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dimanche 20 janvier 2013

L’intervention impérialiste au Mali


Contrairement à ce qu’affirment François Hollande et son gouvernement, l’intervention de l’armée française au Mali n’a rien à voir avec les prétendues « valeurs de la France », les « droits de l’homme » ou d’autres préoccupations « humanitaires ». Il s’agit d’une intervention impérialiste visant à protéger les intérêts des multinationales françaises dans la région. Le récent effondrement de l’Etat malien et l’offensive des djihadistes dans le nord du pays menacent de déstabiliser les pays frontaliers du Mali, où la classe dirigeante française exploite à une vaste échelle des ressources naturelles : l’uranium au Niger, l’or en Mauritanie, le gaz et le pétrole en Algérie, etc.

Loin de « lutter contre le terrorisme », cette intervention militaire fera le jeu des groupes fondamentalistes implantés en Afrique du Nord. L’agression impérialiste de la Libye, en 2010, a renforcé l’armement des fondamentalistes. Bon nombre des armes entre les mains des djihadistes qui occupent le nord du Mali viennent de Libye. Au lieu de « ramener la stabilité », l’intervention française aggravera l’instabilité régionale. Et ceux qui en payeront le prix forts, comme toujours, seront les populations déjà en proie à une extrême pauvreté.

Les objectifs de guerre du gouvernement français sont la reconquête du nord du Mali et la reconstruction d’un Etat malien soumis aux intérêts impérialistes français et contrôlant l’ensemble du territoire. C’est impossible sans le déploiement au sol d’un nombre important de soldats, sur une longue période, avec son lot d’attentats, de soldats et de civils tués, sans oublier les centaines de millions d’euros – et peut-être davantage – qui seront dépensés par l’Etat français, au moment même où François Hollande impose la rigueur budgétaire à la masse de la population. Il n’y a pas d’argent pour les hôpitaux et les services publics – mais il y en a pour défendre les intérêts de l’impérialisme français.

Les gouvernements européens et américain « approuvent » unanimement l’intervention française, promettent toutes sortes d’aides logistiques, mais se montrent très réticents à envoyer des soldats sur le terrain. Ils savent que cette guerre sera longue et coûteuse. Ils laissent généreusement aux soldats français le privilège de risquer leur vie pour le compte de multinationales – et au gouvernement français celui d’en payer le prix politique et budgétaire.

Le Front de Gauche et le mouvement syndical doivent condamner cette intervention et exiger le retrait des soldats français engagés au Mali. Les peuples de la région n’ont rien de bon à attendre de cette nouvelle aventure militaire. Ce sont les impérialistes qui, depuis des décennies, sèment le chaos, la misère et la désolation sur le continent africain. Ils ne peuvent pas être à la fois le problème et la solution. Seule une mobilisation des masses africaines, contre le capitalisme et l’impérialisme, leur ouvrira un avenir digne de ce nom.

mercredi 16 janvier 2013

Mali : début des combats entre les soldats français et les rebelles


Les combats au sol ont commencé au Mali entre les forces françaises et les insurgés islamistes de la coalition du Nord. Une colonne française et malienne partie le 15 janvier est aujourd’hui au contact et va combattre l’ennemi autour de la ville de Diabaly tombée le 14 janvier aux mains des rebelles. Le contingent militaire français engagé dans le pays est actuellement de 750 hommes et sera porté à 2 500. 

lundi 14 janvier 2013

La rue de Bamako soutient l'intervention française contre les rebelles


Actuellement dans les rues de Bamako c'est l'unanimité face à l'intervention française contre les rebelles qui tiennent le nord du Mali depuis près d'un an. Tous saluent l'intervention militaire de l'aviation française. Mais est ce que vous connaissez le prix d'une bombe d'un avion Mirage français? Est ce que vous savez combien de litres de carburant cet avion brûle à chacune de ses sorties ? Ne soyez pas naïfs de croire que cette intervention militaire massive des occidentaux dans votre pays sera gratuite. Les pays n'ont pas d'amis mais des intérêts. Vous allez payer ça politiquement et financièrement. Quand ce moment viendra ne pleurez pas hein. Personnellement j'aurais aimé que l'armée malienne puisse acheter des armements pour mener elle même cette guerre. À défaut, j'aurai préféré que ce soit la CEDEAO ou l'Union Africaine qui vienne en aide aux maliens. Depuis plus de 6 mois que de tergiversations de la part des africains. Des inutiles réunions de chefs d'État major et de chefs d'État ont eu lieu à Abidjan sans aboutir à des résultats concrets. Maintenant que la France a commencé à bombarder, voici que les présidents africains telles des couilles molles envoient maintenant des soldats au Mali à la suite de leur papa gaulois. Pendant ce temps quid de l'armée malienne. Quand vous aurez fini de bombarder les islamistes, comment l'armée malienne fera pour tenir raisonnablement les zones libérés sachant qu'elle n'a pas de moyens militaires et que vous avez tout fait pour ne pas qu'elle en ait avec des embargos militaires sur ce pays et des armes confisqués dans certains pays de la sous région?

Moriba F.

Le Mali : chronique d’une recolonisation programmée



« Que les chèvres se battent entre elles dans l’enclos est préférable à l’intermédiation de l’hyène ». Proverbe bamanan.
1. Le Mali dans l’ordre cynique du monde

Mis en lumière par l’amputation des deux tiers de son territoire, le coup d’Etat du 22 mars 2012 et l’embargo total de la CEDEAO, l’extrême vulnérabilité du Mali tient d’abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l’intervention directe de l’OTAN en moins.

