaient pas produits;

D’autre part, les chiffres qui apparaissaient dans les comptes de la Caisse des écoles de la ville ne reflétaient 
pas le coût réel de son fonctionnement.

Le rapport de la Chambre Régionale des Comptes soulignait clairement que les comptes « ne retracent pas intégralement toutes les charges de la Caisse, ni 
toutes ses recettes en nature. »

La Chambre concluait que « les budgets et les comptes de la Caisse des Ecoles de Fort-de-France se caractérisent par un défaut de transparence en raison de la méconnaissance par l’établissement de nombreuses dispositions législatives 
et réglementaires relatives à l’information financière. »

Ainsi, contrairement aux affirmations de la majorité municipale, la gestion de la Caisse des écoles de Fort-de-France est loin d’être au-dessus de tout soupçon. Le rapport de la Chambre Régionale des Comptes le montre on ne peut plus clairement. Cette gestion calamiteuse, méprisant les règles les plus élémentaires en matière de transparence administrative et financière, est à l’image de l’opacité globale des finances de la ville.

Ces pratiques budgétaires inquiétantes de la majorité ont été encore mises en évidence par un rapport de la CRC sur le budget 2018 faisant état d’un déficit de 55 839 382, 35 €. Injonction est faite à la ville de procéder dès le prochain conseil municipal aux régularisations qui s’imposent. Ce déficit de 20% du budget expose largement la commune à une mise sous tutelle.

Je tenais à apporter aux Foyalaises et aux Foyalais ces éléments d’information sur la gestion de notre ville. La situation globale, qui n’a cessé de se dégrader au fil des années, convie chacune et chacun d’entre nous à tout mettre en œuvre pour qu’un coup d’arrêt soit enfin donné à ces dérives et à la lente agonie de Fort-de-France.

Francis CAROLE

FORT-DE-FRANCE

Dimanche 21 avril 2019

lundi 4 avril 2016

LES FOSSOYEURS


La plénière de la CTM du 30 mars, principalement consacrée au vote des comptes administratifs des deux anciennes collectivités départementale et régionale, a été précédée d'une intense campagne de désinformation organisée par le néo-PPM et son chef qui ne parvient décidément pas à se relever de sa dépression post-électorale.

L'ancien président du Conseil Régional, incapable de tirer sereinement le bilan de son échec, impuissant à se remettre en question, convaincu que la Martinique est sa chose, s'enferme dans des postures dont on peut douter de la rationalité et de la pertinence politique. Ses excès de langage sur radio Mille Collines ( radio Sud-Est), ses mensonges répétés, ses appels à la haine, ses manœuvres incessantes et vaines sur la reconstruction du lycée Schoelcher, son ton hystérique renforcent l'image du revanchard prêt à sacrifier le monde entier pour satisfaire un ego frustré.

L'attitude du rentier du césairisme est aux antipodes de celle d'Aimé Césaire qui, dans les moments de défaites, savait, lui, prendre de la hauteur, reconnaître ses erreurs, mesurer humblement la route à parcourir et redéfinir, rationnellement, sa stratégie et ses tactiques.

Mais Létchimy n'est pas Césaire : c'est presque devenu une banalité de l'écrire.

Ainsi, le député de Fort-de-France a inondé la presse et les réseaux sociaux de l'argutie selon laquelle une "lettre du préfet", prétendument envoyée à Alfred Marie-jeanne, accréditait la thèse fantaisiste d'un excédent du compte administratif de l'ancienne région.Dès lors, Alfred Marie-Jeanne était péremptoirement sommé de rendre public ce miraculeux courrier, sorte d'indulgence ayant le pouvoir d'exempter l'ancien président de région de ses péchés budgétaires.

En réalité, ce courrier n'a jamais existé. Il n'était que le produit virtuel de la stratégie de désinformation conçue par le président du néo-PPM lui-même, à partir de radio Mille Collines. Ce dernier s'est livré à une autre forfaiture : celle consistant, la veille de la plénière du 30 mars, à quémander à la ministre des outre-mers, par lettre en date du 29 mars, " un état précis de la situation financière du Conseil Régional et du Conseil Général, au 31 décembre 2015 et au 31 janvier 2016".