L‘impérialisme collectif avait besoin d’exploiter, comme à Benghazi, les rancœurs et les rancunes d’une partie de la population qui a le sentiment d’être marginalisée. La rébellion touareg faisait parfaitement l’affaire. La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) vient d’être satisfaite avec la complicité de la « communauté internationale ».

L’os malien étant bien moins dur à briser que l’os libyen, il suffisait de mettre à profit l’état de déliquescence de l’armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d’armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué.

Tout cela s’est passé rapidement, entre le 17 janvier 2012 et le 04 avril 2012. Les puissants membres de la « communauté internationale » n’ont donc pas eu à se salir les mains. Ils pensent avoir l’honneur sauf pour avoir fait des déclarations de principes sur l’inviolabilité de l’intégrité territoriale du Mali. Or, c’est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré qu’ils ont atteint leurs objectifs que les Etats-Unis d’Amérique leur ont demandé de « cesser » les opérations militaires.

Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n’ont pas vu venir et que certains d’entre eux refusent toujours d’admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l’Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n’a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l’émigration « clandestine » et Al Qaeda au Maghreb (AQMI).

Plus ou moins indifférente au sort du peuple malien face à la double agression de la rébellion et de la CEDEAO, l’opinion publique occidentale est ébranlée après avoir appris la participation de Ançar dine et de AQMI à cette recolonisation du Mali.

2. La violence de la CEDEAO contre le peuple martyr du Mali

Ebranlés et meurtris à l’idée d’être un peuple sans Etat et sans armée digne de ce nom face à des combattants lourdement armés, faisant tomber les villes les unes après les autres, les Maliennes et les Maliens subissent à présent le traitement de choc de l’embargo total de la part de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

C’est lors du Sommet extraordinaire du 27 Mars 2012 à Abidjan (Côte-d’Ivoire) que l’organisation sous-régionale a pris la décision d’envoyer à Bamako une délégation de très haut niveau pour demander au Capitaine Amadou Haya Sanogo qui a pris le pouvoir 22 Mars 2012 de restaurer, le plus rapidement possible, l’ordre constitutionnel. Elle a du rebrousser chemin face à la mobilisation des victimes de la démocratie formelle et corrompue qui vivent ce coup d’Etat comme une délivrance. C’est à l’aéroport d’Abidjan que les Chefs d’Etats de la CEDEAO ont donné aux nouvelles autorités maliennes un ultimatum de 72 heures pour s’exécuter au risque de voir le Mali subir un embargo.

Ils ont mis cette menace à exécution à partir du lundi 02 Avril 2012, alors qu’à l’issue de la rencontre à Ouagadougou (Burkina Faso) d’une délégation du CNRDRE avec le Président du Burkina Faso qui joue le rôle de médiateur, le Capitaine Amadou Haya Sanogo a accepté le retour à l’ordre constitutionnel. Cette avancée, saluée par la plupart des Maliens et des Maliennes, n’était pas suffisante pour certains des Chefs d’Etat de la CEDEAO particulièrement intransigeants.

Les sanctions dont il s’agit se traduisent en autres par :
-  la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO,
-  le rappel des ambassadeurs de l’organisation pour consultation,
-  la fermeture des frontières,
-  le gel des avoirs du Mali à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et le non approvisionnement des banques nationales,
-  la suspension des programmes d’aide au développement

Le levier militaire pourra se traduire par « la montée en puissance de la Force en attente de la CEDEAO pour parer à toute éventualité... »

Plus importants que l’aide extérieure pour les familles qui en bénéficient, les fonds de la diaspora dont une partie passe par Western Union et Money Gram manqueront également aux Maliennes et aux Maliens.

La cherté de la vie qui, à elle seule, a créé un climat quasi insurrectionnel avant la rébellion et le coup d’Etat s’aggrave. Les prix flambent dans les régions occupées où les pillages portent surtout sur les aliments et les médicaments qui commencent à manquer.

3. Le sens du coup de force du 22 mars 2012

Les femmes, en l’occurrence les mères et les épouses des soldats qui montaient, sous équipés, au Nord pour défendre le Mali ont été les premières à manifester leur colère. Elles sont allées directement vers le Président Amadou Toumani Touré et lui ont demandé, plus d’une fois, des comptes. La dégradation de la situation s’est ensuite traduite par des manifestations portant atteinte aux biens des personnes et personnalités appartenant à l’ethnie Touareg.

Le pourrissement de la situation est à l’origine du soulèvement d’Amadou Haya Sanogo et ses camarades qui a débouché sur le coup d’Etat du 22 mars 2012.

La « communauté internationale » ne s’est pas émue, outre mesure, des atrocités commises à Aguelhok contre des militaires désarmés ni de l’occupation des villes du Nord les unes après les autres. Mais elle est immédiatement montée au créneau pour condamner un coup d’Etat qu’elle juge d’autant plus inacceptable qu’il survient dans l’un des « pays phare de la démocratie » à la veille d’une élection présidentielle à laquelle ATT n’était pas candidat.

Simpliste mais surmédiatisée, cette lecture arrange tous ceux et celles qui se laissent convaincre que le Mali était jusqu’ici une démocratie exemplaire.
Le point de vue des déçus et des laissés-pour-compte de la démocratie est superbement ignoré voire méprisé.

4. Quand l’ordre constitutionnel « normal » sert de paravent

« Nous ne voulons pas d’ancien, rien que du neuf » scandaient les manifestants maliens lors des événements sanglants de Mars 1991 pour traduire leur aspiration profonde à un changement démocratique véritable. Ils étaient persuadés que le Président Moussa Traoré était le seul et unique fautif du naufrage de la nation et que son éviction suffisait à instaurer la démocratie et la justice. Il n’en a rien été.

En vingt ans de « transition démocratique », assistée et encensée par la « Communauté Internationale », la montagne a accouché d’une souris. Le peuple est désemparé mais inaudible. Le coup d’Etat est survenu à cinq semaines du premier tour de l’élection présidentielle, dans un contexte quasi insurrectionnel.

Totalement dévoyée, la démocratie servait de paravent aux affaires. Jugeons-en :
-  Le multipartisme que nous appelions de tous nos vœux, au lieu de favoriser le débat d’idées et la confrontation de projets de société entre formations politiques, s’est traduit par la prolifération des partis dont le nombre dépasse 140 actuellement pour un pays de 14 millions d’habitants. Coupés de leur base électorale, les dirigeants démocratiquement élus sont occupés à plein temps par toutes sortes de stratégie de captation de « l’aide au développement » et des opportunités d’affaires que le système néolibéral offre.
-  Ce sont les gagnants de ce système économique et politique mafieux qui, en « démocrates milliardaires » s’apprêtaient à se disputer la place d’ATT en achetant tout ce qui peut l’être, du bulletin de vote à la conscience des électeurs/trices.
-  « Enrichissez-vous et taisez-vous » est la règle non écrite du jeu politique, pendant que les opérations cosmétiques de bonne gouvernance dont le Bureau du Vérificateur Général entretiennent l’illusion de l’exemplarité démocratique.
-  Leurs enfants qui, avec ostentation, fêtent leurs milliards ajoutent à l’indignation des jeunes déshérités qui n’ont droit ni à une école de qualité ni à l’emploi et au revenu ni à un visa pour aller tenter leur chance ailleurs.
-  Aucun parti politique ne peut se prévaloir aujourd’hui d’une base électorale éduquée et imprégnée des enjeux et des défis du changement de manière à choisir leurs dirigeants en connaissance de cause et à les contrôler dans l’exercice de leurs fonctions. Les électeurs/trices ne sont contactés que sporadiquement mais assaillis à la veille des scrutins par des candidats toujours prêts à payer leurs voix.
-  La société civile, dont le rôle est d’éduquer, de contrôler et d’interpeller la classe politique vit de compromis et de compromissions. C’est en évitant les sujets qui fâchent, qu’elle parvient à bénéficier des financements des partenaires techniques et financiers (PTF).
-  La liberté d’expression chèrement acquise est sous surveillance dans les médias publics. Elle se traduit par l’existence d’un paysage médiatique dense (journaux et radios privés) qui, pour survivre, se comporte comme la société civile : savoir se vendre. Quant à l’unique chaine de télévision nationale, l’ORTM, elle est « la voix de son maître ».
-  Les entrepreneurs véritables, les locaux comme ceux de la diaspora qui ont envie d’investir dans leurs pays sont démotivés par une administration corrompue, prête à entraver les meilleures initiatives quand elle n’y trouve pas son compte.

5. Il est encore possible de sauver véritablement le Mali et sa bande Sahélo-saharienne

Le Mali n’est pas en danger du fait d’un « putsch militaire » mettant en péril un processus de démocratisation exemplaire, mais du fait de la démocratie formelle et des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques dont les citoyens ordinaires n’ont pas la moindre idée.

Face au rôle de pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi N° 57-27 du 10 janvier 1957 créant une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Elle visait « l’expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française et à la gestion de laquelle participent l’Algérie, la Mauritanie, le Soudan (l’actuel Mali), le Niger et le Tchad ».
Pour sauver véritablement le Mali, il convient de :
-  mettre ce drame national à profit pour renouer avec la pensée critique et le courage politique. Il est illusoire et suicidaire de croire que nous sommes un pays libre et indépendant, qui a juste besoin de dirigeants démocratiquement élus pour aller de l’avant. Les défenseurs de cette thèse sont les gagnants de l’ordre injuste et violent du monde, plus soucieux de leurs intérêts que du sort du peuple malien ;
-  repenser l’indispensable démocratisation du Mali en termes de seconde libération. Cette exigence qui s’imposait au plan politique, économique, monétaire et culturel revêt désormais une dimension territoriale. La tâche est d’autant plus rude que les enjeux sont colossaux et les rapports totalement asymétriques ;
-  privilégier la résistance par le réarmement moral, la créativité politique et la solidarité envers les plus vulnérables en l’occurrence les femmes, les jeunes et les ruraux. La tentation de mobiliser immédiatement cinquante millions de dollars pour l’achat d’armement ou de faire appel à la force d’interposition de la CEDEAO, ouvre la voie à une guerre asymétrique et sans fin ;
-  gagner en lucidité et en maturité politique en nous disant que les « émergés » qui dictent leur loi en économie comme en matière de démocratisation ont d’abord besoin des immenses richesses de notre continent, en occultant la violence du modèle économique qu’ils planétarisent : pendant que le Mali s’enlise dans la guerre au Nord et que les Maliens se demandent comment survivre, le pillage de l’or, dont leur pays est riche, se poursuit allègrement au profit des multinationales. Il nous appartient d’être perspicaces dans l’analyse des enjeux et des rapports de force et audacieux dans la défense des intérêts de notre pays qui ne sauraient être confondus avec le compte en banque de quelques individus légitimés par des élections frauduleuses ;
-  faire du Mali un cas d’école pour la CEDEAO, dont les chefs d’Etat dans leur intransigeance envers les auteurs du coup de force du 22 mars craignent surtout d’être déstabilisés tant dans leur position de rente que dans leurs certitudes. La remarque est valable pour les partis politiques dont le rêve est de les remplacer dans l’ouverture de nos économies au marché mondial déloyal ;
-  rappeler aux puissances occidentales que ce sont les mêmes politiques d’assujettissement et de pillage qui sont à l’origine de l’émigration « clandestine », l’intégrisme religieux et les attentats qu’ils qualifient de terroristes.