L'Etat était donc appelé à la rescousse de l'argumentaire défaillant du néo-PPM, au mépris du principe de libre administration des collectivités locales. Ce faisant, les dirigeants de ce parti permettaient une immixtion insupportable du gouvernement dans le débat sur les comptes administratifs du Conseil Général et du Conseil Régional, en pleine séance de travail de la Collectivité Territoriale de Martinique.

Il s'agit là d'un précédent désastreux qui illustre le désarroi et l'absence d'esprit de principe de Serge Létchimy. Jamais Aimé Césaire ne se serait abaissé à une telle indignité... La différence est aussi là. Mais on sait qu'il y a plusieurs manières d'être Brutus, la pire des formes étant d'assassiner les idées du père tout en prétendant les défendre.

L'ultime confusion entretenue par les anciens dignitaires de l'ex-Région porte sur la notion de trésorerie. En effet, contrairement à leurs allégations, une collectivité peut disposer d'une trésorerie "positive" tout en ayant un compte administratif déficitaire, pour la simple raison qu'elle n'aura pas honoré toutes ses obligations financières vis-à-vis de ses créanciers, durant l'exercice budgétaire annuel.

On pourrait prendre l'image de cet homme qui descend à Foyal un mardi gras pour faire la fête, avec 300 euros en poche. Il a manifestement de la trésorerie ! L'embêtant c'est qu'il n'a encore payé ni son loyer, ni l'eau, ni l'électricité, ni les repas de ses enfants, ni le voisin "enragé" qui attend d'être remboursé d'un prêt qu'il lui avait accordé.

Les Comptes Administratifs du Conseil Général et du Conseil Régional retracent les exécutions budgétaires de l'année 2015. Ils doivent donc impérativement tenir compte des restes à réaliser, en recettes et en dépenses (un peu comme cela à été évoqué dans le cas de notre ami du mardi gras ).

Autant pour le Conseil Général que pour le Conseil Général, les Comptes Administratifs 2015 révèlent un déficit.

Le déficit du Département s'élève à -7 767 706,62 €.

La situation de la Région est bien plus dramatique. Le résultat global net de clôture est de -23 637 715, 22€. Ce résultat est constitué de -12 984 421, 74 € en résultat comptable du compte qui est conforme au compte de gestion du payeur et de -10 653 293,48 € en dépenses engagées non mandatées.

À ces -23 637 725, 22€ on doit ajouter des sommes dues et non mandatées au 31 décembre 2015 d'un montant de 55 555 927, 59 €.

C'est à partir de ce passif que nous devrons élaborer le premier budget de la CTM, avec pour objectifs de redresser les finances et de mettre en œuvre le programme pour lequel nous avons été élus.

Pour l'heure, la Martinique, du fait de la gestion de Létchimy et de EPMN, hérite d'une situation financière catastrophique qui pèsera inexorablement sur les projets de la collectivité.

En conclusion, la plénière des 30 et 31 mars a fait la démonstration irréfutable des dérives financières dans lesquelles le néo-PPM et EPMN ont entrainé la Martinique. Elle marque un moment clef dans la vie de la CTM. L'opposition a été d'une faiblesse politique mémorable et a révélé, dans cette plénière et dans ses autres manifestations médiatiques, sa stratégie de rumeurs et de milans qui ramène l'action politique au niveau le plus pestilentiel.

Ce qui se joue aujourd'hui déterminera l'avenir de notre pays. Ce n'est pas que l'affaire des élus. Nous avons, plus que jamais, besoin de la vigilance et de la mobilisation du peuple pour faire échec aux manœuvres des revanchards du 13 décembre et redonner de l'espoir à notre pays. L'action de la CTM devra donc, tout au long des années à venir, être relayée par un effort permanent de pédagogie politique et de mobilisation populaire.


Par Francis CAROLE
Martinique
Le 4 avril 2016

lundi 25 novembre 2013

A Alain Plénel

"C’est l’histoire d’un homme dont la vie a été déterminée par un simple « non ». Un non d’évidence pour lui, d’imprudence pour la plupart. Un non contre le colonialisme, l’injustice qui est son ressort, le racisme qui est sa conséquence. Maintenant qu’il n’est plus, je me dois de la rappeler."  suite

Très intéressant article sur Alain PLENEL, par son fils. Il convient néanmoins, pour l'écriture de l'histoire, de préciser que l'hommage rendu à Alain PLENEL en 2009 (voir paragraphe 3 de l'article) l'a été par un large collectif d'organisations politiques et populaires, dans le cadre du cinquantenaire de la commémoration des événements de DÉCEMBRE 1959.

Ce collectif PALIMA, MIM, PCM, CNCP, MODEMAS, RDM, PKLS, GRS, UFM, MPRM, ASSAUPAMAR...etc...) avait en effet considéré qu'il fallait absolument associer Alain PLENEL à ce moment de notre histoire auquel il appartient définitivement. Édouard GLISSANT avait assisté à l'hommage rendu par le collectif à Alain PLENEL, dans la grande salle de l'ATRIUM, complètement remplie en cette circonstance. 

Rappeler le contexte de cet hommage de 2009, c'est mettre l'accent sur la large considération dont jouissait cet homme, y compris dans les rangs de militants anti-colonialistes qui ne l'avaient pas connu directement ou qui n'étaient pas nés au moment des événements de décembre 1959 mais qui savaient la force de son engagement contre le colonialisme.

Francis CAROLE

mardi 27 août 2013

QUI SONT LES VERITABLES COMMANDITAIRES DU "MASSACRE CHIMIQUE" ?


Ainsi, comme ils l'ont fait en Libye, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont décidé de créer les conditions du renversement du régime en place à Damas.

On peut être en désaccord politique avec ce pouvoir , on peut souhaiter qu'une alternative démocratique et de progrès soit offerte au peuple syrien, mais on ne saurait en aucune manière cautionner la mise en scène aussi obscène que cynique qui se déroule sous nos yeux pour justifier une intervention militaire brutale et illégale contre la Syrie.

Au nom de la "démocratie" et des "droits de l'homme", Obama, Cameron et Hollande préparent l'accession au pouvoir des islamo-fascistes payés par le Qatar et l'Arabie Saoudite qui ont répandu haine, chaos et désespoir en Irak, en Libye et ailleurs. 

Quant au fond, les véritables responsables politiques du "massacre chimique" alibi sont ceux qui n'attendaient que ce prétexte pour justifier une opération militaire contre le régime de Bachar El-Assad et qui s'empressent d'accomplir leur forfait sans même attendre les conclusions de la commission d'enquête de l'ONU.

L'avenir nous révélera que cette attaque chimique n'aura été, en définitive, qu'une opération téléguidée aussi peu crédible que la campagne de manipulation médiatique qui avait précédé l'invasion de l'Irak, au prétexte que ce pays disposait d'armes de destruction massive dont l'existence n'a jamais été prouvée.

Derrière la campagne de manipulation de masse en cours, derrière le déferlement de violence occidentale qui s'abattra sans doute sur la Syrie, avec son cortège de destructions et de civils massacrés ( au nom des droits de l'homme), se dissimulent des intérêts qui ne s'embarrassent guère du droit à la vie et au progrès du peuple syrien. 

L'intervention militaire illégale de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis en Syrie s'inscrit, en effet, dans la stratégie globale de contrôle des zones riches en pétrole (Irak, Libye) et des routes de ce pétrole. En outre, dans le cas particulier de la Syrie, il s'agit de détruire un Etat jugé "menaçant" pour Israël, dans un contexte de guerre larvée contre l'Iran.