Nous concluons, à la lumière de ce qui précède, qu’il n’appartient pas aux Chefs d’Etat de la CEDEAO d’être juges et partie en statuant sur l’état de la démocratie comme dans le cas malien, mais aux peuples souverains.
La gravité de la situation au Mali et dans la bande sahélienne exige la convergence des luttes des peuples agressés du Sud et celles du Nord dont les dirigeants, donneurs de leçons de démocratie et fauteurs de guerres se sentent plus redevables de comptes aux agences de notations qu’à leurs électeurs.

Rendre justice au peuple martyr du Mali dans les circonstances actuelles, commence par la levée immédiate de l’embargo qui lui est infligé et la reconnaissance de son droit à l’initiative, de penser et de proposer à la CEDEAO une stratégie concertée de sortie de crise.
Fait à Bamako, le 04 Avril 2012

SIGNATAIRES
Aminata d. Traore (animatrice du Foram, essayiste) ; Seydou Badian Kouyaté (ecrivain) ; Assetou Foune Samaké (enseignante) ; Karamoko Bamba (mouvement Nko) ; Ismael Diabaté (Artiste peintre) ; Doumbi Fakoly (ecrivain) ; Jean Bosco Konaré (Historien) ; mandé Alpha Diarra (ecrivain) ; Madani Koumaré ( economiste) ; Boris Boubacar Diop (Ecrivain) ; Abdoulaye Niang (economiste) ; Boubacar Coulibaly (Expert comptable) ; Ndo Cissé (Université des Lettres) ; Nathalie Mdela Mounier (écrivain) ; Aissata Cissé (communicatrice) ; Mariam Kanakomo (communicatrice) ; Safi Sy (Educatrice) ; Sylvie Sanogo (Educatrice) ; Haoua Keita ; Abdoulaye Sangare (Avocat)

vendredi 11 janvier 2013

MALI : LA GUERRE



Romano PRODI, envoyé spécial pour le Sahel de Ben Ki-Moon, avait envisagé une intervention dans le Nord Mali pour...septembre 2013...

On ignore si ces prévisions relevaient de l'intoxication ou d'une conviction sincère. Le fait est que les évènements ont l'air d'être entrés dans une phase d'accélération.

En effet, les forces qui occupaient le nord de l'Etat malien ont pris l'initiative et déclenché une offensive vers le sud. Elles ont pris possession de Konna et menacent désormais la ville de Mopti, clef stratégique vers la capitale, Bamako.

Ce renversement de situation entraîne l'affolement des chancelleries. Dans la nuit du jeud 10 janvier, une réunion d'urgence du conseil de sécurité de l'ONU s'est ainsi tenue pour condamner l'avancée des troupes d'AQMI et de ses alliés.

Lors de ses vœux aux diplomates, ce vendredi, le président de la république française -laquelle a bien du mal à se débarrasser du costume de la FrançAfrique- s'est dit "prêt à s'engager" pour "arrêter l'offensive terroriste".

La confrontation devient donc inévitable, d'autant que le 20 décembre 2012 la résolution 2085 du conseil de sécurité autorisait le déploiement d'une Force Africaine d'Assistance aux Forces Maliennes (MISMA).

Comme nous l'avons précédemment indiqué, ce conflit militaire direct avec AQMI et ses alliés ne manquera pas d'interférer sur le sort des otages.

Francis CAROLE

Martinique
Vendredi 11 janvier 2013

mardi 4 septembre 2012

LA PROSTITUTION A BAMAKO :



LES FILLES MALIENNES ONT PRIS LE MARCHE AUX ÉTRANGÈRES...

L’un d’un plus vieux métier du monde, la prostitution, longtemps pratiquée au Mali par les jeunes filles ghanéennes, nigérianes, togolaises, béninoises, guinéennes, ivoiriennes, bref étrangères, ne cesse de prendre de l’ampleur. Les prostituées se frottent les mains grâce aux avantages que procure ce métier, surtout les jeunes filles étrangères qui le pratiquent dans notre pays, précisément dans la capitale, à Bamako.

Aujourd’hui, les jeunes filles maliennes ont facilement renversé la tendance. Désormais elles sont plus engagées à exercer cette pratique que leurs rivales africaines venues d’ailleurs.

Une petite promenade nocturne dans la ville des Trois caïmans permettra sans nul doute de rencontrer ces amazones maliennes prêtes à tout même avec le diable. Considéré comme un sale métier dans notre pays, elle est contraire à nos coutumes et mœurs.

A Bamako, la prostitution est loin d’être l’affaire des seules filles étrangères, elles sont nombreuses, les maliennes à pratiquer ce métier avec de plus en plus de professionnalisme avéré.

C’est pourquoi, on rencontre souvent dans les quartiers de la capitale des groupes de jeunes filles maliennes qui, hors de leurs familles respectives, louent un ou des appartements qui leur sert de lieu de travail et généralement de quartier général .

A cause de la fatigue de la nuit, elles passent généralement toute la journée à dormir tranquillement dans leur QG. Elles sont comme des poissons dans l’eau.

Des les premières heures de la nuit, lorsque les unes et les autres cherche a rentrer à la maison à après une longue journée de travail, à l’état-major de ces jeunes filles maliennes, l’heure est aux derniers réglages pour être les premières sur le terrain.

Connaissant parfaitement la géographie de la capitale, les ronds-points et les endroits chic, et le plus sollicitées la nuit par les hommes branchés de Bamako, ces jeunes filles maliennes rivalisent avec leurs sœurs étrangères. Tant et si bien que la tendance est renversée. Le métier est loin d’être l’unique affaire des autres femmes de la sous-région. De manière étonnante les filles d’ici ont pris le marché

En voulant s’avoir les raisons qui poussent ces jeunes filles maliennes à cette pratique, nous avons rencontré du haut de la fraîcheur juvénile de ses 20 ans, la ravissante demoiselle Maiga, très belle avec sa forme Coca Cola. Elle n’y est pas allée par le dos de la cuillère : » ce métier est longtemps exercé par les filles étrangères et elles ont tout gagné dans au Mali et nous voudrions renverser désormais la tendance ok? » a dit Mademoiselle Maiga.

Et, une autre d’expliquer : « Moi, je m’appelle Fanta Diarra, j’ai quitté le Nord du Mali et là-bas, les occupants actuels ne nous nous ont pas fait pas de cadeau, donc en attendant la récupération de ces villes par notre armée, je commence à gagner ma vie. Même pendant le Ramadan beaucoup demandaient mon service « .

Comme pour dire, l’affaire de la prostitution est devenue un quotidien d’une banalité désespérante à Bamako. Le mal risque de faire tâche d’huile, si l’on n’y prend garde. C’est loin d’être l’unique affaire des autorités du pays, car chacun est interpellé.

A.T

Source: Aurore du 04/09/2012

mardi 28 août 2012

Mali : Des civils s'entraînent pour chasser les islamistes du Nord.



A Mopti, près de 300 jeunes s'entraînent ainsi avec un instructeur militaire pour, disent-ils, aller combattre les islamistes armés occupant depuis cinq mois le nord de leur pays. "Je suis un jeune volontaire. Je ne peux pas voir une partie de mon pays sous contrôle de +criminels+ et ne pas aller combattre!", déclare Oumar Touré. "Mohamed Ali", un autre "volontaire" surnommé d'après le boxeur américain à cause de son physique impressionnant, bombe le torse et se dit prêt à "faire à la guerre aux ennemis du Mali". Au total, ils sont 285 jeunes, dont une trentaine de mineurs mais aucune femme, rassemblés sur un grand terrain nu. Ils sont chômeurs, lycéens, étudiants ou fonctionnaires déplacés des zones sous contrôle des islamistes. Certains sont sympathisants ou membres du mouvement d'auto-défense "Ganda Iso", "Le fils du terroir" en langue songhoï parlée majoritairement dans le Nord. "Un! Deux! Trois!", hurlent-ils en choeur en entamant un exercice de mise en forme. Chacun tente de monter son genou droit vers son menton. Tous sont en tenue civile, certains portent des chaussures en plastique, d'autres sont pieds nus. L'ambiance est plutôt bon enfant. "On appelle ce camp +la base militaire+. Je suis +le contrôleur général+. J'encadre ces jeunes", explique Oumar Maïga, un militaire de l'armée régulière malienne qui fait office d'instructeur, alors qu'officiellement l'Etat malien ne reconnaît pas ces milices. D'après Oumar Maïga, la formation se déroule en plusieurs phases: "formation morale pour que les jeunes soient aguerris, formation physique, et formation militaire avec exercices tactiques et de tirs". Les aspirants à la guerre contre les islamistes "sont disciplinés", soutient-il fièrement. Pour en donner une illustration, il pousse un cri strident et aussitôt les jeunes forment trois figures, un cercle, un triangle et un rectangle. Les jeunes ont aussi des séances d'apprentissage de tirs à l'arme, une Kalachnikov. Un jeune, gaucher, s'y essaie, tire mais le coup ne part pas. Son arme n'était pas chargée. "Si tu étais devant l'ennemi, tu serais mort", lui dit l'instructeur avant qu'une averse n'interrompe les cours. En attendant de pouvoir reprendre position sur leur terrain d'entraînement, ils se regroupent dans un hangar qui fait office de cuisine. Leur repas, du riz avec de la sauce cuit dans deux grosses marmites, est préparé par des femmes, elles aussi "volontaires". "C'est notre contribution à la guerre. Il faut aider et encourager ces jeunes qui font la fierté de notre pays. Ici, des sympathisants donnent un peu de nourriture pour ces jeunes, d'autres un peu d'argent. Nous, nous participons aussi", affirme une des cuisinières, Awa Samaké, ménagère à Soufouroulaye. D'autres "volontaires" pour le Nord suivent un entraînement similaire sur un autre site dans la région de Mopti et dans un quartier dans le sud-est de Bamako où ils sont encadrés par d'anciens militaires, d'après une source sécuritaire malienne. Même s'ils ne sont pas officiellement reconnus, ces miliciens semblent tolérés par les autorités. Ce "ne sont pas des troupes militaires mais actuellement tous ceux qui veulent défendre la patrie sont les bienvenus", a déclaré une source militaire sous couvert d'anonymat interrogée à Mopti. Pour cette source, ces "volontaires" pour le combat pourraient venir en supplément aux forces maliennes en cas de besoin, voire être intégrés en partie dans l'armée.