Le "massacre chimique" alibi, si précipitamment attribué à Bachar El-Assad par les islamo-fascistes et leurs commanditaires de tous bords, sert, objectivement, les intérêts et les projets de ceux qui se préparent à écraser la Syrie.

Francis CAROLE

MARTINIQUE
Le 17 août 2013

mercredi 13 février 2013

QUAND SERGIO SE DRAPE DANS LA JUPE DE TAUBIRA POUR PRENDRE POSITION...


Après un silence pesant durant les longues semaines qui ont précédé le débat sur le mariage pour tous, après un silence dense durant tout le débat parlementaire sur cette question, après avoir laissé Christiane TAUBIRA batailler contre les opposants à cette loi, Serge LETCHIMY, courageux, sort enfin de son mutisme !

Il évoque, toujours avec le même courage, sa « mission parlementaire à propos de l’article 349 du Traité de Lisbonne » pour justifier sa défection.

Le prétexte est à la fois enfantin, facile et fallacieux, tant il reste évident que cette mission ne pouvait pas constituer un obstacle à une prise de décision moins tardive, sur une question aussi sensible. Surtout quand on est parlementaire !

Pas un mot donc de soutien à la garde des sceaux durant les débats, malgré des attaques brutales, souvent injustes, le tout dans un climat politique d’une rare hostilité !

La lettre ouverte de Letchimy à sa « chère Christiane » n’intervient qu’après que celle-ci, en raison de qualités qui lui sont propres et grâce à un effort de pédagogie remarqué, a contribué à dépassionner le débat et a suscité respect et admiration pour sa maîtrise des dossiers et la qualité de ses interventions.

Ce n’est pas très élégant intellectuellement et moralement,Sergio!

Le courage ne consiste pas à rester embusqué pendant des semaines, à laisser Christiane TAUBIRA prendre tous les coups pour, après seulement, te précipiter pour lui adresser un courrier de soutien, dans l’objectif évident de tirer un profit politique de la popularité de la garde des sceaux et en te drapant dans sa jupe pour justifier ta position devant l’opinion publique martiniquaise.

La « chère Christiane » appréciera…

En tout cas, bravo au brillant général des guerres déjà achevées !

Francis CAROLE
MARTINIQUE-Lundi 11 février 2013

dimanche 12 juin 2011

"Ensemble pour une Martinique nouvelle" pas ensemble pour les prochaines sénatoriales ?



France-Antilles de ce samedi 11 juin publie, en première page, un article au parfum délicieux d'amertume : "Antiste n'entend pas passer son tour". On y apprend que le maire du François "se dit déterminé à se présenter aux sénatoriales, malgré l'annonce d'autres candidatures du groupe Ensemble pour une Martinique nouvelle". 

On ignore pour l'heure jusqu'où ira cette proclamation d'existence du maire du François dont on perçoit bien, plénière après plénière du Conseil régional, la considération très relative que lui accorde le président de cette institution. Sans doute rentrera-t-il dans les rangs, n'ayant pas le courage d'aller jusqu'au bout de ce qui n'apparaîtra,finalement, que comme une révolte d'opérette...

Il reste que les deux postes de sénateurs ont fait l'objet de trocs politiciens  qui ont  précédé  la constitution de l'actuelle majorité régionale.Des promesses ont été ainsi faites à beaucoup d'aspirants sénateurs, y compris à un certain P. Samot...Des promesses au-delà des possibilités réelles d'apaiser les faims gargantuesques et nombreuses qui grouillent dans les rangs de cette alliance.  Aujourd'hui, ce sont donc pas moins de quatre élus de "Ensemble pour une Martinique nouvelle" qui se disputent ces deux postes, à trois mois seulement des élections sénatoriales  : L.J. Manscour, L. Crusol, S. Larcher et maintenant Antiste. La lutte des postes se voit donc lancée. La "Martinique nouvelle" est en marche...Acclamons-la !

Francis Carole