S. Bilé

dimanche 22 juillet 2012

Nord Mali : la population s'organise pour reconquérir le nord du Mali

Plusieurs mouvements d’autodéfense maliens ont annoncé leur union au sein d’un front commun, samedi 21 juillet à Bamako, pour "libérer " le nord du Mali. Dénommé Forces patriotiques de résistance (FPR), le nouveau front comprend six mouvements : les représentants des Forces de libération des régions nord du Mali (FLN), des milices Ganda-Koy et Ganda-Izo (déjà utilisées dans le passé pour combattre des rébellions touarègues), l’Alliance des communautés de la région de Tombouctou (ACRT), la Force armée contre l’occupation (FACO) et le Cercle de réflexion et d’action (CRA).
Excédés par l'occupation du Nord du Mali par des groupes islamistes radicaux, la population de cette région du pays a, annoncé samedi, une initiative de s'organiser en mouvements d'auto-défense avec l'objectif de reconquérir et libérer par les armes le nord du pays.

Six mouvements politico-militaires d'auto-défense maliens, constitués essentiellement de leaders de la région de Gao (nord-est) ont formé, ce samedi 21 juillet, un front unifié baptisé "Forces patriotiques de résistance" (FPR), indique un communiqué des promoteurs de cette initiative.

Ce nouveau front déclare comme ambition de "reconquérir par les armes le nord du pays", tombé aux mains des islamistes il y'a plus de deux mois. Harouna Touré, l'un des signataires de la création de cette alliance, explique que "l'armée malienne prend trop de retard", précisant que le front crée regroupe "des milliers d'hommes et des bases en formation".




LE JOURNAL MALIEN "LE PRETOIRE" ALLUME DRAMANE : « UN PYROMANE A LA TÊTE DE LA CEDEAO »



Il accéda aux fonctions de président de la République de Cote d’Ivoire dans le fracas des armes, dans les larmes et la douleur des familles endeuillées par sa boulimie du pouvoir.


Son Excellence Alassane Dramane Ouattara Il voulut contraindre l’organisation sous régionale a intervenir pour chasser son rival du pouvoir pour s’y installer même si c’était au prix d’un bain de sang effroyable. Goodluck Jonathan, présidant la Cedeao, a l’époque des faits, sous l’emprise de la modération, avait brandi l’utilisation de la force légitime sans jamais y recourir. Il privilégiait les sanctions qui d’ailleurs avaient commencer a porter leurs fruits L’impatience de grimper au sommet de la plus haute fonction de l’Etat de Cote d’Ivoire et la crainte de voir cette échéance s’éloigner avait crée chez Alassane Dramane Ouattara(ADO) un complexe terrible du vainqueur floué et rien ne devait s’opposer a ce qui était son objectif ultime, la Présidence.


La fin justifiant les moyens, il lança ses troupes a l’assaut des villes et de la grande capitale Abidjan. L’appui de Sarko et de ses diplomates ont amené la communauté internationale à lui prêter main forte au prix de 3000 morts, pas tous trépassés sous les balles du camp Gbagbo.


On n’oublia de dire que la lutte pour le pouvoir avait été engagé par lui en 2002 et visait a rompre l’ordre constitutionnel en Cote D’Ivoire. Il échoua. Mais le pays fut divisé en deux pendant une décennie, puis fut réunifié par la glaive et le plomb des rebelles. De victime expiatoire de l’ivoirite, ADO se transforma en vainqueur implacable de la démocratie du Bazooka.


Alors qu’un décompte impartial des voix lors de la crise post électorale aurait pu être une solution sans morts inutiles, Ado s’arcbouta sur une posture de date butoir et d’ultimatum donnés au camp au pouvoir pour déguerpir, sachant bien que les ultimatums empêchent les belligérants de faire du recul sous peine d’être traité de lâche par leurs partisans et d’être la risée du monde.


Il voulait casser du Gbagbo à tout prix et détruire son infrastructure politique et militaire comme Bush l’a fait a Saddam. Parvenu au pouvoir avec les rebelles qui pourtant s’étaient rendus coupables du déclenchement d’une guerre civile atroce et parvenu a la tête de la Cedeao, ADO, adopta une posture hostile aux intérêts du peuple du Mali qu’il mît sous embargo en agitant la diplomatie des dates butoirs contre la junte du capitaine Sanogo. Or ce peuple avait accueilli sa Mère nourricière et ses sœurs une décennie durant dans un élan de compassion et d’hospitalité.


Lorsque le Mali fut frappé a son tour par la calamité de la rébellion et de la lutte pour le pouvoir, il prit fait et cause pour le sortant ATT et ses partisans. Il manœuvra l’institution sous régionale pour casser la réussite d’un putsch salvateur qui avait mis fin au régime corrompu de ATT. Ce qu’ADO et ses collègues craignaient par dessus tout est que l’onde de choc de ce coup de force ne se propage a grande vitesse dans la sous région et ne serve de cas d’école pour d’autres forces hostiles à leur gouvernement. Il veut casser à tout prix l’expérience malienne qui détruirait sur son passage les pseudos démocraties en gestation dans la région et donnerait un mode d’emploi à ses propres militaires selon son analyse de la situation. Il fut soutenu par le Guinéen Alpha Condé, qui avait réchappé a un scénario a la malienne tandis que la Guinée Bissau succombait a son tour a la rupture violente de l’ordre constitutionnel établi.


Les changements violents de l’ordre constitutionnel sont rarement le fruit du hasard, ils sont la résultante d’une gestion calamiteuse du pouvoir. ADO est Président d’un pays dans lequel le rétablissement de l’ordre constitutionnel est loin d’être conforme aux standards internationaux.


En 2002, la rébellion dont certains disaient qu’il était le parrain, s’est soulevée contre l’ordre constitutionnel et a semé les ingrédients de la guerre civile dont ADO fut a la fois le sherpa et l’héritier. La quête de la démocratie ne peut être une permission de tuer des êtres humains pour arriver au pouvoir. Or c’est ce qui se passa chez ADO et c’est au nom de cette démocratie qu’il veut instaurer un ordre impérial au Mali sous le joug de la Cedeao sans se préoccuper des souffrances du peuple malien. Il veut exporter au Mali la graine de la violence absurde pour régler un problème dans l’urgence alors que toutes les voies de recours ne sont pas épuisées. Si une guerre éclate par sa folie meurtrière entre le Nord et le Sud par le fait de la Cédeao, ce sera fini du Mali comme Etat viable. Qui dit qu’ADO ne va pas renier ses convictions et s’aligner derrière le Mnla si tel est l’intérêt des grandes puissances qui financent la reconstruction de l’économie ivoirienne ? C’est un technocrate froid, qui n’a pas d’Etat d’âme. Les maliens doivent savoir raison garder et mener des négociations sérieuses pour la paix, en donnant le maximum de chance et de gages pour une paix durable. Prenons garde de ne pas céder aux sirènes de la Cédeao pilotée par ADO. Entre deux sommets, il a renié le statut d’ancien chef d’état à Sanogo alors qu’aucune disposition des textes de la Cédéao ou du Mali ne lui permettait une telle ingérence dans les affaires intérieures du Mali.


On est ancien chef d’Etat lorsqu’on assume la fonction pendant quelques temps. Le capitaine l’est de facto. Cela ne s’octroie pas en termes de statut par une organisation dont le Mali est membre. Il parle au nom de la Cedeao, mais quelle est le mécanisme de décision mis en œuvre pour accorder le statut d’ancien chef de l’Etat a Sanogo et quelles sont les critères énoncés par lesquels ont perd le statut ?


Si c’est pour les honneurs, il peut ne pas recevoir Sanogo en ancien chef d’Etat Mais au Mali, nul ne lui contestera ce statut. Ce sont les textes que le capitaine a signé qui ont permis que la transition soit enclenchée. C’est lui qui permit la sortie du pays de ATT pour l’exil et de Dioncounda pour la France, c’est lui qui signa un document en l’occurrence l’Accord Cadre qui permit aux députés de proroger leurs mandats, c’est lui qui rétablit l’ordre constitutionnel permettant la mise en place d’un président intérimaire et la démission d’Att.


Qu’ADO nous dise si cela n’est pas la prérogative d’un chef d’Etat, qu’est ce que c’est ?


Lui même et ses pairs avaient pris l’avion pour venir rencontrer le chef d’Etat de facto qu’était devenu Sanogo.


Alors par ses prises de positions incohérentes ADO a affaiblit le prestige de la CEDEAO et ternit son image.


Par ailleurs le médiateur dans la crise malienne, Blaise a été humilié par ADO. Jamais de mémoire de Burkinabé, Blaise n’avait avalé autant de couleuvres. C’est son négociateur Djibrill Bassole qui était au cœur du brasier malien pour arrondir les angles et éteindre les passions volcaniques du Fdr et de la Copam englués dans un bras de fer post putsch qui pouvait basculer a tout moment en des affrontements fratricides sanglants comme en Cote d’Ivoire, il y a peine un (1) an . La lutte pour le pouvoir est aveugle. C’est comme un sortilège jeté aux belligérants ADO en sait quelque chose. Toutes les prébendes que Blaise a distribuées sous forme de position sociale à la junte ont été balayés d’un revers de la main par un ADO qui croit que le Mali est son arrière cour.


Il convie a nouveau les chefs d’Etat pour un voyage d’agrément a Ouaga, pour parler cette fois ci de la composition du gouvernement inclusif du Mali qui semble t’il n’est pas assez représentatif des forces vives. Ce qui n’avait échappé à personne. Mais ayant nommé un PM pleins pouvoirs, on lui a donné carte blanche pour former une équipe de combat, mais pas un gouvernement de salut public dans lequel devrait cohabiter des chapelles politiques antagoniques.


Cette nouvelle réunion du groupe de contact à Ouaga est inspirée de l’expérience ivoirienne, ou les partis au conflit s’étaient réuni pour élaborer l’architecture d’un gouvernement d’union nationale à Marcoussis en France. On se souvient qu’ADO et ses partisans s’étaient adjugé les ministères stratégiques de la sécurité intérieure. Ce qui fit draper le processus en son temps.


Dioncounda a compris qu’en allant a OUAGA, il allait être mis dans une camisole de force, ADO allait rééditer le coup de lui faire endosser des décisions très impopulaires, a la limite de la légalité républicaine. Il annula le déplacement sur OUAGA ce samedi 6 juillet sous la pression des partisans de la junte et maquilla cette reculade en opposition de ses médecins. Il aurait eu du mal justifié son voyage de Paris à Ouaga aller et retour sans faire l’escale de Bamako. On comprend bien que c’est la décision d’ADO de proroger de façon unilatérale son bail à la tête de la transition malienne qui est a l’origine de son exil parisien et du risque de lynchage qu’il a encouru. ADO a déjà sur la conscience la déchirure du tissu des forces vives entre pro Cedeao et anti Cedeao. C’est bien la raison pour laquelle une partie importante de ces forces a boycotté la réunion de Ouaga qui s’est terminée en queue de poisson.


Nouhoum DICKO

lundi 26 mars 2012

Des milliers de maliens demandent le départ de la junte






Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées aujourd'hui à Bamako pour dire non à la junte au pouvoir, à l'appel d'un front de partis et d'organisations de la société civile formé après le coup d'Etat du 22 mars. Militants et sympathisants du "Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FUDR)", créé dimanche et qui compte plusieurs des principaux partis, se sont retrouvés à la bourse du travail de la capitale.

Aminata Traoré « Un contrecoup de la guerre de l’Otan en Libye »

Entretien. Ancienne ministre de la Culture du Mali, l’essayiste  Aminata Dramane Traoré voit dans l’instabilité ayant gagné le pays la conséquence directe de l’intervention militaire occidentale qui a précipité la chute du dictateur Kadhafi.
Quel est le lien entre le coup d’État militaire au Mali et la guerre opposant l’armée aux rebelles touareg dans le Nord ?
Aminata Traoré. Le Mali est d’abord confronté au contrecoup de la guerre en Libye. Nous avons connu, par le passé, plusieurs rébellions touareg. Celle-ci est la plus puissante, du fait de l’armement provenant des arsenaux libyens. Les pays du Sahel paient cher, aujourd’hui, les conséquences de cette guerre dont on n’entend plus parler. Personne ne veut des dictatures. Mais, pour « sauver » les populations de Benghazi, fallait-il exposer des millions de personnes d’Afrique de l’Ouest à l’instabilité et la violence ? Cette rébellion lourdement armée fait face à une armée nationale sous-équipée, peu familiarisée avec le terrain, sur un territoire immense. Des soldats sont massacrés. D’où l’indignation, en premier lieu, des mères et des épouses des jeunes qui partent dans ces conditions, sans véritables moyens de se battre. Ce sont elles qui ont mis la pression, en descendant dans la rue avec leurs enfants, en allant voir le président, 
en s’adressant à l’armée. Ce fut un déclic.

Le retour au dialogue avec les rebelles touareg du MNLA est-il encore possible ?
Aminata Traoré. Le dialogue est toujours possible. Toute guerre doit se finir un jour. 200 000 innocents sont aujourd’hui poussés, dans le Nord, sur les routes, cherchant refuge dans d’autres pays qui ne sont pas équipés pour les accueillir. C’est d’autant plus grave qu’une crise alimentaire vient se greffer sur cette crise politique.
Les militaires qui ont déposé le président 
Amadou Toumani Touré assurent vouloir 
remettre le pouvoir aux civils. Les croyez-vous ?
Aminata Traoré. Je n’en sais rien. Amadou Toumani Touré lui-même avait fait la même chose après le renversement de Moussa Traoré en 1991. Il a rendu le pouvoir aux civils, avant de revenir par les urnes. La question qui se pose est moins celle de l’alternance que la celle de la possibilité qui sera donnée aux peuples d’Afrique, au peuple malien, de débattre des vraies questions.
Quelles sont ces «vraies questions» ?
Aminata Traoré. Nos pays sont surendettés, placés sous la tutelle du FMI et de son ajustement structurel, avec des centaines de milliers de jeunes diplômés sans emploi, qui ont le choix entre l’émigration et la rébellion. On ne peut pas considérer la crise que traverse aujourd’hui le Mali comme une crise africaine de plus, sans établir de lien avec l’intervention de l’Otan en Libye, avec la crise systémique qui sévit chez vous, qui sévit chez nous depuis longtemps déjà. Nous vivons sous le régime de guerres locales découlant de la guerre globale que le système capitaliste a déclarée aux peuples du Sud. Nous sommes censés gérer les conséquences de cette situation gravissime en restant collés aux questions d’élections, de transparence des urnes. Alors que nos chefs d’État, dictateurs ou démocrates, sont tous inféodés à la France.

jeudi 22 mars 2012

Et ça commence au Mali


Le vol à grande échelle des putschistes a débuté.Quel est le lien entre voler des électroménagers et l'installation de la démocratie ? Quel est le lien entre l'incompétence de Toumani Touré et ces vols ? Quel est le lien entre le manque de moyens pour combattre les rebelles touaregs et ces vols ? Ou bien vous comptez vendre les objets que vous volez pour acheter des armes ? tchrouuuuuuu Ça ne vous rappelle pas les bouviers FRCI du préfet ouattara. Comme quoi putschiste c'est même père même mère quelque soit le pays.